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Chronique historique : 15 avril

16042019

Info :

Suite à des difficultés techniques, la migration de la Chronique vers une adresse Internet civile est reportée de quelques jours.

 15 avril 1450 : bataille de Formigny (Normandie).  

Alors que les garnisons anglaises de Normandie fatiguent et sont sur le déclin, 3 000 Anglais commandés par le capitaine Thomas Kyriel débarquent à Cherbourg et reprennent quelques places fortes. L 

‘armée anglaise progresse vers Bayeux et se renforce chaque jour. Charles VII, le roi de France, dépêche Jean de Clermont (un Bourbon) et 3 000 hommes. Clermont retient tant bien que mal ses troupes qui veulent en découdre au plus vite et fait prévenir en urgence son allié breton, Arthur de Richemont. Craignant les archers gallois, il donne des ordres pour que seule son artillerie s’avance et se mette à portée de tir.  

Les couleuvrines françaises causent des pertes aux Anglais qui décident de les capturer. Sans les Bretons, Clermont se résigne à attaquer pour reprendre sa précieuse artillerie et se retrouve totalement engagé après 3 heures de combat.  

Kyriel, quant à lui, a conservé une troupe en réserve et possède donc un avantage qu’il s’apprête à utiliser pour faire basculer le combat. Les 1 500 cavaliers bretons débouchent alors opportunément sur le flanc gauche des anglais qu’ils mettent en fuite. Beaucoup d’archers gallois périssent tant leur habileté meurtrière les fait haïr par les Français et les Bretons.  

La victoire de Formigny est une des dernières batailles de la guerre de Cent ans et met un terme à la présence anglaise en Normandie. 

 15 avril 1689 : ordonnance royale pour les Armées navales et Arsenaux de Marine.  

C’est l’ordonnance qui définit l’organisation de la Marine jusqu’en 1776. Elle est le fruit d’une préparation de près de cinq années sous la houlette de Colbert et implique des marins illustres comme Tourville, d’Estrées. Elle partage les officiers de Marine en deux catégories : la plume et l’épée. La plume regroupe tous ceux qui construisent, approvisionnent la Marine. L’épée rassemble tous ceux qui utilisent ce que la plume a préparé. 

 15 avril 1847 : bataille navale de Tourane (actuel Vietnam – Danang).  

Pour faire libérer l’évêque français Dominique Lefebvre, deux navires de guerre commandés par le capitaine de vaisseau de Lapierre (frégate La gloire) et le capitaine de frégate de Genuilly (corvette La victorieuse) sont envoyés parlementer avec la cour de l’empereur d’Annam Thieu Tri. La tension monte du fait de l’incompréhension : les Français sont perçus comme insolents, les Vietnamiens sont taxés de duplicité.  

Les 5 navires de l’empereur Thieu Tri sont envoyés par le fond à la suite d’une canonnade dont l’origine est encore discutée aujourd’hui.  

15 avril 1900 : naissance de Pierre Nord (au Cateau-Cambrésis). 

« André Brouillard (1900-1981) alias Pierre Nord est auteur de romans, d’ouvrages historiques et d’essais sur le renseignement.  Il est arrêté et emprisonné pour faits de résistance en 1916 – à seize ans ! – à Saint Quentin occupé par les allemands. Saint-Cyrien (1920-1922), il participe à la guerre du Rif comme officier de cavalerie, puis s’oriente vers le renseignement, après l’école supérieure de guerre et une scolarité à l’école libre des sciences politiques. Durant la deuxième guerre mondiale, il est membre des réseaux Travaux Ruraux et Éleuthère.  

Ayant commencé à écrire avant-guerre sous le pseudonyme de Pierre Nord, il se consacre pleinement à l’écriture à la Libération, devenant un écrivain prolifique, dont certains de ses ouvrages seront adaptés au cinéma. Ses livres, y compris ses romans, regorgent d’anecdotes sur les services de renseignement de cette période et sur la vie militaire » CLC Renaud G. 

 15 avril 1912 : naufrage du Titanic (Atlantique Nord).  

Le Titanic sombre durant sa première traversée, 1 500 personnes meurent dans le naufrage de ce paquebot réputé insubmersible.  

La catastrophe suscite une émotion mondiale et entraîne la prise rapide de mesures améliorant le sauvetage en mer (veille radio permanente à bord, imposition du SOS comme signal de détresse, embarcations de sauvetage plus nombreuses, création de la Patrouille internationale des glaces…) et l’adoption en 1914 de la première convention internationale SOLAS (Safety of life at sea) sur la sécurité des navires marchands. La sécurité et la sûreté du trafic maritime sont aujourd’hui encadrées par la SOLAS de 1974. CESM 

 15 avril 1915 : présentation du casque Adrian.  

Le sous-intendant Adrian présente au Grand Quartier Général son modèle de casque, rapidement adopté et qui devient le premier symbole des Poilus de la Grande Guerre. 

LCL Remy Porte - Chronologie commentée de la Première guerre mondiale

 15 avril 1939 : mort accidentelle à 44 ans du chasseur Albert Roche (Sorgues – Vaucluse).  

Les faits d’armes de cet intrépide chasseur du 27e BCA surnommé le « premier soldat de France » sont nombreux et souvent épiques. 

Pendant l’hiver 1915, sur le front de l’Aisne, il se porte volontaire pour aller détruire un nid de mitrailleuses ennemi. Rampant jusqu’à la cible, il fait tomber une poignée de grenades dans le tuyau d’évacuation du poêle autour duquel se pressent les Allemands transis. Il y a plusieurs morts. Les survivants, hébétés, se rendent, croyant être attaqués pas un bataillon entier. Albert revient à sa base avec 8 prisonniers. Au cours du conflit, il est blessé neuf fois, et compte un total de 1 180 prisonniers à lui tout seul ! À la fin de la guerre, à 23 ans, il est toujours deuxième classe, mais titulaire de douze citations dont quatre à l’ordre de l’Armée. Il sera fait ensuite officier de la Légion d’honneur.  

Le 27 novembre 1918, au balcon de l’hôtel de ville de Strasbourg, devant une immense foule en liesse, il est présenté par le généralissime Foch en ces termes : « Alsaciens, voici votre libérateur Albert Roche ! C’est le premier soldat de France !! ». LCL Pierre C. 

https://www.youtube.com/watch?v=ZO9mjKckXS4HYPERLINK »https://www.youtube.com/watch?v=ZO9mjKckXS4&vl=fr»&HYPERLINK »https://www.youtube.com/watch?v=ZO9mjKckXS4&vl=fr»vl=fr 

 15 avril 1965 : premier vol du Puma.  

Le prototype de l’hélicoptère Puma SA330 vole pour la première fois. La firme Eurocopter a poursuivi le développement de cet appareil avec le Super Puma et le Cougar. Les 3 types sont toujours en service et dans de nombreux pays. Le Puma a 40 ans.  

 15 avril 1986 : bombardement américain de Tripoli et Benghazi (Libye).  

En représailles au plasticage d’une discothèque accueillant des soldats américains à Berlin Ouest (5 avril), le président Reagan décide l’opération El Dorado Canyon. L’interdiction de survol des territoires français et espagnols complique la mission de l’amiral Kelso, commandant la VIème flotte et patron d’El Dorado Canyon.  

La coordination des 119 appareils (F-111, F-14, Corsair A7E, F-18, …) convergeant en deux raids simultanés est cependant un succès. Seul un F-111 s’écrase.  

 15 avril 1997 : début de l’opération Alba (Albanie).  

Le pays risquant de sombrer dans des débordements populaires à la suite d’un effondrement économique (dû à des faillites en cascades des sociétés d’épargne), l’ONU (appuyée par l’OSCE) décide l’intervention (28 mars 1997) d’une force multinationale de protection de 7 200 hommes sous commandement italien. Les forces de l’ordre et l’armée albanaises ont abandonné généralement leur poste et leur armement devant l’ampleur du mécontentement qui coûte la vie à 1 800 Albanais avant l’intervention du contingent international. 950 français participent à l’opération qui dure jusqu’en août 1997 




Coup de fraîcheur sur le blog

7012011

champagne.gif  Je ne résiste pas au plaisir de « sortir » des commentaires d’un texte du GDI PERTUISEL (figurant en « QUARTIERS LIBRES ») , cette envolée lyrique et rafraîchissante du LCL (er) LAPLAQUE.

Lâchez vous à votre tour, en début d’année (et même après) ça fait du bien!

« Bravo, Mon Général PERTUISEL vous parlez comme quelqu’un qui a des systèmes d’armes modernes et performants à commander et qui souhaite que la gestion des hommes soit orientée pour les performances au combat.

Pourquoi d”ailleurs parler de « quartier libre » je dirai plutôt l’aventure, avec dès le départ, juste ce qu’il faut de contraintes pour toujours avoir la liberté d’esprit!
Car au fond si on vient dans les forces c’est parce qu’ on aime vivre dangereusement

Je souscris donc immédiatement un engagement dans l’ALAT comme Ingénieur système d’arme Tigre, Gazelle-Hot et Viviane et même NH 90!
Et si vous voulez équiper vos Hélicoptères pour voir les fouilles le long des itinéraires je vous ferai qualifier cela dans les 2 mois!
Avec ou sans statut cela est secondaire pourvu qu’on y trouve l’aventure.

Voici mon CV (partie aventure et success story: 12 ans de troupe , 5 ans d’EMSST 97° promo ESG, 7 ans de STAT que du bonheur ! )
J’étais admissible à Saint-Cyr et j’ai fait Strasbourg (1 an) comme Brigadier-Chef après un an de troupe, je suis de la NARVICK
.

Lire la suite… »




Quartiers libres

29072010

quartierlibre.pngVous trouverez dans cette page des articles proposés par des adhérents et publiés ici pour des raisons d’intérêt lié à l’actualité ou de manque d’espace dans la rubrique « Libres propos » de la revue. Les textes ne figurent dans cette page que sous la signature de leur auteur. Ils peuvent être modérés sur proposition du propriétaire du site. Dans ce cas ils ne seront diffusés qu’après validation des corrections ou suppressions par les auteurs (JFD)

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flechegif047.gifQUARTIER LIBRE du Colonel J-D Dulière  (Mis en ligne le 29/07/2011) 

Ce texte est la version actualisée de l’intervention du Col J-D DULIERE lors de l’AG 2011 de l’Epaulette.

LA PROMOTION INTERNE DANS L’ARMÉE DE TERRE, (lien hyper texte ci-contre)

 Témoignage de vécu récent par le  Colonel (ER)  Jean-Dominique DULIERE

flechegif047.gifPetit QUARTIER LIBRE du PRESIDENT (Mis en ligne le 18/11/2010) Soyez rassurés, je ne vais pas transformer le blog en poubelle Internet. Mais là c’est assez « bluffant ».  Et ce lien répond aux exigences de qualité -j’espère y parvenir- que je m’impose pour ce blog  … A voir pour un peu de rêve.  Rien sur les moteurs cependant ! 

http://www.a380delivery.com/qantas/panos/tour/tour

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Il ne s’agit pas d’une réflexion sur un patriotisme à géométrie variable ou la confusion de la condamnation d’une politique avec celle de ses légitimes exécutants. C’est, le silence estival de mon téléphone aidant, une modeste mise en perspective de faits récents avec en « main courante » (je suis fantassin)  cette question sur l’absence de mise en berne de nos drapeaux, et pas seulement les drapeaux « militaires », que je ne m’explique pas plus que la seule, au moins à ma connaissance, exception constatée. (Note de l’auteur du texte)

flechegif047.gifQUARTIER LIBRE  du LCL Xavier GAUME (Mis en ligne le 31/07/2010) 

Les drapeaux n’ont pas été mis en berne 

Les caprices et le manque d’entrain de 23 footballeurs occupent les écrans de télévision et les pages de journaux. Des autorités morales autoproclamées et quelques « excellences » rivalisent d’indignation. Elles dénoncent haut et fort le manque de patriotisme et l’absence de respect du drapeau, pardon, du maillot national. 

Pendant ce temps d’autres jeunes assez sensiblement moins payé mais, semble-t-il, nettement plus enthousiastes et disciplinés combattent pour le même maillot, pardon, pour le même drapeau. 

Le sergent-chef Laurent MOSIC, le  sergent Konrad RYGIEL et le brigadier Steeve COCOL tombent au combat, morts pour la France.  La presse en parle moins et il se trouve beaucoup moins d’autorités morales ou « d’excellences », hors service commandé, pour exalter leur sacrifice désintéressé et proclamer leur patriotisme. Nul ne relève que ces jeunes sont, eux aussi, « blacks-blancs-beurs » (et même plus) ni l’exemple d’intégration que donne cette équipe, pardon, l’armée française,   

Et les maillots, pardon les drapeaux, ne sont pas mis en berne

Une policière municipale arrivant sur les lieux d’un accident est prise dans une fusillade. Elle décède en service commandé. Des collègues menacent de se mettre en grève et affichent publiquement et ostensiblement leur hostilité au Président de la République française qui assiste en personne aux obsèques. 

L’adjudant Mathieu TOINETTE, le lieutenant-colonel Fabrice ROULLIER, le maréchal des logis-chef Harouna DIOP et le caporal Enguerrand LIBAERT tombent en combattant, morts pour la France. 

Le Ministre ou le Secrétaire d’Etat se rend à leurs obsèques. 

Les drapeaux ne sont pas mis en berne et leurs camarades poursuivent le combat

Dans une petite ville bretonne une conseillère municipale proclame son refus, au nom de sa vision géopolitique du conflit, d’observer la minute de silence observée par le conseil municipal à la mémoire de cinq concitoyens, les caporaux Anthony BODIN et Kévin LEMOINE, du caporal-chef Johan NAGUIN, du sergent Thomas ROUSSELLE, et du sergent-chef Johan HIVIN-GERARD, tombés en combattant au sein du régiment en garnison dans cette ville depuis prés de cinquante ans.  Les autorités morales qui s’étaient vertueusement indignées du refus de l’entraîneur des 23 footballeurs de serrer la main de son homologue de l’équipe adverse semblent profiter, en silence, de vacances bien méritées. 

Les enfants des morts pour la France retournent en classe en se demandant de quoi leurs pères se sont rendus coupables et pourquoi les drapeaux n’ont pas été pas mis en berne

Une photo est primée à un concours. Sa sélection et sa réalisation me semblent relever de la conjugaison d’un pseudo-humour digne d’un d’adolescent boutonneux et d’un pseudo-courage intellectuel à bon compte. Croyant illustrer l’originalité, la liberté de ton et la transgression elles ne sont que l’expression, sans aucun risque, du conformisme et du manque d’imagination de l’opérateur, pardon de l’auteur, et du jury.  Dans la société civile, pardon française, quelques (trop rares ?) autorités morales et « excellences »  s’indignent, une loi spécifique de plus est votée. 

Le caporal Robert HUTNIK, et le capitaine Christophe BAREK-DELIGNY tombent au combat, morts pour la France et ce drapeau, dont l’outrage est maintenant puni d’une amende, n’est toujours pas mis en berne.

LCL Xavier GAUME (EMIA promotion Lieutenant BORGNIET 83-84)  

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flechegif047.gif QUARTIER LIBRE (2) du Gal Yann PERTUISEL (Mis en ligne le 29/07/2010)

Il n’est de richesses que d’hommes [1]… 

La lecture d’un récent article du colonel Darras[2] dans le mensuel du détachement de liaison Terre aux Etats-Unis d’avril 2010, m’a incité à prendre ma plume pour faire part de quelques réflexions personnelles.  Cet article intitulé « La gestion des talents et la formation des chefs, le défi des ressources humaines » présente un constat que fait l’armée de Terre américaine après une dizaine d’années d’engagements en Irak et en Afghanistan[3]Même s’il faut comparer ce qui est comparable (et qui sait combien les comparaisons sont toujours délicates avec nos alliés d’outre Atlantique au regard du volume de leur armée) et si je n’ai pas forcément une propension naturelle à vouloir absolument imiter nos camarades de l’US Army, je trouve que les propos de cet article sont tout particulièrement d’actualité et qu’ils doivent nous conduire à nous poser des questions, ou tout du moins à faire preuve de beaucoup d’attention. J’observe par ailleurs que comme souvent nos camarades américains font des constats qui finissent par s’appliquer quelques années plus tard à notre pays.  Je me permettrai donc de reprendre in extenso[4] quelques passages de cet article avant de faire quelques commentaires.  L’auteur rapporte d’abord un certain nombre de tensions qui s’articulent autour de contradictions : 

  • Les exigences accrues de responsabilité et d’autonomie des chefs en opération et la substitution de cette responsabilité et de cette autonomie par celles du gestionnaire à l’issue des déploiements. 
  • La décentralisation et la subsidiarité prononcées dans les opérations en cours et la centralisation et le carcan des règlements au retour en métropole. 
  • Une sélection et une formation des cadres diffusée au quotidien par les pratiques de l’institution qui ne sont pas en phase avec la formation opérationnelle dispensée et les besoins capacitaires. 

Il poursuit en écrivant que la gestion des ressources humaines appuierait mieux la chaîne opérationnelle en introduisant de la souplesse dans les parcours, y compris aux points de passage obligés, en développant la gestion des talents plus qu’en se concentrant sur la sélection, en réétudiant l’équilibre des parcours de carrière entre spécialistes et généralistes…  On peut encore y lire un peu plus loin que la déresponsabilisation des chefs, hors déploiements, conduit à des aberrations « technocratiques ». A contrario, les courts-circuits pratiqués par les autorités rajoutent aux difficultés ambiantes. Les talents sont sous-exploités en raison des difficultés de gestion et de la concentration des efforts sur la sélection des hautes autorités, mais aussi à cause de l’inadéquation des outils de notation, de promotion et de suivi… Enfin, s’agissant des modalités de mise en œuvre de la réforme que souhaite conduire l’US Army, et plus particulièrement en termes de gestion des ressources humaines, celle-ci doit passer par : 

  • la révision des critères de notation en vue d’y remettre de la vérité ; 
  • un assouplissement des parcours de carrière et des parcours de formation en vue de créer de la diversité ; 
  • la mise en valeur de tous les talents, l’autorité étant un talent parmi les autres, en évitant de se concentrer sur la question de la sélection des hauts potentiels qui peut pervertir et appauvrir l’ensemble des ressources humaines… 

Je ne veux absolument pas ici me substituer aux spécialistes en organisation et en RH, n’en étant pas un moi-même, mais encore une fois profiter de ces constats et de ces pistes de réforme aux « States » pour alimenter un débat déjà initié et sans doute loin d’être clos. En effet, au moment où les bases de défense se mettent en place avec la création du commandement interarmées des soutiens (COMIAS), mais surtout sans vouloir remettre en cause le principe et la nécessité de ce concept compte tenu du contexte général, il faudra être très vigilant pour ne pas faire dans quelques années le constat des tensions que font aujourd’hui nos alliés entre la chaîne organique[5] et la chaîne opérationnelle[6]Il ne faudra surtout pas deux armées à deux « vitesses », celle du « front » et celle de « l’arrière », celle du « quotidien et du soutien » et celle des opérations. Il faudra que nos jeunes chefs au combat sachent gérer des moyens et une ressource qu’ils n’auront plus en garnison. Il faudra surtout prendre garde à ne pas déresponsabiliser ces chefs à qui une partie des leviers du commandement[7] auront été retirés. Tous ces effets secondaires potentiels doivent être analysés et observés avec attention afin de ne pas conduire effectivement à des aberrations « technocratique », au risque de remettre en question notre capacité et notre efficience opérationnelle. Ensuite, pour ce qui est de la gestion des talents, l’objectif est bien, comme l’écrit le colonel Darras pour l’US Army, d’affecter l’homme idoine dans la fonction, au moment et à l’endroit adéquat.  Sans aller jusqu’à dire que notre système se fonde de plus en plus sur un certain déterminisme et que la tendance est de placer au plus tôt les individus dans des boîtes ou sur des voies toutes tracées en fonction de certains critères, je pense qu’il y a lieu peut-être d’assouplir nos règles de gestion des potentiels. Il convient bien sûr de détecter et de former certains officiers pour tenir des postes de haute responsabilité,  mais des talents existent dans des populations qui n’ont malheureusement pas eu l’opportunité ou la chance d’accéder à l’enseignement « très supérieur », concrètement à l’école de guerre[8]. Ces talents, cette richesse, ce capital humain doivent être valorisés et récompensés en conséquence par l’avancement et l’attractivité des parcours professionnels. Il faut prendre garde de ne pas constituer deux catégories d’officiers, un corps « dirigeant » et un corps « d’exécutants ». Des passerelles doivent exister pour faire éclore les talents dont notre Histoire militaire regorge d’exemples. L’objet de mon propos n’est donc pas d’apporter des réponses mais de susciter la réflexion sur des sujets centraux et complexes qui dimensionnent la capacité future de notre outil de défense. Les contraintes budgétaires très fortes qui pèsent sur nos armées conduisent aujourd’hui à des évolutions majeures en termes d’organisation et de gestion des ressources humaines. Elles doivent en même temps nous inciter à encore plus de vigilance pour éviter tout effet inverse à l’objectif initial recherché d’amélioration.  Le célèbre aphorisme « il n’est de richesse que d’hommes » doit plus que jamais guider nos réflexions. Je suis personnellement convaincu que le capital humain restera pour longtemps la meilleure assurance d’avoir une armée de Terre apte à répondre aux défis majeurs qui nous attendent, et bien sûr avant tout capable de faire face avec succès aux engagements opérationnels, son unique raison d’être.  Pour cela, les propos de l’article de cet officier de liaison méritent d’être médités et en tous cas, vous l’aurez compris, ils ont retenu toute mon attention et j’attends avec impatience une analyse plus détaillée qui devrait paraître dans les prochains mensuels.







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