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Chronique historique : 8 décembre

8122017

8 décembre 1594 : invention de la contremarche européenne par Guillaume Louis de Nassau (Groningue – actuels Pays-Bas). Chef de guerre aussi expérimenté que cultivé, il met au point les mouvements tactiques de l’infanterie permettant d’obtenir un « feu roulant » en permutant les lignes d’arquebusiers.

8 décembre 1914 : bataille des Falkland (Atlantique Sud). Ayant coulé la flotte vieillissante britannique du contre-amiral Cradock lors de la bataille de Coronel (01/11/1914) au large du Chili, le vice-amiral von Spee tente de rallier l’Allemagne en infligeant le maximum de dégâts possibles au trafic commercial britannique. Il fait un détour par les Falkland pensant au pire bombarder la base de Port Stanley, au mieux y surprendre la flotte du contre-amiral Sturdee qu’il espère bloquée au port en plein charbonnage. Sturdee escomptant cette erreur a placé des vigies sur les hauteurs de l’ile lui donnant le temps de se préparer. Sa flotte surclassant celle de Spee en vitesse, armement et blindage, il venge de manière magistrale Coronel en coulant 4 croiseurs allemands sans perdre lui-même une seule unité. L’Allemagne n’a plus dès lors que l’option de la guerre sous-marine pour gêner les approvisionnements alliés.

8 décembre 1925 : publication en Allemagne de l’ouvrage d’Adolph Hitler Mein Kampf . Lorsqu’en 1934 parait en France la première traduction de l’ouvrage – d’ailleurs contre l’avis d’Hitler qui fera un procès à l’éditeur – la couverture est barrée d’une citation de Lyautey : « Tout Français doit lire ce livre ». Mon combat, rédigé en prison après son coup d’Etat raté à Munich (8 novembre 1923) est un exposé particulièrement explicite des thèses nazies (racisme, antisémitisme, anti-christianisme, espace vital, revanche, …). Le traducteur André Calmettes expliquera qu’il s’est fait un douloureux devoir de traduire l’ouvrage pour avertir les Français d’un péril qu’il sentait venir d’Allemagne. Ian Kershaw , biographe d’Hitler, estime que 80 millions d’exemplaires ont été diffusés jusqu’à présent dans le monde. Environ 10 millions l’avaient été jusqu’à la fin de la Seconde Guerre Mondiale…

8 décembre 1929 : naissance de Gérard de Villiers (Paris). Le créateur de SAS, série de romans d’espionnage mettant en scène Malko Linge le fameux prince mais néanmoins espion à la solde de la CIA, aurait 88 ans aujourd’hui (décédé le 30/10/2013). Avec à son actif 200 ouvrages et au moins 100 millions d’exemplaires vendus dans le monde depuis 1965, Gérard de Villiers est l’un des écrivains français les plus connus et les plus lus. Considéré par beaucoup comme un auteur de littérature de gare à cause d’un style expéditif et de ses répétitives scènes torrides, il a cependant fait l’objet d’un article élogieux du New York Times en janvier 2013 le qualifiant d’auteur de romans d’espionnage le mieux informé, tant ses ouvrages sont géopolitiquement solides et certains même, prophétiques. Le général Rondot le présente comme un « homme au courage physique à la limite de l’inconscience » et Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères comme « extrêmement intéressant, avec un œil et un flair incroyables ».

8 décembre 1940 : déchéance de la nationalité française pour De Gaulle. Par décret du 8 décembre 1940, publié au Journal officiel du 10 décembre 1940, page 6043, Charles de Gaulle est déchu de la nationalité française, à effet du 2 août 1940, sur le fondement de la loi du 23 juillet 1940. Ce sera aussi le cas de tous les résistants (lois du 22 juillet 1940 et du 23 février 1941).

8 décembre 1941 : déclaration de guerre au Japon. Etats-Unis et Grande-Bretagne répondent à l’attaque surprise de Pearl Harbour.

8 décembre 1944 : création des CRS (compagnies républicaines de sécurité). CRS, héritières des groupes mobiles de réserve (GMR) créés par Vichy le 23 avril 1941 et restructurés à la Libération.

8 décembre 1955 : adoption du drapeau européen. Par l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Ses 12 étoiles d’or, pointes en haut, disposées en cercle sur fond d’azur, symbolisent l’union et la solidarité entre les peuples d’Europe. Schumman a choisi la couronne à 12 étoiles (alors qu’il n’y avait pas 12 pays en 1955) en référence à la couronne d’étoiles de la Sainte Vierge

8 décembre 1987 : signature du traité INF. Traité entre l’URSS et les USA prévoyant la suppression des missiles sol-sol ayant une portée comprise entre 500 et 5500 km.

8 décembre 1987 : livraison des premiers C-130 Hercules H.

8 décembre 1991 : création de la Communauté des Etats Indépendants – CEI  (traité de Minsk). Le traité prévoit aussi la dissolution de l’Union soviétique (URSS). Signé dans un premier temps par la Russie, l’Ukraine et la Biélorussie le traité est contresigné le 21 décembre suivant par 8 autres anciennes républiques soviétiques.

8dec

8 décembre 2004 : création d’une direction nationale du renseignement (Washington). Faisant suite aux recommandations de la Commission indépendante sur les attentats du 11 septembre 2001, sont créés un poste de directeur national du renseignement, un Centre national de lutte contre le terrorisme et un Centre national de lutte contre la prolifération des armes chimiques, biologiques et nucléaires, ainsi qu’un Bureau pour la protection des libertés civiles et de la vie privée.




Dernière lettre de l’ASAF : Mise en garde

16032017

L’ASAF a adressé aux candidats déclarés à l’élection présidentielle huit questions relatives à leur projet au regard de la fonction de chef des Armées et face aux problèmes cruciaux qui se posent à la Défense de notre pays aujourd’hui.

Elle diffusera leurs réponses et ses remarques par le biais de son site et de ses lettres électroniques.

Huit mois après l’attentat de Nice, qui a vraiment conscience que la France est en guerre et contre qui ?

Faire face

Des groupes islamistes déterminés combattent, notamment en Afrique, nos forces engagées en appui de celles de pays alliés. Cette guerre, que nous menons avec de trop faibles moyens dans une zone immense, sera très longue. Rappelons que nous sommes présents militairement au Tchad depuis un demi-siècle ! Ces groupes agissent puissamment dans des pays du Moyen-Orient, contre nos intérêts stratégiques. A partir de ces zones qu’ils tiennent sous leur contrôle, ils planifient et déclenchent des actions meurtrières sur notre territoire national. Notons que ces attaques sont généralement exécutées par des ressortissants français, constituant des cellules installées dans l’Hexagone, et très probablement soutenus discrètement par des Etats dont l’intérêt est d’affaiblir notre pays.

Leurs attaques sont d’autant plus redoutables que la cohésion de notre pays est fragilisée par la présence sur son sol de minorités communautarisées, ne partageant pas toutes nos valeurs et parfois même, ne souhaitant pas s’intégrer à la communauté nationale. A cet égard, ne nous leurrons pas. L’arrêt des vagues d’attentats est sans doute temporaire. Il est certes la conséquence d’une plus grande efficacité de nos services, mais c’est probablement aussi un choix délibéré fait par notre ennemi – il a une stratégie -, en cette période pré-électorale.

La guerre qui se développe sur notre territoire nécessite la mise en œuvre de moyens militaires, de police et de gendarmerie importants, mais elle exige avant tout une inébranlable cohésion nationale qui seule peut dissuader efficacement l’ennemi d’agir et renforcer considérablement les capacités de prévention et de protection de notre pays.

Rejeter la repentance

Non seulement nous tardons à faire remonter en puissance nos forces armées et de sécurité malgré leur situation très dégradée, mais nous ressentons chaque jour un peu plus les ferments de la division à l’œuvre dans notre pays, exacerbés par les déclarations injustifiables de responsables politiques à des fins électoralistes.

Les propos invraisemblables tenus à l’étranger par un homme aspirant à la magistrature suprême, condamnant notre pays pour crime contre l’humanité commis en Algérie, sont à l’évidence de nature à diviser encore davantage les Français plutôt qu’à les rassembler.

Une partie de la classe politique a fait, pour des raisons idéologiques reposant sur une interprétation biaisée de l’Histoire, le choix éminemment destructeur de la repentance perpétuelle. Dans ces conditions, ne nous étonnons pas que certains immigrés de fraîche date rejettent la France en entendant ces personnalités, formées aux « meilleures écoles de la République », présenter la France comme un pays de pilleurs et de tortionnaires, injuste et esclavagiste. Pourtant le problème de l’intégration et de l’assimilation des étrangers en France est une condition indispensable pour réussir à éliminer définitivement le totalitarisme islamique et pour effacer le spectre de la guérilla urbaine susceptible de dégénérer très vite.

Retrouver la fierté

La longue Histoire de notre pays n’est certes pas un long fleuve tranquille, mais elle est riche et à bien des égards exemplaire. Elle a certes été écrite par des hommes parmi lesquels certains ne furent pas irréprochables. Mais qui peut se prévaloir de ce qualificatif ? Alors que le premier souci de chacun est de connaître les faits, dans leur ensemble, et de les replacer dans leur contexte, ne nous érigeons pas en juges du passé. Faisons d’abord correctement notre devoir d’aujourd’hui.

Ainsi, à l’occasion du centième anniversaire de la Grande Guerre, mettons en avant le courage, le dévouement, le patriotisme des hommes et des femmes qui pendant 52 mois ont tenu malgré les souffrances et les deuils, ont vaincu pour assurer la liberté à leurs enfants dont nous sommes les héritiers. Parlons de ces héros anonymes et soyons fiers de tout ce qu’ils ont fait, parfois au prix de leur vie, et dont nous sommes tous redevables.
Pour le 70e anniversaire de la Libération de la France, il aurait été préférable pour notre peuple de faire entrer au Panthéon, un jeune héros garçon ou fille de 16 ans mort fusillé par les Allemands après avoir combattu dans la Résistance et ils furent nombreux, plutôt qu’un homme politique, certes lâchement assassiné à la fin de la guerre par des collaborateurs français, mais qui, à 20 ans, à l’âge où ces jeunes résistants se sacrifiaient, insulta d’une façon odieuse le drapeau français ?

Plutôt que de condamner injustement la France, n’y a-t-il pas lieu de parler de l’œuvre remarquable de Lyautey au Maroc, de Faidherbe au Sénégal, de Yersin au Viêt Nam et de tant d’autres, envers lesquels les peuples colonisés de l’époque se montrent encore aujourd’hui reconnaissants ? Ce sont ces exemples qu’il faut faire connaître aux Français et aux nombreux étrangers qui font le choix de la France.

Attitude

Il faut rejeter définitivement la repentance qui mine notre cohésion, suscite la haine et fait le jeu de notre ennemi. À cette vision négative et mortifère, substituons les héros d’hier et d’aujourd’hui pour permettre aux Français et à ceux qui choisissent notre pays d’adhérer pleinement à notre Histoire, à nos valeurs et à notre ambition nationale. C’est ainsi que la France vaincra définitivement, au prix d’efforts et de sacrifices, ce redoutable cancer islamiste qui nous menace très profondément sans que nous en ayons toujours tous conscience.

                                                                     

Voir : www.asafrance.fr




ASAF – lettre de décembre : Notre Histoire, un héritage capital pour la France.

16122016

ASAF

L’enseignement de l’Histoire est l’objet de bien de commentaires. C’est la preuve de l’attachement des Français à leur passé et de leur sentiment qu’elle est une source d’inspiration pour relever les défis auxquels la France est confrontée aujourd’hui.

L’Histoire et les Français : 14-18, une leçon de confiance

En diffusant aujourd’hui son cinquième numéro hors-série, consacré cette année à la Grande Guerre, l’ASAF participe au devoir de Mémoire. Cette publication de 200 pages, regroupant une quarantaine de textes et plus de 250 photos, vise en priorité à sensibiliser les Français les plus jeunes à leur Histoire mais aussi à mieux faire connaître l’histoire militaire dont certains aspects sont trop souvent occultés ou déformés.

L’ASAF souhaite à cette occasion que nos concitoyens prennent davantage conscience de l’extraordinaire mobilisation de toutes les forces dont notre pays a été capable pendant 52 mois, malgré les pertes et destructions considérables qu’il a supportées. Elle veut montrer comment notre armée a su s’adapter, en permanence, aux évolutions de la guerre au point de devenir, en 1918, l’armée la plus moderne et la plus puissante du monde avec plus de 3 000 chars et autant d’avions.

L’unité nationale – l’Union sacrée – et la capacité d’adaptation de la Nation furent les conditions fondamentales de la victoire. Elles le sont tout autant aujourd’hui pour espérer vaincre le totalitarisme islamique, notre nouvel ennemi, même s’il semble bien différent de celui d’hier. En effet, n’est-ce pas une mobilisation dans tous les champs de la politique et de l’ensemble des ressources qu’il faut décider et organiser pour reprendre l’initiative, éradiquer le terroriste d’aujourd’hui – celui qui tue comme celui qui soutient le tueur – et tarir la source dont il est issu ? L’Histoire nous rappelle que rien n’est impossible à notre pays quand les Français sont rassemblés. Encore faut-il que le but soit clairement identifié, expliqué, compris et partagé et que la détermination des chefs soit sans faille.

L’Histoire et le soldat : une exigence dans les opérations extérieures

Le soldat envoyé aujourd’hui en opération extérieure ne peut pas ignorer la géographie des zones dans lesquelles il est engagé que ce soit sur le vaste continent africain ou au Levant, ainsi que l’histoire centenaire de la France et de ses soldats dans ces régions.

C’est pour lui un devoir et une nécessité s’il veut intégrer efficacement la mission qui lui est donnée dans le « cadre espace-temps » des régions où s’affrontent des peuples, souvent depuis des lustres, et parfois pour des causes analogues à celles d’hier. L’action militaire sera d’autant plus efficace qu’elle s’appuiera sur une bonne compréhension de la mentalité des populations, de leurs cultures et de leurs aspirations. Nous sommes bien loin du seul « cœur de métier » dans lequel certains voudraient cantonner les militaires, puisque de toute évidence les engagements opérationnels exigent d’eux une connaissance approfondie de l’environnement historique et géographique dans lequel ils évoluent. D’ailleurs, les peuples auprès desquels nous agissons ne s’y trompent pas. Ils nous sont généralement attachés et préfèrent les soldats français à ceux d’autres nations, car ils ont le sentiment qu’ils les comprennent mieux, d’autant qu’ils partagent souvent avec eux une histoire, une langue et des références culturelles communes.

L’Histoire et la France : un facteur d’identité et d’unité  nationales

L’Histoire de notre pays est longue et riche, mais n’est pas une suite ininterrompue de succès. Nos armées furent aussi vaincues et parfois cruellement, mais cette Histoire est l’histoire de notre peuple, de notre Nation. Nous devons l’assumer. Il ne nous appartient donc pas de juger le passé, telle action ou décision, surtout avec le regard et selon les critères d’aujourd’hui, mais plutôt de chercher à connaître les faits et à comprendre pourquoi telle décision a été prise, telle action a été conduite, telle politique a été menée.

Cette très longue Histoire constitue un héritage commun à partager et à s’approprier, mais aussi à enrichir et à transmettre. Elle est à la source de notre identité profonde et constitue un facteur d’unité sous réserve qu’elle ne soit pas instrumentalisée ou détournée. Car si tout ne fut pas glorieux dans cette Histoire, comme d’ailleurs dans la vie de tout homme, combien de personnages remarquables par leur courage, leur savoir, leur talent, leur générosité, leur vision, leur caractère nous sont offerts en exemple ! Ils sont source d’inspiration. Au moment où l’on s’interroge sur les raisons pour lesquelles des jeunes basculent dans le terrorisme, ne serait-il pas temps de proposer, non des modèles mais des références autres que des personnalités très médiatisées qui ne brillent que par leur fortune ?

Nombre de personnages historiques français et notamment des soldats ont suscité des vocations. Les ignorer aujourd’hui, c’est les oublier demain et les faire disparaître à jamais au moment où la jeunesse est en quête de repères et de valeurs.

Au contraire, mis en avant dans notre enseignement et par des productions audiovisuelles, ils pourraient contribuer activement à rassembler les Français par la fierté qu’ils éprouveraient et le besoin profond qu’ils ressentiraient de dépasser leurs intérêts immédiats pour servir la communauté nationale à laquelle l’Histoire nous rappelle que nous devons notre bien le plus cher : notre liberté.

Rendez-vous sur le site : www.asafrance.fr




Chronique historique : 8 décembre

8122016

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8 décembre

8 décembre 1594 : invention de la contremarche européenne par Guillaume Louis de Nassau (Groningue – actuels Pays-Bas). Chef de guerre aussi expérimenté que cultivé, il met au point les mouvements tactiques de l’infanterie permettant d’obtenir un « feu roulant » en permutant les lignes d’arquebusiers.

 8 décembre 1914 : bataille des Falkland (Atlantique Sud). Ayant coulé la flotte vieillissante britannique du contre-amiral Cradock lors de la bataille de Coronel (01/11/1914) au large du Chili, le vice-amiral von Spee tente de rallier l’Allemagne en infligeant le maximum de dégâts possibles au trafic commercial britannique. Il fait un détour par les Falkland pensant au pire bombarder la base de Port Stanley, au mieux y surprendre la flotte du contre-amiral Sturdee qu’il espère bloquée au port en plein charbonnage. Sturdee escomptant cette erreur a placé des vigies sur les hauteurs de l’ile lui donnant le temps de se préparer. Sa flotte surclassant celle de Spee en vitesse, armement et blindage, il venge de manière magistrale Coronel en coulant 4 croiseurs allemands sans perdre lui-même une seule unité. L’Allemagne n’a plus dès lors que l’option de la guerre sous-marine pour gêner les approvisionnements alliés.

 8 décembre 1925 : publication en Allemagne de l’ouvrage d’Adolph Hitler Mein Kampf . Lorsqu’en 1934 parait en France la première traduction de l’ouvrage – d’ailleurs contre l’avis d’Hitler qui fera un procès à l’éditeur – la couverture est barrée d’une citation de Lyautey : « Tout Français doit lire ce livre ». Mon combat, rédigé en prison après son coup d’Etat raté à Munich (8 novembre 1923) est un exposé particulièrement explicite des thèses nazies (racisme, antisémitisme, antichristianisme, espace vital, revanche, …). Le traducteur André Calmettes expliquera qu’il s’est fait un douloureux devoir de traduire l’ouvrage pour avertir les Français d’un péril qu’il sentait venir d’Allemagne. Ian Kershaw , biographe d’Hitler, estime que 80 millions d’exemplaires ont été diffusés jusqu’à présent dans le monde. Environ 10 millions l’avaient été jusqu’à la fin de la Seconde Guerre Mondiale…

 8 décembre 1929 : naissance de Gérard de Villiers (Paris). Le créateur de SAS, série de romans d’espionnage mettant en scène Malko Linge le fameux prince mais néanmoins espion à la solde de la CIA, aurait 87 ans aujourd’hui (décédé le 30/10/2013). Avec à son actif 200 ouvrages et au moins 100 millions d’exemplaires vendus dans le monde depuis 1965, Gérard de Villiers est l’un des écrivains français les plus connus et les plus lus. Considéré par beaucoup comme un auteur de littérature de gare à cause d’un style expéditif et de ses répétitives scènes torrides, il a cependant fait l’objet d’un article élogieux du New York Times en janvier 2013 le qualifiant d’auteur de romans d’espionnage le mieux informé, tant ses ouvrages sont géopolitiquement solides et certains même, prophétiques. Le général Rondot le présente comme un « homme au courage physique à la limite de l’inconscience » et Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères comme « extrêmement intéressant, avec un œil et un flair incroyables ».

 8 décembre 1940 : déchéance de la nationalité française pour De Gaulle. Par décret du 8 décembre 1940, publié au Journal officiel du 10 décembre 1940, page 6043, Charles de Gaulle est déchu de la nationalité française, à effet du 2 août 1940, sur le fondement de la loi du 23 juillet 1940. Ce sera aussi le cas de tous les résistants (lois du 22 juillet 1940 et du 23 février 1941).

 8 décembre 1941 : déclaration de guerre au Japon. Etats-Unis et Grande-Bretagne répondent à l’attaque surprise de Pearl Harbour.

 8 décembre 1944 : création des CRS (compagnies républicaines de sécurité). CRS, héritières des groupes mobiles de réserve (GMR) créés par Vichy le 23 avril 1941 et restructurés à la Libération.

 8 décembre 1955 : adoption du drapeau européen. Par l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Ses 12 étoiles d’or, pointes en haut, disposées en cercle sur fond d’azur, symbolisent l’union et la solidarité entre les peuples d’Europe. Schumman a choisi la couronne à 12 étoiles (alors qu’il n’y avait pas 12 pays en 1955) en référence à la couronne d’étoile de la Ste Vierge

 8 décembre 1987 : signature du traité INF. Traité entre l’URSS et les USA prévoyant la suppression des missiles sol-sol ayant une portée comprise entre 500 et 5500 km.

 8 décembre 1987 : livraison des premiers C-130 Hercules H.

 8 décembre 1991 : création de la Communauté des Etats Indépendants – CEI  (traité de Minsk). Le traité prévoit aussi la dissolution de l’Union soviétique (URSS). Signé dans un premier temps par la Russie, l’Ukraine et la Biélorussie le traité est contresigné le 21 décembre suivant par 8 autres anciennes républiques soviétiques.

 8 décembre 2004 : création d’une direction nationale du renseignement (Washington). Faisant suite aux recommandations de la Commission indépendante sur les attentats du 11 septembre 2001, sont créés un poste de directeur national du renseignement, un Centre national de lutte contre le terrorisme et un Centre national de lutte contre la prolifération des armes chimiques, biologiques et nucléaires, ainsi qu’un Bureau pour la protection des libertés civiles et de la vie privée.

Quelques rendez-vous historiques :

10 décembre 2016 – de 10h00 à 16h30 : « 8ème édition de la Plume et l’Epée » – salon du livre – conférences – prix littéraire (Tours).
jusqu’au 23 décembre 2016 : exposition : « De Brest à Vincennes : trois siècles d’histoire de la Marine » au Château de Vincennes.
jusqu’au 31 décembre 2016 : exposition « Visages du 25 août » –  Maison du Souvenir de Maillé (Indre-et-Loire).
jusqu’au 15 janvier 2017 : exposition « Mission mode, styles croisés » - Musée de la Légion étrangère (Aubagne) et château Borély (Marseille).
jusqu’au 29 janvier 2017 : exposition « Guerres secrètes » – Musée de l’Armée (Invalides).
jusqu’au 29 janvier 2017 : exposition « Verdun, la guerre aérienne » – Musée de l’air et de l’espace (Le Bourget).
jusqu’au 30 juin 2017 : exposition « Le désert : explorations et opérations » – Musée des Troupes de Marine (Fréjus).
jusqu’au 26 juillet 2017 : exposition « Tambours, clairons, trompettes : commander, transmettre, informer en musique » au musée des Transmissions (Cesson-Sévigné).
et
Les conférences du Service historique de la Défense (SHD) avec leurs références bibliographiques.




Chronique historique: 08 décembre

8122015

8 décembre 1594 : invention de la contremarche européenne par Guillaume Louis de Nassau (Groningue – actuels Pays-Bas). Chef de guerre aussi expérimenté que cultivé, il met au point les mouvements tactiques de l’infanterie permettant d’obtenir un « feu roulant » en permutant les lignes d’arquebusiers.

8 décembre 1914 : bataille des Falkland (Atlantique Sud). Ayant coulé la flotte vieillissante britannique du contre-amiral Cradock lors de la bataille de Coronel (01/11/1914) au large du Chili, le vice-amiral von Spee tente de rallier l’Allemagne en infligeant le maximum de dégâts possibles au trafic commercial britannique. Il fait un détour par les Falkland pensant au pire bombarder la base de Port Stanley, au mieux y surprendre la flotte du contre-amiral Sturdee qu’il espère bloquée au port en plein charbonnage. Sturdee escomptant cette erreur a placé des vigies sur les hauteurs de l’ile lui donnant le temps de se préparer. Sa flotte surclassant celle de Spee en vitesse, armement et blindage, il venge de manière magistrale Coronel en coulant 4 croiseurs allemands sans perdre lui-même une seule unité. L’Allemagne n’a plus dès lors que l’option de la guerre sous-marine pour gêner les approvisionnements alliés.

8 décembre 1925 : publication en Allemagne de l’ouvrage d’Adolph Hitler Mein Kampf . Lorsqu’en 1934 parait en France la première traduction de l’ouvrage – d’ailleurs contre l’avis d’Hitler qui fera un procès à l’éditeur – la couverture est barrée d’une citation de Lyautey : « Tout Français doit lire ce livre ». Mon combat, rédigé en prison après son coup d’Etat raté à Munich (8 novembre 1923) est un exposé particulièrement explicite des thèses nazies (racisme, antisémitisme, antichristianisme, espace vital, revanche, …). Le traducteur André Calmettes expliquera qu’il s’est fait un douloureux devoir de traduire l’ouvrage pour avertir les Français d’un péril qu’il sentait venir d’Allemagne. Ian Kershaw , biographe d’Hitler, estime que 80 millions d’exemplaires ont été diffusés jusqu’à présent dans le monde. Environ 10 millions l’avaient été jusqu’à la fin de la Seconde Guerre Mondiale…

8 décembre 1929 : naissance de Gérard de Villiers (Paris). Le créateur de SAS, série de romans d’espionnage mettant en scène Malko Linge le fameux prince mais néanmoins espion à la solde de la CIA, aurait 86 ans aujourd’hui (décédé le 30/10/2013). Avec à son actif 200 ouvrages et au moins 100 millions d’exemplaires vendus dans le monde depuis 1965, Gérard de Villiers est l’un des écrivains français les plus connus et les plus lus. Considéré par beaucoup comme un auteur de littérature de gare à cause d’un style expéditif et de ses répétitives scènes torrides, il a cependant fait l’objet d’un article élogieux du New York Times en janvier 2013 le qualifiant d’auteur de romans d’espionnage le mieux informé, tant ses ouvrages sont géopolitiquement solides et certains même, prophétiques. Le général Rondot le présente comme un « homme au courage physique à la limite de l’inconscience » et Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères comme « extrêmement intéressant, avec un œil et un flair incroyables ».

8 décembre 1940 : déchéance de la nationalité française pour de Gaulle. Par décret du 8 décembre 1940, publié au Journal officiel du 10 décembre 1940, page 6043, Charles de Gaulle est déchu de la nationalité française, à effet du 2 août 1940, sur le fondement de la loi du 23 juillet 1940. Ce sera aussi le cas de tous les résistants (lois du 22 juillet 1940 et du 23 février 1941).

8 décembre 1941 : déclaration de guerre au Japon. Etats-Unis et Grande-Bretagne répondent à l’attaque surprise de Pearl Harbour.

8 décembre 1944 : création des CRS (compagnies républicaines de sécurité). CRS, héritières des groupes mobiles de réserve (GMR) créés par Vichy le 23 avril 1941 et restructurés à la Libération.

8 décembre 1955 : adoption du drapeau européen. Par l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Ses 12 étoiles d’or, pointes en haut, disposées en cercle sur fond d’azur, symbolisent l’union et la solidarité entre les peuples d’Europe.

8 décembre 1987 : signature du traité INF. Traité entre l’URSS et les USA prévoyant la suppression des missiles sol-sol ayant une portée comprise entre 500 et 5500 km.

8 décembre 1991 : création de la Communauté des Etats Indépendants –CEI  (traité de Minsk).  Il prévoit aussi la dissolution de l’Union soviétique. Signé dans un premier temps par la Russie, l’Ukraine et la Biélorussie le traité est contre-signé le 21 décembre suivant par 8 autres anciennes républiques soviétiques.

8 décembre 2004 : création d’une direction nationale du renseignement (Washington). Faisant suite aux recommandations de la Commission indépendante sur les attentats du 11 septembre 2001, sont créés un poste de directeur national du renseignement, un Centre national de lutte contre le terrorisme et un Centre national de lutte contre la prolifération des armes chimiques, biologiques et nucléaires, ainsi qu’un Bureau pour la protection des libertés civiles et de la vie privée.




Introduction du colloque AIDOP / IHEDN du 7 octobre : « SOMMES NOUS EN GUERRE AUJOURD’HUI ? »

16102015

AIDOP

Nous publions l’introduction de Bertrand Darras, colonel (ER) et consultant, au colloque : « Sommes-nous en guerre aujourd’hui ? » organisé le 7 octobre dernier à l’amphithéâtre Foch de l’école militaire par l’AIDOP et l’IHEDN.

Napoléon et Bergson étaient d’accord pour estimer que la guerre est un état naturel et Miguel de Cervantès y voyait l’expression du changement continuel. Ces trois regards nous parlent de la permanence du phénomène et de sa nature instable.

Le propos de cette introduction est d’essayer de dépeindre les facteurs essentiels qui façonnent la guerre. Certains sont rémanents et d’autres nouveaux. Quels qu’ils soient, ils puisent leurs sources dans notre humanité et se retrouvent ainsi mêlés sous une forme toujours enracinée dans l’histoire et toujours renouvelée dans l’actualité. Leur compréhension requiert donc à la fois le regard de l’historien et de l’homme informé.

Les facteurs d’évolution de la société humaine d’aujourd’hui pourraient être résumés dans la mondialisation et ses conséquences politiques, économiques, sociales et même philosophiques, dans la nouvelle révolution industrielle, dans la crise des idées et dans l’accès aux ressources.

Il apparaît pertinent d’évoquer l’influence de ces quatre facteurs sur la guerre et sur ceux qui la font en jetant un regard sur l’ordre politique, l’économie et la technologie, notre société et la question du sens.

Les relations de l’ordre politique et de la guerre sont intrinsèques.

La dynamique en est double. La guerre influe sur l’ordre politique et l’ordre politique contribue à la nature de la guerre.

Comme l’a très clairement montré Michael Howard dans son remarquable ouvrage, « L’invention de la paix et le retour de la guerre », l’ordre politique qui précède l’ordre Westphalien actuel fut d’abord le fruit de la guerre. L’ordre féodal était la solution trouvée pour établir la sécurité dans le grand espace qu’était l’Europe. C’était une forme d’application du principe de subsidiarité à la sécurité des territoires et des populations. Cependant, au cours des siècles qui suivirent, cet ordre se transforma progressivement en source de violence. Ce fut quand la religion, par la réforme, perdit son rôle unificateur de l’Europe occidentale, que les conflits prirent une dimension intolérable et incontrôlable et débouchèrent sur la terrible guerre de 30 ans. C’est alors que l’ordre Westphalien, qui réserve aux Etats l’emploi légitime de la force, s’imposa pour mettre fin à cette dynamique perverse.

Cet ordre n’était pas censé faire disparaître la guerre. Il devait pouvoir la réguler. Dans sa vocation d’origine, la guerre y avait un début et une fin, et les familles royales un intérêt bien compris à la maintenir dans certaines limites qui préservaient leurs positions de long terme. Pour autant, de cet ordre émergea la nation qui, avec les idéologies, nourrira les guerres du XXe siècle. Il permit la mobilisation sans limites des ressources humaines. Avec l’appui des progrès technologiques et de la révolution industrielle, il apporta un développement exponentiel de la capacité de destruction qui nous conduisit jusqu’à l’arme nucléaire. Finalement, si l’ordre Westphalien parvenait parfois à limiter les effets destructeurs des nouveaux conflits, il se distinguait surtout par son aptitude à y mettre fin en rendant possible les accords entre acteurs légitimes.

Aujourd’hui, l’ordre Westphalien s’altère. La légitimité n’est plus celle des acteurs mais celle des motifs. Elle devient donc relative selon le camp dans lequel on se place. Les Etats, un temps acteurs dominants, voient leurs capacités d’actions réduites par la montée en puissance d’autres forces. Les frontières s’effacent. La santé des équilibres démocratiques inquiète, dans le cadre d’une forme d’impuissance du politique. Un nouvel espace est apparu, le cyberespace, sur lequel les gouvernements ont à peine prise. La capacité de mobilisation des moyens humains est maintenant partagée entre l’État et d’autres acteurs.

Ces mouvements ont des conséquences opérationnelles qui n’ont pas encore donné toute leur mesure. Dans le monde occidental, la relation du politique et du militaire dans la guerre a changé pour une plus grande imbrication. Nous pouvons légitimement nous demander qui a perdu l’Afghanistan, du politique qui a compté les moyens et n’est pas parvenu à régler la question des zones tribales, de la jonction politico-militaire qui a été incapable de choisir entre le pouvoir central de Kaboul et les seigneurs de guerre ou, des soldats qui n’ont pas réussi à détruire ou convaincre tous les adversaires du projet de la communauté internationale ? Dans ce conflit, l’expert est passé sous un contrôle plus prégnant et plus précis, mais pour quelle efficacité ? La guerre elle-même est maintenant « désencadrée », libérée dans ses expressions, alors que le soldat occidental y est plus contraint. Elle échappe aux décideurs habituels. Les moyens humains, le sens, les contraintes juridiques et humanitaires des différentes parties sont asymétriques. Faute d’interlocuteurs et de capacités, l’ordre politique ne maîtrise plus, un tant soit peu, le déclenchement et la fin des conflits ni leur espace et leur nature.

Les évolutions encore à venir nous laissent avec des interrogations fondamentales sur l’apparition d’un ordre politique capable d’assurer une forme de maîtrise de la guerre ou, en attendant, sur la création dans nos démocraties d’un outil de défense qui permette de relever les nouveaux défis.

L’état actuel de la conflictualité est aussi le fruit de la relation entre la guerre et l’évolution de l’économie et de la technologie.

Cette relation est tout autant inhérente à nos sociétés.

Le canon accroit la capacité de destruction, mais aussi le coût de la guerre. Il contribue à la fin de la féodalité. La révolution industrielle qui suit, complète la capacité de mobilisation sans limite des ressources humaines par celle des ressources économiques. Le cadre espace temps de la guerre se trouve totalement modifié par la technologie. Les conflits prennent une dimension globale. La guerre d’usure, où le succès dépend des ressources et non du sort d’une bataille, s’impose. La capacité de destruction massive apparaît. Le pouvoir d’en limiter l’emploi et les effets est dans les mains des Etats. Mais leur statut est diminué.

Aujourd’hui, dans la mondialisation, l’économie prend souvent le pas sur le politique. Les populations se mêlent géographiquement et s’expriment dans l’espace non régulé qu’est le cyberespace. La circulation de l’information s’accélère. Les derniers sanctuaires disparaissent. Grâce à internet, et bientôt aux objets connectés, le monde a accès à votre domaine privé. La guerre pourra venir dans votre foyer. Les liens sociaux se restructurent autour des communautés ou dans des groupes protéiformes sur le net. Les ressources diminuent, et les coûts augmentent, dans une sorte d’effet ciseaux qui pourrait pousser les modèles d’armées modernes dans une impasse. La finitude des ressources, enfin, pèsera très probablement sur les motifs de conflit.

L’ensemble de ces phénomènes a des implications opérationnelles lourdes de conséquences. L’adversaire d’aujourd’hui est polymorphe, des milices combattantes à Mohamed Merah, protéiforme, d’Al Qaida à Daesh, et ubiquitaire, du désert du Sahara à votre ordinateur. Les conflits sont longs et l’épuisement politique, économique ou humain en devient la clé. Les armées et les Etats occidentaux agissent sous contraintes accrues alors que « La guerre hors limites », selon le titre éponyme du livre de deux colonels chinois, poursuit son émergence dans les mains de nos adversaires réels et potentiels. Pour atteindre les ressources, la guerre prendra des canaux jusqu’ici peu usités. Elle s’invitera dans les entreprises où des catastrophes technologiques seront provoquées par des cyber attaques. Des familles de soldats ou de politiques seront attaquées de même, pour influencer les décideurs et affaiblir le lien entre un pays plus ou moins indifférent et des soldats prêts à risquer leur vie à la condition tacite que leur famille soit préservée.

La diminution des ressources pèse sur la capacité d’action des armées. Elle peut conduire au syndrome de la coquille vide dans lequel le nombre d’unités et quelques matériels rutilants masquent la pauvreté des moyens. La contrainte budgétaire s’accompagne d’un contrôle accru des dépenses et donc d’une consommation d’énergie importante dédiée à d’autres fins que la fin opérationnelle. Elle génère une culture bureaucratique qui s’oppose naturellement à la culture opérationnelle. La combinaison des principes de la guerre selon Foch est profondément déséquilibrée au profit de l’économie des moyens.

Dans le même temps, la lutte pour les ressources pourrait pousser la conflictualité vers les extrêmes et vers une forme de permanence au sein des sociétés comme entre les groupes humains. De plus en plus, la force s’oppose à la loi et régule des espaces entiers pour permettre l’enrichissement dans l’illégalité ou la survie de la communauté.

In fine, les défis qui s’imposent aux pays occidentaux en matière de défense s’accumulent alors que la capacité d’agir efficacement diminue et que les coûts augmentent. Dans cette configuration, il est légitime de se demander si les capacités politico-militaires occidentales sont condamnées à être efficaces localement mais inefficaces stratégiquement, et si elles permettront encore d’agir au loin alors que les défis de la protection et de la sécurité sur le territoire national s ‘amoncèlent.

La société elle-même, par sa structure et ses dynamiques, façonne ce que l’on appelle la culture de la guerre et donc la nature de celle-ci.

Quand l’ordre politique romain de l’empire occidental n’est plus à même de protéger ses populations, celles-ci, entre autres raisons, se tournent graduellement vers les élites militaires étrangères pour prendre en main leurs destinées. Dans la même logique, la classe dirigeante des trois Etats, l’aristocratie, n’était plus à la hauteur de ses responsabilités et fut happée par l’apparition combinée de l’État-nation, des lumières et de la démocratie. Ces derniers vont favoriser en deux siècles le développement d’une société prônant la liberté et l’égalité. Elle voit l’éclosion de l’individualisme et le développement de la mobilité des hommes mais n’en apportera pas moins sa part de violence. Le tissu social des trois Etats fut déchiré par la révolution et les vingt cinq ans de guerres qui suivirent.

Aujourd’hui, notre tissu social se trouve de nouveau profondément changé voire abîmé. Toute une partie de la population mondiale qui profite de la mondialisation se découple de populations encore enracinées dans leur histoire. Les inégalités sociales s’accroissent et l’ascenseur social est en panne. Les communautés endogènes réapparaissent et les communautés exogènes se multiplient dans les nations. Les crises internationales se nationalisent. Les tensions et l’insécurité se développent sur les territoires. Les codes de valeurs divergent. Les valeurs liées à la résilience des hommes comme le courage, l’énergie et la capacité d’adaptation n’irriguent plus toute la société. Certaines catégories de la population comme les soldats en sortent potentiellement isolées. Cette trame du tissu social est encore fragilisée discrètement, mais réellement, par des désastres comme celui du système (de paie) Louvois.

Cette détérioration du tissu social, ou cette mutation, si l’on est plus optimiste, a aussi des conséquences opérationnelles lourdes qui peuvent se faire sentir à plus ou moins long terme.

L’importation dans nos sociétés des crises internationales et la montée en puissance des communautés peuvent agir comme un acide sur la liberté d’action du politique et du militaire.

Le retour de la force comme régulateur dans nos sociétés mène potentiellement à une dichotomie entre l’extension des conflits et l’affaiblissement des moyens de les contenir car l’action politique est encadrée et parfois contrainte par le droit, les principes et l’exposition médiatique. Ce phénomène est de nature à remettre en question l’organisation de l’appareil de défense et de sécurité chargé de maîtriser la violence.

Le découplage de la classe dirigeante et de la population ne peut être sans conséquences sur la place des armées. Invisible au quotidien, il agit comme un poison entre deux éléments du tissu social. Dans certains pays, en des moments de crise, il a déchiré l’armée entre la population dont elle émane et qu’elle protège et la classe dirigeante politique à qui elle doit obéissance. Le rôle joué par les forces armées dans les différents pays touchés par le printemps arabe est un bon exemple des enjeux de cette dynamique. Non pas, qu’aujourd’hui, celle-ci soit un défi pour nos sociétés occidentales. Cependant, cette dynamique n’est pas saine. Et l’on ne sait jamais dans le monde incertain dans lequel nous vivons quelles en seront les conséquences de long terme.

L’accroissement de la pression médiatique conduit à une forme d’inversion du positionnement des soldats qui avaient pour mission principale de mettre en œuvre des décisions politiques et qui, aujourd’hui, doivent avant tout les légitimer. Cette intrusion du politique est encore renforcée dans la guerre au milieu des populations. Elle impose au soldat de conquérir les intérêts, les cœurs et les esprits des acteurs locaux pour obtenir leur adhésion au but politique de l’opération. Elle fait entrer le soldat dans la logique d’un candidat aux élections recherchant l’adhésion à son programme.

Dans ce cadre sociétal troublé, l’efficacité de l’action politique et militaire est au minimum gênée et la légitimité de l’action, au mieux, plus difficile à trouver.

Le dernier aspect de la relation de la société à la guerre est celui du sens.

Le sens nourrit les raisons de la guerre et sa portée. Quatre sens dominent la dynamique conflictuelle. Ce sont l’appartenance, avec la communauté ou la nation, les idées, avec la religion et les idéologies politiques prégnantes au XXe siècle, le territoire qui a porté des siècles d’ambitions royales et l’accès aux ressources qui laisse des traces de sang dans l’histoire de l’humanité. Il y a déjà eu des crises du sens dans l’histoire quand la question de la disparition de l’ordre politique féodal se cumule avec celle de la crise des idées portée par la réforme, la révolution des sciences et du début de l’européanisation de l’économie.

Le sens a produit parfois des guerres extrêmes, toujours des ambitions et de la conflictualité. Il a permis la mobilisation des ressources. Il a aussi eu un rôle positif quand il limitait les effets de la violence par les traités internationaux ou certaines actions de l’Eglise. Il avait le mérite de la clarté et donc de l’intelligibilité nécessaire au maintien d’une forme de contrôle des dérives. Mais ces différents sens ont parfois, lorsqu’ils s’entremêlaient, créé des monstres incontrôlables.

Aujourd’hui, il semble que nous soyons de nouveau entrés dans une période de crise du sens.

Des phénomènes comme :

-  le retour du religieux ;

-  la bascule du sentiment d’appartenance nationale à celui d’appartenance à une communauté ou à quelque chose de plus grand aux formes encore incertaines, comme l’Europe ou le monde ;

-  une forme de décrédibilisation des valeurs universelles ;

-  l’asymétrie des valeurs exposée à tous dans un monde médiatisé ;

-  le retour d’une concurrence de système entre le capitalisme libre de l’Occident et le capitalisme d’État bien représenté par les BRICS ;

-  la résistance des cultures et des peuples à la mondialisation et

-  le débat récurrent entre la diplomatie de principe qui se concentre sur les motifs et la diplomatie réaliste qui vise le résultat ;

sont des facteurs qui posent clairement la question du sens. S’ils le rendent illisible, ils sont de nature à engendrer une conflictualité incontrôlable. Déjà, aujourd’hui, cette turbidité du sens, altère la capacité des dirigeants à motiver l’investissement dans la protection des populations.

Les conséquences opérationnelles de cette crise sont nombreuses et vont au-delà du simple emploi des forces. Quel sens peut avoir une défense européenne si elle n’est motivée que financièrement, alors que le projet européen est mal perçu et que les cultures des armées de nos pays sont parfois si différentes ? Pourquoi un soldat d’Europe risquera t-il sa vie ?

Sur des théâtres extérieurs, l’asymétrie du sens et des motivations produit une montée vers les extrêmes dans l’expression de la violence et le retour du conflit existentiel pour au moins une des parties prenantes. Ces conflits sont longs comme ce fut le cas pour l’Irak et l’Afghanistan hier et pour la Syrie aujourd’hui.

La décrédibilisation des valeurs universelles, l’inégalité des parties prenantes devant le droit et la confrontation permanente de nos soldats à une violence barbare ne sont pas sans effets sur les capacités de nos armées. Elles impliquent une gestion fine de leurs équilibres pour maîtriser les conséquences potentiellement perverses d’une telle exposition.

Pour conclure, il apparaît clairement que nous pouvons nous demander si nous n’entrons pas dans une nouvelle période de transition opérationnelle qui pourrait être comparée, dans son ampleur, avec l’apparition des guerres nationales qui s’imposent avec la révolution française, celle des guerres idéologiques motivées d’abord par la religion puis par la politique, et celle de la guerre industrielle dont l’expression la plus flagrante est la première guerre mondiale. Ces transitions n’impliquent pas un renouvellement complet des logiques opérationnelles. Pour reprendre la formule de Lavoisier : « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », nous sommes bien dans une évolution qui conservera forcément, si ce ne sont les moyens, au moins les logiques des anciens modèles. Nous avons cependant une dimension révolutionnaire, issue des technologies, qui est l’introduction d’un nouvel espace, le cyber espace, créé par l’homme et dont les limites et les lois sont impossibles à figer comme ce fut possible pour la terre, l’eau et l’air.

Les signes que nous avons aujourd’hui de cette évolution sont des conflits longs, bientôt hors limites, divers et parfois entremêlés donc inintelligibles. Nos adversaires seront capables de nous attaquer sans contrainte de temps car, on peut faire la paix avec un Etat mais, comment la faire avec des hackers dispersés sur notre planète ? Nos adversaires seront résilients, beaucoup plus libre de contraintes et d’impératifs que nous. Ils seront polymorphes, protéiformes et ubiquitaires.

En face, nos sociétés sont fragilisées et contraintes. Elles s’appuient sur un tissu social que l’on pourrait qualifier d’affaibli pour respecter un juste équilibre entre le pessimisme et l’optimisme. Le sens même de l’engagement est troublé. Les actions politiques et militaires sont de plus en plus entremêlées dans une combinaison qui n’a pas prouvé son efficacité comme en témoigne les échecs politico-militaires que furent les derniers conflits d’Irak et d’Afghanistan. Elles se révèlent localement décisives mais stratégiquement impuissantes.

Ces phénomènes sont de nature à profondément modifier l’environnement opérationnel. Ils altèrent l’efficacité de l’engagement de nos pays et de la protection de notre population, de ses intérêts et de son territoire. Ils devraient être de nature à nourrir une réflexion sur nos appareils de sécurité qui dépasserait les horizons structurels actuels.




Débat : Enseigner la Défense ?

5022015

Enseigner la défense, que peut dire un militaire ?

par le GBR (2S) Paul MOREAUX

Le débat s’est à nouveau ouvert sur la nécessité d’un service civique obligatoire. Il est opportun de rappeler que les Maires ont déjà la possibilité d’engager leurs jeunes gens dans leur réserve communale de sécurité civile.
L’Epaulette publiait dans son N° 179 de décembre 2012, ce rappel sur l’existence des lois inappliquées, dont le but était justement de dire au jeune citoyen ce que la société attendait d’eux.
Mais ces lois demandaient aux maires d’agir avec leurs moyens et leurs ressources. C’est à dire de prendre leurs responsabilités. Peu l’ont fait, mais l’exemple de Gonfreville l’Orcher, cité dans l’article joint, montre ce que peut la volonté. C’est tellement plus facile, sous la pressions des événements,  de reporter la responsabilité sur l’État en demandant un retour au service civique obligatoire…
D’autres renvoient la réserve communale de sécurité civile (RCSC) à ses limites : elle n’est employable que sur le territoire de la commune. On peut répondre à cette objection qu’il suffirait d’autoriser le préfet du département à coordonner l’action des RCSC sur une zone de catastrophe.
Et les militaires ? Dans un autre article, nous rappelions qu’il existe un militaire chargé de la mise en œuvre des moyens militaires dans le cadre des plans de secours et de défense : le DMD. Il suffirait de lui adjoindre pour 1, 2 ou 3 ans, les officiers dont les armées doivent, au titre de la nouvelle LPM, se séparer. Ce serait un temps utilisé par eux pour se reconvertir et trouver un emploi, en même temps qu’ils planifieraient et qu’ils instruiraient dans les mairies et les écoles.

Enseigner la défense, c’est situer le citoyen à sa place de guerrier dans la société et non situer la place donnée au guerrier dans la société. Le dispositif d’enseignement de la défense mis sur pied à partir de 1997 vise justement la première proposition mais son application atteint la seconde.  

Avec la conscription, la France faisait le « triple apprentissage de la nation, de la citoyenneté et de la République » (Annie Crépin[1]). En 1996, la France a modifié radicalement sa vision de la défense : le pays encerclé était devenu sans ennemis, presque sans frontière. Quand toutes les ressources de la nation pouvaient être mises au service de la défense en cas de menace sur les intérêts vitaux, il n’y avait plus qu’un budget restreint et, bientôt le livre blanc parlerait de sécurité nationale et de défense (le qualificatif de « nationale » ne s’y appliquant pas).

La loi 97-1019 du 28 octobre 1997 sur la suspension du service  militaire décide avec philosophie de répartir l’enseignement de la défense entre trois acteurs : le militaire, l’élu et l’enseignant. Le principe défini est logique quoique mal connu et il suffit de balayer les actions d’enseignement aux trois niveaux du parcours de citoyenneté pour s’apercevoir que sa réalisation, très inégale, mène souvent au rejet du jeune citoyen, guerrier par nature, ou à son renvoi vers un corps très réduit : les armées.

LA SUSPENSION DU SERVICE MILITAIRE, QUI  ENSEIGNE LA DEFENSE ?

Dans « de la République » Platon[2] dit que l’équilibre d’une société repose sur trois piliers : ses philosophes (comprendre : ses dirigeants), ses commerçants (comprendre : ceux qui font vivre  la cité par le commerce de leur travail, de leurs idées, de leurs biens, de leur argent…) et ses guerriers (comprendre : ceux qui sont en charge de la défense et de la protection de la cité). Lorsque la valeur de l’un de ces piliers change par rapport aux autres la société est déstabilisée.

Les sages qui ont décidé, avec l’accord du peuple français, de changer radicalement la nature du pilier « guerriers » en 1996 savaient très bien que l’affaiblissement qu’ils portaient à ce pilier allait modifier la nature même de la société. Les philosophes et sociologues de l’époque annonçaient la conséquence naturelle de ce changement : l’inconnu. La période de transition durera une génération (le temps que ceux qui ont été éduqués, sans connaître cette partie du corps des guerriers qu’est l’armée, arrivent au pouvoir). C’est donc vers 2025 que nous verrons le résultat de la décision prise par le peuple français en 1996.

Nos gouvernants, bien conseillés, ont décidé d’accompagner la période de transition d’un « enseignement de la défense ». Celui-ci a été confié à l’Education Nationale (choix en référence aux « hussards de la République »), aidée par les armées et l’IHEDN à travers les trinômes académiques. Un peu plus tard, ils ont modifié les lois qui régissent la sécurité civile et affirmé l’émergence d’une qualité nouvelle à développer : la résilience.

Le parcours de citoyenneté fait passer tous les jeunes Français par trois étapes chronologiques: l’apprentissage de la citoyenneté à l’école, le recensement militaire à la Mairie et la présentation des Armées en local militaire. Ce parcours est progressif et inégalement réparti : les Armées ont une simple action de couronnement d’un enseignement qui a accompagné le jeune de la communale à la terminale, la Mairie a le second rôle, celui d’indiquer au jeune ce que la société attend de lui, le poids principal repose sur l’école : enseigner la citoyenneté.

Donc, enseigner la défense, c’est positionner le citoyen dans sa société, ses règles et ses lois (l’apprentissage de la citoyenneté), lui montrer quelle est sa place de guerrier dans cette société (recensement militaire) et quelle est la place du guerrier dans la société (journée d’appel de préparation à la défense). En règle générale, le dispositif a été tronqué : la défense, c’est le rôle des armées, la mairie se contente souvent d’un rôle administratif (ce n’est pas toujours le cas), les écoles font l’enseignement de la citoyenneté par touches ponctuelles.

L’APPLICATION DU PARCOURS DE CITOYENNETE

Le contact des jeunes avec les armées : l’incompréhension qui suit une mauvaise préparation.

Les journées d’appel de préparation à la défense sont faites pour présenter le volet ultime de la défense, le dernier recours, son expression la plus exceptionnelle. Elles sont en réalité une découverte de la défense. Ce que les jeunes reçoivent comme message est à l’opposé de ce qui est souhaité. En effet, ils ne comprennent pas : « les armées sont  le sommet de la défense, leur emploi est l’expression du peuple face à un immense danger » ; ils comprennent : « les armées sont professionnelles, nous avons besoin de 20 000 jeunes par an pour un contrat de quelques années, c’est donc réservé à quelques uns qui ont les qualités requises ». Pour la grosse majorité d’entre vous, c’est simple : « nous n’avons pas besoin de vous ! »

La transformation de la JAPD en JDC (journée défense et citoyenneté) éloigne encore plus les armées des  jeunes citoyens.

Comparez à ce que les plus anciens ont connu : « le pacte de Varsovie nous menace, vous avez 20 ans, votre place est dans les armées pour défendre votre pays », et vous comprenez que cette société dans laquelle arrivent nos jeunes, ne les attends pas…

Le contact avec les mairies : souvent simplement administratif mais parfois bien pensé comme un accueil du jeune guerrier dans la cité.

Ce sont les mairies qui ont pour mission d’intégrer les jeunes dans la société et plus particulièrement les « guerriers ». Dans le parcours de citoyenneté, cela s’appelle : « le recensement militaire ». Son expression la plus simple est l’obligation de passer en mairie à l’âge de 16 ans pour se faire inscrire sur le registre de recensement. La plupart des mairies se contentent du minimum mais d’autres l’ont pris différemment.

Connaissez-vous la loi d’août 2004 sur la rénovation de la sécurité civile ? Ou celle d’août 2005 sur la réserve communale de sécurité civile ? Connaissez-vous Gonfreville l’Orcher ?

La loi d’août 2004 rappelle aux citoyens qu’ils sont responsables de la sécurité des autres citoyens et aux Maires qu’ils sont responsables de la sécurité de leurs concitoyens. Elle enjoint aux Maires d’élaborer un plan communal de sauvegarde pour être en mesure de réagir aux accidents climatiques et technologiques.

La loi d’août 2005 définit le droit pour les maires d’organiser une réserve communale de sécurité civile. Lors d’une catastrophe, les professionnels agissent selon leur spécialité, mais les besoins sont tels qu’il faut énormément d’acteurs d’environnement (déblayage, guidage, regroupements, évacuations, recensement…). La réserve communale de sécurité civile, c’est donc cette masse de citoyens, préparés et encadrés qui aideront les professionnels à exercer leur art et les déchargeront des tâches nécessaires mais annexes à leur métier. Cette réserve est bénévole, la loi garantit une assurance aux réservistes (et à ceux qui les emploie) en cas d’accident.

Gonfreville l’Orcher est une petite ville normande très agréable, dotée d’une immense usine classée Sévezo II, bâtie en partie sur une falaise de craie susceptible d’effondrements, une partie de la ville peut être inondée et comme toutes les villes, elle est traversée par des véhicules dangereux. La mairie est tenue par des philosophes au sens civique et républicain très élevé pour qui les problèmes s’écrivent en équation : « Recensement militaire + plan de sauvegarde + réserve communale = période d’information et d’accueil des jeunes ». En juin, lorsque les jeunes des secondes sont assez libres (passage du baccalauréat), ils sont regroupés pour une période d’information. Ils découvrent les corps professionnels de la sécurité et de la protection, l’organisation des secours, de la Mairie…Ils touchent le matériel, discutent avec les professionnels et apprennent qu’on a besoin d’eux, que la ville les attend, qu’ils pourront entrer dans la réserve communale de sécurité civile où ils seront encadrés et participeront à l’organisation du secours de leurs voisins, amis et parents.

Voilà le message d’intégration. Dans une société qui développe la résilience, l’intégration du citoyen à la défense se fait à un niveau décentralisé. Ce maire n’est pas en contradiction avec la loi, il pousse à un niveau très élevé sa mission d’acteur de l’enseignement de défense.

Si tous les jeunes citoyens avaient reçu ce message, la journée des armées aurait signifié : «  à ceux qui veulent aller plus loin dans la défense de leurs concitoyens, nous offrons une opportunité exceptionnelle et limitée ».

Jeune citoyen en devenir à l’école : comme une œuvre impressionniste, des touches dispensées au gré de l’histoire, de la géographie et de l’éducation civique, juridique et sociale.

Parler d’enseigner la défense à un professeur de l’éducation nationale attire la réplique : « nous enseignons la citoyenneté, c’est à travers plusieurs années, plusieurs matières que nous allons forger un esprit citoyen qui sentira son devoir de protéger et de développer ce que ses parents lui ont légué. »

L’éducation nationale a très bien qualifié et programmé sa partie d’enseignement à la citoyenneté mais le guerrier est oublié, parfois méprisé…et l’histoire nationale a rejoint sa place dans l’histoire (encore balbutiante) de l’Europe et du monde.

MOT D’UN MILITAIRE

Il faut faire un effort pour séparer le monde dans lequel entrent nos jeunes et celui dans lequel nous, jeunes, sommes entrés. Nous étions les guerriers attendus dans une France encerclée qui soudait ses citoyens autour d’un résistant magnifique. Aujourd’hui, les jeunes entendent que nous n’avons pas besoin d’eux dans une France diluée au sein d’une Europe qui est à nous et à eux mais qu’ils saisissent mieux que nous.

Nous, les militaires savons à quel point l’Histoire est partiale et vise un but. Nous savons aussi que la géographie a toujours raison. Enseigner la défense, c’est aussi revoir l’histoire et la géographie. C’est aussi peut-être admettre que c’est la fin de la puissance des Etats nation.

Charlemagne est-il un empereur français ou allemand ? La carte de son empire ne nous renseigne guère. On y voit presque l’Europe des six. Évidemment, l’histoire des possessions territoriales appuie souvent les ressorts politiques et dans l’histoire de la France, nous voyons François 1er encerclé après l’échec du « camp du drap d’or », tendre la main à Soliman le Magnifique. L’armée multinationale de Fontenoy est cachée sous la dentelle de l’ « après vous Messieurs… ». La Révolution et Valmy nous pousseront vers la nation en arme et nos nations se massacreront.  Les guerriers qui ont fait les deux guerres mondiales ont écrit une nouvelle page de notre histoire d’Europe. C’est une histoire de paix que nous continuons d’écrire.

Lorsqu’on regarde la carte de l’Europe on est frappé de voir ses fleuves partir du centre et irriguer son étendue sans solution de continuité. Le bleu, présent dans la terre, l’encercle aussi et porte toute la logistique et les peuples qui se déplacent.

Et cette Europe a un esprit[3]  façonné par  l’humanisme et la démocratie. L’Europe se construit sans dirigeant fort, la loi de l’opinion publique s’y développe. Nous sommes très loin du résistant providentiel qui incarne la nation.

L’esprit de citoyenneté qui baigne nos jeunes est européen, si nous ne saisissons pas cela, nous ne comprenons pas les jeunes ni l’enseignement qu’ils reçoivent.

Acteurs de l’enseignement de la défense, nous avons un effort d’information à faire. « Nous ?», il s’agit bien sûr des militaires dont la parole s’est libérée par la grâce de la fin du service actif, pas de nos chefs ni de nos camarades qui, dans l’active font avec respect mais avec force, valoir la nécessité d’une défense moderne.

Nous ferons bien notre effort d’information en rappelant autour de nous, aux citoyens et élus que nous côtoyons, que la cité sans guerrier est une cité sans protection, qu’un jeune est guerrier par nature et qu’il a besoin qu’on l’accueille et lui dise sa place. Si ce n’est pas l’institution qui le fait, d’autres s’en chargent et animent des bandes ou des armées privées.

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[1]    Annie Crépin : la conscription en débat ou le triple apprentissage de la nation, de la citoyenneté et de la République ». Voir rubrique bibliographie.

[2]    Platon : De la république. Voir rubrique bibliographie.

[3]    Lucien Jaume : Qu’est-ce que l’esprit européen ? Voir rubrique bibliographie







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