Chronique historique : 03 décembre

3122015

ERRATUM pour le 2 décembre 1870 : fin de la bataille de Loigny. « Après la victoire de Coulmiers, le 9  novembre, où les Bavarois sont battus par l’armée de la Loire de d’Aurelle de Paladines, celle-ci se fait battre à Beaune-la-Rolande (29 novembre) par le prince Frédéric-Charles. Le 29 novembre, la Délégation de Tours apprend que la 2e armée de Paris (général Ducrot) tente une sortie. Elle livre bataille à Champigny le 30. L’armée de la Loire tente de lui tendre la main. Les Bavarois sont à nouveau battus, le 1er décembre à Villepion, au nord-ouest d’Orléans. Le lendemain, les généraux Chanzy et de Sonis affrontent à Loigny les Bavarois ainsi que les Prussiens du grand-duc de Mecklembourg-Schwerin. Les « volontaires de l’Ouest », ex-zouaves pontificaux, et les mobiles des Côtes-du-Nord, menés par de Sonis tentent de reprendre aux Prussiens Loigny, devant lequel ils échouent de justesse. De Sonis, blessé, reste sur le champ de bataille toute la nuit. Le même jour, d’Aurelle de Paladines mène un combat heureux, à Poupry, à la droite de Chanzy, toujours contre le grand-duc. Mais la défaite de Loigny l’oblige à ordonner la retraite générale, qui entrainera la chute d’Orléans ». Colonel (er) Henri Ortholan.

Sur le sujet lire L’Armée de la Loire, 1870-1871 du Colonel Ortholan chez Bernard Giovanangeli ».

3 décembre 1800 : bataille de Hohenlinden (Allemagne). Grace à la retraite simulée du général Grenier, le général Moreau attire les Austro-Bavarois vers Hohenlinden où ses forces sont concentrées. Les coalisés donnent dans le piège et attaquent le centre de l’armée française commandé par Ney et Grouchy pendant que le général Richepanse avec l’aile droite déborde discrètement par la forêt. Pris à revers, l’ennemi se débande.

3 décembre 1805 : Napoléon félicite son armée après l’éclatante victoire d’Austerlitz. « Soldats, je suis content de vous ! ». Vous avez à la journée d’Austerlitz, justifié tout ce que j’attendais de votre intrépidité ; vous avez décoré vos aigles d’une immortelle gloire. Une armée de cent mille hommes, commandée par les empereurs de Russie et d’Autriche, a été, en moins de quatre heures, ou coupée ou dispersée. Ce qui a échappé à votre fer s’est noyé dans les lacs. il vous suffira de dire « J’étais à la bataille d’Austerlitz », pour que l’on réponde, « Voilà un brave ».

3 décembre 1857 : naissance de Joseph Conrad (Berditchev – Ukraine). De son vrai nom, Teodor Josef Konrad Korzeniowski. Après avoir fait ses débuts en tant que mousse à Marseille, il est capitaine de la marine marchande britannique pendant 16 ans. Conrad se met tardivement à l’écriture de romans, inspirés de son expérience aux quatre coins du monde et ne rencontre curieusement le succès qu’encore plus tardivement. Maîtrisant parfaitement le Français, il choisit d’écrire en Anglais pour honorer le pays dans lequel il s’est installé et qui peut aujourd’hui revendiquer à ce titre l’un des plus grands écrivains du XXème siècle. Son parcours de jeunesse aventureux, ses multiples commandements à la mer et ses contacts avec de nombreuses cultures ont probablement contribué à faire de lui un expert des tréfonds de l’âme humaine : La lecture de Lord Jim n’est pas réservée qu’aux marins, elle pourrait même être conseillée en écoles de formation initiale. Lire aussi Au cœur des ténèbres (qui a inspiré le film Apocalypse now), les Duellistes (qui a été mis en scène par Ridley Scott), l’Agent secret et Nostromo.

3 décembre 1888 : décès de Carl Zeiss. (Iena)  « Ingénieur opticien allemand, il a été le premier producteur de lentilles optiques minérales. Il fonde avec son fils et deux associés le « Glastechnisches Laboratorium Schott & Genossen » qui devient en 1889 la « Carl Zeiss Stiftung », elle demeure aujourd’hui encore un grand nom de la fabrication d’optiques militaires et civiles (lunettes pour fusils et jumelles notamment) ». CNE J-B P. (COMLE)

3 décembre 1917 : lancement du Liberty « Les gouvernements Américain, Britannique et Français concluent un accord afin de produire en coopération le premier char lourd : le Mark VIII ou Liberty. Dernière mouture de la génération des Marks britanniques, armé de deux canons de 6 pounds et de mitrailleuses, il devait peser 38 tonnes. Assemblés dans une usine de Châteauroux, les superstructures sont anglaises tandis que les châssis et les moteurs proviennent des Etats-Unis. La fin de la guerre met fin à ce projet et seuls quelques exemplaires voient le jour à titre d’expérimentation ». CNE J-B P. (COMLE)

3 décembre 1951 : Julien Gracq refuse le Goncourt. Lucien Poirier (son vrai nom) refuse le prix que l’académie Goncourt souhaite lui remettre pour le Rivage des Syrtes. Le lieutenant Poirier était chef de section au 137ème RI durant la Campagne de France. Prisonnier du 2 juin 1940 au 2 février 1941. Ses Manuscrits de guerre publiés en 2011 (4 ans après sa mort) le montrent sous un angle inhabituel, lui qui, jusqu’en 1997 était présenté comme le dernier grand écrivain français vivant.

3 décembre 1952 : victoire à Na San (Indochine). Le camp retranché en pays Thai, créé par le général Gilles autour de l’aérodrome de Son La pour empêcher toute percée du viêt minh au Laos, subit plusieurs assauts des divisions de Giap (30 000 VM) entre le 23 novembre et le 2 décembre 1952. La forte attrition infligée à l’adversaire (3000 VM contre moins de 50 défenseurs !) démontre le succès du concept de la double ceinture de points d’appuis ou de la défense en « hérisson ». A noter aussi : le général Salan écrit dans ses mémoires que la bataille de Na San aurait été perdue sans l’aide de l’aviation (pont logistique aérien, appui au sol). L’artillerie a tout de même tiré en une seule nuit 5600 coups (éclairée il est vrai par les Dakota Luciole).

3 décembre 1963 : création de l’ONM. Le général de Gaulle crée l’Ordre National du Mérite. L’ONM est le troisième ordre national derrière la Légion d’honneur (1802) et la Médaille Militaire (1852). L’ordre national de la libération qui n’est plus décerné depuis 1946, vient cependant protocolairement s’insérer entre la LH et la MM.

3 décembre 1989 : fin de la guerre froide (Malte). Bush et Gorbatchev se rencontrent successivement à bord de navires US et soviétique et entérinent la fin de la guerre froide, suite à la chute du mur de Berlin.

3 décembre 1996 : attentat à la station Port Royal (Paris 5ème). Une bombe artisanale mais de forte puissance tue 4 passagers et en blesse 170 autres. Probablement perpétré par le GIA, cet attentat vise initialement la station Saint Michel où 18 mois plus tôt une explosion a tué 8 autres personnes.




Blog La voie de l’épée : un article prémonitoire du COL (er) Michel Goya

18112015

diffusé le dimanche 25 octobre 2015, soit plus de 15 jours avant les attentats

Le jour d’après la grande attaque 

C’est donc à peu près entendu, la guerre de la France contre les organisations djihadistes qui dure déjà depuis vingt ans durera encore sans doute au moins autant. Dans le cadre de cette lutte, il est à peu près certain aussi que la foudre, la grande, celle qui fend les montagnes, ne nous épargnera pas éternellement. Les attaques de 2012 et 2015 ont été dures et surprenantes, en fait surtout dures parce que nous, nos dirigeants en premier lieu, avons été surpris alors que de nombreux éléments indiquaient que cela surviendrait. On ne peut introduire la notion de résilience dans le livre blanc de la défense de 2008 et n’en tenir aucun compte, se féliciter régulièrement de déjouer des attentats et ne pas assumer que nous ne pourrons jamais tous les éviter. Ces attaques, et même celles de janvier dernier, qui ont provoqué beaucoup d’émotion, ne sont pourtant encore que peu par rapport aux dizaines d’attentats massifs et d’attaques dynamiques qui ont frappé diverses nations du monde depuis 2001. La première des responsabilités serait d’expliquer que cela arrivera très probablement sur notre sol dans les mois ou années à venir.
Cette grande attaque, par exemple sous la forme d’un commando venu de Libye éclatant en cellules autonomes de massacre au cœur de Marseille ou d’une équipe de snipers frappant les foules parisiennes une nuit du nouvel an…ou tout autre procédé pourvu qu’il soit stupéfiant, sera sans doute finalement bien traitée, c’est-à-dire contenue et réprimée, par les services de police. Le dispositif de l’opération Sentinelle, aura peut-être même cette fois une autre utilité que psychologique. Cela limitera les effets mais n’empêchera pas des dizaines, voire des centaines, de victimes et un immense choc. Tout cela a été parfaitement décrit par ailleurs, sur ce blog.
Il reste à savoir ce qui se passera le jour d’après. Quelle sera la réponse à ce qui, bien plus qu’en janvier, ressemblera vraiment aux attaques du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis ? La France faisant partie des ennemis privilégiés de plusieurs organisations djihadistes, il est probable que tout cela a déjà été anticipé. Les discours forts sont déjà écrits, les actions diplomatiques, les plans de mobilisation des forces de réserve, ainsi que les plans d’engagement des forces déjà prêts pour vaincre l’ennemi…
C’est de l’ironie. Il est probable qu’il n’en est rien. S’il y a bien un message que la France a envoyé après les attentats de janvier c’est bien qu’elle avait été surprise et qu’elle le serait encore plus en cas événements particulièrement graves. Car il ne faut pas confondre les réactions qui ont suivi, le déploiement précipité des militaires dans les rues de métropole comme on injecte une forte dose d’anti-dépresseur, la légère inflexion dans la réduction des budgets et des effectifs, l’engagement momentanée du groupe aéronaval dans le Golfe, la loi sur la sécurité comme des signes d’une réelle stratégie. Une stratégie suppose en effet la définition d’un chemin vers la victoire et la fin de la guerre, et ce chemin on ne le voit guère. Pourtant, quand on cumule tous les moyens engagées dans la « guerre » annoncée par le Premier ministre en janvier, nous sommes au niveau de l’« engagement majeur » (une expression pour justement éviter le mot « guerre ») prévu par le Livre blanc de 2013 et certainement contre l’ennemi prévu par ce même document, tout simplement parce qu’il n’y en a aucun (juste toujours la même liste de menaces). La confusion n’est d’ailleurs toujours pas dissipée, le même Premier ministre qui déclarait la « guerre » annonce maintenant de fait des actions de « police » en Syrie.
L’épée est donc déjà sortie mais pour quel effet ? Nous avons engagé deux brigades dans les rues de métropole afin de rassurer un peu les Français, nous tentons d’endiguer les organisations armées nord-africaines avec 3 000 hommes et quelques aéronefs en limite d’un sous-continent très fragile et de la taille de l’Europe, quant à nos 12 avions de combat au Proche-Orient, ils réalisent 3 % d’une campagne de frappes qui n’obtient que des résultats mitigés contre l’Etat islamique. Le moins que l’on puisse dire est que vu de Raqqa notre contre-djihad manque singulièrement de punch et nous sommes pourtant à notre maximum.
Quel sera alors la réponse stratégique si un commando de l’Etat islamique ou d’al-Mourabitoune parvient à tuer d’un seul coup à tuer autant de civils que le Lashkar-e-Toiba à Mumbai en 2008, soit dix fois plus qu’à Paris en janvier dernier ?
Il faudra alors d’abord expliquer aux Français, pourquoi dans ce pays qui produit 2 200 milliards d’euros de richesse chaque année, l’Etat a la plus grande difficulté à en dégager 62 pour assurer ses missions régaliennes, celles qui assurent la sécurité des Français avec une armée, une police, une système judiciaire et pénitentiaire, une diplomatie. Pire encore, il faudra expliquer pourquoi on a diminué en permanence ces moyens, pourquoi on a baissé la garde alors qu’on ne cessait de dire, y compris dans les documents officiels, que le monde qui nous entourait était toujours plus dangereux. Il sera alors difficile à la même classe politique qui a initié et organisé cette baisse de la garde depuis plus de vingt ans de persuader qu’elle est capable de porter le fer avec fermeté et efficacité contre l’ennemi. Que ceux qui ont provoqué le phénomène avec légèreté soit en mesure de le traiter avec gravité. Que ceux qui ont invoqué des contraintes extérieures pour ne pas agir, notamment européennes, soit capables d’un seul coup de s’y soustraire. Que ceux qui faisaient des affaires avec les monarchies du Golfe, y compris un ancien Président de la république et un ancien chef d’état-major des armées, n’ont pas fermé les yeux sur leur prosélytisme salafiste dévastateur.
La grande attaque sera peut-être le coup grâce, non pas de la France qui a résisté à bien plus, mais d’une certaine France. Le balancier permanent entre l’ouverture et la sécurité, pour l’instant oscillant, basculera largement du côté cette dernière dans un pays à cran. Les conséquences politiques internes en seront sans doute considérables, en particulier en période électorale. Les conséquences sociétales le seraient aussi, ce serait d’ailleurs peut-être un des objectifs de l’attaque. Il faudra gérer la crise autrement que par des slogans, des numéros verts et la désignation de « référents » antiracistes. Il faudra gérer des colères de tous côtés et on ne voit pas très bien comment cela évoluera.
Il y aura des conséquences aussi sur la vie internationale. Il sera difficile de ne pas réagir autrement que par des gestes symboliques ou de faible volume. Le problème est que nous n’avons pas vraiment les moyens de vaincre seuls une grande organisation armée comme l’Etat islamique. Non seulement nous avons réduit notre effort budgétaire, mais, en nous contentant de gérer, difficilement, le modèle de forces hérité de la guerre froide, et en raisonnant en termes de listes de menaces (« le terrorisme ») au lieu d’ennemis sur lequel nous modeler, nous avons un outil de défense apte à tout mais bon à vaincre aucun ennemi un peu important. A cet égard, la victoire au Mali ne doit pas faire illusion. Non seulement les groupes ennemis sur place ne disposait que de 3 000 hommes et si nous avons détruit leurs bases locales, nous ne les avons pas vaincus définitivement. Le combat continuait d’ailleurs, avant que nous décidions de nous en prendre aussi à l’Etat islamique, au moins vingt fois plus important en effectifs. Au final, nous tenterons bien des choses mais avec des moyens insuffisants en attendant, il faut l’espérer, ceux de la mobilisation mais qui viendront des années plus tard. En attendant, il faudra faire preuve d’intelligence, de ruse, et mener aussi une guerre implacable avec des moyens limités. On ne sent pas cependant l’imagination au pouvoir pour l’instant.
La direction de la France est aujourd’hui dans un entre-deux, en paix mais déjà- à force de petites réactions -dans un « engagement majeur », inhibée devant la qualification de l’ennemi (toujours « terroristes » jamais « djihadistes »), bloquée même devant la notion même d’ennemi préférant parler de criminels, coincée devant le mot « guerre » tel un gouvernement de 1939, soucieuse de ne pas déplaire à ses gros clients, acceptant- malgré les événements- la dégradation de ses instruments de puissance, s’avouant impuissante à trouver des moyens supplémentaires pour protéger les Français (sa mission première).
Ce brouillard ne durera pas. La grande attaque sera une épreuve terrible mais elle soulèvera le couvercle et permettra de constater, si nous sommes encore vivants ou déjà morts.

En savoir plus sur http://lavoiedelepee.blogspot.com/#08zDI8RlqdVLqSPJ.99




Interview du COL Michel Goya dans « Causeur » : Face à Daech, la riposte aérienne ne suffit pas

18112015

Auteur : Daoud Boughezala, rédacteur en chef

DB. Le chef d’état-major Pierre de Villiers estime que l’armée a les moyens d’assurer sa mission de sécurité sur tout le territoire. Mais les attentats du 13 novembre n’ont-ils pas révélé les failles de notre dispositif de protection et de renseignement (recueil et analyse des données) ?

Colonel Michel Goya. L’opération Sentinelle, consiste à protéger un certain nombre de sites et de zones sensibles avec un effectif déployé d’au maximum 10 000 soldats. Les armées, l’armée de terre en particulier qui en assure la plus grande part, sont effectivement capables d’assurer cette mission. Le but de cette opération est essentiellement psychologique, il s’agit de rassurer les Français par la présence visible de soldats et de montrer que l’on « fait quelque chose ». Dans les faits, cela est relativement peu efficace. Outre que, bien sûr, ces hommes ne sont pas déployés en permanence, ils ne peuvent assurer la sécurité de tous les lieux publics. Les soldats de l’opération Sentinelle ne protègent donc qu’une très faible partie de l’ensemble des zones susceptibles d’être attaquées. Ils le font d’ailleurs, par obligation de visibilité, plutôt en position de vulnérabilité par rapport à une attaque surprise.

Surtout, ce déploiement, à la fois forcément insuffisant et très important en volume pour une armée de terre dont on n’a cessé de réduire les effectifs, perturbe considérablement le fonctionnement des unités opérationnelles. On utilise des soldats couteux à former et à équiper pour effectuer des missions de vigiles alors même que leur mission première est de mener des opérations offensives contre l’ennemi hors des frontières. Vu de l’Etat islamique ou des autres groupes djihadistes ennemis, l’opération Sentinelle c’est des milliers de soldats « fixés » en France où il est relativement facile de les éviter au lieu de les avoir en face de soi.

L’opération Sentinelle ne pouvait donc empêcher les attaques du 13 novembre. On ne peut pas lui demander plus que ce qu’elle peut offrir en termes de sécurité. La véritable sentinelle c’est évidemment le système de renseignement, et, par principe, si les attaques ont pu avoir lieu c’est qu’il a échoué quelque part. L’enquête systématique menée après chaque attaque permettra de déterminer quelles ont été ses failles et quelles adaptations sont nécessaires.

DB : La multiplication des fonctionnaires armés (policiers, militaires, voire une future Garde nationale ?) limitera-t-elle vraiment le risque terroriste ?

Il y a un lien direct entre la densité d’hommes armés (et compétents dans l’usage des armes) au sein d’une population et la rapidité d’intervention. Ce n’est évidemment pas une garantie, ces hommes et ces femmes, comme celui qui était affecté à la sécurité de l’équipe de Charlie Hebdo, peuvent être aussi surpris que les autres par une attaque soudaine. Ils peuvent cependant ensuite intervenir plus vite et peut-être arrêter une agression ou au moins la freiner et la limiter en attendant l’arrivée des unités d’intervention. L’expérience des villes d’Israël où la première intervention armée, même limitée, contre une attaque est toujours très rapide doit nous inspirer.

S’il n’est pas question de libéraliser l’usage des armes, à la manière américaine (par ailleurs peu efficace pour empêcher les tueries), il est possible d’augmenter cette densité en augmentant bien sûr le nombre de policiers et de gendarmes dans les rues, ce qui supposera peut-être une réorganisation interne et en tout cas des recrutements internes. Une mesure simple, proposée depuis longtemps, consisterait déjà à accorder à ces fonctionnaires la possibilité de conserver leurs armes hors service. On peut imaginer aussi l’emploi, dans un cadre très précis, de sociétés privées ou bien sûr, celui de réservistes, le tout à la place notamment de militaires bien plus utiles ailleurs.

DB. Une dizaine de milliers de citoyens français seraient fichés S. Comme le préconise Nicolas Sarkozy, serait-il efficace de les assigner à résidence afin de prévenir de futures attaques terroristes ? Plus globalement, comment gérer les poudrières que sont certaines banlieues belges ou françaises ?

Il faut rappeler d’abord que les fiches S, comme « sureté », sont de simples notes d’information qui ne visent pas seulement les radicaux islamistes. Sinon, un des principes d’un Etat de droit est qu’on n’incarcère pas sans preuves. L’arsenal juridique français est sans doute suffisant mais il faut améliorer et notamment accélérer son fonctionnement. Cela passe avant tout par des moyens.

Pour le reste, il y a évidemment une reconquête à mener des « territoires perdus de la République » à la manière de la contre-insurrection. Cela ne peut passer que par une sécurisation forte et permanente de ces espaces, préalable indispensable au retour de l’Etat de droit.

Tout cela ne peut s’extraire d’un effort important sur les moyens des ministères régaliens, intérieur-défense-justice et diplomatie- ceux-là même qui assurent la sécurité des Français. La France ne leur consacre plus que 2,8 % de la richesse qu’elle produit chaque année contre 4,5 % à la fin de la guerre froide et 6,5% en 1960. Il est

DB; Ces derniers jours, la France a intensifié ses frappes aériennes sur Raqqa, le fief syrien de l’Etat islamique. Sans appui au sol, cette stratégie n’est-elle pas de la poudre aux yeux destinée à rassurer l’opinion ?

Les campagnes aériennes seules n’ont jamais détruit aucun ennemi. L’armée de l’air israélienne a réalisé plusieurs campagnes à plusieurs milliers de frappes contre le Hamas ou le Hezbollah sans que ces deux groupes soient anéantis, loin de là. La coalition contre l’Etat islamique en a réalisé plus de 7 000 en quinze mois, ce qui, comme c’était évident dès le départ, n’a eu aucun effet décisif. Il est, réalité, relativement simple, de se protéger de frappes aériennes par la dispersion, le camouflage, l’enfouissement, l’emploi de moyens civils ou l’imbrication dans les populations. On peut cependant améliorer la capacité de frappes et de raids en combinant des moyens variés comme les hélicoptères ou même des forces d’infanterie légère.

Pour autant, vaincre impose nécessairement d’occuper le terrain mais même cela ne suffit pas si ce qui fait que l’ennemi existe toujours. Détruire l’Etat islamique impose, au moins autant qu’occuper Raqqa ou Mossoul, de répondre au ressentiment et aux attentes des arabes sunnites.

DB; L’un des kamikazes de vendredi dernier serait un migrant syrien. Comment éviter l’afflux de terroristes parmi les migrants, sinon en fermant définitivement nos frontières, ce qui est inconcevable au sein de l’espace Schengen ?

Il est logique que les groupes djihadistes utilisent les flots de migrants pour pénétrer sur les territoires européens mais il existe aussi d’autres possibilités d’infiltration terroriste.




Chronique historique : 23 janvier

23012015

23 janvier 52 (avant Jésus-Christ) : insurrection des Gaules (Orléans). Le parti anti-romain grandit chez les tribus gauloises qui ne supportent pas les privilèges économiques des marchands romains. Le signal de la révolte est donné par le massacre de Cenabum (Orléans) conformément à ce qui aurait été décidé lors du dernier rassemblement des chefs gaulois dans la forêt des Carnutes. Vercingétorix, fils d’un de ces chefs mais aussi ancien compagnon de César, prend la tête de la révolte. L’expression forêt des Carnutes est passée dans le langage courant pour désigner un « rassemblement secret ». Dans la guerre des Gaules, César écrit que la révolte gauloise a été fomentée « au milieu des bois » à l’occasion des rassemblements annuels gaulois.  Les Carnutes étaient avant tout une tribu gauloise du centre de la France.

23 janvier 1795 : prise de la flotte hollandaise du Texel.  Après la prise d’Amsterdam, un détachement interarmes (1° escadron du 8° Hussards, 3° bataillon de tirailleurs, 3° et 5° chasseurs à pied et une fraction du 8° bataillon d’artillerie) est envoyé par le général Pichegru pour s’emparer de la flotte hollandaise prise dans les glaces du Texel. 14 navires avec 850 canons sont capturés sans aucune perte. Lire l’ouvrage de Marcel Dupont  Nos vieux Houzards , Edition Berger Levrault 1934 (Cf. Image).

23 janvier 1811 : prise d’Olivença (Espagne). Après 10 jours de siège, le maréchal Masséna conquiert la ville espagnole et s’empare de ses magasins, de son artillerie et fait 4 000 prisonniers. (voir les RHA n°25, 164, 224)

23 janvier 1871 : capitulation de Paris. Toutes les armées de secours ayant été défaites, Paris capitule, assiégé depuis 4 mois dans de terribles conditions hivernales .

23 janvier 1916 : combat de M’Rirt (Moyen Atlas –Maroc). Profitant de la faible présence militaire française laissée sur le sol marocain, les tribus berbères, instrumentalisées par les Allemands, relancent leurs attaques contre les postes isolés. M’Rirt avec sa vingtaine de Goumiers est dégagé par l’intervention d’un groupe nomade qui cause 200 pertes aux assaillants contre 81 français.

23 janvier 1917 : le général Berthelot au GQG russe (actuelle Saint-Pétersbourg). Berthelot est envoyé par Joffre dès fin 1916 en Roumanie à la tête de la mission militaire française pour y reconstruire l’armée roumaine quasiment détruite par l’offensive des puissances centrales sitôt l’entrée en guerre de la Roumanie (27/08/1916). Afin de coordonner les efforts franco-roumains avec ceux des Russes, Berthelot se rend au GQG du Tsar où dans une ambiance de fin de règne (Abdication de Nicolas II début Mars) il constate à la fois la difficulté du commandement russe à communiquer avec ses forces présentes en Roumanie et le mécontentement du GQG face à l’influence française grandissante sur les cadres et la population roumaine. Lire l’ouvrage de Michel Roussin, Sur les traces du général Berthelot, Editions Guéna-Barley 2013.

23 janvier 1943 : prise de Tripoli par les Britanniques (Libye).  Pendant 19 mois (septembre 1940 – février 1943), les forces de l’Axe affrontent les Alliés au cours de batailles brillantes et d’une succession d’aller-retour de grande ampleur entre les faubourgs du Caire et Tripoli. Le génie tacticien de Rommel ne peut finalement rien contre la VIIIème armée du prudent et patient Montgomery, faute d’une logistique suffisante. La priorité au front Est donnée par Hitler ainsi que la suprématie britannique en Méditerranée privent Rommel de renfort et l’empêche de traverser l’Egypte pour gagner les champs pétrolifères du Moyen-Orient. (voir la RHA n°130, journaux de marche du French Squadron S.A.S. en Libye (1942-1943) par le capitaine J. N. Vincent).

23 janvier 1973 : Nixon annonce la fin de la guerre du Vietnam. Au cours d’une allocution télévisée, le président américain officialise sa volonté de mettre fin à une guerre de 12 ans qu’une majorité de ses compatriotes dénonce de manière virulente. Les accords de paix sont signés 4 jours plus tard à Paris mais les combats vont durer jusqu’en 1975… et ce malgré la volonté de « vietnamiser » le plus possible le conflit. Les Etats-Unis déplorent 58 000 morts, le Vietnam du Sud, 230 000 et le Vietminh environ 1 million.

23 janvier 1995 : dissolution du régiment aéroporté canadien (Petawawa). Une vidéo, rendue publique et montrant des sévices pratiqués par des parachutistes canadiens sur de jeunes recrues du régiment, scandalise la population du pays. Le gouvernement, conscient de la disproportion de la sanction décide cependant la dissolution du régiment pour montrer sa fermeté et enrayer la dangereuse vague médiatique qui est en train de modifier l’opinion des canadiens sur leur armée, surtout depuis la divulgation d’un autre scandale, cette fois-ci lors de l’intervention en Somalie (Mars 1993).

La flotte du Texel était à l’ancre entre l’ile du Texel et la province du Helder.

230115




Chronique historique : 3 décembre

3122014

031214

3 décembre 1800 : bataille de Hohenlinden (Allemagne). Grace à la retraite simulée du général Grenier, le général Moreau attire les Austro-Bavarois vers Hohenlinden où ses forces sont concentrées. Les coalisés donnent dans le piège et attaquent le centre de l’armée française commandé par Ney et Grouchy pendant que le général Richepanse avec l’aile droite déborde discrètement par la forêt. Pris à revers, l’ennemi se débande.

3 décembre 1805 : Napoléon félicite son armée après l’éclatante victoire d’Austerlitz. « Soldats, je suis content de vous ! ». Vous avez à la journée d’Austerlitz, justifié tout ce que j’attendais de votre intrépidité ; vous avez décoré vos aigles d’une immortelle gloire. Une armée de cent mille hommes, commandée par les empereurs de Russie et d’Autriche, a été, en moins de quatre heures, ou coupée ou dispersée. Ce qui a échappé à votre fer s’est noyé dans les lacs. il vous suffira de dire « J’étais à la bataille d’Austerlitz », pour que l’on réponde, « Voilà un brave ».

3 décembre 1857 : naissance de Joseph Conrad (Berditchev – Ukraine). De son vrai nom, Teodor Josef Konrad Korzeniowski. Après avoir fait ses débuts en tant que mousse à Marseille, il est capitaine de la marine marchande britannique pendant 16 ans. Conrad se met tardivement à l’écriture de romans, inspirés de son expérience aux quatre coins du monde et ne rencontre curieusement le succès qu’encore plus tardivement. Maîtrisant parfaitement le Français, il choisit d’écrire en Anglais pour honorer le pays dans lequel il s’est installé et qui peut aujourd’hui revendiquer à ce titre l’un des plus grands écrivains du XXème siècle. Son parcours de jeunesse aventureux, ses multiples commandements à la mer et ses contacts avec de nombreuses cultures ont probablement contribué à faire de lui un expert des tréfonds de l’âme humaine : La lecture de Lord Jim n’est pas réservée qu’aux marins, elle pourrait même être conseillée en écoles de formation initiale. Lire aussi Au cœur des ténèbres (qui a inspiré le film Apocalypse now), les Duellistes (qui a été mis en scène par Ridley Scott), l’Agent secret et Nostromo.

3 décembre 1952 : victoire à Na San (Indochine). Le camp retranché en pays Thai, créé par le général Gilles autour de l’aérodrome de Son La pour empêcher toute percée du viêt minh au Laos, subit plusieurs assauts des divisions de Giap (30 000 VM) entre le 23 novembre et le 2 décembre 1952. La forte attrition infligée à l’adversaire (3000 VM contre moins de 50 défenseurs !) démontre le succès du concept de la double ceinture de points d’appuis ou de la défense en « hérisson ». A noter aussi : le général Salan écrit dans ses mémoires que la bataille de Na San aurait été perdue sans l’aide de l’aviation (pont logistique aérien, appui au sol). L’artillerie a tout de même tiré en une seule nuit 5600 coups (éclairée il est vrai par les Dakota Luciole).

3 décembre 1963 : création de l’ONM. Le général de Gaulle crée l’Ordre National du Mérite.

3 décembre 1996 : attentat à la station Port Royal (Paris 5ème). Une bombe artisanale mais de forte puissance tue 4 passagers et en blesse 170 autres. Probablement perpétré par le GIA, cet attentat vise initialement la station Saint Michel où 18 mois plus tôt une explosion a tué 8 autres personnes.




Ad augusta…per angusta

19072011

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ACCOMPAGNER AU-DELÀ DU HANDICAP PAR DEVOIR DE RECONNAISSANCE

Au cœur des écoles de Saint-Cyr Coëtquidan, sous l’impulsion d’officiers d’origines diverses, a été fondée une association loi 1901 reconnue d’intérêt général nommée « Ad Augusta »[1]Dédié prioritairement à nos blessés au combat handicapés physiques, mais aussi aux handicapés de la Défense, ce centre de formation intervient en complément des structures déjà existantes au sein des armées.  Le centre offre à toute personne volontaire la possibilité de suivre une formation dont le concept repose sur des mises en situation de responsabilité au sein de groupes de travail.

Ad Augusta permet ainsi aux handicapés physiques de maîtriser  de nouveaux outils méthodologiques adaptés à leur handicap et les conduisant à des prises de décision. L’objectif est de démontrer qu’une mise en œuvre rigoureuse de ces outils associée à  un travail collectif structuré permet de diminuer les effets du handicap dans la réalisation d’un objectif.  Il s’agit de redonner confiance aux handicapés en mettant en lumière le potentiel de chacun.

Ainsi, en toute clairvoyance et par choix personnel, chacun d’entre eux pourra construire un nouveau projet professionnel, que ce dernier se développe au sein de l’institution ou en milieu civil. 

AD AUGUSTA
Michel PECH

Camp de Coëtquidan
56381 GUER cedex

Mail : augusta.reconnaissance@gmail.com

N’hésitez pas à soutenir sans réserve cette association dont l’objet honore ses fondateurs.

Le Capitaine Michel PECH (R) est affecté à la Division de la formation au comportement militaire au sein de la Direction des formations d’élèves.
 


[1] Ad augusta per angusta: vers les sommets par des chemins étroits (mot de passe des conjurés dans Hernani – Victor Hugo – 1830) 







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