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Chronique historique : 18 juin

18062019

18 juin 1429 : bataille de Patay (près d’Orléans).

Événement majeur de la guerre de cent ans qui voit la victoire du Dauphin et Jeanne d’Arc sur les troupes anglaises de Talbot. Si Orléans a eu un grand retentissement moral, en revanche sur un plan purement tactique et opératif, la campagne de la Loire qui s’achève à Patay est beaucoup plus décisive. Les archers anglais n’ont pas eu le temps de se protéger derrière les épieux taillés qu’ils disposent habituellement autour d’eux pour se protéger d’une attaque. Les reconnaissances françaises repèrent leurs positions suite à une maladresse anglaise et donnent l’alerte : l’avant-garde française (1500 hommes) commandée par les capitaines La Hire, de Loré et de Xaintrailles attaque les archers anglais qui fuient. Ensuite, la cavalerie lourde française charge et parvient pour la première fois depuis la défaite d’Azincourt à obtenir un franc succès.

La victoire de Patay fait suite aux combats victorieux de Jargeau, Meung et Beaugency du 12 au 16 juin, et clôt une campagne éclaire au cours de laquelle Jeanne d’Arc a repris l’initiative (souvent contre l’avis de ses grands subordonnés). Elle ouvre les ponts de la Loire et la route de Reims. Désormais plus rien ne peut arrêter Jeanne d’Arc jusqu’à son but politique : faire sacrer le Roi. Les Anglais qui s’étaient retirés en bon ordre d’Orléans quelque semaines plus tôt et qui avaient gardé toute leur force combattive, sont démoralisés et incapables de l’arrêter. La bataille a donné naissance à l’expression « mettre la Patay ». L’orthographe s’est transformée avec le temps donnant la forme qu’on lui connaît aujourd’hui : « mettre la pâtée ».

 18 juin 1635 : la Martinique devient française (Mer des Caraïbes).

Venant de Saint Christophe, les deux colons français Jean du Plessis d’Ossonville et Lienard de l’Olive prennent possession de l’île au nom du roi de France. Celle-ci, bien que découverte en 1493 par les Espagnols n’est pas encore colonisée et est peuplée par les Caraïbes. Un mois plus tard, d’Esnambuc envoie 100 hommes affermir la prise de possession.

 18 juin 1694 : débarquement anglais repoussé (Camaret – Bretagne).

Louis XIV, informé par son service de renseignement que les Anglais préparent un débarquement en Bretagne pour profiter du départ de la flotte française vers la Méditerranée, dépêche en urgence le lieutenant-général Vauban et le nomme commandant militaire de Brest (de tout le littoral breton en fait) car ce dernier a inspecté quelque temps auparavant l’ensemble de la côte Atlantique et de la Manche et en connait les forces et faiblesses. Il a si bien mis en alerte les habitants côtiers que ceux-ci repoussent facilement et sans pertes importantes le corps expéditionnaire du contre-amiral Osborn. Ce dernier perd 800 des 1200 hommes qu’il tente de débarquer, y compris le général Tollemash commandant l’assaut. La plage de Camaret est rebaptisée Trez Rouz (plage rouge) en raison du sang versé.

Cette victoire française est d’autant plus significative qu’elle est obtenue par seulement deux compagnies franches renforcées dans la nuit par une compagnie des milices provinciales de Guyenne. Il faut aussi souligner l’importance de la tour de Camaret que Vauban avait préalablement fait fortifier et armer pour défendre la plage, envisageant un débarquement possible à cet endroit.

 18 juin 1812 : les États-Unis déclarent la guerre à la Grande-Bretagne.

Le président des États-Unis James Madison déclare la guerre à la Grande-Bretagne au nom de la défense du principe de liberté des mers, car la marine anglaise, sous prétexte de combattre l’Empire français, entrave le commerce américain. C’est la première fois que le Congrès américain vote une déclaration de guerre. Les combats auront lieu sur la mer et les Grands Lacs. La paix sera signée en décembre 1814.

 18 juin 1815 : défaite de Waterloo (Belgique).

Napoléon Ier, revenu de son exil sur l’île d’Elbe depuis moins de 100 jours, doit affronter la septième coalition. Il choisit d’attaquer les Anglais (Wellington) avant qu’ils ne se regroupent avec les Prussiens (Blücher) mais se heurte à une forte résistance. Le combat est indécis jusqu’à l’arrivée des Prussiens qui débandent l’armée française. Erreurs (de Ney et Napoléon), retards (Grouchy qui s’entête à Wavre) et trahisons (de Bourmont) alliés à la belle combativité des alliés, expliquent la défaite française. C’est la fin. Quatre jours plus tard, l’empereur abdique.  À noter aussi l’action d’éclat d’un autre général français, Cambronne, lui aussi entouré d’anglais, qui n’a pas fait de discours et s’est contenté d’un seul mot !

18 juin 1855 : échec du premier assaut de Malakof (Crimée).

 18 juin 1917 : décret créant la DGGSM.

La direction générale de la guerre sous-marine placée sous l’autorité du contre-amiral Merveilleux du Vignaux est créée pour faire pièce à la menace allemande.

 18 juin 1940 : appel radiophonique du général de Gaulle (Londres).

« Sous-secrétaire d’État à la Défense nationale et à la Guerre depuis le 5 juin, le général De Gaulle s’entretient le 16 juin avec Churchill du projet d’union qui fusionnerait les nations et institutions françaises et britanniques dans le but de poursuivre la guerre. Dans l’après-midi, De Gaulle téléphone au Président du Conseil Paul Reynaud pour lui faire part de l’accord de Churchill. Mais ce projet est repoussé par le Conseil des ministres et entraîne la démission de Reynaud. Le Président de la République, Albert Lebrun, charge alors le maréchal Philippe Pétain de former un nouveau gouvernement. Rentrant de Londres dans la soirée, De Gaulle atterrit à Bordeaux et apprend qu’il ne fait plus partie du gouvernement. Surpris d’avoir été écarté de la nouvelle équipe, il s’envole vers Londres le 17 matin, en compagnie d’Edward Louis Spears, envoyé spécial de Churchill. Le 18, il prononce son discours à la BBC. A la demande du Gouvernement britannique, qui veut ménager le nouveau chef du Gouvernement français, le texte initial a été changé, notamment les deux premières phrases d’introduction qui énoncent : « Le Gouvernement français a demandé à l’ennemi à quelles conditions honorables un cessez-le-feu était possible. Il a déclaré que, si ces conditions étaient contraires à l’honneur, la dignité et l’indépendance de la France, la lutte devait continuer… ». COL Pierre Marie-Jeanne.

 18 juin 1940 : évacuation des réserves d’or de la Banque de France (Brest).

Face à l’avance allemande inexorable, les réserves d’or de la banque de France sont transférées par train à Brest (mi- mai 1940), comme en 1870 d’ailleurs. Ces près de 2000 tonnes d’or (dont 170 de la Banque de Belgique) sont finalement chargées à bord de la première division de croiseurs auxiliaires commandée par le contre-amiral Cadart, lorsqu’il devient évident que les Allemands ne peuvent plus être contenus. Une partie de cet or est déjà en route pour Halifax (Canada) depuis quelques jours. L’autre partie ne quitte Brest que quelques heures avant l’arrivée des troupes allemandes et se dirige vers Dakar. Le trésor connait tout au long de la guerre un périple intéressant, excitant les convoitises les plus diverses.

 18 juin 1944 : bataille de Saint-Marcel (Bretagne).

Parachutés le 5 juin, les SAS du 2e RCP/4th SAS Battalion, se sont regroupés dans les landes de Saint-Marcel pour former et diriger les maquis FFI du Morbihan estimés à plus de 3000 résistants. Les 8 et 9 juin, les parachutages massifs d’hommes et de matériels commencent. Durant 10 jours le ballet aérien permet à la place de se fortifier, à raison de 150 à 200 containers parachutés en moyenne par nuit. Le 18 juin, au matin, une patrouille de Feldgendarme donne l’alerte. Le camp bien organisé face aux renforts allemands, résiste toute la journée grâce aux enseignements des SAS mais aussi grâce à un soutien aérien venu d’Angleterre, rare action de ce type au profit d’un maquis durant la Libération. Malgré une résistance ferme, le commandant Bourgoin, chef de corps du 2e RCP, décide l’évacuation du camp. Le Lieutenant Louis Mairet, engagé dès le début de la bataille, est chargé avec sa section de couvrir la retraite des forces, mission qu’il remplit complètement.

Au cours de la bataille, 28 combattants meurent dont 6 parachutistes, 60 sont blessés et 15 sont faits prisonniers. Côté allemand, on estime les pertes à près de 300 hommes. La répression allemande soutenue par les milices locales fait 40 morts civils et détruit le village de Saint-Marcel.

La bataille de Saint-Marcel a d’importantes répercussions psychologiques car elle montre, pour la première fois en zone nord, que la Résistance, armée et encadrée par des professionnels peut tenir les Allemands en échec dans une bataille rangée.

De plus les troupes mobilisées par le commandement allemand en Bretagne sont autant de soldats en moins dans le bocage normand aidant une avancée déjà difficile pour les Alliés.

 18 juin 1953 : décès de l’As des as (Paris).

Le lieutenant-colonel René Fonck, caporal au début de la Première Guerre mondiale, la termine lieutenant et totalise 75 victoires aériennes homologuées (sans compter 52 victoires probables). Il est l’As des as français de la guerre aérienne.

 18 juin 1964 : Tabarly remporte la transat

L’enseigne de vaisseau Eric Tabarly remporte la transat en solitaire Plymouth-Newport à bord de Pen Duick II.

 18 juin 2010 : décès du général Bigeard (Toul).

Marcel Bigeard a débuté dans l’armée comme soldat de 2e classe en 1936 et a terminé son parcours comme général de corps d’armée (1974) puis secrétaire d’État à la Défense (1975-1976. Véritable légende militaire dès son vivant, il est l’une des figures les plus illustres des parachutistes, ayant été de presque tous les combats de son époque (Campagne de France, Résistance, Indochine, Algérie). Ses cendres reposent à Fréjus au Mémorial des guerres en Indochine.

Quand Lartéguy publie en 1960 Les Centurions, c’est un hommage, de son vivant, à Bigeard. La 50ème promo de l’EMIA porte le nom de Bigeard.




Chronique historique : 17 juin

17062019

17 juin 1696 : bataille de Dogger bank (Mer du Nord).  

Le corsaire français Jean Bart capture un convoi d’une centaine de navires marchands, chargés de blé, après avoir défait leur escorte hollandaise. Pris en chasse par une escadre de l’amiral britannique Benbow, Jean Bart se cache au Danemark puis passant au travers de tous les pièges tendus en Mer du Nord et dans la Manche, rejoint triomphalement Dunkerque.  

 17 juin 1734 : mort du maréchal de Villars (Turin).  

Héros de Maastricht (juin 1673), Seneffe (août 1674), Friedelinghen (octobre 1702), Denain (juillet 1712), il meurt à 82 ans en rentrant victorieux d’une campagne en Italie. Louis XIV l’avait remarqué à Maastricht lors de ses débuts : « Il semble que dès que l’on tire en quelque endroit, ce petit garçon sorte de terre pour s’y trouver ». Puis le maréchal de Créqui : « Jeune homme, si Dieu te laisse vivre, tu auras ma place plus tôt que personne ».  

 17 juin 1778 : combat naval de Roscoff (Baie de Goulven).  

La frégate française La belle poule est attaquée sans sommations par la frégate anglaise Arethusa qui est finalement vaincue et doit fuir. La nouvelle fait sensation à Versailles où la mode féminine célèbre la victoire en créant une coiffure intitulée Belle poule. Cet affrontement pousse Louis XVI à déclarer la guerre à l’Angleterre dans le cadre de ce que l’on va appeler la guerre d’indépendance américaine. 4 navires de guerre ont porté, à ce jour, le nom de belle poule, dont l’actuelle goélette (navire école de la Marine nationale) qui fut un navire de la France libre. 

 17 juin 1940 : « C’est le cœur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut cesser le combat ».  

Appelé par le Président de la République, Lebrun à la charge de président du Conseil, le maréchal Pétain s’exprime à la radio vers 12h30 et annonce qu’il a demandé la veille aux Allemands leurs conditions pour arrêter les hostilités. Il appelle les Français à cesser le combat. 

 17 juin 1940 : premier acte de résistance de Jean Moulin (Chartres).  

Préfet d’Eure et Loir lors de l’arrivée de la Wehrmacht à Chartres, Jean Moulin refuse de signer un rapport que les Allemands ont préparé pour faire attribuer la mort de civils à l’aviation française et aux troupes africaines. Comprenant l’intention, Moulin refuse de signer. Passé à tabac, il tente de se suicider pour ne pas faiblir. Au sujet de Jean Moulin, voir l’excellent dossier que lui consacre Le Figaro Histoire n°8 « Jean Moulin, un héros très secret ». 

 17 juin 1944 : prise de l’île d’Elbe.  

Surveillant la portion de Méditerranée entre la Corse et l’Italie, l’île est tenue par les Allemands et ne peut rester comme une menace dans le dos des alliés qui ont passé la ligne Gustav. Le bataillon de choc (Cdt Gambiez), et les commandos d’Afrique, lors de l’opération Brassard, débarquent sur l’île et prennent d’assaut les batteries côtières. La 9ème Division d’Infanterie coloniale débarque quelques heures plus tard et parachève la libération de l’île. Les combats sont durs : 250 français périssent contre 700 Allemands durant les deux jours d’affrontement.  

 17 juin 1953 : l’armée rouge réprime une insurrection populaire (Berlin-Est). 

Quelques mois après la mort de Staline, les ouvriers est-Allemands se mettent en grève puis créent une insurrection rassemblant 60 000 manifestants dans Berlin-Est. Appelés en renforts, les chars soviétiques écrasent la révolte : plus de 80 morts et des milliers d’arrestations.  

 17 juin 1967 : explosion de la première bombe H chinoise (désert du Takla-Makan – Chine).  

La Chine teste avec succès sa première bombe à fusion nucléaire (bombe thermonucléaire ou bombe H) à peine 3 ans après sa première bombe à fission (bombe A).  

La France a testé les siennes en 1960 (A) et 1968 (H).  

Pour les Américains, 1945 et 1952.  

Pour les Soviétiques, 1949 et 1953. 

 17 juin 1985 : le colonel Baudry dans l’espace (Floride–États-Unis).  

Patrick Baudry décolle du Kennedy center à bord de la navette Discovery et passe 7 jours dans l’espace. C’est le deuxième spationaute français (le premier étant le général Jean-Loup Chrétien).  




Chronique historique : 15 juin

15062019

15 juin : Saint Bernard de Menthon. Saint-patron des troupes de montagne.

Saint Bernard a été choisi comme saint protecteur des troupes alpines en 1993, à l’initiative de l’aumônier Claude Mino-Matot, avec l’autorisation de Monseigneur Dubos, évêque aux armées de l’époque et en collaboration avec les généraux Bassères puis Meyer, patrons de la Division alpine. La première commémoration a eu lieu au col du petit Saint Bernard au printemps 1995. Voir le site du diocèse aux armées. Merci au général J-R Bachelet.

15 juin 1389 : bataille de Kosovo Polje (Kosovo/Serbie).

En 1365, Mourad Ier déplace sa capitale en Europe (à Adrianople aujourd’hui Edirne). En 1386, les Ottomans occupent la ville serbe de Nis. Trois ans plus tard, le prince serbe Lazar rassemble une partie des princes chrétiens et marche sur Mourad. La rencontre a lieu sur le « champ des merles » (Kosovo Polje) et s’achève par une défaite des chrétiens. Lazar et Mourad meurent tous deux au combat. Cette bataille est restée dans l’histoire des Slaves du Sud (ou Yougoslaves) comme un événement majeur. Aujourd’hui, la date et le lieu de la bataille sont d’autant plus célébrés par les Serbes que Kosovo Polje est situé en République du Kosovo. Depuis début 2008, le Kosovo s’est proclamé indépendant. Le Kosovo n’est pas reconnu par l’ONU et par l’UE en raison de l’opposition de plusieurs de ses membres.

À noter : Les Orthodoxes commémorent la bataille le 15 juin (calendrier Julien) alors que le calendrier grégorien (le nôtre) ne le fait que le 28 juin. Des chrétiens combattaient dans les deux camps.

15 juin 1809 : combat de Maria (Espagne).

Le général Suchet bat un corps anglo-espagnol et le poursuit jusqu’à Belchite.

15 juin 1895 : création de l’A.O.F.

Par décret gouvernemental l’Afrique Occidentale Française est créée. Le gouverneur de Dakar a désormais en charge le regroupement des colonies et possessions suivantes : Sénégal, Guinée, Côte d’Ivoire, Dahomey et Soudan.

15 juin 1905 : naissance de Philippe Tailliez (Malo-les Bains).

Officier de marine, écrivain et pionnier de la plongée sous-marine autonome, civile et militaire, il forme, avec Jacques-Yves Cousteau et Frédéric Dumas, les « Mousquemers » et marque l’histoire de la plongée. Comme premier commandant du groupe de recherche sous-marine de la Marine, il apporte le soutien de son unité aux premières plongées du bathyscaphe FNRS 2 du professeur Piccard et mène de nombreuses missions de déminage, d’exploration et d’archéologie sous-marine. Il quitte la marine, atteint par la limite d’âge, avec le grade de capitaine de vaisseau et se consacre ensuite totalement à la protection de l’environnement marin. Il effectue une dernière plongée au sein de la Marine à l’occasion de ses 90 ans. A noter aussi : Jean Painlevé, le fils du ministre, fait partie des pionniers de l’aventure de la plongée sous-marine.

15 juin 1940 : les Allemands à Verdun.

Alors que la Wehrmacht est entrée la veille (14 juin) à Paris, Verdun est déclarée ville ouverte dès le 11. Les panzers de Guderian entrent dans la ville restée inviolée en 1916. A noter : le futur président Mitterrand est blessé d’un éclat d’obus au Mort Homme (la veille :14 juin).

15 juin 1940 : mort au combat du colonel Cazeilles (Rembercourt – Argonne).

Saint-Cyrien (promotion « de la Croix du Drapeau » 1913-1914), fantassin colonial  et écrivain de guerre, Léon Cazeilles est chevalier de la Légion d’honneur à 25 ans. Cité trois fois lors de la Première guerre mondiale, notamment au sein de l’Armée d’Orient, il fait l’admiration du futur maréchal Franchet d’Esperey pendant la Bataille de Dobro Polje (1918). Au Maroc en 1920, il se fait remarquer par le maréchal Lyautey lors du combat de Bouknadel. Chef de corps du 21e Régiment d’infanterie coloniale au début de la Campagne de France, il meurt en chargeant à la tête du régiment. Les honneurs seront rendus à sa dépouille par l’ennemi.

La 182e promotion de l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr (1995-1998) porte son nom.

15 juin 1940 : jour de gloire des ailes françaises.

Décollant sur alerte de l’aérodrome du Luc-Le Cannet des Maures (actuel EALAT/EFA « TIGRE ») pour intercepter des formations italiennes venues attaquer des installations militaires dans la région – dont le terrain de Luc – l’adjudant Pierre Le Gloan du GC 3/6 (unité alors en cours de transformation sur le nouveau chasseur Dewoitine D520) réussit l’exploit d’abattre 5 avions en moins de 40 minutes au-dessus de Saint Tropez, le Luc et Vidauban. Pour ce fait d’arme exceptionnel, félicité en personne par le colonel Fonck grand as de 14/18, il est nommé immédiatement sous-lieutenant. Fidèle à ses engagements, Le Gloan part servir dans l’armée de l’air d’armistice, au Levant, où s’est replié son unité, avant de reprendre la lutte aux côtés des Anglo-américains après leur débarquement en Afrique du nord et le ralliement des unités françaises.  Il meurt le 11 septembre 1943 (jour anniversaire de la mort de Guynemer), dans le crash accidentel de son P39 AIRACOBRA aux environs de Mostaganem.

As méconnu aux 18 victoires sûres et 3 probables, il est Chevalier de la Légion d’honneur, titulaire de la médaille militaire et croix de guerre 39/45 avec 10 palmes et une étoile.

15 juin 1943 : premier vol du premier bombardier à réaction au monde (Allemagne).

L’Arado 234 effectue son premier vol test au-dessus de Munster. Cette version est celle d’un avion de reconnaissance lancé par un charriot sur rail avec atterrissage sur patin. La version bombardier vole en mars 1944 sous le code A 234 B.

15 juin 1944 : début de la bataille de Saipan (Îles Mariannes).

Après 2 jours de bombardement naval, 300 blindés et 8000 marines débarquent sous le feu de l’artillerie japonaise. Saipan est la première île, prise d’assaut par les Américains et mettant le Japon à portée des bombardiers B-29 Superforteress.  La bataille dure jusqu’au 9 juillet face à un ennemi acharné : beaucoup se jettent du haut des falaises pour ne pas être capturés. Lors de ce premier jour de combats, les américains perdent 25 % de l’effectif débarqué (soit les 2/3 des pertes de la bataille de Saipan).

15 juin 1945 : création de l’École militaire de haute montagne (Chamonix).

Initialement créée en 1932, l’EHM rejoint en 1939 le 199e bataillon de chasseurs de haute montagne. Elle est officiellement reconstituée en 1945. Véritable Institution dans le monde de la montagne et  pôle d’excellence pour la formation des cadres militaires français et étrangers, l’EMHM est la plus ancienne école de ce type au monde. Depuis 70 ans, 50 000 stagiaires ont été formés dont 1 800 étrangers (28 nationalités) à Chamonix. La pratique de la montagne est exigeante et dangereuse, c’est pourquoi la conduite de détachements militaires dans un tel environnement fait l’objet d’une attention particulière dans ce haut lieu de la formation. La réputation de l’EMHM est internationale et entretenue notamment par les exploits sportifs régulièrement accomplis par l’élite des cadres de l’école, au sein du GMHM (Groupe militaire de haute montagne). Réputation décuplée lors des compétitions sportives internationales par les  athlètes des équipes de France militaires de ski (EFMS) pour ne citer que Fourcade, Vaultier, Worley, Roux et Duvillard.

 




Chronique historique : 12 juin

12062019

12 juin 1248 : Louis IX part en croisade (Paris).

Le futur Saint Louis quitte Paris pour le port d’Aigues-Mortes et entame les 6 années qu’il va passer en Égypte et en Terre Sainte. Cette croisade est connue pour la défaite de la Mansourah où il est fait prisonnier par les Mamelouks (1250).

Libéré, il utilise les 4 années suivantes à mettre en ordre le royaume chrétien d’Orient. Pendant ce temps, la mère de Louis IX assure jusqu’à sa mort la régence du royaume de France.

12 juin 1783 : début de la 3e bataille de Gondelour (Inde).

Le maréchal de camp Pâtissier de Bussy- Castelnau contient avec ses 5000 hommes l’attaque de l’armée du général James Stuart (18 000 hommes) contre le port de Gondelour. Les renforts par bateaux qu’escompte Stuart seront empêchés par l’un des plus beaux combats navals du Bailli de Suffren le 20 juin. Ce n’est que le 23 juin qu’est connue la signature de la paix (9 février 1783) entre France et Angleterre dans le cadre de la guerre d’indépendance des États-Unis.

12 juin 1795(24 prairial an III) : acte de décès de Louis XVII.

Rédaction, à l’état civil de Paris, de l’acte de décès de Louis XVII, mort en captivité, le 8 juin, à la prison du Temple où, depuis août 1792, il était enfermé avec ses parents, sa tante et sa sœur aînée Marie-Thérèse.

L’original de cet acte de décès a disparu dans les incendies de la Commune de 1871, mais l’acte avait été recopié par des archivistes et un exemplaire se trouve aux Archives nationales.

Né dix ans plus tôt, Louis-Charles de France, fils cadet de Louis XVI et Marie-Antoinette, était devenu l’héritier du trône à la mort de son frère aîné, le 4 juin 1789. Dès 1795, des rumeurs courent : le dauphin, remplacé dans sa geôle par un autre garçon, aurait été libéré du Temple. Les « faux dauphins » commenceront alors à apparaître, réunissant un nombre variable de partisans autour de leurs prétentions.

Dans les années 2000, l’authentification ADN du cœur de Louis XVII (conservé dans de l’esprit de vin puis séché), met fin aux rumeurs.

Depuis le 8 juin 2004, l’urne funéraire contenant ce cœur a rejoint la chapelle des Bourbons dans la basilique de Saint-Denis.

12 juin 1798 : Bonaparte prend Malte.

Dans la plus grande discrétion, Bonaparte, en route vers l’Égypte, aborde Malte avec ses 35 000 hommes (330 navires). En quelques jours, il dote l’île d’institutions républicaines durables.

12 juin 1808 : combat de Cabezon (Espagne).

Au début du conflit espagnol, le général Lassale écrase une armée hétéroclite de 7000 hommes, en une seule charge de cavalerie appuyée par la division du général Merle. Il entre dans Valladolid le même jour.

12 juin 1916 : la tranchée des baïonnettes (Verdun – ferme de Thiaumont).

Les fusils de soldats des 3e et 4e compagnies du 137e RI sont retrouvés dépassant d’une tranchée ensevelie sous la terre. On pense tout d’abord à l’effet d’un bombardement ayant enterré vivants les soldats du 137e RI – et c’est cette thèse qui provoque la constitution du monument toujours visible – puis, on admet que cela peut correspondre à une sépulture d’urgence pratiquée par des camarades survivants afin d’éviter les épidémies tout en permettant à la relève de retrouver ultérieurement les restes.

12 juin 1943 : arrestation du général Frère (Royat).

Prestigieux chef militaire, le général Frère commande la VIIe armée lors de la campagne de 1940 et parvient à se replier en bon ordre sans se faire encercler. Gouverneur militaire de Lyon avant d’être mis en retraite, il dirige l’ORA (Organisation de résistance de l’armée).  Il est arrêté par la Gestapo avec son épouse et sont tous les deux déportés en camp de concentration. Son épouse survit à Ravensbrück mais lui meurt au Struthof (13 juin 1944).  Le général Frère a donné son nom à une promotion de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr (1948-1950) et a marqué plus d’une génération de soldats ne serait-ce qu’à travers sa devise : « J’obéis d’amitié ».

12 juin1944 : la première fusée V1 tombe sur Londres.

La première fusée Vergeltungswaffe 1 (arme de représailles), passée à l’histoire comme V1, est lancée par les Allemands dans la nuit du 12 au 13 juin.

La V1 est l’ancêtre des missiles de croisière. L’impact de cette arme est surtout psychologique, obligeant les Alliés à détourner des moyens aériens et de DCA pour protéger les ciels britanniques et ouest-européens.

Certains pilotes de la RAF dont le français libre, Jean Maridor, s’étaient spécialisés dans la chasse au V.1. Ce dernier avait mis au point la technique consistant à faire se crasher le V1 en glissant l’extrémité de son aile sous celle de la bombe volante pour lui donner un coup vertical et fatal.

12 juin 1993 : début de la bataille de Mogadiscio (Somalie).

À la tête d’un groupement tactique français (dans le cadre de la mission Oryx), le colonel de Saqui de Sannes commence à rétablir la situation dans Mogadiscio où 3 journalistes internationaux sont tués et viennent s’ajouter aux 24 soldats pakistanais tombés dans une embuscade tendue par les hommes du général Aydid quelques jours plus tôt (5 juin).  Saqui de Sannes maîtrise la situation en ne déplorant que 3 blessés parmi ses hommes.  En octobre, soit 5 mois plus tard, au même endroit et dans les mêmes conditions, le général américain Garrison, commandant la Task force Rangers déplorera 20 morts et 80 blessés.

Dans les deux cas, le bilan adverse est inconnu mais supposé important.  Pour poursuivre la comparaison des méthodes française et américaine, lire l’article du colonel Goya, Mogadiscio 1993 – l’Oryx et le faucon noir, sur le blog La voie de l’épée.

12 juin 1998 : disparition en mer d’Eric Tabarly (Mer d’Irlande).

Dans la nuit du 12 au 13 juin, Tabarly tombe à la mer.

Tabarly fut officier marinier pilote de l’aéronautique navale pendant 6 ans (dont 2 en Indochine pendant la guerre) puis officier de marine (ancien de l’École des officiers de marine, et donc de l’École navale), et, en tant que tel breveté fusilier marin et certifié commando.  Il a commandé un engin de débarquement d’infanterie et de chars (EDIC).  Il a quitté la marine avec le grade de capitaine de frégate, atteint par la limite d’âge, et fut promu capitaine de vaisseau au titre de la réserve.

12 juin 1999 : entrée de la KFOR au Kosovo.

La brigade du général Cuche pénètre au Kosovo depuis la Macédoine (Kumanovo) en application de la résolution 1244 de l’ONU.




Chronique historique : 5 juin

5062019

5 juin 774 : prise de Pavie (actuelle Italie).

Charlemagne en prenant la ville devient roi des Lombards en plus d’être roi des Francs.

 5 juin 1856 : création des fusiliers marins.

Un décret du ministère de la marine et des colonies instaure la spécialité de fusilier marin. Le Bataillon des apprentis fusiliers s’implante à Lorient et deviendra l’École des fusiliers marins où elle se trouve toujours aujourd’hui (sauf de 1945 à 1962 au centre Siroco près d’Alger). L’école forme aussi les fusiliers marins commandos, créés quant à eux durant la seconde guerre mondiale par le capitaine Kieffer (1er bataillon de fusiliers marins commandos).

5 juin 1912 : débarquement américain à Cuba.

En vertu de l’amendement Platt (voté en 1901), le Congrès américain se réserve le droit d’ingérence à Cuba (officiellement jusqu’en 1934) étant donné les très nombreux intérêts économiques qui s’y trouvent.  En mai 1912, le président Gomez (favorable aux États-Unis) est menacé par le parti des indépendants d’Estenoz (soutenu par l’ambassadeur français), ce qui provoque l’intervention des US Marines depuis Guantanamo mais aussi depuis les États-Unis.

 5 juin 1925 : le poste du Djebel el Biban tombe (Maroc).

Pendant la guerre du Rif, le sergent Bernez-Cambot (23 ans, dix mois de grade) résiste 51 jours aux assauts de 2000 hommes d’Abd el Krim. Déjà cité à deux reprises par le maréchal Lyautey, Bernez-Cambot s’illustre une dernière fois à la tête de sa compagnie de tirailleurs sénégalais. Vers 16h00, l’héliographe du poste transmet : « poste fichu » et peu après le drapeau tricolore qui flottait sur le poste disparaît. Il a été fait chevalier de la Légion d’honneur et une souscription nationale fut ouverte pour la construction d’un monument à sa mémoire dans sa ville natale de Livron, Pyrénées Atlantique. La 164e promotion de l’École nationale des sous-officiers d’active porte son nom.

 5 juin 1940 : de Gaulle est nommé sous-secrétaire d’État à la Défense.

L’attaque allemande reprend sur la Somme et l’Aisne. Daladier quittant le gouvernement, le colonel de Gaulle vient d’être promu général de brigade à titre temporaire et est nommé sous-secrétaire d’État à la guerre par Paul Reynaud. Il quitte alors la 4e DCr (division cuirassée) qu’il commandait depuis 1 mois.

 5 juin 1944 : largage des parachutistes sur les arrières ennemis (Normandie).

Les 5 000 navires de l’opération Neptune se groupent sur leur base de départ dans la Manche alors que la houle et le mauvais temps rendent impensable une opération de débarquement.

Dans la nuit, les 82e et 101e divisions aéroportées américaines ainsi que la 6e division aéroportée britannique sont larguées en Normandie. Malgré une préparation minutieuse, la plupart des mises à terre (parachutes ou planeurs) s’effectuent avec une grande marge d’erreur. On estime à 50 % les pertes subies par ces précurseurs lors de la seule nuit précédant le débarquement (casse à l’atterrissage, accrochages avec l’ennemi, noyades…). Malgré tout, l’action de ces parachutistes contribue à immobiliser loin des plages une grande partie des troupes locales et à semer la confusion chez l’ennemi.

 5 juin 1961 : condamnation du commandant Hélie de Saint-Marc (Haut tribunal militaire).

Entré en rébellion lors du putsch des généraux d’avril 1961, il se constitue très vite prisonnier et ne rejoindra donc pas l’OAS. Il est condamné à 10 ans de prison.  Gracié (par de Gaulle), après 5 années passées à la prison de Tulle, il est réhabilité dans ses droits civils et militaires en 1978 (par Valéry Giscard d’Estaing). Il a été élevé à la dignité de grand officier de la Légion d’honneur par Jacques Chirac en 2002, puis de grand-croix de la Légion d’honneur par Nicolas Sarkozy en 2011.

A noter qu’après la sentence condamnant Saint Marc, en 1961, le général Maurice Ingold, Grand Chancelier de l’Ordre de la Libération, a préféré démissionner du Haut Tribunal Militaire et de sa charge de Grand Chancelier.

 5 juin 1967 : guerre des Six-jours.

Devançant une probable attaque de ses voisins, l’État d’Israël anéantit en une journée l’armée de l’air égyptienne avant de déclencher une offensive terrestre jusqu’au canal de Suez. Basculant son effort, Tsahal conduit la même attaque foudroyante contre la Syrie, la Jordanie et le Liban, et atteint ses objectifs (dont le contrôle de Jérusalem et du plateau du Golan) en 6 jours.

 5 juin 1975 : réouverture du canal de Suez (Égypte).

Le président Sadaate inaugure le canal fermé depuis 8 ans pour cause de guerre (des Six-jours) puis de travaux de déminage.

La France a participé au déminage à travers l’opération DECAN.




Chronique historique : 4 juin

4062019

4 juin : sainte Clothilde : patronne de l’ALAT (aviation légère de l’armée de Terre). « Née vers 465-475, fille du roi burgonde Chilpéric II, elle échappe au massacre de sa famille catholique perpétré par l’arien Gondebaud. En 493 elle épouse Clovis, Roi des Francs Saliens, alors païen. Ils ont quatre enfants : Clodomir, Childebert, Clotaire et Clotilde. Sous son influence et après la victoire de Tolbiac, où il s’est écrié: »-Dieu de Clotilde si tu me donnes la victoire je me ferais baptiser », Clovis reçoit le baptême en la Noël 496, des mains de saint Rémi, à Reims.

Depuis 1995 l’Aviation légère de l’armée de terre a choisi sainte Clotilde pour patronne. C’est en effet à ses prières que Clovis put être victorieux à Tolbiac en « submergeant l’ennemi sous le feu du ciel », ce qui est précisément aujourd’hui la fonction des hélicoptères de combat de l’armée française. »

Bonne fête aux Clothilde (avec ou sans « h »).

 4 juin 1525 : fin de la guerre des paysans (Allemagne). Prélude à la guerre de Trente ans, la Bauernkrieg qui secoue le Saint Empire pendant deux années trouve en partie ses racines dans la misère. De plus, la Réforme qu’introduit Luther à ce moment, brise beaucoup de tabous et incite les paysans à se révolter, sous l’impulsion de prêcheurs millénaristes. Des bandes se créent arborant la bannière rouge frappée du mot « liberté » et ravagent l’Empire. La répression est méthodique et très meurtrière. Même si ces mêmes paysans révoltés sont ceux qui fourniront les rangs des courageux et robustes Landsknecht, leur armement et tactique sont surclassés par les troupes impériales. Cette guerre aurait fait 100 000 morts. Considérée par Engels comme une des premières manifestations de la lutte des classes, elle a traumatisé l’Allemagne.

 4 juin 1629 : naufrage du Batavia (Côte ouest de l’Australie). Cas édifiant de mutinerie montrant les dangers d’un commandement défaillant en milieu hostile et fermé.  Le Batavianavire de la compagnie des Indes Néerlandaises fait naufrage sur un récif. Les rescapés se répartissent sur les îles de l’archipel tandis que le capitaine et 48 passagers embarquent à bord d’une chaloupe pour trouver de l’aide. Ils atteignent, le 7 juillet, Batavia (aujourd’hui Jakarta). Pendant ce temps sur l’archipel, se développe une société de type totalitaire contrôlée par l’un des rescapés les plus habiles qui instaure un climat de terreur avec l’aide d’une partie des soldats du bord. Les secours arrivent le 17 septembre, trouvant l’archipel en pleine guerre. Sur les 320 passagers, seuls un tiers put rentrer (115 furent assassinées sur l’île).

4
juin 1859 : bataille de Magenta
 (Italie). La bataille de Magenta se termine par une victoire franco-sarde contre les Autrichiens. Dans la nuit du 2  au 3 juin, le génie français, protégé par l’artillerie, jette un pont de barques de 180 mètres à Turbigo : le IIe corps d’armée peut commencer à traverser afin de soutenir les premiers combats à Turbigo et Robecchetto. Le matin du 4 juin, Napoléon III entend tonner le canon, de son observatoire dans la tour de San Martino al Basto et  convaincu que l’attaque de Mac Mahon est engagée, il ordonne aux troupes en attente près du Tessin de se déplacer vers les ponts existant. Les Autrichiens réussissent à en faire sauter 2 sur 3 si bien que les Français ont du mal à se coordonner. L’espace d’une heure, les renforts autrichiens submergent les Français à tel point qu’un télégramme est envoyé à Vienne qui annonce la victoire. Cependant après de féroces combats, les Français réussissent à passer sur le ponte Nuovo après que les Autrichiens, menacés sur leur flanc droit par Mac Mahon qui a repoussé l’attaque à Boffalora, se retirent à Magenta. Les Autrichiens se réfugient dans les habitations espérant défendre le territoire mètre par mètre. Par une manœuvre en tenaille, les Français attaquent l’ennemi retranché dans la ville. Au soir du 4 juin, l’empereur Napoléon III nomme Mac Mahon maréchal de France et duc de Magenta.

 4 juin 1940 : les Allemands entrent dans Dunkerque. 40 000 soldats (la plupart français) sont faits prisonniers lorsqu’au petit matin les troupes allemandes atteignent les plages. 340 000 soldats (dont 112 000 français) ont réussi à évacuer la poche de Dunkerque au cours de l’opération Dynamo. L’armement, les munitions et le matériel abandonné sont cependant gigantesques. Lire les RHA n° 12 et 173.

 4 juin 1944 : les Américains à Rome. La 5ème armée du général Clark entre dans Rome. La bataille de Monte Cassino s’est achevée le 18 mai.

 4 juin 1958 : « Je vous ai compris ! «  (Alger). C’est l’un des discours les plus célèbres de Charles de Gaulle. Prononcé sur le Forum à Alger, quelques jours après l’investiture de de Gaulle et devant des milliers de spectateurs qui l’acclament comme le sauveur de l’Algérie française, ce discours sera très souvent cité pour dénoncer l’évolution du nouveau Président de la République sur le devenir de l’Algérie.

 4 juin 1982 : début de l’opération Paix en Galilée (Liban). Tsahal entre au Liban malgré le dispositif d’interposition de la FINUL sur la frontière. Les forces palestiniennes sont encerclées dans Beyrouth le 1er aout.

 4 juin 1989 : l’armée chinoise tire sur la foule (place Tiananmen). L’armée chinoise intervient pour faire cesser les manifestations étudiantes qui se déroulent place Tiananmen depuis près de 2 mois (15 avril). Le bilan humain varie selon les sources entre 240 et 10 000 morts.




Chronique historique : 1er juin

1062019

1er juin 1808 : transformation du Prytanée militaire français.

Dénommé Prytanée militaire de la Flèche sous la Troisième République.

Un Collège royal avait déjà été fondé par Henri IV à La Flèche en 1604 sous la direction de la Compagnie de Jésus. Ce collège de jésuites n’était pas militaire. Sa transformation en une institution militaire en 1764 est une conséquence de la création de l’École royale militaire en 1751. En effet, dans la première moitié du XVIIIe siècle, les jeunes gens de la bonne noblesse et de la bourgeoisie fortunée qui se destinaient à la carrière des armes n’entraient pas d’emblée dans l’armée, avant d’avoir reçu une solide instruction générale. Après une instruction élémentaire (souvent par précepteur), ils fréquentaient, aux côtés de congénères qui ne se destinaient pas à la carrière des armes, un collège, soit un collège des universités, soit un collège d’une institution religieuse, jésuites ou oratoriens. Le collège des jésuites de La Flèche était simplement un de ces collèges…

En 1751 est créée l’École royale militaire à Paris, pour donner, aux frais de la monarchie, aux gentilshommes pauvres qui se destinaient à la carrière des armes (prioritairement les orphelins et les fils de militaires) l’instruction que leurs moyens financiers ne leur permettaient pas d’acquérir dans des collèges. Or le niveau des élèves est très inégal à l’entrée (du fait qu’il n’y a pas d’examen d’entrée), même si une instruction élémentaire est requise pour postuler.

Donc en 1764, la monarchie crée, à La Flèche, une école préparatoire, pour donner aux enfants un enseignement élémentaire avant leur entrée à l’École royale militaire de Paris. Cette école préparatoire est installée dans les locaux de l’ancien collège jésuite de La Flèche (les collèges de jésuites ont été fermés en 1762, après la condamnation de la Compagnie de Jésus par le Parlement de Paris).

Lire André Corvisier (dir.), Histoire militaire de la France, Paris, PUF, tome 2, 1992, p. 68-75 (chapitre écrit par Jean Chagniot) et Des Premières écoles militaires aux lycées de la Défense, l’éducation des enfants au sein de l’armée de Frédéric de Berthier.

Lire également 1604-2004 – Du Collège royal au Prytanée militaire – Quatre cents ans d’éducation à La Flèche

1er juin 1815 : mort du maréchal Berthier (Allemagne).

Né en 1753, il commence sa carrière comme ingénieur cartographe à l’École du génie de Mézières, fait la campagne de la guerre d’Indépendance américaine avec La Fayette puis ne quitte plus Napoléon jusqu’à la campagne de Russie où il démissionne pour manifester son désaccord. Grand organisateur, il sert principalement en tant que ministre de la guerre ou chef d’état-major de l’empereur. Il est avec La Fayette l’un des rares Cincinnati français.

L’ordre des Cincinnati a été fondé en 1783 par George Washington afin d’honorer les ainés des familles les plus méritantes dans le combat pour l’indépendance des États-Unis et notamment les officiers étrangers. Il existe 14 sociétés des Cincinnati (13 américaines et 1 française) toujours actives. Ce sont les plus anciennes sociétés patriotiques américaines. L’appellation fait référence au héros romain Cincinnatus, modèle de l’honnête homme, aussi courageux dans la guerre que dans la paix.

La thèse du suicide reste l’hypothèse retenue par les historiens pour expliquer la mort de Berthier, grand serviteur de l’empire s’étant pourtant opposé au retour au pouvior de Napoléon et probablement moralement écartelé entre devoir du moment et fidélité impériale.

1er juin 1823 : mort du maréchal Louis Nicolas d’Avout (dit Davout).

Cavalier émérite et d’une grande loyauté, il est l’artisan principal des victoires d’Auerstedt et d’Eckmühl. Il n’a jamais perdu de bataille tout en ayant participé à la plupart des campagnes de l’Empire.

 1er juin 1879 : mort au combat du Prince Louis Napoléon (Afrique du Sud).

A 23 ans, le fils de Napoléon III demande avec insistance à être intégré dans les troupes britanniques d’Afrique australe. La reine Victoria l’y autorise et il s’embarque en février. Après un passage au Cap, il est versé dans une unité d’éclaireurs au Natal. Il y arrive au moment où les Britanniques, battus quelques mois plus tôt par les Zoulous, reprennent l’offensive. Le 1er juin, il participe à une mission de reconnaissance à cheval avec quelques hommes dans une région située à environ 50 kilomètres à l’ouest de Dundee. Lors d’une halte au bord d’une rivière, la patrouille est surprise par un groupe de 60 guerriers zoulous. Il meurt, atteint de 17 coups de lance (reçus de face). Le chef zoulou, capturé quelques jours plus tard, confirme que le jeune prince « s’est battu comme un lion ».

Sa dépouille est inhumée à Chiselhurst, dans le Kent. Elle sera ensuite transférée à l’abbaye St Michel à Farnborough, dans le sud de l’Angleterre. L’impératrice Eugénie l’a fait bâtir pour que lui et son père y reposent. Une stèle existe aussi dans la chapelle royale de Windsor. L’émotion fut beaucoup plus vive en Angleterre qu’en France. Aujourd’hui, la statue du Prince Louis Napoléon est un des monuments les plus symboliques et les mieux mis en valeur à l’académie royale militaire de Sandhurst, où sont actuellement formés les officiers britanniques.

1er juin 1899 : réception triomphale du commandant Marchand (Paris).

La mission « Congo-Nil » du CBA Jean-Baptiste Marchand est accueillie par une foule en liesse à Paris après sa traversée de l’Afrique, d’Ouest en Est. 6 000 km parcourus en deux ans : une des plus grandes aventures africaines pour l’armée française.

1er juin 1915 : abandon du pantalon rouge au profit de la tenue « bleu horizon »

Si le modèle définitif est adopté formellement en juin 1915, après plusieurs essais, c’est dès le 9 juillet 1914 que l’assemblée vote « la substitution des draps actuels par un drap de couleur neutre », faute de poursuive la production de teinture garance.

Après plusieurs semaines de campagne avec le même pantalon (un seul en dotation par fantassin !), le fantassin l’a, bien souvent, remplacé de lui-même avec ce qu’il a pu trouver.

1er juin 1939 : naufrage du HMS Thetis (Baie de Liverpool).

Lancé en 1938, le sous-marin britannique coule par 40 mètres de fond après une série d’erreurs : un des tubes lance torpilles est resté accidentellement ouvert inondant une partie du submersible, qui reste échoué malgré toutes les tentatives de renflouement des secours de la Royal Navy.  Seuls 4 hommes parviennent à regagner la surface. 99 hommes périssent.

1er juin 1954 : Genevieve de Galard rentre à Paris.

Convoyeuse de l’air et infirmière en Indochine à 28 ans, elle est faite prisonnière lors de la défaite de Dien Bien Phu (7 mai 1954).  Son comportement exemplaire au quotidien dans la tourmente du camp retranché fait d’elle une héroïne surnommée l’ange de Dien Bien Phu.  Libérée par le Vietnam, elle est célébrée en France et même décorée par le président américain Eisenhower.

Elle est Grand-Croix de la légion d’honneur et a 94 ans.

 




Chronique historique : 22 mai

22052019

22 mai 1689 : Jean Bart et Forbin faits prisonniers (au large de Cherbourg).

Les deux frégates, la Railleuse et les Jeux, commandées par les lieutenants de vaisseau Jean Bart et Forbin, sont attaquées par deux vaisseaux anglais. Blessés, les deux officiers sont faits prisonniers et enfermés à Plymouth. Ils s’échappent quelques jours plus tard en sciant les barreaux d’une fenêtre et traversent la Manche en chaloupe.

22 mai 1809 : bataille d’Essling (Autriche).

Lors de la campagne d’Autriche, Napoléon frise la défaite. L’Archiduc Charles ne profite pas de son avantage numérique alors que la rupture des ponts sur le Danube a coupé la Grande Armée en trois. Le Maréchal Lannes (mortellement blessé) et 3 généraux sont tués mais les autrichiens perdent 23 000 hommes en 2 jours. Cette journée est racontée de façon romancée par Patrick Rambaud dans son ouvrage passionnant, La bataille (prix Goncourt).

22 mai 1939 : signature du pacte d’acier (Berlin).

L’Allemagne nazie et l’Italie fasciste signent un accord militaire pour raffermir l’axe Rome-Berlin (novembre 1936).

22 mai 1943 : création du bataillon de choc (Algérie).

Le général Giraud décide la création d’une unité française dont la vocation est d’apporter une aide spécifiquement militaire aux organisations de résistance en France. Le commandant Gambiez prend la tête de cette unité, créée à Staouéli (Algérie) avec une trentaine de cadres venus de tous horizons. Leur première mission consistera à préparer la libération de la Corse.

22 mai 1947 : mort du général Lelong (Corse).

Le général Pierre Lelong, Grand Officier de la Légion d’Honneur, commandant la subdivision d’Ajaccio, trouve la mort dans un accident de jeep.

Sorti de Saint Cyr en 1913, il n’avait jamais cessé de s’exposer et de s’illustrer tout au long de sa carrière sur une vingtaine de théâtres d’opérations. Capable d’exploits peu ordinaires, c’est ainsi qu’en Sibérie en janvier 1919, il avait rejoint Omsk, à demi gelé sur une locomotive dont il avait obligé le mécanicien (le pistolet à la main) à le conduire, lui et le prisonnier qu’il escortait, sur des dizaines de km par un froid de loup. Jeune de corps et de caractère, original et non conformiste, il excellait dans le commandement de la troupe. Le général Borgnis Desbordes (de l’Artillerie de Marine, le neveu du colonisateur) qui avait été son camarade de captivité dans le camp de représailles où les Allemands gardaient les évadés récidivistes au cours de la Grande Guerre, a dit de lui : « D’aucuns ne comprirent pas que l’on pouvait être un chef, un chef de guerre lucide et obéi, sans être grave et sinistre. On alla même jusqu’à lui reprocher d’être trop brave… ».

22 mai 1992 : décision de créer le Corps Européen (La Rochelle).

François Mitterrand et Helmut Kohl annoncent lors du sommet européen de La Rochelle leur volonté de créer une unité militaire européenne à l’image de la brigade franco-allemande (existant depuis octobre 1989). L’état-major du corps européen est implanté à Strasbourg. Ce corps a depuis été rejoint par les nations cadres belge, luxembourgeoise, espagnoles et les nations associées grecque, autrichienne, italienne, polonaise et turque.







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