Lettre n° 94 du G2S : budget 2018 – Janvier 2018

22032018
Lettre d’information du G2S
n° 94 Janvier 2018

Budget 2018 de la Défense

Proposée par le général Jean-Pierre Guiochon, cette lettre d’information a pour objet de dresser un point de situation sur le budget alloué au ministère des armées pour l’année 2018.

Il s’appuie principalement sur les documents produits en fin d’année 2017, par le ministère (projet de loi de finance et projets annuels de performance), mais également sur les comptes-rendus d’auditions d’autorités, au Sénat et à l’Assemblée nationale, au titre des travaux préparatoires au vote du projet de loi de finance 2018 ; il prend en compte quelques chiffres plus précis communiqués par des acteurs du dossier.

En finale, il nous a semblé utile de revenir sur le document de la Cour des comptes annonçant que le budget des armées de la France a d’ores et déjà atteint les fameux 2% du PIB. C’est le général Jean-Tristan Verna qui nous apporte son éclairage sur ce point qui n’a pas manqué d’être relevé par la presse.

L’année 2017 n’a pas échappé « au coup de tonnerre susceptible d’obscurcir l’embellie annoncée », comme l’indiquait dans sa conclusion l’article du G2S consacré au budget 2017. L’annulation des 850 M€ de crédits d’équipement destinés à financer le surcoût des opérations intérieures et extérieures a provoqué, non seulement la démission d’un CEMA, mais a apporté ses conséquences habituelles en matière de décalage « maîtrisé » de quelques programmes, tout en augmentant le report de charges pour les années suivantes, report à hauteur de 2,9 Mds€.

Ce report aurait pu encore fortement s’alourdir si les 700 M€ encore gelés n’avaient pas été débloqués dans les tout derniers jours de décembre.

Les paramètres de départ pour le budget 2018 ne sont donc pas optimaux. L’augmentation de 1,8 Mds € constitue surtout un signal politique, dans la mesure où les contraintes liées au maintien du déficit de l’État à un niveau inférieur à 3% du PIB, demeurent très fortes sur la construction des budgets des ministères régaliens.

La réalité de cette augmentation est minime, en raison du financement des mesures prises en conseils de défense de mai 2015 et avril 2016, de la budgétisation de la provision pour les OPEX portée à 650 M€1, et enfin de l’incidence des mesures de régulation prises en 2017. Elle ne permettra donc pas de financer les augmentations inscrites pour certains postes dans le budget 2018 sans recourir, une fois de plus, au décalage de quelques opérations déjà prévues.

Les armées sont soumises depuis de longues années à cette usante course de rattrapage de crédits annoncés, mais jamais totalement réalisés dans les échéances fixées. La « bosse de financement » est toujours bien présente et sa hauteur toujours significative. Il est probable qu’une seule loi de programmation ne permettra pas de la réduire sensiblement.

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Le budget 2018 se caractérise par un montant de crédits de paiement (CP) de 34,7 Mds€, dont 200 M€ provenant de ressources exceptionnelles, et par un niveau équivalent d’autorisations d’engagement (AE).

Le programme 146 (équipement conventionnel des forces) est doté de 10,3 Mds€ en CP, pour des besoins estimés à 10,7 Mds€ (hors report de charges) ; cela assure notamment la livraison d’un satellite optique Musis, d’un avion de surveillance ALSR , de 2 Airbus 400M, de 8 hélicoptères NH 90, de 5 Hélicoptères Tigre, de 3 Rafale Armée de l’air, d’un retrofit Rafale Marine, et des 3 premiers VBMR2 pour l’armée de terre.

Les AE, d’un montant de 11,4 Mds€ pour des besoins de 12,7 Mds€ permettront de commander notamment, le successeur du missile Mica, le prochain standard du Rafale, les 3 premiers ravitailleurs MRTT sur les 12 prévus, le 5e sous-marin Barracuda sur les 6 prévus, 20 Griffon.

Le report de charges attendu pour le programme 146 est de 1,8 Mds€.

Le programme dissuasion est en augmentation passant de 3,6 Mds€ à 4,04 Mds€, caractérisant la montée en puissance budgétaire nécessitée par le renouvellement des deux composantes nucléaires, dont les coûts à l’horizon 2030 sont estimés à 30 Mds€. Il restera à intégrer ces besoins « sanctuarisés » dans les futures lois de programmation.

L’EPM (entretien programmé des matériels) d’un montant de 3,82 Mds€ , en augmentation de 450 M€, reste encore inférieur au besoin supplémentaire estimé à 1 Md€ pour faire remonter à des niveaux acceptables (supérieurs à 50%) la disponibilité technique opérationnelle (DTO) des matériels très utilisés en opérations ou trop âgés ; il n’est pas acceptable notamment que des matériels aériens (avions de transport et hélicoptères) aient une disponibilité variant de 19% à 40%, alors que la faiblesse de notre capacité en transport aérien est une lacune amplement soulignée depuis plusieurs années.

L’autre incidence de cet EPM insuffisant est la difficulté à réaliser un entraînement régulier et efficient de nos forces qui ne disposent pas des matériels suffisants en état de marche pour atteindre les objectifs de journées d’activités opérationnelles. Depuis de nombreuses années, les chefs d’état-major d’armées insistent sur l’impérieuse nécessité de retrouver des marges de manoeuvre acceptables afin d’éviter la pérennisation de postures d’armées à deux vitesses, reposant sur un système d’entraînement différencié imposé par ces contraintes.

Les crédits de fonctionnement, du même niveau que celui de 2017, soit 3,9 Mds€, sont encore insuffisants pour améliorer sensiblement la vie quotidienne des unités. Il y a là un vrai problème de fond qu’il importe de mettre sur la table afin d’obtenir une amélioration significative à inscrire dans la prochaine loi de programmation. La débrouillardise et le dévouement des personnels ne peuvent constituer les seules réponses à ce qui est souvent et trop légèrement considéré comme une variable d’ajustement, balayée d’un revers de main par des décideurs, qui oublient ou ne connaissent pas objectivement la réalité de la situation.

Dans le domaine infrastructure, le montant de 1,5 Md€ soit 330 M€ de plus qu’en 2017 -mais comprenant 140 M€ issus de cessions immobilières toujours aléatoires -permet de poursuivre l’adaptation des installations accueillant les nouveaux systèmes d’armes et la sécurisation des implantations des forces, mais n’améliore pas les crédits d’entretien toujours inférieurs aux normes retenues pour les administrations de l’État. Là encore, on doit se contenter du minimum.

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S’agissant de l’armée de terre, le budget 2018 reste juste acceptable, sans corriger durablement les faiblesses ou lacunes constatées depuis longtemps.

Les livraisons et les commandes de matériels assurent le renouvellement prévu des systèmes d’armes, tant dans les domaines de la protection (premiers matériels Griffon et Jaguar3 du programme Scorpion, missile moyenne portée (MMP)), de la projection (hélicoptères Tigre et NH90), que de la capacité de combat individuelle (Fusil HK 416), ou des moyens de commandement (système informatique de combat Scorpion (SICS), poste radio de contact). Ce renouvellement ne comble pas les retards de mise en service et les décalages de cibles décidés antérieurement et pesant sur des capacités opérationnelles majeures.

Le programme Scorpion a subi un retard général de 4 ans, accompagné de plus par une diminution significative de cibles, celui du missile MMP également. La réduction de la cible artillerie impose maintenant le renforcement de 32 canons Caesar du parc actuel, dont le potentiel subit une usure inquiétante liée à son emploi à l’entraînement, comme en opérations (Irak). Le remplacement des engins de combat du génie devient aussi une autre priorité.

Par ailleurs, la politique de renouvellement des matériels pose la question de son économie au regard des coûts du maintien en condition opérationnelle (MCO) des matériels, soulevée récemment par le CEMAT. Retarder l’entrée d’un nouveau système d’armes, c’est prolonger un matériel ancien dont le coût d’entretien grandissant inexorablement est inversement proportionnel à son efficacité opérationnelle résiduelle. À cet égard, l’exemple de la mise en service du Griffon est instructif : le coût d’un Griffon neuf est de 1,5 M€, celui de la rénovation d’un VAB « Ultima » de 1,4 M€ ; dans ces conditions financières, l’accélération de la chaîne de production du Griffon, pour un surcoût annuel de 20 M€, permettrait de disposer en 2025 de 1310 engins au lieu des 800 prévus, évitant ainsi la revalorisation de 460 VAB.

Le budget activités et entraînement, d’un niveau de 157 M€ est susceptible de porter le volume des jours d’activités à 82 jours pour 81 jours en 2017. « Effort » qui reste encore très loin de l’objectif des 100 jours inscrit dans deux lois de programmation antérieures, mais jamais atteint. Le besoin financier supplémentaire acceptable serait de 10M€ par an, effort très modeste à comparer avec le niveau de financement annuel consacré par les 2 autres armées à ce même poste.

L’EPM des matériels terrestres, avec 506 M€, soit 15% d’augmentation, permet de poursuivre le plan MCO 2025 visant à faire passer le ratio de la maintenance étatique de 90 à 60% au profit de la maintenance privée passant de 10 à 40%, de réaliser les Grandes visites pour le Caesar et le VBCI et de passer des marchés de soutien VAB, VBL. Néanmoins, il manquerait de l’ordre de plus de 100 M€ par an pour prendre en compte notamment le soutien des moyens Scorpion et la remontée rapide des jours d’activités et d’entraînement.

L’EPM des matériels aériens de l’armée de terre, avec 373 M€, soit 10% d’augmentation, permet de mieux passer les marchés de soutien du TIGRE et du NH90, dont la disponibilité technique demeure encore insuffisante. Les pilotes pourront effectuer 173 heures de vol (164 en 2017) pour une cible affichée en programmation de 180.

Les petits programmes, (munitions, optronique, équipements de spécifiques, SIC) qui concourent à l’accompagnement et à la cohérence de l’emploi des systèmes d’armes « majeurs » ont été souvent les laissés-pour-compte des constructions budgétaires. Dotés de 189 M€, ils parent à l’essentiel, mais le niveau satisfaisant serait au minimum de plus de 200 M€ par an, pour renouveler certaines capacités opérationnelles spécifiques indispensables à l’efficacité de l’ensemble.

Enfin, pour ce qui concerne l’infrastructure, le montant de 179 M€ permet seulement de réaliser les travaux liés à l’arrivée des matériels Scorpion et de poursuivre ceux liés à l’installation de la 13e DBLE au Larzac et du 5e RD à Mailly.

Au bilan, ce budget 2018 reste en deçà des ambitions affichées : il ne permettra pas à l’armée de terre d’amorcer d’emblée la remontée en puissance espérée, sur le chemin la menant en position de 1e armée de terre en Europe…

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En conclusion, le budget global prévu pour les armées n’est pas un budget de renouveau, voire de rupture ; il s’inscrit simplement dans la trajectoire financière définie par le quinquennat précédent lors des conseils de défense de 2015 et 2016. Il peut aussi être considéré comme un budget en trompe-l’oeil, dans la mesure où l’augmentation si lourdement soulignée est déjà gagée par les incidences des mesures de régulation de 2017 et les décisions prises au cours des deux années précédentes.

Il soulève plusieurs questions relatives à la future loi de programmation et aux objectifs qui semblent lui avoir été définis par la Revue stratégique de défense et de sécurité d’octobre 2017.

1. Ce budget, et à condition qu’il ne soit pas lui aussi soumis en cours d’année à des mesures de régulation budgétaire, n’est pas de nature à constituer une marche haute permettant d’aborder dans de bonnes conditions les annuités suivantes de la future loi de programmation 2019-2024. À cet égard, la Revue stratégique, préparatoire à cette loi, a défini de nombreuses missions, dont certaines nouvelles, et dans le cadre souligné « d’un modèle d’armée cohérent, complet, capable de mener des opérations sur tout le spectre de la plus haute à la plus basse intensité ». Cet objectif ambitieux nécessitera des capacités opérationnelles adéquates, adaptées à l’exécution de ces missions. Ce qui implique des investissements financiers très conséquents ne se heurtant pas à des contraintes administratives et législatives.

Or, la récente loi sur la programmation des finances publiques pour 2018-2022 limite le reste à payer (RAP) au niveau de celui de 2017. Ce RAP est constitué par les engagements financiers (commandes passées, reports de charges successifs, intérêts moratoires…) non encore couverts par des crédits de paiement. Le niveau du RAP pour le budget des armées est estimé à 50 Mds €, dont 30 pour les équipements. Ce niveau constituera donc un frein puissant aux investissements à envisager répondant aux besoins de la future loi de programmation. L’équation financière de celle-ci sera donc très compliquée à résoudre.

2. Par ailleurs, les perspectives budgétaires pour les armées sont à considérer dans le cadre d’une stricte adéquation entre les missions imposées et les moyens attribués afférents. C’est le principe de réalité et d’efficacité sur le terrain qui doit d’abord prévaloir, et non celui d’une approche technocratique et assez irréaliste de pourcentage de PIB, qui reste une référence aléatoire. Cette problématique du pourcentage de PIB, dont celui devenu mythique des 2%, fait l’objet d’un renvoi particulier en fin d’article.

3. Enfin, le souhait très estimable de disposer d’armées françaises se classant les premières en Europe suppose un effort budgétaire très significatif, volontariste et de longue haleine, car on ne peut rattraper en quelques années seulement, deux décennies de réduction du format des armées et d’attrition continue de leurs capacités opérationnelles, alors que les missions ont été amplifiées. Nos voisins britanniques et allemands ont bien compris qu’il leur fallait aussi engager cet effort, comme l’évoquait l’article du G2S sur le budget 2017 ; ils prévoient donc respectivement 47,3 Mds€ en 2018 pour les premiers, 41,9 Mds€ en 2018 et 43 Mds€ en 2019 pour les seconds.

C’est à l’aune de ces éléments qu’il importe d’apprécier, d’une part, les efforts qui seront prévus dans notre prochaine loi de programmation et, d’autre part, la dimension européenne qui lui sera donnée.

Vous avez-dit « 2% » ?

Fin 2017, un document de la Cour des Comptes sur l’exécution de la LPM 2014-2019 a eu pour écho principal dans la presse que « la France est dès à présent à 2% du PIB pour sa défense ». Sous-entendu « Halte au feu (budgétaire) ! »

Que faut-il en penser ?

Ponctuellement et comptablement, la Cour a raison. Selon les années, le bilan final des dépenses effectuées au titre de la défense approche, voire parfois dépasse, le niveau des 2% du PIB. Ce sera notamment le cas pour le bilan 2016, année où les surcoûts OPEX ont été intégralement financés par les autres ministères. En effet, ce bilan est établi avec les normes utilisées au sein de l’OTAN4 et inclut le paiement des opérations, qui en France est en grande partie mutualisé entre les différents ministères, en cours d’exécution budgétaire.

4 Les règles de l’OTAN impliquent de prendre en compte les budgets exécutés (et non les budgets votés), avec ou sans pensions selon les cas (les deux options sont possibles) et pour les pays qui ont une gendarmerie militarisée, 5% de son budget, norme forfaitaire (sans doute surévaluée en régime normal) supposée traduire son engagement dans les opérations militaires (la prévôté, les escadrons de gendarmerie mobile envoyés sur certains théâtres d’opération…).

On peut avancer trois idées sur ce sujet des 2%.

1. C’est une notion floue, dans la mesure où selon la position de l’observateur (avant ou après l’exécution budgétaire, avec ou sans pensions, avec ou sans OPEX, avec ou sans les crédits de coopération militaire, etc.), on peut mettre en avant à peu près tous les pourcentages entre 1,5 et 2,2%, d’autant que le PIB est lui-même un agrégat difficile à stabiliser, dont le montant réel n’est disponible qu’avec un décalage de deux ou trois ans.

2. Un objectif de pourcentage du PIB doit avoir du sens. Il a été fixé par l’OTAN (ou plutôt officialisé) lors du sommet de 2014, pour placer les Alliés sur une tendance à la hausse de leur effort de défense, puisque la plupart d’entre eux se situent en deçà de 2% du PIB, et surtout très en deçà des 20% de dépenses d’équipement au sein de leur budget (ce qui n’est pas le cas de la France qui se situe à près de 50%).

3. La norme de dépenses en rapport avec le PIB doit mesurer un effort de défense pour « préparer la guerre » et non un effort de guerre, pour « faire la guerre », puisque l’effort de guerre ne peut pas être limité par les ressources mais doit couvrir les nécessités de la conduite des opérations. Il est donc aberrant d’inclure le coût des opérations dans le calcul. Il en va de même pour les pensions, qui mesurent un effort du passé…

La question qui se pose donc est celle de l’ampleur de l’effort financier que la France doit produire pour développer et entretenir les capacités qu’elle estime nécessaires à sa posture stratégique.

Pour revenir aux 2%, sans doute la communauté de défense, et ses représentants, ont-ils eu tort de s’accrocher trop longtemps à ce symbole, dès lors que les attentats de 2015 et la réévaluation des menaces qui en a découlé avaient inversé dans l’opinion et chez les responsables politiques la tendance à la baisse des moyens de la défense et que des mesures avaient été prises pour l’inverser, tant en matière d’effectifs que d’équipements, sans oublier les besoins de la dissuasion nucléaire, spécificité française en Europe. Dans ce contexte, le discours sur la dynamique des 2% devenait d’autant moins utile au débat que d’évidence il était probable que 2% ne suffiraient pas à financer l’ambition stratégique nationale…

C’est d’ailleurs ce que la Cour des Comptes écrit, dans son document de fin 2017 :

« L’ensemble de ces éléments (d’analyse des besoins capacitaires) conduit à des besoins de financement en croissance et justifie que la Nation consacre un effort additionnel au bénéfice de sa défense sans avoir besoin de recourir à l’attribution forfaitaire d’un pourcentage du PIB.

La Cour considère en effet qu’une programmation financière ne peut être fondée sur un objectif forfaitaire de dépense : la dépense doit résulter de la mise en oeuvre d’objectifs politiques et militaires dans un cadre budgétaire donné, et non d’un objectif fixé a priori ».

On ne peut être plus clair pour dire que 2% ne peut pas être un objectif a priori, et qu’il faut mettre sur la table non des %, mais des milliards d’euro, le montant de 50 milliards en 2025 étant celui annoncé par le Président de la République, hors OPEX et hors pensions.

Sans doute, si l’on n’y comptabilise ni les OPEX, ni les pensions, un niveau de 2% serait-il compatible avec les besoins, à condition que les prévisions de croissance du PIB se réalisent et que les besoins de la dissuasion soient correctement évalués et lissés.

Mais en tout état de cause, à partir du moment où c’est l’ambition stratégique qui prime, il faut se résoudre à abandonner toute référence forfaitaire rapportée au PIB et faire une évaluation chiffrée donnant au système de défense français le pouvoir d’achat suffisant pour constituer et entretenir sur la durée les capacités nécessaires pour remplir les missions qui lui sont fixées par les autorités politiques.

Financer les opérations relève d’une autre logique…

1 Contre 450 M€ jusqu’ici.

2 Véhicule blindé multi-rôle, appelé Griffon, et remplaçant le VAB.

3 Le Jaguar remplacera l’AMX10 RC et l’ERC90 Sagaie.

4 Les règles de l’OTAN impliquent de prendre en compte les budgets exécutés (et non les budgets votés), avec ou sans pensions selon les cas (les deux options sont possibles) et pour les pays qui ont une gendarmerie militarisée, 5% de son budget, norme forfaitaire (sans doute surévaluée en régime normal) supposée traduire son engagement dans les opérations militaires (la prévôté, les escadrons de gendarmerie mobile envoyés sur certains théâtres d’opération…).

Général de corps d’armée (2S) Jean-Tristan VERNA




Chronique historique :11 mars

13032018

11 mars 1387 : bataille de Castagnaro (Italie). A l’époque où les villes italiennes s’affrontent via des troupes de condottiere, le seigneur de Padoue engage l’Anglais sir Hawkwood et son armée pour prendre Vérone. Hawkwood assiège la ville pendant deux mois mais manquant lui-même de vivres se replie vers Padoue qu’il ne peut atteindre, contraint par ses poursuivants véronais à livrer bataille. Professionnel expérimenté, l’anglais utilise le terrain : sa ligne de défense s’appui d’un côté sur une zone marécageuse, de l’autre côté sur un canal. De plus, il veille à se constituer une troupe de réserve. Au centre sa cavalerie met pied à terre car le terrain n’est pas propice au combat à cheval. Alors que les Véronais chargent son centre, il fait déborder ses archers qui franchissent discrètement le canal et prennent la cavalerie ennemie à revers, empêchée de prendre de l’élan sur un terrain très lourd. C’est à ce moment qu’il engage ses réserves et remporte la victoire.

11 mars 1794 : création de la future Ecole Polytechnique. Par un décret du Comité de salut public, la Commission des travaux publics est créée afin de servir de nouvelle école de cadres scientifiques. Naissance sous l’appellation d’école centrale des travaux publics. Le nom de « Polytechnique » ne verra le jour qu’un an plus tard.

11 mars 1862 : achat du territoire d’Obock (dans l’actuelle République de Djibouti). Le ministre des Affaires étrangères de Napoléon III, Thouvenel, négocie et signe, à Paris, l’achat d’Obock et dépendances avec les envoyés du sultan de Tadjourah pour un montant de 10 000 Thalers (55 000 francs-or).

11 mars 1862 : acquisition du territoire d’Obock par la France (dans l’actuelle République de Djibouti). « Le Sultan de Tadjourah cède à la France par un traité signé à Paris « les ports, rade et mouillage d’Obock (…) avec la plaine qui s’étend depuis ras Ali au sud jusqu’à Ras Doumeira au nord ». Ce traité fait suite à l’arrestation des coupables présumés de l’assassinat de Henri Lambert et à l’envoi d’une délégation Afar à Paris pour demander la protection de la France. En effet, ce commerçant réunionnais et agent consulaire de France à Aden fut assassiné sur l’ile Musha dans le Golf de Tadjourah le 4 juin 1859, probablement sur ordre des britanniques qui craignent une implantation française dans la région. Cependant le lieu ne fait l’objet d’aucune occupation pendant presque 20 ans. Par ce traité est créé le territoire d’Obock qui deviendra Côte française des Somalis en 1896 puis territoire français des Afars et des Issas en 1967 avant de devenir en 1977 à l’indépendance de ce territoire d’outre-mer, la République de Djibouti. Le 5e RIMa assure à partir de 1890 la relève du poste d’Obock, faisant ainsi du 5e RIAOM le régiment de tradition de Djibouti. » CNE Christophe I.

11 mars 1882 : Qu’est-ce qu’une Nation? (La Sorbonne). Ernest Renan prononce pour la première fois cette célèbre démonstration : « Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis. [...] Une nation est donc une grande solidarité, constituée par le sentiment de sacrifices qu’on a faits et de ceux qu’on est disposé à faire encore. Elle suppose un passé, elle se résume pourtant dans le présent par un fait tangible: le consentement, le désir clairement exprimé de continuer la vie commune. L’existence d’une nation est un plébiscite de tous les jours, comme l’existence de l’individu est une affirmation perpétuelle de vie. »

11 mars 1912 : première revue aérienne militaire (Vincennes). Le président de la République passe en revue les troupes de la garnison de Paris sur le polygone de Vincennes où pour la première fois a lieu une revue aérienne militaire.

11 mars 1916 : tentative de reprise de Cumières (Verdun). Sous la neige, une puissante contre-attaque française échoue devant les lignes de la division Guretsky.

11 mars 1917 : entrée des Britanniques à Bagdad (actuel Irak). 50 000 soldats britanniques entrent dans Bagdad que les Turcs ont désertée. Cette victoire lave en partie l’affront de la cuisante défaite de Kout El Amara. La division Townshend avait en effet dû s’enfermer dans la forteresse de Kout El Amara pendant 5 mois pour finalement se rendre le 29 avril 1916.

11 mars 1943 : l’Aconit coule deux U-Boot.(Atlantique Nord). La corvette des Forces navales françaises libres, commandée par le lieutenant de vaisseau Levasseur, coule en moins de 5 heures les sous-marins allemands U 444 et U432. Le premier est canonné, le second éperonné. Levasseur est fait Compagnon de la Libération le 19 avril 1943. Une frégate de type La Fayette porte aujourd’hui ce nom, la F713 Aconit. Levasseur meurt accidentellement le 15 avril 1947 sur le site du « 2è Massif » de la Commission de Gâvre (Morbihan) , lors d’une démonstration pyrotechnique pour des élèves de la Jeanne d’Arc alors qu’il est directeur des études de l’école d’application des enseignes de vaisseaux.

11 mars 1963 : exécution du LCL Bastien-Thiry (Fort d’Ivry). Responsable de plusieurs tentatives d’assassinat contre le général de Gaulle, ce polytechnicien, ingénieur de l’armement pour l’armée de l’air est fusillé une semaine après son procès.

11 mars 2004 : attentats de Madrid (Espagne). Dans plusieurs gares de Madrid explosent 10 bombes à peu près au même moment, tuant 191 personnes. L’attentat survient 3 jours avant les élections espagnoles. Après avoir suspecté l’ETA, la justice espagnole attribue la responsabilité à une mouvance islamiste marocaine.

11 mars 2009 : annonce de la réintégration de la France dans le commandement intégré de l’Otan. Le Président de la République annonce lors d’un discours à l’Ecole Militaire (Paris) que la France réintégrera la structure militaire intégrée de l’OTAN. La France en était sortie en 1966, suite à une décision du général de Gaulle.

11 mars 2011 : tsunami japonais sur la centrale nucléaire de Fukushima (Japon)

11 mars 2012 : début d’une série d’attentats toulousains. Mohamed Merah tue un sous-officier de la brigade parachutiste. Le 15, il abat 3 autres parachutistes. Le 19, il s’en prend à une école et tue 3 enfants et un adulte. Il est tué le 22 mars dans l’assaut de son appartement par le RAID.




Chronique historique : 03 mars

5032018

3 mars 1685 : Louis XIV envoie un ambassadeur au Siam (principalement actuelle Thaïlande). A titre de réciprocité,  Louis XIV envoie le capitaine de vaisseau de Chaumont à la tête d’une mission à caractère politique, religieux, commercial et scientifique à bord des vaisseaux l’Oiseau et la Maligne. Parmi l’état-major, se trouve le lieutenant de vaisseau Claude de Forbin-Gardanne que le roi de Siam nommera plus tard amiral et général des armées siamoises.

3 mars 1590 : prise de Breda (actuels Pays-Bas). La garnison espagnole de Breda est surprise par une attaque de type commando de Maurice de Nassau. Un groupe d’Hollandais cachés dans la cale d’un navire marchand parvient jusque dans le fossé de la forteresse d’où il neutralise le poste de garde. Ne pas confondre avec l’autre siège, celui de 1624-1625, quand les Espagnols du général Spinola reprennent la ville aux Hollandais et que Velazquez a immortalisé par le tableau La rendicion (1635) de Breda (aussi appelé Las Lanzas). Lire l’excellent Le soleil de Breda d’Arturo Perez-Reverte.

3 mars 1808 : entrée de Murat à Madrid (Espagne). Napoléon confie les 50 000 hommes de l’armée d’Espagne à son maréchal d’Empire, le Prince Joachim Murat qui se rend très vite compte de l’hostilité de la population. Hostilité qui se transformera en guerre civile déclarée dès le 2 mai suivant.

3 mars 1916 : Verdun. « A Verdun, les combats se poursuivent autour du saillant de Fresnes et du village de Douaumont, tandis que les Français progressent légèrement dans le secteur de la cote du Poivre. Les Allemands font exploser une mine de 20 tonnes d’explosifs sous la butte de Vauquois ». LCL Rémy P.

3 mars 1918 : signature du traité de Brest-Litovsk (actuelle Biélorussie). Les Bolcheviks, au pouvoir en Russie après la révolution d’Octobre 1917, demandent la paix aux Empires centraux et acceptent, en signant, toutes les conditions imposées.

3 mars 1968 : fin de la bataille de Hué (Vietnam). Le Viêt-Cong, après avoir gardé le contrôle de la ville de Hué pendant un mois, à la faveur de l’offensive du Têt, en est chassé par les troupes américaines et celles de la République du Vietnam.




Chronique historique : 02 mars

5032018

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Lien actif jusqu’au 05 mars 2018.

2 mars 1698 : découverte de l’embouchure du Mississipi (actuels Etats-Unis). Le capitaine de frégate Pierre Lemoyne d’Iberville remonte l’embouchure du fleuve et établit un fort à Biloxi où s’installe une petite garnison. En explorant le fleuve, il rencontre des Indiens qui délimitent leur territoire avec des poteaux peints en rouge… Il nomme cette région « Bâton Rouge ». Cavelier de la Salle avait déjà découvert l’embouchure du Mississipi en 1682.

 2 mars 1476 : les Suisses battent les Bourguignons à Grandson (Suisse). L’Etat bourguignon, dirigé par Charles le Téméraire, est à l’époque pris entre le Royaume de France de Louis XI et l’Empire romain germanique. Pour s’imposer face à ce vassal trop puissant, Louis XI dresse les cantons suisses contre la Bourgogne. Le Téméraire intervient alors dans les Cantons suisses avec 20 000 hommes et grâce à son artillerie prend les châteaux de Vaumarcus et Grandson. Maladroitement, il laisse massacrer les prisonniers suisses de Grandson. Environ 400 soldats de la garnison sont pendus ou noyés en dehors de toute bataille ! La nouvelle se répand et crée un choc psychologique permettant aux 8 cantons de s’unir et d’attaquer avec environ 18 000 hommes. Le Téméraire commet deux nouvelles erreurs : Tout d’abord, il quitte Grandson et butte avec ses éléments de tête sur l’avant-garde ennemie en terrain peu propice. Ses cavaliers équipés de lance (4 mètres) ne parviennent pas à disloquer les carrés de piquiers suisses (piques de 6 mètres). Voulant rompre l’imbrication et attirer les piquiers sur un terrain que son artillerie peut atteindre, il fait manœuvrer en arrière ses troupes mais son ordre est mal compris d’autant plus qu’il le donne au moment où le gros des troupes suisses apparait. Les Bourguignons cèdent à la panique et s’enfuient laissant 300 des leurs sur le champ de bataille.

2 mars 1793 : début de l’insurrection vendéenne (Cholet). Refusant la levée en masse décrétée par la Convention quelques jours plus tôt (cf. 23 février), des habitants de Cholet s’en prennent aux gardes ayant apporté les décrets parisiens et déclenchent un tumulte qui va se transformer les jours suivants en véritable soulèvement populaire dans le Grand Ouest.

2 mars 1916 : le capitaine de Gaulle est fait prisonnier (Verdun). En tentant de repousser une attaque allemande sur le fort de Douaumont avec sa compagnie, de Gaulle est blessé à la cuisse. C’est sa troisième blessure depuis 1914. Il est porté disparu puis cité à l’ordre de l’armée par Pétain. De Gaulle passe le reste de la guerre en captivité malgré 5 tentatives d’évasion.

2 mars 1941 : serment de Koufra (Libye). La colonne Leclerc prend aux Italiens l’oasis de Koufra. Leclerc fait le serment de ne déposer les armes qu’une fois le drapeau français flottant sur les cathédrales de Metz et Strasbourg .

2 mars 1943 : bataille de la mer de Bismarck (Pacifique Sud). Un important convoi de troupes japonaises est coulé par l’aviation américano-australienne. Les Japonais perdent près de 3000 soldats en une seule bataille pour avoir voulu transférer des forces en Nouvelle-Guinée suite à la défaite de Guadalcanal.

2 mars 1969 : premier vol d’essai du Concorde (Toulouse). Construit en association par Sud-Aviation (future Aérospatiale) et British Aircraft Corporation( future British aerospace), il sera le seul avion de ligne supersonique de transport de voyageurs sans compter le malheureux Tupolev TU-144.

2 mars 1983 : transfert des restes de Doudart de Lagrée. Les autorités vietnamiennes remettent au consul général de France à Hô Chi Minh-ville une urne contenant les cendres du capitaine de frégate Doudart de Lagrée.  L’urne est embarquée à Singapour sur l’aviso-escorteur Doudart de Lagrée puis transportée à Saint-Vincent-de-Mercuze (Isère), village natal du marin explorateur.




Chronique historique:23 février

26022018

23 février 1793 : la Convention décrète la levée en masse. Une armée européenne de 375 000 hommes se presse sur les frontières françaises en réponse aux déclarations de la Convention (1792-1795) qui promet son assistance aux peuples étrangers voulant recouvrer leur liberté. Par décrets (s’étalant du 20 au 25 février), une levée de 300 000 hommes est ordonnée en urgence pour défendre les frontières. L’enrôlement spontané que connût la campagne de 1792 n’est plus, si bien que moins de la moitié des hommes nécessaires est trouvée. Des émeutes éclatent dans de nombreux départements (notamment en Vendée mais pas uniquement) pour s’y opposer mais aussi pour sanctionner une série de mesures impopulaires ayant suscité des mécontentements jusqu’alors contenus (exécution du roi, prêtres assermentés,…).

23 février 1836 : début du siège de Fort Alamo (actuels Etats-Unis).  « Popularisé par Davy Crockett et John Wayne dans le film Alamo, ce siège de 13 jours est un fait marquant de la révolution texane. Le général mexicain de Santa Anna livre bataille à dix contre un sans esprit de pitié. Lors de l’assaut du fort, le 6 mars, le commandant Travis et les 188 autres défenseurs sont tués : même les prisonniers sont exécutés. Les mexicains affichent 600 tués et blessés. La conduite du vainqueur a eu pour effet de galvaniser la population du Texas contre lui et ainsi grossir les rangs de l’armée texane ». CNE Jean-Baptiste P.

23 février 1916 : la première ligne française tombe (Verdun). En pleine tempête de neige, les 51ème et 72ème DI sont écrasées sur leur première ligne. Les renforts français parcourent jusqu’à 30 km, de nuit, pour être engagés au matin. Le commandement se plaint du manque de renseignement sur l’ennemi. Les Allemands font 10 000 prisonniers. Le bataillon Rohr (Sturm-Bataillon 5), spécialisé dans le combat rapproché rencontre le succès (grenades à main, mortiers de tranchée, lance-flamme).

23 février 1945 : prise du mont Suribachi par les Marines (Iwo Jima).

23 février 1981 : tentative de coup d’Etat à Madrid. Le LCL Tejero Molina appartenant à la Guardia Civil (gendarmerie) fait irruption dans le Congrès des députés à 18h30 et retient les élus en otage jusqu’à 12h00 le lendemain. Le gouverneur de Valence fait sortir les chars pour prêter main forte aux putschistes. A 01h00 du matin, le roi Juan Carlos condamne le putsch lors d’une allocution télévisée et anéantit tout espoir de ralliement aux putschistes. Les années de transition après la mort de Franco (1975) sont tendues à cause des difficultés économiques que traverse l’Espagne et de l’opposition d’une partie de l’armée à la démocratisation de la vie politique.

23 février 1991 : début de la phase terrestre de l’opération Tempête du Désert (guerre du Golfe). Un mois de violents bombardements aériens sur le dispositif militaire irakien précède l’opération visant à libérer le Koweït. Le général Schwartzkopf laisse croire que son action sera concentrée uniquement sur le Koweït, alors que son objectif est de frapper en profondeur dans le territoire irakien, pour isoler le Koweït et faciliter ensuite sa libération. Le plan fonctionne parfaitement.

23 février 2011 : mort de Jean Lartéguy (Paris – Invalides). Engagé volontaire à 19 ans, résistant à 20, Lucien Osty de son vrai nom, intègre les commandos d’Afrique en 1942 après avoir fui l’occupation allemande (via l’Espagne où il reste interné 7 mois). Puis il sert pendant 7ans en tant qu’officier d’active et quitte l’armée avec le grade de capitaine. Licencié en lettres, il devient reporter de guerre et couvre un grand nombre de conflits à travers la planète et notamment en Corée où il est blessé lors de la bataille de Crève-cœur. Il publie plus de 50 récits et romans qui presque tous traitent des guerres de décolonisation et des hommes qui les ont menées. Certains ouvrages sont devenus des classiques (Les Centurions) en étant portés à l’écran et ont fait un peu d’ombre à ses autres livres. Dans le film, l’acteur américain Anthony Quinn y incarne le personnage inspiré à Lartéguy par le général Bigeard. Tous ses livres sont passionnants : style net et fluide, densité psychologique. Ses portraits de combattants, quel que soit leur bord, sont profondément humains et donnent à ses récits d’aventure une dimension presque philosophique. Il aime l’engagement, le chaud et le froid mais en homme de cœur, sait décrire avec finesse la tiédeur. Il est mort à 90 ans à l’Institution Nationale des Invalides. A noter : le général américain, Paetrus l’a remis à l’honneur durant la guerre en Afghanistan en faisant rééditer Les Centurions. Il voyait dans cet ouvrage, un moyen de faire comprendre la réalité du combat contre-insurrectionnel. Ses autres livres valent aussi le détour. Lire la biographie d’Hubert Le Roux, Le dernier centurion.

 

Jean Lartéguy.




Chronique historique: 15 février

15022018

15 février 1794 : naissance du drapeau tricolore. Le décret de la Convention nationale remplace les drapeaux d’ordonnance hérités des régiments de l’Ancien Régime stipulant qu’il est « Formé des trois couleurs nationales disposées en trois bandes égales posées verticalement. » Il a été dessiné par Jacques Louis David.  Dès 1790, les bâtiments de la marine avaient déjà adopté les « trois couleurs de la liberté », dans cette même disposition verticale et non horizontale, afin d’éviter toute confusion avec les couleurs des navires hollandais. Mais « avant d’être drapeau, le tricolore fut cocarde. La Fayette, raconte dans ses Mémoires que, trois jours après la prise de la Bastille, il obligea Louis XVI se rendant à l’hôtel de ville de Paris, à porter la cocarde tricolore, le blanc représentant la monarchie, le bleu et le rouge, la ville de Paris, signe de « l’alliance auguste et éternelle entre le monarque et le peuple ». Le succès de la cocarde tricolore, symbole du patriotisme, est alors assuré. »

Quelques origines des couleurs :

Le bleu : couleur du manteau de saint Martin (Il pourrait cependant être blanc !), des armes de Clovis, des branches cadettes de la famille royale puis de la famille royale au XIIème siècle.

Le blanc : bannière de sainte Jeanne d’Arc, panache blanc d’Henri IV, symbole de la monarchie à partir du XVIème siècle.

Le rouge : couleur de la coiffure des affranchis dans l’antiquité, de l’oriflamme de Saint Denis, de Louis VI, Louis XI, du bonnet phrygien de 1789.

15 février 1898 : explosion du cuirassé américain Maine (Cuba – La Havane). Envoyé à Cuba pour protéger les intérêts économiques américains mis à mal par la guerre d’indépendance cubaine, le cuirassé Maine embarque 374 marins. Pour une raison encore disputée aujourd’hui, il explose et coule dans la rade de La Havane tuant les deux tiers de l’équipage. Le gouvernement américain accuse les forces espagnoles d’avoir lancé une mine marine contre sa coque et déclare la guerre à l’Espagne. Cuba obtient officiellement la même année son indépendance qui dans les faits correspond à une prise de contrôle des Etats-Unis.

15 février 1918 : évasion de Roland Garros (Magdebourg – Allemagne). Le sous-lieutenant Garros est fait prisonnier par les Allemands le 18 avril 1915 lorsqu’il est obligé de se poser après un combat aérien au-dessus de la Belgique. Il tente à de nombreuses reprises de s’évader, mais n’y parvient que 3 ans plus tard en compagnie du lieutenant Anselme Marchal. L’un et l’autre se sont déguisés en officiers allemands pour franchir tranquillement la grille du camp.

15 février 1942 : chute de Singapour.  Les Japonais attaquent la Malaisie 30 minutes avant Pearl Harbour. Passant par la Thaïlande, la 25ème Armée du général Yamashita conquiert en un peu plus d’un mois la Malaisie, repoussant les Britanniques et les troupes du Commonwealth vers Singapour. Alliant assauts blindés (200 chars), débarquements amphibies et attaques aériennes au sol et en mer, les Japonais aguerris par les combats en Chine (depuis 1937), culbutent les forces de l’Empire pourtant deux fois plus nombreuses mais mal équipées, disséminées sur le territoire et assez peu préparées au combat. Le général britannique Arthur Percival capitule à Singapour bien que les ordres de Churchill soient de se battre jusqu’au bout.  A la décharge de Percival, victime lui aussi d’une « étrange défaite », personne au Royaume Uni n’envisageait une victoire japonaise en Malaisie encore moins contre l’île de Singapour jugée inexpugnable.  Plus de 100 000 soldats de l’Empire sont faits prisonniers, près de 9000 sont tués. Selon Churchill, la chute de Singapour est « le pire désastre et la plus grande capitulation de l’histoire britannique. »

15 février 1944 : seconde bataille du Mont Cassin (Italie). La première bataille (17 janvier – 6 février) s’est soldée par un échec des alliés. Les Allemands verrouillent la ligne Gustave grâce à leur position dominante et ont reçu l’ordre d’Hitler de ne pas reculer au-delà. Les alliés pensent à tort que les parachutistes allemands sont barricadés dans l’abbaye et la bombardent. Le raid de 224 avions larguant 420 tonnes de bombes rase entièrement l’édifice. Les Allemands mettent à profit les ruines pour se camoufler encore un peu mieux.  L’attaque des troupes néo-zélandaises et britanniques échoue.

15 février 1989 : fin du retrait soviétique d’Afghanistan. Ce processus a débuté le 15 mai 1988 suite aux accords de Genève du 15 avril signés entre l’URSS, l’Afghanistan, le Pakistan et les Etats-Unis. Durant cette phase de retrait, 100 000 soldats soviétiques quittent l’Afghanistan.




Chronique historique: 09 février

12022018

9 février 1842 : première installation des Français à Grand Bassam (Côte d’Ivoire).

 9 février 1917 : les Allemands débutent les préparatifs de l’Alberich. L’Alberich est le nom donné aux préparatifs du repli stratégique des Allemands (à partir du 14 mars) sur la ligne fortifiée Hindenbourg. Subissant une pression trop importante sur le saillant que les alliés ont créé lors de la vaste offensive de la Somme, les Allemands détruisent méthodiquement et absolument tout ce qui pourra servir aux alliés après leur repli (maison, arbres, puits,…). Plus grave encore que les conséquences de cette vieille tactique de la terre brûlée : l’offensive d’Avril 1917 préparée de longue date par Nivelle pour exploiter la pression créée dans la Somme, ne tient pas compte de ce repli. L’offensive du chemin des dames sera un échec cuisant. Le nouveau front fait 50 km de moins et permet aux Allemands de redéployer une dizaine de divisions.

9 février 1930 : mutinerie au 4ème RTT (Tonkin – Yen Bay). Dans la nuit du 9 au 10 février, une compagnie du 4ème Régiment de tirailleurs tonkinois attaque la caserne et l’état-major de Yen Bay. Dirigée par N’Guyen Ai Quoc (futur Ho Chi Minh), l’insurrection est le résultat d’un long travail de sape du parti nationaliste indochinois auprès de sous-officiers et tirailleurs. L’attaque échoue en raison du loyalisme des autres compagnies et de la combattivité des familles des cadres français (une épouse est citée et décorée de la médaille des TOE). Ho Chi Minh en fuite est condamné à mort par contumace pour avoir fomenté la révolte qui a causé la mort de 11 personnes et blessé de nombreux civils. Il est arrêté quelque temps après à Hong Kong par les Britanniques. Après 6 mois de prison, il gagne l’URSS.

9 février 1943 : fin des combats à Guadalcanal.(Iles Salomon – Pacifique). Après six mois de combats acharnés, les dernières troupes japonaises évacuent définitivement l’île. Cette victoire coûte aux Américains 6300 des leurs, contre plus de 24000 aux Japonais. Elle confirme le redressement entamé avec la victoire aéronavale de Midway et enraye l’expansion japonaise vers l’Australie. Le réalisateur américain Terrence Malick en a fait en 1999 un film surprenant, La ligne rouge  (âmes guerrières s’abstenir) qui dénote par rapport au très traditionnel Les diables de Guadalcanal (1951) avec John Wayne .

9 février 1958 : opération Ecouvillon (confins algéro-mauritano-marocains). Une opération franco-espagnole rassemblant 14 000 hommes poursuit jusqu’à Smara les bandes armées de l’armée de libération du sud Maroc (qui revendique le Sahara occidental (Sahara espagnol) et la Mauritanie (dans le cadre du « Grand Maroc »), afin de stopper les raids de pillage dont est victime la population. 56 rebelles sont mis hors de combat pour 1 légionnaire français tué.

9 février 1972 :  premier vol de l’AWACS (Etats-Unis). Le Boeing E-3 Sentry (EC-137D) dérivé du Boeing 707 effectue son premier vol aux Etats-Unis. L’armée de l’air française dispose de 4 E3-F au sein de la 36e escadre de commandement et de conduite aéroportée (36e EC2A). Merci au LCL Pierre B. (CFA).

9 février 1977 : décès de Sergueï Iliouchine, ingénieur aéronautique soviétique. Pilote durant la première guerre mondiale, il dirige son premier bureau d’étude dès 1931. En 1939, il conçoit l’Iliouchine IL-2 Sturmovik, aussi appelé le Bossu ou la Mort noire, produit à plus de 36 000 exemplaires. Après-guerre, il s’oriente vers la conception d’appareils civils tels que l’IL-76, l’un des plus gros avion de transport. Le bureau d’étude Iliouchine appartient au consortium appelé OAK regroupant Soukhoï, MiG, Tuplev, Yakovlev, Beriev et Irkurt.

9 février 1996 : décès d’Adolf Galland (Remagen-Oberwinter – Allemagne). « Général de division aérienne et as de la chasse allemande durant la seconde guerre mondiale, il est issu d’une famille d’origine huguenote. En 1932, il intègre l’école de pilotage de l’aviation civile. L’année suivante, il suit des cours de pilote de chasse en Italie. Il doit son faciès particulier à un accident lors d’un entrainement de voltige en 1935. Rendu inapte au vol, il triche aux examens médicaux et réussit à reprendre du service durant la guerre d’Espagne. Il remporte ses 3 premières victoires en mai 1940. A la fin de la guerre, son tableau de chasse s’élève à 104 victoires officielle. Il en totaliserait une trentaine de plus si celles acquises lors de ses interdictions de vol avaient été prises en compte. Limogé par Göring, en janvier 1945 de son  poste de général de la chasse, il prend alors la tête du Jagdverband 44 doté de Messerschmitt 262 à réaction. Après la guerre, il continue de travailler dans le domaine de l’aéronautique. Adolf Galland est l’auteur de Jusqu’au bout sur nos Messerschmitt et  Les premiers et les derniers, de plus il apparait comme conseiller technique dans le générique du film La bataille d’Angleterre ». CNE Jean-Baptiste P.

9 février 2001 : surfaçage d’urgence dramatique (Japon). Le sous-marin nucléaire d’attaque USS Greeneville heurte le chalutier école japonais Ehime Maru tuant 9 des 35 élèves matelots. L’enquête révèle que le surfaçage d’urgence a été confié à des civils qui effectuaient une visite à bord du Greenville dans le cadre d’une opération de relations publiques.




Chronique historique: 08 février

12022018

8 février 1250 : bataille de la Mansourah (actuelle Egypte). Louis IX, futur Saint Louis, à la tête de la 7ème croisade se dirige vers le Caire et tente de prendre la forteresse de Mansourah qui protège l’accès à la ville. Son frère Robert d’Artois, voulant exploiter les premiers succès de l’attaque pénètre dans la forteresse avec son parti mais se fait tuer. Le siège est mis jusqu’à ce que la maladie oblige les croisés à faire retraite. Louis IX sera fait prisonnier le 7 avril (libéré contre rançon un mois plus tard).

8 février 1738 : débarquement des troupes françaises en Corse (Bastia). A la demande de la République de Gênes, Louis XV envoi en Corse le maréchal de camp Louis de Frétat à la tête d’un corps expéditionnaire afin de mater la rébellion.

8 février 1807 : bataille d’Eylau (actuelle enclave russe de Kaliningrad). Espérant en finir avec l’armée russe du général Bennigsen (80 000 hommes), Napoléon attaque en très nette infériorité numérique (50 000 hommes) alors que son armée vient d’effectuer une marche longue et éprouvante pour reprendre contact avec l’ennemi. Au cours de la bataille, une tempête de neige au centre du dispositif français désoriente le 7ème Corps d’Augereau, qui égaré, présente son flanc à l’artillerie russe et est anéanti. La brèche est immédiatement exploitée par les Russes qui foncent sur le cimetière d’Eylau où Napoléon se tient. Ce dernier commande à Murat de charger avec tout ce dont il dispose pour repousser les Russes. Il réunit environ 10 000 cavaliers et mène la plus grande charge de cavalerie de l’Histoire. Cependant, depuis l’apparition de la baïonnette, aucune charge de cavalerie (même la « grosse cavalerie » des cuirassiers et carabiniers) n’est alors capable d’entamer une ligne d’infanterie qui n’a pas été auparavant désorganisée par des tirs d’artillerie ou une mousqueterie d’infanterie. La charge de Murat est donc toute de sacrifice et n’a pour objet que de fixer l’infanterie russe pour gagner du temps. Quelques bataillons russes trop lents à passer de la formation d’attaque (en colonne) à celle de défense (ligne ou surtout carré, plus adapté contre la cavalerie) sont sabrés et le résultat net de la charge est très relatif même si l’attaque russe est finalement enrayée. C’est finalement l’arrivée de Ney qui oblige Bennigsen à se replier. L’Empereur reconstruit son centre et clame qu’il a gagné dans son bulletin de la Grande Armée (bien qu’il ait échoué à atteindre son objectif qui était de détruire l’armée russe, et ce malgré une situation stratégique favorable). Les pertes sont énormes dans les deux camps et le combat est qualifié de boucherie par les plus aguerris. Napoléon est resté maitre du champ de bataille mais les Russes se sont retirés en bon ordre et estiment avoir remporté la victoire.  Ney résume la situation en découvrant les lieux du combat : « quel massacre! Et sans résultat !».  Lire Eylau 1807, de Frédéric Naulet.

8 février 1862 : naissance de Louis Ferdinand Ferber (Lyon). « Futur polytechnicien (à 20 ans), officier du Génie, puis d’artillerie, il construit une série de planeurs, et vole sur divers types d’avions. Il publie: L’aviation, ses débuts, son développement. Il meurt aux commandes de son aéroplane en capotant au roulage sur un terrain mal aménagé, lors d’une exhibition publique à bord d’un biplan Voisin, le 22 septembre 1909, à Boulogne sur Mer.  Une stèle à sa mémoire est dressée à proximité immédiate de l’aéroport de Nice Côte-d’Azur. Par extension, le quartier de Carras est aussi appelé « Ferber ». Il est l’un des précurseurs français de l’aviation ». (LCL Pierre B. CFA)

8 février 1917 : Guynemer abat son premier bombardier. C’est aussi le premier pilote allié à parvenir à abattre un bombardier Gotha G.III avec son Spad VII.

8 février 1921 : prise d’Ain Tab par l’armée du Levant (actuelle Turquie, ancienne Cilicie). La ville d’Ain Tab est considérée comme le Verdun turc. Durant toute la Première Guerre Mondiale, elle est l’objet d’attaques turques, arméniennes, syriennes, et franco-anglaises. Les Turcs se rendent aux Français après un siège épuisant. La Cilicie sera cédée aux Turcs par l’accord franco-turc du 11 mars 1921.

8 février 1958 : bombardement du village de Sakiet (Tunisie). 11 B-26 équipés de bombes, 8 Mistral (bombes et roquettes) et 6 Corsair de l’Aéronavale (bombes) attaquent le village situé près de la frontière avec l’Algérie. La Tunisie fournissant un soutien logistique aux combattants algériens, une mesure de représailles est décidée, notamment après qu’un avion de reconnaissance français a été pris à parti depuis le village de Sakiet. Malheureusement, le bombardement est particulièrement sanglant (62 civils tués dont des enfants) et le tollé international que soulève cette action décrédibilise l’action de la France au Maghreb.







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