Chronique historique : 6 juillet

12072018

6 juillet 1495 : bataille de Fornoue (Italie).
Le roi de France Charles VIII, fils de louis XI, est à l’origine des guerres d’Italie qui vont durer pendant plus de 60 ans. Cherchant à récupérer les droits de la maison d’Anjou sur le Royaume de Naples, il conquiert la ville en 1494 mais ne pouvant s’y maintenir, décide de rentrer en France. C’est durant le retour qu’une ligue de presque toutes les cités italiennes tente une embuscade à Fornoue. Les Français bien que plus faibles numériquement parviennent à passer et laissent le souvenir d’une furia francese.

 6 juillet 1746 : bataille navale de Negapatam (Inde).
Durant la guerre de succession d’Autriche. Le comte de la Bourdonnais bat l’Anglais Peyton dans les eaux stratégiques de la côte de Coromandel ce qui lui permet de prendre ensuite  Madras. Peu après, une dispute entre la Bourdonnais et Dupleix quant à la manière d’étendre l’influence française aux Indes provoque le départ du premier (avec sa flotte) privant le premier d’appui naval.

6 juillet 1779 : bataille navale de la Grenade (Antilles).
Le comte d’Estaing n’exploite pas sa victoie contre l’Anglais Byron, le laissant filer avec ses bateaux.

6 juillet 1782 : bataille navale de Negapatam (Inde).
Suffren contre l’Anglais Hughes : bien que les Français perdent plus d’hommes au court du combat, ils restent maîtres des eaux de Negapatam toujours aussi stratégiques.

 6 juillet 1801 : bataille navale d’Algésiras (Baie de Gibraltar).
Le contre-amiral Linois repousse une escadre anglaise deux fois plus puissante que la sienne grâce aux batteries côtières qu’il a fait armer par des hommes d’équipage débarqués. Bonaparte lui décernera un sabre d’honneur pour cette victoire

 6 juillet 1809 : victoire de Wagram (Autriche).
Les Autrichiens prennent l’offensive en tentant de faire céder les ailes de Napoléon (tenues fermement par Davout à droite et Masséna à gauche), mais Napoléon enfonce leur centre en inaugurant la technique de la grande batterie, véritable charge de pièces lourdes dont les servants, soutenus par l’infanterie, viennent frapper l’ennemi à bout portant. L’archiduc Charles est contraint au repli. Napoléon perd 25 000 hommes dont 7 000 tués, parmi lesquels de grands noms viennent s’ajouter à la liste de ceux tombés à Essling, comme le maréchal Lannes (transféré au Panthéon en 1810), le général Lasalle. Le colonel Daumesnil y perd une jambe mais gagne le grade de général.

6 juillet 1836 : combats de la Sikkak (Algérie).
Le général Bugeaud remporte son premier succès contre Abd el Kader.

6 juillet 1917 : prise d’Aqaba par les Arabes de Lawrence d’Arabie (Jordanie).
Un des conseillers militaires les plus célèbres de l’Histoire, Thomas Edward Lawrence, parvient à fédérer les forces des Howeitat (jusque-là fidèles aux Ottomans) et celles des tribus arabes insurgées pour prendre le port stratégique mais faiblement défendu d’Aqaba.

 6 juillet 1975 : mort de Skorzeny (Madrid).
Le général SS Otto Skorzeny, chef des opérations spéciales d’Hitler, meurt d’un cancer à 67 ans dans l’Espagne franquiste où il a trouvé refuge après-guerre. Connu pour l’exfiltration rocambolesque de Mussolini (septembre 1943) et les combats à l’arrière des lignes américaines durant la bataille des Ardennes (décembre 1944), il l’est moins pour ses activités au profit du Mossad israélien (1963) consistant à empêcher l’Égypte d’acquérir des capacités balistiques.




Chronique historique : 4 juillet

4072018

 

ERRATUM pour les :

-        3 juillet 987 : sacre de Hugues Capet (Reims Noyon).
-        3 juillet 1808 : l’ESIM s’installe à Saint-Cyr. ESIM : école spéciale impériale militaire

 4 juillet 1187 : bataille de Hattin (Palestine près du lac de Tibériade).
À la mort du roi lépreux, Baudoin IV, le royaume chrétien d’Orient revient à Guy de Lusignan qui, ne possédant pas les qualités requises pour gouverner, laisse se développer jalousies et querelles chez les barons francs. Alors que les relations entre Saladin et Raymond de Tripoli (l’un des principaux barons franc) sont bonnes, Renaud de Chatillon provoque délibérément les musulmans en pillant et ravageant une riche caravane. L’outrance est telle que Saladin ne peut laisser le crime impuni. La solidarité franque et chrétienne fait le reste et conduit les deux camps à s’affronter. Incapable d’écouter les conseils avisés de Raymond, Guy de Lusignan opte pour la pire des solutions consistant à traverser le désert pour venir combattre l’armée de Saladin. Celle-ci attend, reposée, sur les rives du lac de Tibériade. Les Francs, épuisés par la chaleur et la soif, sont encerclés dès leur arrivée en vue de Tibériade et finissent écrasés par les musulmans.
Tous les chroniqueurs de l’époque soulignent cependant l’esprit chevaleresque de Saladin à l’issue des combats. Autant il est dur au combat, autant il est relativement bienveillant avec la population chrétienne. (cf. L’épopée des croisades de René Grousset).

 4 juillet 1472 : Jeanne Hachette défend Beauvais (Picardie).
Habitante de la ville, Jeanne Lainé (dite Fourquet) monte sur les remparts de la ville assiégée (depuis le 27 juin) par les Bourguignons de Charles le Téméraire pour aider ses défenseurs. Armée d’une hache, elle tue le bourguignon qui tentait de planter l’étendard ennemi sur le rempart. Son exemple stimule la population et permet de résister jusqu’à la levée du siège le 22 juillet. Selon certaines sources, l’événement est daté le 9 juillet.

 4 juillet 1776 : déclaration d’indépendance des (futurs) Etats-Unis d’Amérique (Philadelphie).
Réunies en convention, 13 colonies anglaises se déclarent indépendantes de manière unilatérale vis-à-vis de la couronne anglaise. C’est le début formelle de la guerre d’Indépendance. Ce jour est aussi devenu celui de la fête nationale des Etats-Unis.

 4 juillet 1916 : le légionnaire Alan Seeger a rendez-vous avec la mort (Belloy-en-Santerre / Somme).
Poète américain diplômé de Harvard, il s’engage dans la Légion étrangère le 24 août 1914 à Toulouse. Il participe notamment à la bataille de la Marne, aux combats du marais de Saint-Gond en 1914 puis aux Chemin des Dames en 1915. Le poème  le plus connu de son journal, édité en 1918, est I have a rendez-vous with the death, resté célèbre pour avoir été l’un des poèmes préférés de John Fitzgerald Kennedy.
Une statue est érigée à sa mémoire avec le monument aux volontaires américains de la première guerre mondiale, place des États-Unis dans le 16e arrondissement de Paris. Ses restes reposeraient dans l’ossuaire n°2 de la nécropole nationale de Lihons (Somme).

 4 juillet 1918 : bataille du Hamel (Somme).
Belle victoire du corps australien qui marque un coup d’arrêt magistral à l’offensive allemande du printemps (ou bataille du Kaiser) ayant mené l’ennemi aux portes d’Amiens. Les troupes australo-américaines sont commandées par le lieutenant général John Monash qui inaugure quelques principes de combat interarmées combinant chars d’assaut (60 chars Mark V), mitrailleuses, feux roulant d’artillerie devant l’assaut, ravitaillement parachuté par avion,…). Le combat dure seulement une heure et demie et est un brillant succès.

 4 juillet 1940 : reddition de Laudrefang (Faulquemont – Moselle).
Situé près de Saint-Avold, ce fort de la ligne Maginot est constitué de 5 blocs (4 reliés entre eux et 1 d’artillerie isolé). L’équipage, commandé par un capitaine, est de 275 hommes de l’infanterie de forteresse, coiffée du béret kaki orné de l’insigne à la devise « on ne passe pas ».
Les combats commencent le 28 mai, le fort étant bombardé du 3 au 14 juin puis encerclé le 17 juin. Il se défend jusqu’à l’entrée en vigueur de l’armistice le 25 juin mais refuse de se rendre avant de recevoir le 30 juin l’ordre formel de capituler le 4 juillet (soit 17 jours après l’allocution du président du conseil). Les défenseurs sont emmenés en captivité. De nombreux ouvrages Maginot ou même plus anciens sont restés invaincus et n’ont été capturés que début juillet après intervention de la commission d’armistice.

 4 juillet 1943 : opération CITADELLE.
La Wehrmacht lance l’opération destinée à réduire le saillant de Koursk, avec 900 000 hommes, 1 800 avions et 2 700 chars (dont les premiers Panther et Tigre). Renseignée sur l’offensive, l’armée rouge l’attend avec des forces supérieures, dont des nuées de chars T34 et de chasseurs IL-2.
Des milliers de chars s’affrontent jusqu’au 12 juillet, jour du lancement de la contre-attaque soviétique.




Chronique historique : 3 juillet

4072018

3 juillet 987 : sacre de Hugues Capet (Reims).
L’évêque Adalbéron le sacre roi des Francs sous le nom d’Hugues 1er. C’est le premier de la longue lignée des capétiens.

3 juillet 1608 : fondation de Québec (actuel Canada).
Lieutenant de la compagnie fondée par Pierre Duguas de Mons, Samuel de Champlain fonde la ville de Québec au bord du Saint Laurent.

 3 juillet 1808 : l’ESM s’installe à Saint-Cyr (actuelle ville de Saint-Cyr l’École).
Créée par Napoléon le 1er mai 1802, l’école de formation des officiers, École spéciale militaire, est d’abord implantée à Fontainebleau puis transférée dans l’ancienne école pour jeunes filles créée par madame de Maintenon. Aujourd’hui, Saint-Cyr l’École abrite le lycée militaire de Saint-Cyr (qui est aussi une prépa à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr-Coëtquidan).

 3 juillet 1866 : bataille de Sadowa (actuelle République tchèque).
Victoire prussienne sur l’empire autrichien.

 3 juillet 1916 : les Belges prennent Kato (Afrique orientale).

Précédant la victoire anglo-belge de Tabora, le combat de Kato est remporté par le lieutenant général belge Charles Tombeur. Le lieutenant-colonel Paul von Lettow-Vorbeck après près de deux années de combats de guérilla très efficace, enregistre ses premières vraies défaites. Beaucoup plus nombreux et dotés notamment d’hydravions, les Alliés chassent les Allemands de la rive orientale du lac Tanganyika. Ces hydravions ont permis la destruction de la flottille allemande et bien évidemment un avantage énorme en matière de renseignement et de reconnaissance.

 3 juillet 1940 : drame de Mers el Kebir (Algérie).
Le Royaume-Uni combat seul l’Axe depuis l’armistice français (22 juin). L’éventualité que la marine française (4e rang mondial), intacte jusqu’à présent, puisse tomber aux mains des Allemands est impensable pour Londres dont la survie passe par la maîtrise des mers. L’amiral Darlan a certes donné des ordres pour que la flotte se saborde en cas de réquisition allemande, mais l’enjeu est trop lourd pour Churchill qui ordonne l’opération CATAPULT.

Le vice-amiral Sommerville commandant la force H se positionne devant le port algérois de Mers el Kebir et propose un marché (ultimatum) à l’amiral Gensoul :
le suivre et rallier le combat contre l’Axe. 2. Se saborder. 3. Gagner un port américain. Sinon, la force H détruira le fleuron de la flotte française bloquée dans le port algérien. Gensoul refuse : 1 300 marins français périssent.

En Grande-Bretagne, les Britanniques saisissent par la force les unités navales réfugiées dans les ports de Portsmouth, Plymouth et Falmouth (2 contre-torpilleurs, 8 torpilleurs, 13 avisos, et 6 sous-marins). La prise du sous-marin Surcouf est marquée par des incidents sanglants. Le personnel est interné dans des camps et traité comme prisonniers de guerre. À Alexandrie, l’amiral Cunningham et le vice-amiral Godfroy à bord du croiseur Duquesne trouveront le 7 juillet une solution négociée sur la posture de la force navale française, dite « force X ».
L’épisode est particulièrement douloureux entre les deux anciens alliés et a servi à alimenter la rancœur, compréhensible, de beaucoup de Français contre la perfide Albion. Cependant comme le raconte Churchill dans ses mémoires, deux familles françaises enterrant leurs fils tués à Mers el Kébir, posèrent côte à côte sur les cercueils le drapeau français et l’Union Jack

3 juillet 1988 : l’USS Vincennes abat un airbus A300 (Golfe persique).
Le croiseur américain tire 2 missiles qui détruisent le vol Iranian air 655




Chronique historique : 27 juin

2072018

27 juin 992 : bataille de Conquereuil (près de Nantes).
La Bretagne est un enjeu permanent pour le roi de France qui, par l’intermédiaire des comtes d’Anjou, cherche à s’en emparer. Le Breton Conan 1er prétendant dominer toute la Bretagne prépare un piège à l’approche des 3000 hommes du comte d’Anjou, Foulque Nerra. Il dissimule sous des fougères un long fossé derrière lequel ses troupes se replient. Elles défient les angevins qui, ne se doutant de rien tombent dans le piège et voient leur première ligne massacrée. Foulque Nerra ordonne la retraite. Les Bretons les poursuivent et s’apprêtent à remporter une belle victoire sur l’envahisseur lorsque Conan est tué. Selon les sources, le chef breton, soit à cause de la chaleur, soit par excès de confiance, quitte son armure et se fait tuer par des Angevins restés cachés suite à l’attaque angevine. La mort de Conan provoque un tel choc psychologique sur les Bretons qu’ils cessent leur poursuite et, démoralisés, perdent la bataille à l’issue de la contre-attaque de Foulque Nerra.

 27 juin 1693 : bataille de Lagos (au large du Portugal – Algarve)..
« Tourville reçoit mission d’intercepter le convoi de plusieurs centaines de bateaux qui transportent, une fois par an, de riches cargaisons de toute l’Europe du Nord depuis l’Angleterre vers Smyrne. L’amiral britannique Rooke, chargé de sa protection, n’a pas connaissance de la position de Tourville qui l’attend en baie de Lagos avec près de 100 navires. L’attaque puis la poursuite de la flotte éparpillée en Atlantique et en Méditerranée permettent la capture de plusieurs vaisseaux de ligne et la saisie, ou la perte, de 90 navires marchands. Le désastre financier qui s’ensuit provoque de nombreuses faillites à Londres ».

 27 juin 1743 : bataille de Dettingen (Bavière).
Lors de la guerre de succession d’Autriche, le combat bien engagé en Bavière contre Georges II d’Angleterre par le duc de Noailles tourne en sa défaveur, en raison de l’attaque prématurée du duc de Gramont, son neveu, commandant les Gardes françaises. Malgré des pertes très supérieures, les troupes anglaises de Lords Stairs sont surprises de rester maîtresses du champ de bataille.

 27 juin 1858 : traité de Tien Sin (Chine).
Entraînée dans la 2e guerre de l’opium par la Grande Bretagne, la France signe le traité qui, après la prise des forts qui commandent l’embouchure du fleuve Bei He,  impose à la Chine l’établissement de concessions en différents lieux et l’ouverture au commerce. Mais l’empereur Xian Feng tient le traité pour lettre morte.
Un an plus tard, une force franco-britannique est repoussée à l’embouchure du Bai He, ouvrant les hostilités de la 3e guerre de l’opium qui se soldera par la prise du palais d’été à Pékin.

 27 juin 1917 : création du Royal Tanks Corps (Grande-Bretagne).
Auparavant Heavy Branch Machine Gun Corps.  Cette nouvelle appellation consacre le terme de tank dans la sémantique militaire britannique. 

 27 juin 1977 : proclamation d’indépendance de Djibouti.

 27 juin 1991 : début de la guerre en Ex-Yougoslavie.
Unilatéralement, la Slovénie a déclaré son indépendance deux jours plus tôt. Les forces fédérales yougoslaves répliquent en attaquant les casernes des mutins, principalement issus de la Force Territoriale. Cette dernière résiste et pousse à la désertion les Slovènes servant dans l’armée fédérale. Les Fédéraux (en majorité serbes) se retirent dix jours plus tard de Slovénie sans intensifier les combats qui au final sont peu meurtriers. La grande homogénéité ethnique de la population slovène explique en grande partie pourquoi le conflit a été bref dans cette ancienne province yougoslave et n’a pas suscité le terrible acharnement qui aura lieu plus tard dans les Krajina (Croatie), en Bosnie-Herzégovine et au Kosovo.




Chronique historique : 25 juin

25062018

25 juin 841 : bataille de Fontenoy-en-Puisaye (actuel département de l’Yonne). La bataille oppose les trois fils survivants de l’empereur Louis dit le Pieux ou le Débonnaire, lui-même fils de Charlemagne. Les prétentions hégémoniques de Lothaire, fils aîné de l’empereur, dressent contre lui son frère Louis le Germanique, roi de Francie orientale (Germanie), et son demi-frère Charles le Chauve, roi de Francie occidentale (France), tous deux soucieux de garantir l’indépendance de leurs royaumes. La bataille frappe les chroniqueurs contemporains part l’importance des effectifs engagés (plus d’une dizaine de « nations » y participent) et l’ampleur des pertes : les chroniques mentionnant de 40 000 à 100 000 morts. Ces chiffres sont invérifiables, comme souvent pour la période médiévale, et ne doivent pas être pris pour argent comptant mais soulignent l’importance inhabituelle des forces en présence. Mêlée acharnée et longtemps indécise, la bataille de Fontenoy-en-Puisaye se solde par la défaite de « l’empereur » Lothaire.
La véritable importance de ce conflit oublié est ailleurs : d’une part il scelle en effet l’alliance de Charles le Chauve et Louis le Germanique et d’autre part, il met un terme aux prétentions impériales de Lothaire et ouvre la voie au traité de Verdun (843), décisif pour le millénaire suivant de l’histoire occidentale. Il marque aussi la disparition de l’empire de Charlemagne et est l’acte fondateur du royaume de Francie puis de France.

 25 juin 1218 : mort de Simon de Montfort (Toulouse). Durant la croisade contre les Albigeois (1209-1229) et alors qu’il fait le siège de Toulouse pour la deuxième fois, il est tué par une pierre que la légende dit tirée par une toulousaine.

 25 juin 1673 : mort de d’Artagnan (Maastricht). L’ironie de l’Histoire veut que d’Artagnan meure sous les ordres de Vauban et en présence du roi Louis XIV. Le mousquetaire est d’un courage légendaire frisant la témérité alors que Vauban est un maître de guerre raisonnable qui inaugure à Maastricht ses techniques de siège qui durant des années économiseront la vie des hommes. Charles de Batz Castelmore, comte d’Artagnan, mousquetaire de grande valeur, sert sous Mazarin avec une grande loyauté puis devient l’un des hommes de confiance du Roi-Soleil. Les circonstances de sa mort sont incertaines : il meurt en recevant une balle de mousquet lors d’une contre-attaque à laquelle il ne peut s’empêcher de participer. Quatre de ses mousquetaires se font tuer en allant chercher son corps tombé côté hollandais.
Le comte de d’Artagnan est passé à la postérité grâce aux romans d’Alexandre Dumas :  les trois mousquetaires ,  Vingt ans après et Le vicomte de Bragelonne, lesquels donnent une vision très romanesque de sa vie.

 25 juin 1795 : fondation du Bureau des longitudes (Paris). « La détermination précise de la longitude en haute mer restant encore à cette époque une difficulté pour les marins, la Convention crée ce Bureau pour « faire fleurir notre marine » et reprendre la maîtrise des mers à la Grande-Bretagne. Le Bureau est tout particulièrement chargé de l’étude de la mécanique céleste et du problème de détermination du temps. Institut scientifique à visée pratique, il est chargé de la tenue et de la publication des tables astronomiques, de la Connaissance des temps (créée en 1679), de l’Annuaire (le calendrier officiel de la France) et des Éphémérides nautiques ».

 25 juin 1804 : exécution de Cadoudal (Paris). S’il l’avait voulu, il serait devenu l’un des généraux de Napoléon puisque ce dernier lui propose sa grâce. Mais fidèle à l’idéal qui l’a amené à combattre les révolutionnaires durant les guerres de Vendée, il préfère être exécuté.

 25 juin 1876 : bataille de Little Big Horn (États-Unis – Montana). Le lieutenant-colonel George Armstrong Custer (général à titre provisoire à la fin de la guerre de Sécession) commandant le 7e régiment de cavalerie, fractionne son unité en 3 colonnes et tombe, avec celle qu’il commande (212 hommes), dans une embuscade tendue par 2500 guerriers sioux aux ordres du chef Sitting Bull. Tous les cavaliers de son détachement seront massacrés par les Indiens près de la rivière Little Big Horn, dans le Montana. Seul Custer ne fut pas scalpé…
De récentes études ont accrédité la thèse de l’incompétence de ses principaux subordonnés comme étant à l’origine de cette défaite.

 25 juin 1894 : assassinat de Sadi Carnot (Lyon). Déjà victime de 2 tentatives d’assassinat, le 5e président de la IIIe République est poignardé par l’anarchiste Casério. Polytechnicien et descendant de Lazard Carnot, son mandat présidentiel s’inscrit dans une période de fortes turbulences politiques (affaire de Panama, crise boulangiste, anarchisme).

 25 juin 1917 : prise de la caverne du Dragon (sous le Chemin des Dames). Les galeries de la carrière dans lesquelles les Allemands sont installés depuis janvier 1915 sont parfaitement aménagées pour durer et permettent surtout grâce à leurs 7 entrées des prises à revers en fonction de la position de la ligne de front. Le 152e RI et le 334e RI, en isolant toutes les entrées du secteur allemand, prennent au piège les défenseurs de la caverne. Environ 340 Allemands se rendent.

 25 juin 1940 : application du cessez-le-feu en France. Les Italiens, au dernier jour des combats avant l’entrée en vigueur de l’armistice, occupent la Haute Maurienne en Savoie, de Termignon à Bessans. Les troupes du parti fasciste ont réussi à s’infiltrer par les cols d’altitude mais sans avoir réduit les forts des Revets et de la Petite Turra qui barrent encore l’accès à la route du Mont Cenis. Partout ailleurs sur le front, les Italiens ont été arrêtés sur la ligne des avants postes ou des ouvrages Maginot.

 25 juin 1942 : Eisenhower nommé chef en Europe. Le département de la guerre américain officialise la mise en place d’un théâtre d’opérations pour l’Europe ayant son QG à Londres et nomme le général D. D. Eisenhower, chef des forces terrestres alliées en Europe.

 25 juin 1950 : début de la guerre de Corée. À 4 heures du matin, les avant-gardes de l’armée nord-coréenne, forte de 120 000 hommes, franchissent la ligne de démarcation du 38e parallèle qui sépare leur État, sous gouvernement communiste, de la Corée du Sud, sous régime pro-occidental. Moins nombreux, mal instruits, mal armés et peu motivés, les soldats sud-coréens lâchent bientôt pied. Quelques heures après, le président américain Harry Truman saisit l’ONU et obtient du Conseil de sécurité, en l’absence du représentant soviétique depuis le mois de janvier précédent, un accord pour assurer la paix dans la région et rétablir la Corée du Sud dans ses droits, par l’envoi d’une force militaire internationale commandée, à partir du 7 juillet, par le général Mac Arthur.
Lire La guerre de Corée du CDT Ivan Cadeau.

 25 juin 1953 : réception officielle à l’Académie française du maréchal Alphonse Juin (1888-1967). Parmi ses ouvrages, Trois siècles d’obéissance militaire. Sur un total de 728 « immortels », on compte une vingtaine de militaires élus en tant que militaires. Les derniers militaires élus sont Pierre Loti (1891), Albert de Mun (1897), Louis-Hubert Lyautey (1912), Joseph Joffre (1918), Ferdinand Foch (1918), Maurice de Broglie (1934), Philippe Pétain (1929), Maxime Weygand (1931), Louis Franchet d’Esperey (1934), Lucien Lacaze (1936), et enfin Alphonse Juin (1952).

 25 juin 1991 : explosion de la République fédérative socialiste de Yougoslavie (ex-Yougoslavie). Les provinces croate et slovène proclament leur indépendance entraînant de facto la fin de la République socialiste fédérative de Yougoslavie et le début de la dernière guerre des Balkans.

 




Chronique historique : 18 juin

18062018

18 juin 1429 : bataille de Patay (près d’Orléans).
Événement majeur de la guerre de cent ans qui voit la victoire du Dauphin et Jeanne d’Arc sur les troupes anglaises de Talbot. Si Orléans a eu un grand retentissement moral, en revanche sur un plan purement tactique et opératif, la campagne de la Loire qui s’achève à Patay est beaucoup plus décisive. Les archers anglais n’ont pas eu le temps de se protéger derrière les épieux taillés qu’ils disposent habituellement autour d’eux pour se protéger d’une attaque. Les reconnaissances françaises repèrent leurs positions suite à une maladresse anglaise et donnent l’alerte : l’avant-garde française (1500 hommes) commandée par les capitaines La Hire, de Loré et de Xaintrailles attaque les archers anglais qui fuient. Ensuite, la cavalerie lourde française charge et parvient pour la première fois depuis la défaite d’Azincourt à obtenir un franc succès.
 La victoire de Patay fait suite aux combats victorieux de Jargeau, Meung et Beaugency du 12 au 16 juin, et clôt une campagne éclaire au cours de laquelle Jeanne d’Arc a repris l’initiative (souvent contre l’avis de ses grands subordonnés). Elle ouvre les ponts de la Loire et la route de Reims. Désormais plus rien ne peut arrêter Jeanne d’Arc jusqu’à son but politique : faire sacrer le Roi. Les Anglais qui s’étaient retirés en bon ordre d’Orléans quelque semaines plus tôt et qui avaient gardé toute leur force combattive, sont démoralisés et incapables de l’arrêter.

 18 juin 1635 : la Martinique devient française (Mer des Caraïbes).
Venant de Saint Christophe, les deux colons français Jean du Plessis d’Ossonville et Lienard de l’Olive prennent possession de l’île au nom du roi de France. Celle-ci, bien que découverte en 1493 par les Espagnols n’est pas encore colonisée et est peuplée par les Caraïbes. Un mois plus tard, d’Esnambuc envoie 100 hommes affermir la prise de possession.

 18 juin 1694 : débarquement anglais repoussé (Camaret – Bretagne).
Louis XIV, informé par son service de renseignement que les Anglais préparent un débarquement en Bretagne pour profiter du départ de la flotte française vers la Méditerranée, dépêche en urgence le lieutenant-général Vauban et le nomme commandant militaire de Brest (de tout le littoral breton en fait) car ce dernier a inspecté quelque temps auparavant l’ensemble de la côte Atlantique et de la Manche et en connait les forces et faiblesses. Il a si bien mis en alerte les habitants côtiers que ceux-ci repoussent facilement et sans pertes importantes le corps expéditionnaire du contre-amiral Osborn. Ce dernier perd 800 des 1200 hommes qu’il tente de débarquer, y compris le général Tollemash commandant l’assaut. La plage de Camaret est rebaptisée Trez Rouz (plage rouge) en raison du sang versé.
Cette victoire française est d’autant plus significative qu’elle est obtenue par seulement deux compagnies franches renforcées dans la nuit par une compagnie des milices provinciales de Guyenne. Il faut aussi souligner l’importance de la tour de Camaret que Vauban avait préalablement fait fortifiée et armée pour défendre la plage, envisageant un débarquement possible à cet endroit.

18 juin 1812 : les États-Unis déclarent la guerre à la Grande-Bretagne.
Le président des États-Unis James Madison déclare la guerre à la Grande-Bretagne au nom de la défense du principe de liberté des mers, car la marine anglaise, sous prétexte de combattre l’Empire napoléonien, entrave le commerce américain. C’est la première fois que le Congrès américain vote une déclaration de guerre. Les combats auront lieu sur la mer et les Grands Lacs. La paix sera signée en décembre 1814.

 18 juin 1815 : défaite de Waterloo (Belgique).
Napoléon Ier, revenu de son exil sur l’île d’Elbe depuis moins de 100 jours, doit affronter la septième coalition. Il choisit d’attaquer les Anglais (Wellington) avant qu’ils ne se regroupent avec les Prussiens (Blücher) mais se heurte à une forte résistance. Le combat est indécis jusqu’à l’arrivée des Prussiens qui débandent l’armée française. Erreurs (de Ney et Napoléon), retards (Grouchy qui s’entête à Wavre) et trahisons (de Bourmont) alliés à la belle combativité des alliés, expliquent la défaite française. C’est la fin. Quatre jours plus tard, l’empereur abdique.  À noter aussi l’action d’éclat d’un autre général français, Cambrone, lui aussi entouré d’anglais, qui n’a pas fait de discours et se serait contenté d’un seul mot !

18 juin 1855 : échec du premier assaut de Malakof (Crimée).

18 juin 1917 : décret créant la DGGSM.
La direction générale de la guerre sous-marine placée sous l’autorité du contre-amiral Merveilleux du Vignaux est créée pour faire pièce à la menace allemande.

 18 juin 1940 : appel radiophonique du général de Gaulle (Londres).
C’est le premier discours prononcé par le général de Gaulle à la BBC depuis Londres dans lequel il appelle à ne pas cesser le combat contre l’Allemagne nazie. Ce discours – très peu entendu sur le moment mais publié dans la presse française le lendemain et diffusé par des radios étrangères – est considéré comme le texte fondateur de la Résistance française, dont il demeure le symbole.

18 juin 1940 : évacuation des réserves d’or de la Banque de France (Brest).
Face à l’avance allemande inexorable, les réserves d’or de la banque de France sont transférées par train à Brest (mi- mai 1940), comme en 1870 d’ailleurs. Ces près de 2000 tonnes d’or (dont 170 de la Banque de Belgique) sont finalement chargées à bord de la première division de croiseurs auxiliaires commandée par le contre-amiral Cadart, lorsqu’il devient évident que les Allemands ne peuvent plus être contenus. Une partie de cet or est déjà en route pour Halifax (Canada) depuis quelques jours. L’autre partie ne quitte Brest que quelques heures avant l’arrivée des troupes allemandes et se dirige vers Dakar. Le trésor connait tout au long de la guerre un périple intéressant, excitant les convoitises les plus diverses.

 18 juin 1953 : décès de l’As des as (Paris).
Le lieutenant-colonel René Fonck, caporal au début de la Première Guerre mondiale, la termine lieutenant et totalise 75 victoires aériennes homologuées (sans compter 52 victoires probables). Il est l’As des as français de la guerre aérienne.

 18 juin 1964 : Tabarly remporte la transat.
L’enseigne de vaisseau Eric Tabarly remporte la transat en solitaire Plymouth-Newport à bord de Pen Duick II.

 18 juin 2010 : décès du général Bigeard (Toul).
Marcel Bigeard a débuté dans l’armée comme soldat de 2e classe en 1936 et a terminé son parcours comme général de corps d’armée (1974) puis secrétaire d’État à la Défense (1975-1976. Véritable légende militaire dès son vivant, il est l’une des figures les plus illustres des parachutistes, ayant été de presque tous les combats de son époque (Campagne de France, Résistance, Indochine, Algérie). Ses cendres reposent à Fréjus au Mémorial des guerres en Indochine.
Quand Lartéguy publie en 1960 Les Centurions, c’est un hommage, de son vivant, à Bigeard.




Chronique historique : 11 juin

12062018

11 juin 1430 : bataille d’Anthon.

Les Bourguignons (4000 soldats) alliés au duc de Savoie Amédée VIII s’infiltrent en Dauphiné pour l’arracher au royaume de France. Le gouverneur Raoul de Gaucourt, renseigné sur la progression et le nombre de l’ennemi sait qu’il permettra la survie de ses 1600 hommes s’il attaque par surprise et de manière non conventionnelle. Les Bourguignons marchant sur le château de Colombier doivent traverser le Bois des Franchises sur un axe étroit ne permettant aucun déploiement de leurs cavaliers : c’est là que Gaucourt dispose en embuscade ses archers et bombardes (venues de Crémieux). Insuffisamment renseignés et trop sûr de leurs forces, les Bourguignons négligent de reconnaître l’axe de progression. Ils tombent dans une série d’embuscades tout le long du chemin et se font décimer. Les troupes dauphinoises accentuent la panique des Bourguignons en faisant croire à une supériorité numérique écrasante (hurlements dans les bois). Le Dauphiné reste au Royaume de France.

 11 juin 1837 : inauguration de la galerie des batailles (Château de Versailles).

Le roi Louis-Philippe inaugure la galerie qui regroupe parmi les plus belles toiles représentant les grandes batailles françaises, de Tolbiac (496) à Wagram (1809).

 11 juin 1885 : mort de l’amiral Courbet (à bord du Bayard au large de l’actuelle Taiwan).

Polytechnicien et amiral commandant l’escadre d’Extrême-Orient.

 11 juin 1931 : Pierre Benoit, immortel.

L’auteur de Koenigsmark, l’Atlantide, la châtelaine du Liban, …, la sainte Vehme, est élu à l’Académie française.  Le général Maxime Weygand est lui aussi élu le même jour.

 11 juin 1942 : sortie de vive force de Bir Hakeim (Libye).

Du 27 mai au 10 juin, la brigade du général Koenig (3600 hommes) résiste aux assauts et aux bombardements de Rommel et permet ainsi aux Britanniques de la 8e armée d’achever leur repli et de se reconditionner en Égypte.

En s’obstinant à prendre Bir Hakeim qui n’a pourtant pas de caractère stratégique particulier, Rommel perd un temps précieux et surtout commet l’erreur de mettre en évidence la valeur au combat des Français libres. Dans la nuit du 10 au 11 juin, la brigade française démine un couloir de 40 mètres de large dans le périmètre défensif et commence son évacuation du camp retranché. Les Allemands détectent très vite la sortie et déclenchent un déluge de feu qui ne parvient cependant pas à arrêter la sortie. La bataille donne lieu à d’innombrables actes de courage. 2100 soldats gagnent les lignes britanniques distantes de 7 km. Le retentissement de ce fait d’armes est international et salué par toutes les radios alliées qui focalisent depuis deux semaines sur la résistance française inattendue à Bir Hakeim.

Le général de Gaulle envoie immédiatement un message de félicitations à Koenig.

 11 juin 1948 : résolution Vandenberg (États-Unis – Washington).

Le sénat américain en votant cette résolution permet aux États-Unis d’intégrer l’alliance des États signataires du Traité de Bruxelles et donne un coup d’accélérateur décisif à la future OTAN. Le traité de l’Atlantique Nord sera signé moins d’un an plus tard (4 avril 1949).

 




Chronique historique : 8 juin

12062018

8 juin : journée nationale d’hommage aux morts pour la France en Indochine.  Instituée par le décret n° 2005-547 du 26 mai 2005, cette journée d’hommage correspond au jour du transfert à la nécropole nationale de Notre-Dame de Lorette, de la dépouille du Soldat Inconnu d’Indochine, le 8 juin 1980. Un mémorial dédié aux morts pour la France en Indochine est implanté à Fréjus sur une hauteur dominant la ville. Inauguré en 1993 par le président de la République, il abrite près de 24 000 sépultures de militaires et de civils morts en Indochine.

Le site Internet Mémoire des hommes permet de consulter en ligne la base de données des morts pour la France au cours de la Guerre d’Indochine (1945-1954). Conservée par le Service historique de la Défense, elle a été constituée par la saisie et l’indexation d’un fichier établi par le ministère des Anciens combattants au lendemain de ce conflit.

 8 juin 632 : mort de Mahomet (Médine – actuelle Arabie Saoudite). Le prophète de l’Islam meurt à 63 ans.

 8 juin 1865 : combat de Hierba Buena (Mexique)

 8 juin 1883 : signature de la Convention de la Marsa (au nord-est de Tunis). La convention complète le Traité du Bardo et permet à la France d’établir son protectorat sur la Tunisie.

 8 juin 1912 : naufrage du sous-marin Vendémiaire (Manche). Le sous-marin se fait éperonner accidentellement par le cuirassé Saint Louis au cours d’un exercice naval. La totalité de l’équipage disparaît (24 hommes).

 8 juin 1941 : combat franco-français en Syrie. Les raisons de l’intervention alliée en Syrie sont multiples : Pour les Français libres, il s’agit de rallier à de Gaulle l’armée du Levant (Vichy). Pour les Britanniques, le but est d’empêcher la Syrie de tomber aux mains des Allemands mais dans un deuxième temps de supplanter les Français dans une zone stratégique qu’ils n’auraient jamais dû occuper avant-guerre.

Le 8 juin, 5000 Français libres aux ordres du général Catroux et du général Legentilhomme entrent en Syrie avec 30 000 Britanniques. Les troupes du général Dentz (Vichy) résistent vaillamment jusqu’au 11 juillet. Les combats sont très intenses mais leur caractère fratricide (1066 morts pour l’armée du Levant – 650 pour la France Libre) explique qu’aucun fait d’armes n’a été retenu par la mémoire collective.

De Gaulle n’accordera aucune citation ni décoration pour ces combats que certains, puisant aux sources classiques, ont comparé à celui des Curiaces contre les Horaces. Chacun des camps français qui s’oppose a à cœur de montrer à l’autre qu’il n’est pas lâche, sait se battre et accomplit son devoir… d’où l’aspect cornélien de cette affaire.

 8 juin 1944 : 48 heures après le débarquement allié sur les côtes normandes. Les deux têtes de pont d’Omaha Beach et de Gold Beach effectuent leur jonction à Port-en-Bessin au Nord de Bayeux, qui est libéré ce même jour par les troupes Britanniques. La jonction entre les troupes débarquées à Utah et à Omaha n’est toujours par réalisée. C’est, dans les heures qui suivent, un des objectifs majeurs pour les forces américaines. L’infanterie du 116e Régiment, appuyée par les chars Sherman, accède à la Pointe du Hoc où les Allemands s’apprêtaient à donner le coup de grâce aux 90 Rangers survivants, dont un grand nombre est blessé. Un bataillon de 225 rangers avait débarqué devant la batterie allemande du Hoc le 6 juin et est resté cloué sur place.

Le même jour le sergent Franck Peregory du 116e RI accomplit un acte de guerre d’une audace incroyable en attaquant victorieusement une tranchée allemande : à lui seul, il obtient la reddition de près de 40 soldats ennemis. Dans l’attaque, il en a tué 3 et a permis aux hommes de son unité de libérer le village de Grandcamp tout en récupérant les redoutables mitrailleuses allemandes.

 8 juin 1967 : attaque israélienne de l’USS Liberty. Durant la guerre des Six-Jours, les forces israéliennes attaquent dans les eaux internationales au large de l’Égypte, un navire américain de guerre électronique. 34 américains sont tués. Israël reconnaitra une erreur et présentera ses excuses au gouvernement américain ainsi qu’aux familles des victimes.

 8 juin 1972 : bombardement du village de Trang Bang (Vietnam). Le croyant tenu par les Nord-vietnamiens, le village est bombardé par erreur par l’armée sud-vietnamienne avec du napalm. Le photographe Huỳnh Công Út, plus connu sous le nom de Nick Ut (de l’agence Associated press) est présent comme beaucoup de journalistes et prend la photo d’une fillette de 9 ans qui fuit le bombardement. La nudité de Kim Phuc, brûlée par le napalm, fait débat dans la rédaction jusqu’au 12 juin. Pourtant, lorsqu’elle paraît, la photo fait le tour du monde et vaudra à son auteur le prix Pulitzer la même année. Ce cliché, qui suscite alors l’indignation générale, est devenu le symbole de l’horreur de la guerre du Vietnam.Kim Phuc est aujourd’hui mère de famille et est âgée de 55 ans.







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