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Lettre n° 94 du G2S : budget 2018 – Janvier 2018

22032018
Lettre d’information du G2S
n° 94 Janvier 2018

Budget 2018 de la Défense

Proposée par le général Jean-Pierre Guiochon, cette lettre d’information a pour objet de dresser un point de situation sur le budget alloué au ministère des armées pour l’année 2018.

Il s’appuie principalement sur les documents produits en fin d’année 2017, par le ministère (projet de loi de finance et projets annuels de performance), mais également sur les comptes-rendus d’auditions d’autorités, au Sénat et à l’Assemblée nationale, au titre des travaux préparatoires au vote du projet de loi de finance 2018 ; il prend en compte quelques chiffres plus précis communiqués par des acteurs du dossier.

En finale, il nous a semblé utile de revenir sur le document de la Cour des comptes annonçant que le budget des armées de la France a d’ores et déjà atteint les fameux 2% du PIB. C’est le général Jean-Tristan Verna qui nous apporte son éclairage sur ce point qui n’a pas manqué d’être relevé par la presse.

L’année 2017 n’a pas échappé « au coup de tonnerre susceptible d’obscurcir l’embellie annoncée », comme l’indiquait dans sa conclusion l’article du G2S consacré au budget 2017. L’annulation des 850 M€ de crédits d’équipement destinés à financer le surcoût des opérations intérieures et extérieures a provoqué, non seulement la démission d’un CEMA, mais a apporté ses conséquences habituelles en matière de décalage « maîtrisé » de quelques programmes, tout en augmentant le report de charges pour les années suivantes, report à hauteur de 2,9 Mds€.

Ce report aurait pu encore fortement s’alourdir si les 700 M€ encore gelés n’avaient pas été débloqués dans les tout derniers jours de décembre.

Les paramètres de départ pour le budget 2018 ne sont donc pas optimaux. L’augmentation de 1,8 Mds € constitue surtout un signal politique, dans la mesure où les contraintes liées au maintien du déficit de l’État à un niveau inférieur à 3% du PIB, demeurent très fortes sur la construction des budgets des ministères régaliens.

La réalité de cette augmentation est minime, en raison du financement des mesures prises en conseils de défense de mai 2015 et avril 2016, de la budgétisation de la provision pour les OPEX portée à 650 M€1, et enfin de l’incidence des mesures de régulation prises en 2017. Elle ne permettra donc pas de financer les augmentations inscrites pour certains postes dans le budget 2018 sans recourir, une fois de plus, au décalage de quelques opérations déjà prévues.

Les armées sont soumises depuis de longues années à cette usante course de rattrapage de crédits annoncés, mais jamais totalement réalisés dans les échéances fixées. La « bosse de financement » est toujours bien présente et sa hauteur toujours significative. Il est probable qu’une seule loi de programmation ne permettra pas de la réduire sensiblement.

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Le budget 2018 se caractérise par un montant de crédits de paiement (CP) de 34,7 Mds€, dont 200 M€ provenant de ressources exceptionnelles, et par un niveau équivalent d’autorisations d’engagement (AE).

Le programme 146 (équipement conventionnel des forces) est doté de 10,3 Mds€ en CP, pour des besoins estimés à 10,7 Mds€ (hors report de charges) ; cela assure notamment la livraison d’un satellite optique Musis, d’un avion de surveillance ALSR , de 2 Airbus 400M, de 8 hélicoptères NH 90, de 5 Hélicoptères Tigre, de 3 Rafale Armée de l’air, d’un retrofit Rafale Marine, et des 3 premiers VBMR2 pour l’armée de terre.

Les AE, d’un montant de 11,4 Mds€ pour des besoins de 12,7 Mds€ permettront de commander notamment, le successeur du missile Mica, le prochain standard du Rafale, les 3 premiers ravitailleurs MRTT sur les 12 prévus, le 5e sous-marin Barracuda sur les 6 prévus, 20 Griffon.

Le report de charges attendu pour le programme 146 est de 1,8 Mds€.

Le programme dissuasion est en augmentation passant de 3,6 Mds€ à 4,04 Mds€, caractérisant la montée en puissance budgétaire nécessitée par le renouvellement des deux composantes nucléaires, dont les coûts à l’horizon 2030 sont estimés à 30 Mds€. Il restera à intégrer ces besoins « sanctuarisés » dans les futures lois de programmation.

L’EPM (entretien programmé des matériels) d’un montant de 3,82 Mds€ , en augmentation de 450 M€, reste encore inférieur au besoin supplémentaire estimé à 1 Md€ pour faire remonter à des niveaux acceptables (supérieurs à 50%) la disponibilité technique opérationnelle (DTO) des matériels très utilisés en opérations ou trop âgés ; il n’est pas acceptable notamment que des matériels aériens (avions de transport et hélicoptères) aient une disponibilité variant de 19% à 40%, alors que la faiblesse de notre capacité en transport aérien est une lacune amplement soulignée depuis plusieurs années.

L’autre incidence de cet EPM insuffisant est la difficulté à réaliser un entraînement régulier et efficient de nos forces qui ne disposent pas des matériels suffisants en état de marche pour atteindre les objectifs de journées d’activités opérationnelles. Depuis de nombreuses années, les chefs d’état-major d’armées insistent sur l’impérieuse nécessité de retrouver des marges de manoeuvre acceptables afin d’éviter la pérennisation de postures d’armées à deux vitesses, reposant sur un système d’entraînement différencié imposé par ces contraintes.

Les crédits de fonctionnement, du même niveau que celui de 2017, soit 3,9 Mds€, sont encore insuffisants pour améliorer sensiblement la vie quotidienne des unités. Il y a là un vrai problème de fond qu’il importe de mettre sur la table afin d’obtenir une amélioration significative à inscrire dans la prochaine loi de programmation. La débrouillardise et le dévouement des personnels ne peuvent constituer les seules réponses à ce qui est souvent et trop légèrement considéré comme une variable d’ajustement, balayée d’un revers de main par des décideurs, qui oublient ou ne connaissent pas objectivement la réalité de la situation.

Dans le domaine infrastructure, le montant de 1,5 Md€ soit 330 M€ de plus qu’en 2017 -mais comprenant 140 M€ issus de cessions immobilières toujours aléatoires -permet de poursuivre l’adaptation des installations accueillant les nouveaux systèmes d’armes et la sécurisation des implantations des forces, mais n’améliore pas les crédits d’entretien toujours inférieurs aux normes retenues pour les administrations de l’État. Là encore, on doit se contenter du minimum.

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S’agissant de l’armée de terre, le budget 2018 reste juste acceptable, sans corriger durablement les faiblesses ou lacunes constatées depuis longtemps.

Les livraisons et les commandes de matériels assurent le renouvellement prévu des systèmes d’armes, tant dans les domaines de la protection (premiers matériels Griffon et Jaguar3 du programme Scorpion, missile moyenne portée (MMP)), de la projection (hélicoptères Tigre et NH90), que de la capacité de combat individuelle (Fusil HK 416), ou des moyens de commandement (système informatique de combat Scorpion (SICS), poste radio de contact). Ce renouvellement ne comble pas les retards de mise en service et les décalages de cibles décidés antérieurement et pesant sur des capacités opérationnelles majeures.

Le programme Scorpion a subi un retard général de 4 ans, accompagné de plus par une diminution significative de cibles, celui du missile MMP également. La réduction de la cible artillerie impose maintenant le renforcement de 32 canons Caesar du parc actuel, dont le potentiel subit une usure inquiétante liée à son emploi à l’entraînement, comme en opérations (Irak). Le remplacement des engins de combat du génie devient aussi une autre priorité.

Par ailleurs, la politique de renouvellement des matériels pose la question de son économie au regard des coûts du maintien en condition opérationnelle (MCO) des matériels, soulevée récemment par le CEMAT. Retarder l’entrée d’un nouveau système d’armes, c’est prolonger un matériel ancien dont le coût d’entretien grandissant inexorablement est inversement proportionnel à son efficacité opérationnelle résiduelle. À cet égard, l’exemple de la mise en service du Griffon est instructif : le coût d’un Griffon neuf est de 1,5 M€, celui de la rénovation d’un VAB « Ultima » de 1,4 M€ ; dans ces conditions financières, l’accélération de la chaîne de production du Griffon, pour un surcoût annuel de 20 M€, permettrait de disposer en 2025 de 1310 engins au lieu des 800 prévus, évitant ainsi la revalorisation de 460 VAB.

Le budget activités et entraînement, d’un niveau de 157 M€ est susceptible de porter le volume des jours d’activités à 82 jours pour 81 jours en 2017. « Effort » qui reste encore très loin de l’objectif des 100 jours inscrit dans deux lois de programmation antérieures, mais jamais atteint. Le besoin financier supplémentaire acceptable serait de 10M€ par an, effort très modeste à comparer avec le niveau de financement annuel consacré par les 2 autres armées à ce même poste.

L’EPM des matériels terrestres, avec 506 M€, soit 15% d’augmentation, permet de poursuivre le plan MCO 2025 visant à faire passer le ratio de la maintenance étatique de 90 à 60% au profit de la maintenance privée passant de 10 à 40%, de réaliser les Grandes visites pour le Caesar et le VBCI et de passer des marchés de soutien VAB, VBL. Néanmoins, il manquerait de l’ordre de plus de 100 M€ par an pour prendre en compte notamment le soutien des moyens Scorpion et la remontée rapide des jours d’activités et d’entraînement.

L’EPM des matériels aériens de l’armée de terre, avec 373 M€, soit 10% d’augmentation, permet de mieux passer les marchés de soutien du TIGRE et du NH90, dont la disponibilité technique demeure encore insuffisante. Les pilotes pourront effectuer 173 heures de vol (164 en 2017) pour une cible affichée en programmation de 180.

Les petits programmes, (munitions, optronique, équipements de spécifiques, SIC) qui concourent à l’accompagnement et à la cohérence de l’emploi des systèmes d’armes « majeurs » ont été souvent les laissés-pour-compte des constructions budgétaires. Dotés de 189 M€, ils parent à l’essentiel, mais le niveau satisfaisant serait au minimum de plus de 200 M€ par an, pour renouveler certaines capacités opérationnelles spécifiques indispensables à l’efficacité de l’ensemble.

Enfin, pour ce qui concerne l’infrastructure, le montant de 179 M€ permet seulement de réaliser les travaux liés à l’arrivée des matériels Scorpion et de poursuivre ceux liés à l’installation de la 13e DBLE au Larzac et du 5e RD à Mailly.

Au bilan, ce budget 2018 reste en deçà des ambitions affichées : il ne permettra pas à l’armée de terre d’amorcer d’emblée la remontée en puissance espérée, sur le chemin la menant en position de 1e armée de terre en Europe…

*

En conclusion, le budget global prévu pour les armées n’est pas un budget de renouveau, voire de rupture ; il s’inscrit simplement dans la trajectoire financière définie par le quinquennat précédent lors des conseils de défense de 2015 et 2016. Il peut aussi être considéré comme un budget en trompe-l’oeil, dans la mesure où l’augmentation si lourdement soulignée est déjà gagée par les incidences des mesures de régulation de 2017 et les décisions prises au cours des deux années précédentes.

Il soulève plusieurs questions relatives à la future loi de programmation et aux objectifs qui semblent lui avoir été définis par la Revue stratégique de défense et de sécurité d’octobre 2017.

1. Ce budget, et à condition qu’il ne soit pas lui aussi soumis en cours d’année à des mesures de régulation budgétaire, n’est pas de nature à constituer une marche haute permettant d’aborder dans de bonnes conditions les annuités suivantes de la future loi de programmation 2019-2024. À cet égard, la Revue stratégique, préparatoire à cette loi, a défini de nombreuses missions, dont certaines nouvelles, et dans le cadre souligné « d’un modèle d’armée cohérent, complet, capable de mener des opérations sur tout le spectre de la plus haute à la plus basse intensité ». Cet objectif ambitieux nécessitera des capacités opérationnelles adéquates, adaptées à l’exécution de ces missions. Ce qui implique des investissements financiers très conséquents ne se heurtant pas à des contraintes administratives et législatives.

Or, la récente loi sur la programmation des finances publiques pour 2018-2022 limite le reste à payer (RAP) au niveau de celui de 2017. Ce RAP est constitué par les engagements financiers (commandes passées, reports de charges successifs, intérêts moratoires…) non encore couverts par des crédits de paiement. Le niveau du RAP pour le budget des armées est estimé à 50 Mds €, dont 30 pour les équipements. Ce niveau constituera donc un frein puissant aux investissements à envisager répondant aux besoins de la future loi de programmation. L’équation financière de celle-ci sera donc très compliquée à résoudre.

2. Par ailleurs, les perspectives budgétaires pour les armées sont à considérer dans le cadre d’une stricte adéquation entre les missions imposées et les moyens attribués afférents. C’est le principe de réalité et d’efficacité sur le terrain qui doit d’abord prévaloir, et non celui d’une approche technocratique et assez irréaliste de pourcentage de PIB, qui reste une référence aléatoire. Cette problématique du pourcentage de PIB, dont celui devenu mythique des 2%, fait l’objet d’un renvoi particulier en fin d’article.

3. Enfin, le souhait très estimable de disposer d’armées françaises se classant les premières en Europe suppose un effort budgétaire très significatif, volontariste et de longue haleine, car on ne peut rattraper en quelques années seulement, deux décennies de réduction du format des armées et d’attrition continue de leurs capacités opérationnelles, alors que les missions ont été amplifiées. Nos voisins britanniques et allemands ont bien compris qu’il leur fallait aussi engager cet effort, comme l’évoquait l’article du G2S sur le budget 2017 ; ils prévoient donc respectivement 47,3 Mds€ en 2018 pour les premiers, 41,9 Mds€ en 2018 et 43 Mds€ en 2019 pour les seconds.

C’est à l’aune de ces éléments qu’il importe d’apprécier, d’une part, les efforts qui seront prévus dans notre prochaine loi de programmation et, d’autre part, la dimension européenne qui lui sera donnée.

Vous avez-dit « 2% » ?

Fin 2017, un document de la Cour des Comptes sur l’exécution de la LPM 2014-2019 a eu pour écho principal dans la presse que « la France est dès à présent à 2% du PIB pour sa défense ». Sous-entendu « Halte au feu (budgétaire) ! »

Que faut-il en penser ?

Ponctuellement et comptablement, la Cour a raison. Selon les années, le bilan final des dépenses effectuées au titre de la défense approche, voire parfois dépasse, le niveau des 2% du PIB. Ce sera notamment le cas pour le bilan 2016, année où les surcoûts OPEX ont été intégralement financés par les autres ministères. En effet, ce bilan est établi avec les normes utilisées au sein de l’OTAN4 et inclut le paiement des opérations, qui en France est en grande partie mutualisé entre les différents ministères, en cours d’exécution budgétaire.

4 Les règles de l’OTAN impliquent de prendre en compte les budgets exécutés (et non les budgets votés), avec ou sans pensions selon les cas (les deux options sont possibles) et pour les pays qui ont une gendarmerie militarisée, 5% de son budget, norme forfaitaire (sans doute surévaluée en régime normal) supposée traduire son engagement dans les opérations militaires (la prévôté, les escadrons de gendarmerie mobile envoyés sur certains théâtres d’opération…).

On peut avancer trois idées sur ce sujet des 2%.

1. C’est une notion floue, dans la mesure où selon la position de l’observateur (avant ou après l’exécution budgétaire, avec ou sans pensions, avec ou sans OPEX, avec ou sans les crédits de coopération militaire, etc.), on peut mettre en avant à peu près tous les pourcentages entre 1,5 et 2,2%, d’autant que le PIB est lui-même un agrégat difficile à stabiliser, dont le montant réel n’est disponible qu’avec un décalage de deux ou trois ans.

2. Un objectif de pourcentage du PIB doit avoir du sens. Il a été fixé par l’OTAN (ou plutôt officialisé) lors du sommet de 2014, pour placer les Alliés sur une tendance à la hausse de leur effort de défense, puisque la plupart d’entre eux se situent en deçà de 2% du PIB, et surtout très en deçà des 20% de dépenses d’équipement au sein de leur budget (ce qui n’est pas le cas de la France qui se situe à près de 50%).

3. La norme de dépenses en rapport avec le PIB doit mesurer un effort de défense pour « préparer la guerre » et non un effort de guerre, pour « faire la guerre », puisque l’effort de guerre ne peut pas être limité par les ressources mais doit couvrir les nécessités de la conduite des opérations. Il est donc aberrant d’inclure le coût des opérations dans le calcul. Il en va de même pour les pensions, qui mesurent un effort du passé…

La question qui se pose donc est celle de l’ampleur de l’effort financier que la France doit produire pour développer et entretenir les capacités qu’elle estime nécessaires à sa posture stratégique.

Pour revenir aux 2%, sans doute la communauté de défense, et ses représentants, ont-ils eu tort de s’accrocher trop longtemps à ce symbole, dès lors que les attentats de 2015 et la réévaluation des menaces qui en a découlé avaient inversé dans l’opinion et chez les responsables politiques la tendance à la baisse des moyens de la défense et que des mesures avaient été prises pour l’inverser, tant en matière d’effectifs que d’équipements, sans oublier les besoins de la dissuasion nucléaire, spécificité française en Europe. Dans ce contexte, le discours sur la dynamique des 2% devenait d’autant moins utile au débat que d’évidence il était probable que 2% ne suffiraient pas à financer l’ambition stratégique nationale…

C’est d’ailleurs ce que la Cour des Comptes écrit, dans son document de fin 2017 :

« L’ensemble de ces éléments (d’analyse des besoins capacitaires) conduit à des besoins de financement en croissance et justifie que la Nation consacre un effort additionnel au bénéfice de sa défense sans avoir besoin de recourir à l’attribution forfaitaire d’un pourcentage du PIB.

La Cour considère en effet qu’une programmation financière ne peut être fondée sur un objectif forfaitaire de dépense : la dépense doit résulter de la mise en oeuvre d’objectifs politiques et militaires dans un cadre budgétaire donné, et non d’un objectif fixé a priori ».

On ne peut être plus clair pour dire que 2% ne peut pas être un objectif a priori, et qu’il faut mettre sur la table non des %, mais des milliards d’euro, le montant de 50 milliards en 2025 étant celui annoncé par le Président de la République, hors OPEX et hors pensions.

Sans doute, si l’on n’y comptabilise ni les OPEX, ni les pensions, un niveau de 2% serait-il compatible avec les besoins, à condition que les prévisions de croissance du PIB se réalisent et que les besoins de la dissuasion soient correctement évalués et lissés.

Mais en tout état de cause, à partir du moment où c’est l’ambition stratégique qui prime, il faut se résoudre à abandonner toute référence forfaitaire rapportée au PIB et faire une évaluation chiffrée donnant au système de défense français le pouvoir d’achat suffisant pour constituer et entretenir sur la durée les capacités nécessaires pour remplir les missions qui lui sont fixées par les autorités politiques.

Financer les opérations relève d’une autre logique…

1 Contre 450 M€ jusqu’ici.

2 Véhicule blindé multi-rôle, appelé Griffon, et remplaçant le VAB.

3 Le Jaguar remplacera l’AMX10 RC et l’ERC90 Sagaie.

4 Les règles de l’OTAN impliquent de prendre en compte les budgets exécutés (et non les budgets votés), avec ou sans pensions selon les cas (les deux options sont possibles) et pour les pays qui ont une gendarmerie militarisée, 5% de son budget, norme forfaitaire (sans doute surévaluée en régime normal) supposée traduire son engagement dans les opérations militaires (la prévôté, les escadrons de gendarmerie mobile envoyés sur certains théâtres d’opération…).

Général de corps d’armée (2S) Jean-Tristan VERNA




AU CONTACT : la dernière lettre d’information du CEMAT – décembre 2015

22012016

Ci-jointe : fichier pdf Lettre du CEMAT_Au Contact_n31_décembre 2015 , la dernière lettre d’information N° 31 du CEMAT. 




Lettre du CEMAT aux associations – décembre 2014

16122014

Editorial :  C’est avec beaucoup de satisfaction que je m’adresse à vous par l’intermédiaire de cette lettre d’information.

Elle constitue un des vecteurs qui relie l’ensemble de la famille armée de Terre. Comme toutes les grandes fratries, la nôtre est riche de ses très nombreuses branches. Chacune occupe, par sa personnalité, le rôle et la place qui lui reviennent. Sachez que je me réjouis de celle que vous occupez auprès de nous. La diversité, qui est parfois perçue comme un handicap à la cohésion représente à mes yeux un véritable atout. Elle reflète d’abord la nature de l’armée de Terre, qui revendique et assume pleinement la sienne à travers la pluralité de ses armes, de ses spécialités, et de l’origine sociale et géographique des femmes et des hommes qui, depuis toujours, servent dans ses rangs. De la même façon, la diversité de vos associations constitue elle aussi une chance et une richesse pour l’armée de Terre qui bénéficie ainsi du rayonnement que vous lui offrez, par votre présence et votre investissement, dans toute la société civile. Il s’agit d’ailleurs aujourd’hui d’un enjeu majeur. Reconnue pour la valeur de ses soldats, soutenue dans ses engagements opérationnels, regardée comme un modèle d’égalité et de promotion sociale, l’armée de Terre jouit auprès des Français d’une excellente image.

Pourtant la… : lire la suitefichier pdf Lettre d’information CEMAT DECEMBRE 2014




Lettre d’information du CEMAT (associations) – N° 24 – février 2014

17022014

Ci-jointe, la lettre d’information du CEMAT (destinée aux associations) – N° 24 – février 2014 fichier pdf lettre info cemat n24 – 12 fevrier 2014




Mission Centenaire de la Grande Guerre

29082013

Mission Centenaire de la Grande Guerre dans ACTUALITE gg

 Courant avril, le général (2s) Elrick IRASTORZA, ancien CEMAT et président du du conseil d’administration du groupement d’intérêt public (GIP) « Mission du centenaire de la Grande Guerre 1914-2014″  a adressé à bon nombre d’associations une note d’information expliquant pourquoi il convenait de commémorer le centenaire de la Grande Guerre.

 Les réactions ont souligné la pertinence de cette démarche d’information, mis en évidence l’intérêt que les associations portent à cet évènement et leur implication personnelle ou collective dans la grande dynamique qui monte progressivement en puissance.

 

 

 » Compte tenu du travail effectué depuis des mois et des questions que beaucoup me posent régulièrement, il m’a semblé utile de revenir vers vous en vous adressant un point de situation sur les travaux de la Mission du Centenaire et le premier éditorial mis en ligne sur notre site internet « Centenaire.org » que je ne saurais trop vous conseiller d’aller consulter régulièrement ».

Général d’armée (2S) Elrick IRASTORZA

Président du conseil d’administration

du groupement d’intérêt public (GIP)

Éditorial de Juillet 2013 :  J – 365

Dans 365 jours, le 14 juillet 2014, en mettant à profit ce grand rendez-vous désormais traditionnel des Français avec leur histoire, nous entrerons vraiment en commémoration du Centenaire de la Grande Guerre.

Dans un an, notre fête nationale invitera au ravivage de leur mémoire tous ceux qui voudront se souvenir ensemble des évènements qui allaient conduire, quelques jours plus tard, à la mobilisation générale et précipiter le monde dans un cauchemar qui allait lui coûtera près de 10 millions de morts.

Parce qu’elle a chamboulé la carte du monde et entraîné des bouleversements sociétaux allant bien au-delà d’un conflit dévorant et de ses effroyables conséquences statistiques, la Première Guerre mondiale constitue, dans notre histoire, une rupture que le temps n’effacera pas.

Qui n’a pas le souvenir d’un grand père racontant avec ses mots à lui, sans haine ni forfanterie, dans une succession d’invraisemblables oxymores, la grouillante solitude, la bestiale humanité, la déchirante camaraderie et l’enthousiaste résignation des tranchées ?

Qui ne se souvient pas de ces douilles d’obus patiemment sculptées trônant fièrement sur la cheminée ?

Qui n’a pas ressenti d’émotion à la lecture de ces quelques lignes arrachées à l’oubli d’un fond de grenier, exprimant toujours, entre exaltation patriotique, vie routinière et abattement moral, l’amour porté à tous ceux que l’on redoutait, par-dessus tout, de laisser seuls.

La Grande Guerre est indiscutablement constitutive de notre mémoire collective !

En attestent ces centaines de milliers de visiteurs français et étrangers qui parcourent toujours, entre l’embouchure de l’Yser et le Sundgau, ces paysages et sites de mémoire encore mal cicatrisés de l’ancien front de l’Ouest, pour comprendre  comment des hommes ont pu en arriver là et supporter cela pendant plus de 4 ans et honorer, dans le silence des nécropoles de toutes nationalités, la mémoire de tous les soldats emportés par cette « effusion sanglante ».

Depuis la disparition des derniers poilus, il n’y a plus que les écrits, les images, la pierre et la terre pour témoigner de ce titanesque affrontement. L’intérêt qu’ils suscitent toujours, un siècle plus tard sera, pour notre pays, un puissant moteur de notoriété internationale et de développement économique bien au-delà des seuls territoires du champ de bataille.

Une grande dynamique mémorielle est en marche qui s’exprimera à l’occasion de cérémonies officielles mais aussi à travers plus d’un millier de projets émanant de tous les territoires de notre pays, outre-mer compris. L’état financera la totalité des premières et partiellement les seconds à                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                            partir du fonds d’initiative de la Mission du Centenaire, sa contribution étant abondée par recours au mécénat, avec l’appui de la Fondation de France et l’implication personnelle de Jean-Claude Narcy, président du Comité des Mécènes* et bien sûr à la générosité de donateurs dont les lettres émouvantes attestent de la pertinence de notre démarche depuis plus d’un an.

Votre engagement résolu à nos côtés sera un encouragement précieux pour tous ceux qui, comme nous, sont convaincus que se souvenir c’est aussi préparer l’avenir.

 *Les dons, libellés à l’ordre de la Fondation de France – Fonds du Centenaire,  peuvent être adressés soit à la Mission du Centenaire, 109 boulevard Malesherbes, 75008 Paris soit à la Fondation de France, Fonds du Centenaire, 40 avenue Hoche, 75008 Paris.

 

 




Lettre d’information du CEMAT N°21 – avril 2013

18042013

Chers amis,

nous vivons un début d’année 2013 riche et intense entre l’élaboration du prochain Livre Blanc, les premières discussions sur la future loi de programmation militaire (LPM) et une opération au Mali dont le succès repose

pour une bonne part sur l’efficacité remarquable de nos unités terrestres.

Les grandes lignes de l’opération SERVAL vous sont présentées dans cette lettre. Au-delà de ces données globales, je tiens ici à saluer la mémoire de nos cinq frères d’armes tombés au combat.

Excellent révélateur du haut niveau de professionnalisme de nos soldats, cette opération met à nouveau en exergue la qualité de la préparation opérationnelle de nos unités et leur capacité d’adaptation à un nouveau théâtre et de nouveaux modes d’action.

Concernant les travaux du Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité Nationale, vous comprendrez que dans l’attente de leur publication,… lire la suite dans le fichier joint.

lettre d’information du CEMAT n21 – avril 2013

 

Lettre d'information du CEMAT N°21 - avril 2013 dans ACTUALITE cemat-216x300




Rassuré (à tort) puis surpris!

3092011

pointinterrogation2.jpg11h00 hier matin, cour d’honneur des Invalides: cérémonie d’adieux aux armes de notre CEMAT. Sous certains aspects cette journée avait un petit côté « flash back » du Cinquantenaire de l’EMIA: même lieu, même soleil, présence massive, CEMAT, Ministre…

Les discours ont été sans fausse note: sobriété, fond et forme restent la recette des prestations réussies. Mais cette fois, cerise sur le gâteau, il y a eu en plus du coeur et m’a-t-il semblé beaucoup de sincérité dans les propos. Bref une belle leçon de fraternité d’armes et de civisme.

Les termes dans lesquels le Ministre a fait l’éloge de l’armée de Terre et de ses hommes m’ont rassuré. Comment ne pas avoir ce dont nous avons besoin après un tel acte de foi…Ou alors je ne comprends plus rien aux discours! (03/09/2011) Je crois qu’effectivement je ne comprends rien!

« Le Premier ministre François Fillon a tranché : le ministère de la Défense supportera à lui seul 222,5 millions des 460 millions de nouvelles annulations de crédit (soit 48%) qui viennent d’être décidées dans le cadre de la « lettre rectificative au projet de loi de finances rectificative »?
Ces 222,5 millions de crédits annulés se répartissent ainsi : 210 millions pour la Défense (dont 157 pour les équipements), 12 millions pour les Anciens combattants et 0,5 million pour la Gendarmerie. »

15h00 hier AM, siège de l’Epaulette: comme notre vigilance ne s’est pas émoussée avec les congés d’été et que nos agendas sont à jour, nous nous apprêtions à caler notre montée à Coët le 13 septembre pour la première cérémonie « officielle » du Cinquantenaire (« officielle » car ne l’oublions pas, le rendez-vous des Invalides était une activité promotion!). A notre grande surprise, en allant sur le site des ESCC, rubrique Cinquantenaire, on trouve le message laconique suivant:

« Les activités initialement prévues le 13 septembre 2011 dans le cadre du cinquantenaire de l’EMIA n’auront pas lieu. »

Rappelons-nous le programme établi pour la partie « officielle » de cet anniversaire:

  • Prise d’armes aux Ecoles de Coëtquidan le 13 septembre 2011 pour rappeler la création officielle de l’EMIA. Pas d’invitations extérieures ou invitations restreintes.
  • Célébration officielle le 5 novembre 2011 : cette cérémonie s’appuiera sur la remise des sabres à la 51e promotion pour commémorer le Cinquantenaire de la remise de son drapeau à l’EMIA. Invitations extérieures tournées vers les anciennes promotions EMIA.

Recherche d’information en cours…




J’ai une bonne nouvelle: ça va continuer!

12102010

logoadt.jpg C’est par cette antiphrase que le CEMAT a ponctué ses interventions et son discours de clôture du GRAT (Grand rapport de l’armée de Terre) 2010, hier à l’École Militaire.

Les quelques repères rapportés ici concernent plus particulièrement le domaine RH et notamment celui des officiers. Les cadres d’active se reporteront utilement aux informations détenues et certainement communiquées par leurs chefs de corps ou de service, tous « invités » au GRAT.

Ceux qui le souhaiteraient ou se trouveraient fortuitement privés de cette information peuvent s’adresser au Président de l’Épaulette, présent à la réunion, qui répondra dans la mesure de ses possibilités, sur la base du dossier transmis et des notes relevées en séance (page « Contacts » du blog).

Enfin, dans la suite du texte vous trouverez deux extraits du discours de clôture du CEMAT, dont sa conclusion.

AVERTISSEMENT: les notes de séance reportées ci-après ne traduisent pas les priorités accordées par les orateurs lors de leurs interventions, pas plus qu’elles ne constituent un résumé de leurs propos. Elles ne correspondent qu’à des points particuliers d’intérêt du rédacteur du blog tenant compte de sa propre connaissance des sujets exposés. (JFD)

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GMG

  • Priorités accordées aux fonctions opérationnelles (du fait des choix nécessaires) : RENS (+) ; INF, GEN, AERO, SIC (=) ; ABC, ART, MVT (juste suffisance).

  • Suppression des RT au 1er janvier 2011, remplacement par les ZD.

  • Coût journalier d’un homme en OPEX / OPINT : Afghanistan 1000€ ; Liban 400€ ; autres OPEX 200€ ; MCD 200€ ; MISSINT 80€.

  • Coût des principaux matériels terrestres (document EMAT / BPFB)

COM FT

  • Afghanistan 2010 : la nature des engagements conduit à la perte de 8 blessés pour un de nos hommes tué dans les opérations PAMIR et EPIDOTE (3300 h)

DRHAT

  • Problèmes : attrition (29% au lieu de 15%) / fidélisation à 5 ans (32% au lieu de 40%).

  • Efforts : dynamisation du recrutement interne (70% SOFF à partir des SD) ; EMIA et OAEA (DAEOS) en augmentation ; OSC plus d’activation mais plus tard.

  • Ajustement des modèles aux LA+2 (retraite) : transition progressive ; préservation des TA, réduction du recrutement direct et des places CID.

CEMAT

  • Mise au point sur le devoir de réserve et le droit d’expression en « 5 obligations » : statut, discernement, choix des média, responsabilité, respect moral de la solidarité avec les « hommes de terrain » (voir billet du 17 sept. sur ce blog)

_________________________________________ 

Lire la suite… »







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