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Chronique historique : 1er juin

1062019

1er juin 1808 : transformation du Prytanée militaire français.

Dénommé Prytanée militaire de la Flèche sous la Troisième République.

Un Collège royal avait déjà été fondé par Henri IV à La Flèche en 1604 sous la direction de la Compagnie de Jésus. Ce collège de jésuites n’était pas militaire. Sa transformation en une institution militaire en 1764 est une conséquence de la création de l’École royale militaire en 1751. En effet, dans la première moitié du XVIIIe siècle, les jeunes gens de la bonne noblesse et de la bourgeoisie fortunée qui se destinaient à la carrière des armes n’entraient pas d’emblée dans l’armée, avant d’avoir reçu une solide instruction générale. Après une instruction élémentaire (souvent par précepteur), ils fréquentaient, aux côtés de congénères qui ne se destinaient pas à la carrière des armes, un collège, soit un collège des universités, soit un collège d’une institution religieuse, jésuites ou oratoriens. Le collège des jésuites de La Flèche était simplement un de ces collèges…

En 1751 est créée l’École royale militaire à Paris, pour donner, aux frais de la monarchie, aux gentilshommes pauvres qui se destinaient à la carrière des armes (prioritairement les orphelins et les fils de militaires) l’instruction que leurs moyens financiers ne leur permettaient pas d’acquérir dans des collèges. Or le niveau des élèves est très inégal à l’entrée (du fait qu’il n’y a pas d’examen d’entrée), même si une instruction élémentaire est requise pour postuler.

Donc en 1764, la monarchie crée, à La Flèche, une école préparatoire, pour donner aux enfants un enseignement élémentaire avant leur entrée à l’École royale militaire de Paris. Cette école préparatoire est installée dans les locaux de l’ancien collège jésuite de La Flèche (les collèges de jésuites ont été fermés en 1762, après la condamnation de la Compagnie de Jésus par le Parlement de Paris).

Lire André Corvisier (dir.), Histoire militaire de la France, Paris, PUF, tome 2, 1992, p. 68-75 (chapitre écrit par Jean Chagniot) et Des Premières écoles militaires aux lycées de la Défense, l’éducation des enfants au sein de l’armée de Frédéric de Berthier.

Lire également 1604-2004 – Du Collège royal au Prytanée militaire – Quatre cents ans d’éducation à La Flèche

1er juin 1815 : mort du maréchal Berthier (Allemagne).

Né en 1753, il commence sa carrière comme ingénieur cartographe à l’École du génie de Mézières, fait la campagne de la guerre d’Indépendance américaine avec La Fayette puis ne quitte plus Napoléon jusqu’à la campagne de Russie où il démissionne pour manifester son désaccord. Grand organisateur, il sert principalement en tant que ministre de la guerre ou chef d’état-major de l’empereur. Il est avec La Fayette l’un des rares Cincinnati français.

L’ordre des Cincinnati a été fondé en 1783 par George Washington afin d’honorer les ainés des familles les plus méritantes dans le combat pour l’indépendance des États-Unis et notamment les officiers étrangers. Il existe 14 sociétés des Cincinnati (13 américaines et 1 française) toujours actives. Ce sont les plus anciennes sociétés patriotiques américaines. L’appellation fait référence au héros romain Cincinnatus, modèle de l’honnête homme, aussi courageux dans la guerre que dans la paix.

La thèse du suicide reste l’hypothèse retenue par les historiens pour expliquer la mort de Berthier, grand serviteur de l’empire s’étant pourtant opposé au retour au pouvior de Napoléon et probablement moralement écartelé entre devoir du moment et fidélité impériale.

1er juin 1823 : mort du maréchal Louis Nicolas d’Avout (dit Davout).

Cavalier émérite et d’une grande loyauté, il est l’artisan principal des victoires d’Auerstedt et d’Eckmühl. Il n’a jamais perdu de bataille tout en ayant participé à la plupart des campagnes de l’Empire.

 1er juin 1879 : mort au combat du Prince Louis Napoléon (Afrique du Sud).

A 23 ans, le fils de Napoléon III demande avec insistance à être intégré dans les troupes britanniques d’Afrique australe. La reine Victoria l’y autorise et il s’embarque en février. Après un passage au Cap, il est versé dans une unité d’éclaireurs au Natal. Il y arrive au moment où les Britanniques, battus quelques mois plus tôt par les Zoulous, reprennent l’offensive. Le 1er juin, il participe à une mission de reconnaissance à cheval avec quelques hommes dans une région située à environ 50 kilomètres à l’ouest de Dundee. Lors d’une halte au bord d’une rivière, la patrouille est surprise par un groupe de 60 guerriers zoulous. Il meurt, atteint de 17 coups de lance (reçus de face). Le chef zoulou, capturé quelques jours plus tard, confirme que le jeune prince « s’est battu comme un lion ».

Sa dépouille est inhumée à Chiselhurst, dans le Kent. Elle sera ensuite transférée à l’abbaye St Michel à Farnborough, dans le sud de l’Angleterre. L’impératrice Eugénie l’a fait bâtir pour que lui et son père y reposent. Une stèle existe aussi dans la chapelle royale de Windsor. L’émotion fut beaucoup plus vive en Angleterre qu’en France. Aujourd’hui, la statue du Prince Louis Napoléon est un des monuments les plus symboliques et les mieux mis en valeur à l’académie royale militaire de Sandhurst, où sont actuellement formés les officiers britanniques.

1er juin 1899 : réception triomphale du commandant Marchand (Paris).

La mission « Congo-Nil » du CBA Jean-Baptiste Marchand est accueillie par une foule en liesse à Paris après sa traversée de l’Afrique, d’Ouest en Est. 6 000 km parcourus en deux ans : une des plus grandes aventures africaines pour l’armée française.

1er juin 1915 : abandon du pantalon rouge au profit de la tenue « bleu horizon »

Si le modèle définitif est adopté formellement en juin 1915, après plusieurs essais, c’est dès le 9 juillet 1914 que l’assemblée vote « la substitution des draps actuels par un drap de couleur neutre », faute de poursuive la production de teinture garance.

Après plusieurs semaines de campagne avec le même pantalon (un seul en dotation par fantassin !), le fantassin l’a, bien souvent, remplacé de lui-même avec ce qu’il a pu trouver.

1er juin 1939 : naufrage du HMS Thetis (Baie de Liverpool).

Lancé en 1938, le sous-marin britannique coule par 40 mètres de fond après une série d’erreurs : un des tubes lance torpilles est resté accidentellement ouvert inondant une partie du submersible, qui reste échoué malgré toutes les tentatives de renflouement des secours de la Royal Navy.  Seuls 4 hommes parviennent à regagner la surface. 99 hommes périssent.

1er juin 1954 : Genevieve de Galard rentre à Paris.

Convoyeuse de l’air et infirmière en Indochine à 28 ans, elle est faite prisonnière lors de la défaite de Dien Bien Phu (7 mai 1954).  Son comportement exemplaire au quotidien dans la tourmente du camp retranché fait d’elle une héroïne surnommée l’ange de Dien Bien Phu.  Libérée par le Vietnam, elle est célébrée en France et même décorée par le président américain Eisenhower.

Elle est Grand-Croix de la légion d’honneur et a 94 ans.

 




Chronique historique : 30 mars

1042019

30 mars 1282 : vêpres siciliennes (Palerme – Sicile).  

Subissant le joug français depuis 1130, les Siciliens profitent d’un incident entre une sicilienne et un chevalier pour se révolter. Environ 8000 français sont massacrés durant le mois qui suit. Charles d’Anjou, frère cadet de Saint Louis (Louis IX) et roi de Sicile, tente sans succès de reprendre le contrôle de la situation et meurt 3 ans plus tard. 

Une légende non vérifiable fait remonter le terme “Mafia” à cet événement.  “Morte Alla Francia Italia Anella se traduisant par  « l’Italie aspire à la mort de la France ». Les premières lettres donnent MAFIA. 

 30 mars 1707 : mort du maréchal Vauban (Paris).  

Vauban est un des plus grands maréchaux de France.  Même s’il commence sa carrière des armes parmi les « Frondeurs » de Condé, il a l’âme d’un grand serviteur ce que Mazarin découvre lorsqu’on lui présente le jeune Vauban fait prisonnier. Le cardinal, en le ralliant à la cause royale donne à Louis XIV et à la France l’inventeur du « pré carré » (le réseau défensif français aux frontières), le père du génie militaire (les ingénieurs du Roi), le rénovateur de la poliorcétique (attaque et défense des places fortes). 

Les sujets d’intérêt de Vauban dépassent ses préoccupations de militaire et concernent toujours l’amélioration des conditions de vie et travail des sujets du royaume (statistiques, agronomie, hygiène, hydraulique, architecture, …et finances). Il propose au roi l’idée d’un impôt touchant tous les revenus sans exception afin de renflouer les caisses. L’idée est acceptée mais du fait des nombreuses exemptions, perd de son efficacité, une fois appliquée. Il souhaitait de plus que cette dime remplace les autres impôts sans s’y rajouter et expose son projet dans un ouvrage que le roi interdit. Plus d’infos sur :  http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/…/avallon-statue-du-mar… 

 30 mars 1814 : bataille de Paris.  

Paris, dont les fortifications ont été peu entretenues pendant l’Empire, est attaqué sur un arc nord-est allant de Montmartre à Vincennes. Les Français infligent aux coalisés plus de 6000 morts, mais sont submergés par le nombre. La défection de Marmont, duc de Raguse, (« raguser » signifie dès lors « trahir ») contraint Napoléon à jeter l’éponge, faute de troupes disponibles. L’ennemi pénètre dans Paris le lendemain malgré ça et là des actes héroïques, comme celui des élèves de l’école polytechniques à la barrière de Clichy.  

Pour l’anecdote, le mot bistro (« vite » en russe) entre dans le vocabulaire français à ce moment : Après avoir saccagé plusieurs estaminets sous l’emprise de l’alcool et sans moyens suffisants pour régler le prix des consommations, mais aussi, suite aux réclamations des tenanciers, les troupes russes d’occupation se virent infliger par leurs autorités, l’interdiction absolue d’entrer et de consommer de l’alcool dans les débits de boissons parisiens. Toutefois, bien que revêtus de leurs uniformes, certains bravaient l’interdiction, entraient rapidement et, tapant sur le comptoir en zinc, exigeaient d’être servis le plus vite possible en criant à plusieurs reprises : « быCTPO» !!! 

 30 mars 1856 : le traité de Paris met fin à la guerre de Crimée

 30 mars 1885 : bataille de Pendjeh (Afghanistan).  

Le général russe Komarov lance une attaque sur Pendjeh, une des entrées naturelles vers l’Afghanistan et bat des troupes afghanes qui s’y étaient aventurées. Cette incursion fait craindre un moment un affrontement avec le Royaume-Uni. L’empire russe cherchant une voie vers l’Océan indien et l’empire britannique voulant étendre ses possessions depuis l’Inde vers le Nord-est, se rencontrent en Afghanistan où se jouent des luttes d’influences que Kipling dans son ouvrage “Kim” a qualifié de Grand jeu. Ces luttes exploitent les traditionnelles faiblesses afghanes : insoumissions et guerres claniques incessantes. 

Le même jour en France, Clemenceau fait tomber le cabinet de Jules Ferry en lançant un réquisitoire resté fameux contre l’expédition française du Tonkin. S’il dénonce l’expédition, c’est surtout pour ses bases idéologiques et son caractère dilatoire vis à vis de la « Revanche ». Malgré cela, les cabinets suivants renforceront l’effort colonial. 

  30 mars 1954 : début de la bataille des cinq collines (Diên Biên Phu).  

La première vague d’assaut (13 et 14 mars) des divisions 316 et 312 de Giap a conquis les centres de résistance Béatrice et Gabrielle qui défendaient l’accès nord au terrain d’aviation. Surpris par l’ampleur des moyens ennemis engagés, les Français luttent à 1 contre 6 et tentent de reprendre pied.  

Le 30, dans la soirée, Giap, après avoir réorganisé son dispositif, lance un deuxième assaut mais cette fois sur les centres de résistance Eliane et Dominique, à l’est du camp retranché : si ces collines sont prises, c’en est fini. Le lieutenant Brunbrouk parvient, grâce à une utilisation en tir tendu de ses canons, à repousser momentanément les vagues d’assaut de l’armée populaire causant de très lourdes pertes chez l’assaillant qui sont finalement insuffisantes puisque les deux centres de résistance tombent le lendemain, avant d’être partiellement repris dans les jours qui suivent.  

La résistance de Brunbrouk, aidé par les tirailleurs nord-africains, les parachutistes vietnamiens et les deux mitrailleuses quadruples qui font des ravages dans les rangs du Viêt-Minh, oblige cependant Giap à renoncer aux attaques frontales pour privilégier désormais le pilonnage et l’étouffement du camp retranché par un immense réseaux de tranchées et de boyaux qui rappellent la Grande Guerre. La piste d’aviation est, depuis le 26 mars, inutilisable, le mauvais temps empêche l’appui aérien, le ravitaillement et le renforcement du camp sont impossibles, …  

Le point de non-retour est franchi. Diên Biên Phu va pourtant résister jusqu’au 7 mai. 




Chronique historique : 22 mars

22032019

22 mars 1421 : bataille du Viel Baugé (Maine-et-Loire).

Thomas, duc de Clarens et frère du roi d’Angleterre (Henry V) est chargé par ce dernier d’accroitre les possessions anglaises en France. Il vient d’échouer à prendre Angers et se dirige vers Tours lorsqu’il apprend que le Dauphin Charles (le futur roi de France, Charles VII) bénéficie d’une aide de 5000 soldats écossais qui bivouaquent à Baugé. Voulant profiter de l’effet de surprise, le duc de Clarens ne prend pas le temps de réunir toutes ses forces (3000 hommes) et décide d’attaquer uniquement avec sa cavalerie (1500 hommes) un peu avant la tombée de la nuit. Les troupes franco-écossaises commandées par le duc Motier de Lafayette (ancêtre du fameux Lafayette) sont sur leurs gardes et s’installent sur les hauteurs du Viel Baugé pour recevoir l’ennemi.  La cavalerie anglaise alors qu’elle est repérée, en infériorité numérique et de plus en contrebas de l’objectif, maintient son attaque et se fait massacrer. Cet Azincourt (1415) inversé est la première vraie défaite des Anglais en France durant la guerre de cent ans. Le duc de Clarens meurt au combat avec 1000 de ses cavaliers anglais à cause de son entêtement.  La même attitude a perdu les Français à Azincourt, 6 ans plus tôt., Jeanne d’Arc n’a que 9 ans et il faudra attendre encore 8 ans avant qu’elle ne lance la reconquête des terres françaises occupées par les Anglais. La ville de Baugé est jumelée depuis 1965 avec la ville écossaise de Milngavie en souvenir de cette bataille victorieuse.

22 mars 1594 : début de la fin des guerres de religion (Paris).

Henri IV entre nuitamment dans la capitale défendue par la Ligue catholique.  Après avoir abjuré le protestantisme à Saint Denis (25 juillet 1593) et avoir été sacré roi de France à Chartres (27 février 1594), Henri IV sans pour autant être acclamé par les Parisiens, prend possession du Louvres. L’Édit de Nantes (1598) mettra fin à la 8ème et dernière guerre de religion même si les tensions perdureront sous Louis XIII et Louis XIV.

22 mars 1869 : décès de Jomini (Paris).

Né en Suisse, il est repéré par le général Ney qui l’enrôle dans la Grande Armée en 1803. Il participe à quasiment toutes les campagnes du premier empire mais ne pouvant accéder au grade de général de division pour de sombres raisons, passe à l’ennemi en 1813 et devient aide de camp du Tsar Alexandre 1er. Il a publié de nombreux ouvrages de tactique et d’histoire militaire. Lire Guibert, Jomini, Clausewitz – les trois colonnes de la stratégie occidentale de Bernard Pénisson (Economica).

22 mars 1885 : début de l’affaire de Lang Son (Protectorat du Tonkin).

L’armée chinoise du Kouang Si et les pirates chinois de la haute vallée du fleuve Rouge attaquent la garnison française de Lang Son en dépit du traité d’Hué instituant le Protectorat. Le général Négrier blessé lors de l’attaque laisse le commandement au LCL Herbinger qui ordonne la retraite.  Le général Brière de l’Isle, commandant des troupes au Tonkin, télégraphie à Paris de manière alarmiste lorsqu’il apprend les événements et provoque sans le savoir la chute du gouvernement Ferry (30 mars). Le revers n’est cependant que momentané au Tonkin puisque la Chine, vaincue à terre et sur mer, confirmera le traité d’Hué en signant la paix le 9 juin.

22 mars 1943 : Normandie rejoint le front russe.

Formés aux procédures soviétiques et à la langue russe, les pilotes de l’escadrille française Normandie-Niemen, commandée par Jean Tulasne, rejoignent avec leurs chasseurs Yak-1 la base de Polotniani-zavod à proximité du front. A noter : l’escadrille ne portera le nom de Normandie-Niemen qu’en juillet 1944 sur ordre de Staline.

22 mars 1944 : mort de Pierre Brossolette (Paris).

Intellectuel et homme d’action, Brossolette se caractérise certes par un grand courage et une grande intelligence mais surtout par une indépendance d’esprit faisant de lui un homme libre. Avant-guerre, il est un moment dans le camp des pacifistes, mais réalise le danger du nazisme et fustige l’attentisme de ses anciens compagnons. Lors de la retraite de 1940, il se comporte brillamment et est nommé capitaine. Il entre dans la résistance aux côtés du colonel Rémy (confrérie Notre Dame) et accomplit plusieurs missions entre Londres et la zone occupée. Il est l’un des principaux artisans de l’unification des mouvements de résistance avec Jean Moulin. Arrêté le 3 février lors d’un contrôle de routine, il est reconnu et transféré au QG parisien de la Gestapo où malgré la torture, il ne parle pas. Il se défenestre à la faveur d’un moment d’inattention de ses gardiens.

22 mars 1945 : Kamikazes contre l’Enterprise (Pacifique).

Le porte-avions USS Enterprise est endommagé à la suite d’un incendie de pont provoqué par ses propres défenses anti-aériennes qui visaient des avions kamikazes japonais. Au cours des missions menées par la TF 58, l’US Navy revendique 528 appareils japonais détruits.  Les Japonais, pour leur part, admettent 163 avions perdus en combat aérien et quelques-uns au sol.  Les attaques kamikazes ne sont ici guère probantes.

22 mars 1984 : assassinat de l’ADC Philippe Mariotti (Halle-Lettin – ancienne RDA).

L’adjudant-chef Philippe Mariotti, sous-officier de la MMFL(missions militaires de liaison française), meurt dans une embuscade de la STASI. En mission de reconnaissance à proximité d’une caserne de l’armée nationale populaire Est-allemande (NVA) son véhicule de liaison est délibérément écrasé par un camion militaire. Les deux autres occupants du véhicule (un officier chef d’équipage et un sous-officier observateur) sont grièvement blessés. Après la chute du mur, l’ouverture des archives a permis de confirmer la nature criminelle de cet accident minutieusement programmé par la STASI.

La 145 ème promotion de l’ENSOA porte le nom de l’adjudant-chef MARIOTTI et une stèle marque aujourd’hui l’emplacement du drame à Halle-Lettin (Saxe-Anhalt).

22 mars 1991 : F15 contre Sukhoi (Irak).

Un McDonnell F-15C « Eagle » du 36th TFW abat un Sukhoï Su-22 irakien avec un missile Sidewinder.  L’ailier du Su-22 abattu se crashe en tentant des manœuvres évasives à l’approche du F-15.

22 mars 2006 : mort de Pierre Clostermann.

L’as français de la chasse est bien évidemment un personnage hors normes : à 24 ans, il possède 33 victoires homologuées en combat aérien. Né au Brésil du fait des fonctions de diplomate de son père, il rejoint la France libre dès 1940 et est affecté dans les escadrilles de chasse les plus prestigieuses (Groupe de chasse Alsace). Après la guerre, il est ingénieur, chef d’entreprise, député et écrivain. Sa vie continue sur le mode aventure mais dans un registre différent : il rencontre de Gaulle, Joseph Kessel, Romain Gary, Ernest Hemingway, Che Guevara, Salazar, …

Homme de conviction et ayant le courage de les assumer, il rempile lors de la guerre d’Algérie, alors que son statut de parlementaire pourrait l’en dispenser. Son ouvrage, Le grand cirque (1948) s’est vendu à plus de 3 millions d’exemplaires : Témoignage d’un pilote de chasse pendant la seconde guerre mondiale, ce classique est à l’origine de bon nombre de vocations de pilotes. Après la guerre d’Algérie, il rédige Appui feu sur l’oued Hallail. Il a aussi préfacé beaucoup de livres dont Pilote de stuka d’H.U Rudel, l’as allemand du front de l’Est.

 




Chronique historique : 31 janvier

31012019

31 janvier 1901 : abolition des peines corporelles.

Le ministère des Armées met fin aux peines corporelles dans l’armée de terre et la marine. Une première abolition avait déjà eu lieu en 1848.  

 31 janvier 1915 : première utilisation des gaz de combat (Bolimov – Pologne).  

Bien que la IXe armée de Mackensen tire 18 000 obus au bromure de xylyle sur les troupes du Tsar, le froid intense annihile l’effet de l’agent toxique.  

 31 janvier 1943 : reddition allemande à Stalingrad (aujourd’hui Volgograd).  

Assiégés depuis novembre 1942 dans la ville symbole, les Allemands capitulent manquant de tout. Les combats se poursuivent encore jusqu’au 2 février dans le secteur Nord de Stalingrad. Plus de 400 000 Allemands sont mis hors de combat durant cette bataille dont au moins 150 000 morts. Les Soviétiques perdent encore plus de soldats (entre 400 000 et 500 000) mais cette saignée humaine n’a pas les mêmes répercussions sur une nation qui dispose d’un réservoir humain sans comparaison avec l’Allemagne. Si l’on ajoute les pertes civiles, Stalingrad possède le triste privilège de la bataille la plus sanglante de l’Histoire.  

L’obstination de Staline s’explique en grande partie par la valeur symbolique de la ville (« ville de Stalin »), celle d’Hitler peut-être aussi par un accord secret entre Berlin et Tokyo précisant que le Japon entrerait en guerre lorsque une grande ville sur la Volga serait prise par la Wehrmacht. 

31 janvier 1943 : naissance de l’ORA.  

L’Organisation de Résistance de l’Armée est créée par le général Frère en réaction à l’invasion allemande de la zone Sud (novembre 1942) même si dès juillet 1940 des cadres préparent en secret une telle structure. L’ORA regroupe principalement des militaires mis en retraite et camoufle les stocks d’armes de l’armée d’Armistice qui devraient servir lors d’une reprise du combat contre l’occupant.  Frère est arrêté par la gestapo en juin et mourra le 13 juin 1944 au camp du Struthof.  Son successeur, le général Verneau, est arrêté en octobre et meurt lui aussi en camps, le 14 septembre 1944 à Buchenwald.  L’ORA a fourni bon nombre de combattants aux maquis. 

 31 janvier 1943 : début du radar de navigation utilisé pour la première fois par les bombardiers britanniques.  

Sur l’utilisation des radars par les Britanniques, lire (en anglais) Most Secret War, de R.V. Jones. L’auteur est le créateur des services de renseignement techniques anglais. Il a travaillé particulièrement sur la menace des bombardiers, sur la recherche et la destruction des sites de fabrication de V1 et V2. Ce livre fait référence. 

 31 janvier 1944 : mort de Jean Giraudoux.  

Écrivain célèbre pour ses pièces brillantes et son style incomparable, Jean Giraudoux est le premier écrivain français décoré de la première guerre mondiale. Mobilisé comme sergent au 298e régiment d’infanterie en 1914, puis nommé sous-lieutenant, il est blessé à deux reprises, à la bataille de la Marne en 1914, aux Dardanelles en 1915, et nommé chevalier de la Légion d’honneur.  Il poursuit une carrière diplomatique qui l’amène au commissariat à l’information en 1939. Sa germanophilie et son action ambiguë pendant l’occupation lui valent une postérité mitigée. 

 31 janvier 1958 : dernière plongée du sous-marin classique Rubis.  

Admis au service en 1933, ce sous-marin mouilleur de mines est le 4e de la classe Saphir. De 1939 à 1945, il effectue 28 missions de guerre (mouillage de mines, transport d’agents, renseignement) et est crédité de 18 bâtiments coulés.  Fait Compagnon de la Libération en octobre 1941, il est désarmé en 1949 et immergé en janvier 1958 au large du Cap Camarat.  La coque du Rubis repose par 40 m de fond, c’est l’un des plus beaux sites de Méditerranée pour les plongeurs. (CESM). 

 31 janvier 1960 : fin de la semaine des barricades (Alger).  

Lorsque le général de Gaulle évoque en septembre 1959, l’autodétermination, il inquiète les partisans de l’Algérie française et notamment le général Massu qui dans un article d’un journal allemand exprime son désaccord avec le Président de la République.  Il est rappelé à Paris ce qui provoque une manifestation de soutien à Alger le 24 janvier et la mise en place de barricades par des civils épaulés par les unités territoriales (composées de réservistes armés). Le premier soir, les affrontements avec les gendarmes font plus de vingt morts. L’armée prend le relais mais les jours suivants, les fraternisations entre insurgés et parachutistes l’emportent.  

Des négociations sont alors menées pour que Pierre Lagaillarde et ses partisans se rendent aux parachutistes du 1er REP. La rupture est cependant consommée entre de Gaulle et une partie de la population algérienne. Sur place, l’armée est elle aussi divisée : Le colonel Gardes, chef du 5è Bureau de l’état-major inter armées) est déféré en justice, tandis que les colonels Argoud (Chef d’état-major du Corps d’armée d’Alger), Broizat (chef de corps du 1er R.C.P.) et le capitaine Sergent (commandant de compagnie au 1er R.E.P.) sont mutés en métropole, respectivement à Metz, Châlons sur Marne et Nevers. L’OAS, n’est fondée qu’un an plus tard, en Espagne par Susini qui s’y était réfugié. A l’origine, il s’agissait d’un « mouvement » politique, destiné à relever le « Front de l‘Algérie Française » (F.A.F), dissous par les autorités. Il devient mouvement terroriste après l’échec du putsch d’avril 1961. 

La plupart des meneurs désertent et entrent en clandestinité pour fonder l’OAS. 

 31 janvier 1968 : offensive du Têt (Sud-Vietnam).  

Le Viêt-Cong attaque simultanément une centaine de villes du Sud-Vietnam espérant déclencher une insurrection générale contre les Américains et l’armée sud-vietnamienne. L’attaque est militairement enrayée mais cause une forte impression aux États-Unis où la classe politique ne pensait pas le Viêt-Cong capable d’un tel sursaut et va réclamer le retrait américain.  

 31 janvier 1994 : mort de Pierre Boulle (Paris).  

L’auteur du Pont de la rivière Kwai  et de La planète des singes meurt à 82 ans après une vie d’aventures cependant ignorée de beaucoup de ses lecteurs. Ingénieur Supélec en Malaisie lorsque la Seconde guerre mondiale débute, il rejoint Saigon en Indochine pour y servir jusqu’à sa démobilisation en avril 1941. Refusant l’armistice, il regagne Singapour, est nommé sous-lieutenant dans les Forces françaises libres et devient l’officier de liaison auprès des Britanniques.  

Repéré par l’Intelligence service, il est formé au combat clandestin. Alors qu’il tente de s’infiltrer dans Hanoi en Janvier 1942, il est capturé puis condamné à perpétuité par une cour martiale vichyste. Il s’évade et termine la guerre au sein d’une unité du SOE luttant contre les Japonais. 




Chronique historique : 25 janvier

28012019

25 janvier 1807 : combat de Mohrungen (Pologne).  

Lors de la reprise de l’offensive russe de Benningsen, pendant la campagne de Pologne, Bernadotte arrête avec 8 000 hommes une force deux fois supérieure en nombre commandée par le général Markov. 

25 janvier 1871 : raid sur Fontenoy (Moselle).  

Une audacieuse opération digne de commandos est réalisée par les chasseurs des Vosges. Après un périple de 160 km pendant sept jours en pays ennemi, par grand froid et avec deux rivières à franchir, ils attaquent un viaduc sur la Moselle, entre Toul et Nancy, et le détachement prussien qui le garde. La mission est une réussite totale, aucune perte n’étant à déplorer. Elle interrompt durablement les communications sur l’ensemble de la ligne ferrée et a compliqué en la rallongeant (puisque des itinéraires de détournement durent être utilisés) la chaîne d’approvisionnement pour les armées prussiennes qui encerclent Paris. 

 25 janvier 1888 : la colonne Pernot conquiert le bassin de la rivière noire (actuel Vietnam).  

Parti de Hanoi, le colonel Pernot remonte la rivière noire jusqu’à Lai Chau, aux confins de l’actuel Laos et de la Chine.  

25 février 1916 : première commande de 400 « cuirassiers terrestres » du Ministère de la Guerre à la firme Schneider, avec une livraison attendue début 1917. D’après un projet du général ESTIENNE, le char Schneider se présente comme un parallélépipède de 6,32 mètres de long pour 2,05 de large et 2,30 mètres de haut, armé d’un canon de 75mm en blockhaus et de deux mitrailleuses Hotchkiss. Un éperon à l’avant de l’engin permet de dévier les barbelés afin qu’il ne s’emmêle dans les chenilles. Son moteur de 60 CV le propulse à la vitesse maximum de 8 km/h, et seulement 4 km/h au combat. Ce sera le char des premiers engagements de l’Artillerie Spéciale.  CNE Jean-Baptiste P. 

 25 janvier 1930 : arrivée à Darwin (Australie) d’un avion parti de Londres. 

Parti de Londres le 20 décembre 1929, après de nombreuses étapes et ennuis mécaniques, le pilote australien Francis Chischester (1901-1972), se pose à Darwin soit une distance de plus de 20 000 km et 180 heures de vol. Il pilotait un biplan Havilland Gipsy Month IV . Plus tard, Chischester pratique les grandes courses à la voile sur mer. En 1964, il arrive 2e, derrière Tabarly, dans la Transat avec son voilier Gipsy Moth

 25 janvier 1944 : début des combats du Belvédère (campagne d’Italie). 

Entre le 25 janvier et le 1er février, le 4e Régiment de tirailleurs tunisiens (RTT), en tête de la 3e Division d’infanterie algérienne (DIA), s’empare du Belvédère et du Colle Abate au cours de combats acharnés.  Reprenant pitons et villages, les trois régiments de la division payent leur victoire avec 1 500 tués. L’absence de réserves empêche d’exploiter ce succès. Les Allemands surveilleront à présent avec attention les secteurs où les Français seront signalés. Commandée par le général de Monsabert, la 3e DIA a débarqué en Italie fin décembre. Elle fait partie des cinq divisions d’infanterie progressivement mises sur pied à partir des unités de l’Armée d’Afrique, des troupes coloniales et des Forces de la France Libre dans le cadre du Plan d’Anfa, décidé par Roosevelt et Giraud en janvier 1943.  

Au Belvédère, le 4e RTT a payé le prix fort : le colonel Roux est tué, ses trois commandants de bataillon, surnommés par leurs capitaines les « Trois mousquetaires », Berne, Bacqué et Gandoët, sont mis hors de combat.  Seul, Gandoët pourra reprendre un commandement (au 151e régiment d’infanterie) à la fin de la guerre. Tous les commandants de compagnie sont tués ou grièvement blessés. Plus de la moitié des chefs de section tués.  Le taux d’attrition des cadres est équivalent à celui des tirailleurs.  Ceux-ci se battaient pratiquement uniquement pour leur chef, ils n’avaient du drapeau français qu’une idée très vague, et ces chefs devaient mériter leur estime par une attitude au feu qui ne pouvait souffrir aucune équivoque.  

 C’est toute la gloire de l’École interarmes de Cherchell, qui mêlait Saint-cyriens repliés de métropole et candidats des années 43 et 44, Saint-Maixentais dans la même position et élèves-officiers de réserve, d’avoir formé ces chefs qui montaient au feu dès leur sortie d’École et qui s’y sont remarquablement comportés.  La figure emblématique de ces jeunes aspirants et sous-lieutenants est le général Laurier (aspirant issu de Cherchell), activé et qui a achevé sa carrière au rang de général de corps d’armée commandant le 2e corps d’armée des forces françaises stationnées en Allemagne avec des états de services exceptionnels ». 

 25 janvier 1971 : Idi Amin Dada, prend le pouvoir (Kampala – Ouganda).  

Repéré par les recruteurs britanniques pour son physique impressionnant, Amin Dada (1923-2003) se hisse grâce à ses qualités de meneur d’hommes, jusqu’au grade de lieutenant d’infanterie, grade alors rarement attribué par les Britanniques à un natif.  

Après l’indépendance de l’Ouganda (1962), devenu chef d’état-major, il aide le premier ministre Milton Obote à renverser le président Mutesa (1966).  Constatant quelque temps plus tard qu’Obote l’éloigne progressivement du pouvoir, il devance la disgrâce et le renverse à son tour (25 janvier) sans que l’Occident s’en émeuve puisque Obote sympathisait avec l’URSS.   Une fois président (2 février 1971), Amin Dada s’affuble de tous les titres (docteur, maréchal à vie, roi d’Écosse), se décerne toutes les médailles (y compris des copies d’ordres étrangers), expulse les ethnies rivales, les Asiatiques, les intellectuels, les Israéliens et finit par ruiner son pays (qui se rebelle) tout en se ridiculisant auprès de l’opinion internationale.  Il tente de reprendre la main en attaquant la Tanzanie (novembre 1978) mais se fait battre malgré le soutien libyen et palestinien.  

Il fuit finalement en Arabie saoudite où il meurt en 2003. Il a fait disparaître entre 150 000 et 300 000 Ougandais. 

 25 janvier 1985 : assassinat de l’ingénieur général de l’armement Audran (La Celle Saint Cloud).  

Le groupe terroriste d’extrême gauche Action directe assassine l’ingénieur général de l’armement René Audran devant son domicile. Ancien élève du Prytanée national militaire et de l’École polytechnique, René Audran était alors le directeur des affaires internationales au sein de la Délégation générale de l’armement. 

Une salle de la DGA porte toujours son nom dans les locaux de l’Hexagone Balard. 

 25 janvier 1995 : fausse alerte au missile balistique nucléaire (frontière Norvège-Russie). 

Une équipe de météorologues occidentaux lance, depuis l’île norvégienne d’Andoya, une fusée-sonde Black Brant pour étudier les aurores boréales après avoir diffusé les communiqués réglementaires.   Les radars russes interprètent la trajectoire comme étant celle d’un missile balistique de sous-marin nucléaire américain et déclenchent l’alerte. Ils n’ont en effet pas eu connaissance du communiqué. Les 6 à 8 minutes de réflexion prises par le président Eltsine ont heureusement permis aux radaristes russes de déterminer que le missile se dirigeait vers l’océan Arctique et était en fait une sonde inoffensive.  

Cet événement est à mettre en parallèle avec la récente panique hawaïenne (13 janvier 2018) due à un SMS intempestif des autorités américaines




Chronique historique : 1er juin

5062018

Précision pour le 31 mai 1916 : bataille navale du Jutland (Mer du Nord). Ce ne sont pas les Britanniques qui ont rompu le combat à la bataille du Jutland mais les Allemands alors même que ces derniers ont infligé des pertes supérieures à la Royal Navy et ont réussi à fuir sans être submergés. Tactiquement les Allemands ont probablement gagné. Stratégiquement, ils ont perdu puisqu’ils ne sortiront plus jamais de leurs ports. Merci au CV Jacques R.

 1er juin 1808 : transformation du Prytanée militaire françaisDénommé Prytanée militaire de la Flèche sous la Troisième République. Un Collège royal  avait déjà été fondé par Henri IV à La Flèche en 1604 sous la direction de la Compagnie de Jésus. Ce collège de jésuites n’était pas militaire. Sa transformation en une institution militaire en 1764 est une conséquence de la création de l’Ecole royale militaire en 1751. En effet, dans la première moitié du XVIIIe siècle, les jeunes gens de la bonne noblesse et de la bourgeoisie fortunée qui se destinaient à la carrière des armes n’entraient pas d’emblée dans l’armée, avant d’avoir reçu une solide instruction générale. Après une instruction élémentaire (souvent par précepteur), ils fréquentaient, aux côtés de congénères qui ne se destinaient pas à la carrière des armes, un collège, soit un collège des universités, soit un collège d’une institution religieuse, jésuites ou oratoriens. Le collège des jésuites de La Flèche était simplement un de ces collèges…

En 1751 est créée l’Ecole royale militaire à Paris, pour donner, aux frais de la monarchie, aux gentilshommes pauvres qui se destinaient à la carrière des armes (prioritairement les orphelins et les fils de militaires) l’instruction que leurs moyens financiers ne leur permettaient pas d’acquérir dans des collèges. Or le niveau des élèves est très inégal à l’entrée (du fait qu’il n’y a pas d’examen d’entrée), même si une instruction élémentaire est requise pour postuler. Donc en 1764, la monarchie crée, à La Flèche, une école préparatoire, pour donner aux enfants un enseignement élémentaire avant leur entrée à l’Ecole royale militaire de Paris. Cette école préparatoire est installée dans les locaux de l’ancien collège jésuite de La Flèche (les collèges de jésuites ont été fermés en 1762, après la condamnation de la Compagnie de Jésus par le Parlement de Paris). Lire André Corvisier (dir.), Histoire militaire de la France, Paris, PUF, tome 2, 1992, p. 68-75 (chapitre écrit par Jean Chagniot) et Des Premières écoles militaires aux lycées de la Défense, l’éducation des enfants au sein de l’armée de Frédéric de Berthier.

 1er juin 1815 : mort du maréchal Berthier (Allemagne). Né en 1753, il commence sa carrière comme ingénieur cartographe à l’école du génie de Mézières, fait la campagne de la guerre d’Indépendance américaine avec La Fayette puis ne quitte plus Napoléon jusqu’à la campagne de Russie où il démissionne pour manifester son désaccord. Grand organisateur, il sert principalement en tant que ministre de la guerre ou chef d’état-major de l’empereur. Il est avec La Fayette l’un des rares Cincinnati français. L’ordre des Cincinnati a été fondé en 1783 par George Washington afin d’honorer les ainés des familles les plus méritantes dans le combat pour l’indépendance des Etats-Unis et notamment les officiers étrangers. Il existe 14 sociétés des Cincinnati (13 américaines et 1 française) toujours actives. Ce sont les plus anciennes sociétés patriotiques américaines. L’appellation fait référence au héros romain Cincinnatus, modèle de l’honnête homme, aussi courageux dans la guerre que dans la paix ». COL Claude F.

1er juin 1823 : mort du maréchal Louis Nicolas d’Avout (dit Davout). Cavalier émérite et d’une grande loyauté, il est l’artisan principal des victoires d’Auerstedt et d’Eckmühl. Il n’a jamais perdu de bataille tout en ayant participé à la plupart des campagnes de l’Empire.

 1er juin 1879 : mort au combat du Prince Louis Napoléon (Afrique du Sud). A 23 ans, le fils de Napoléon III demande avec insistance à être intégré dans les troupes britanniques d’Afrique australe. La reine Victoria l’y autorise et il s’embarque en février. Après un passage au Cap, il est versé dans une unité d’éclaireurs au Natal. Il y arrive au moment où les Britanniques, battus quelques mois plus tôt par les Zoulous, reprennent l’offensive. Le 1er juin, il participe à une mission de reconnaissance à cheval avec quelques hommes dans une région située à environ 50 kilomètres à l’ouest de Dundee. Lors d’une halte au bord d’une rivière, la patrouille est surprise par un groupe de 60 guerriers zoulous. Il meurt, atteint de 17 coups de lance (reçus de face). Le chef zoulou, capturé quelques jours plus tard, confirme que le jeune prince « s’est battu comme un lion ». Sa dépouille est inhumée à Chiselhurst, dans le Kent. Elle sera ensuite transférée à l’abbaye St Michel à Farnborough, dans le sud de l’Angleterre. L’impératrice Eugénie l’a fait bâtir pour que lui et son père y reposent. Une stèle existe aussi dans la chapelle royale de Windsor. L’émotion fut beaucoup plus vive en Angleterre qu’en France. Aujourd’hui, la statue du Prince Louis Napoléon est un des monuments les plus symboliques et les mieux mis en valeur à l’académie royale militaire de Sandhurst, où sont actuellement formés les officiers britanniques.

 1er juin 1899 : réception triomphale du commandant Marchand (Paris). La mission « Congo-Nil » du CBA Jean-Baptiste Marchand est accueillie par une foule en liesse à Paris après sa traversée de l’Afrique, d’Ouest en Est. 6000 km parcourus en deux ans : une des plus grandes aventures africaines pour l’armée française.

 1er juin 1915 : abandon du pantalon rouge au profit de la tenue « bleu horizon »

 1er juin 1939 : naufrage du HMS Thetis (Baie de Liverpool). Lancé en 1938, le sous-marin britannique coule par 40 mètres de fond après une série d’erreurs : Un des tubes lance torpilles est resté accidentellement ouvert innondant une partie du submersible qui reste échoué malgré toutes les tentatives de renflouement des secours de la Royal Navy. Seuls 4 hommes parviennent à regagner la surface. 99 hommes périssent.

 1er juin 1954 : Genevieve de Gallard rentre à Paris. Convoyeuse de l’air et infirmière en Indochine à 28 ans, elle est faite prisonnière lors de la défaite de Dien Bien Phu (7 mai 1954). Son comportement exemplaire au quotidien dans la tourmente du camp retranché fait d’elle une héroïne. Libérée par le Vietnam, elle est célébrée en France et même décorée par le président américain Eisenhower. Elle est Grand-Croix de la légion d’honneur.

 1er juin 2016 : création du commandement Terre pour le territoire national (COM T-TN).




Chronique historique: 09 mars

13032018

9 mars 1814 : bataille de Laon et Hurrah d’Athies. Poursuivant les Russes, repoussés à Craonne, Napoléon attaque les coalisés (Russes et Prussiens) retranchés sur le versant sud de la   »montagne couronnée »,  mais il est contraint à la retraite vers Reims par la déroute de Marmont sur sa droite à Athies. Ce combat appelé par les Allemands, le Hurrah d’Athies est l’un des plus hauts faits d’armes de la cavalerie allemande : « dans la nuit du 9 au 10, les Ier et IIème corps prussiens et la cavalerie de von Zieten, sous les ordres de York, attaquent de nuit les bivouacs du corps de Marmont qui s’est établi dans une position aventurée et n’a pris aucune des précautions les plus élémentaires pour assurer sa sûreté. Composé de jeunes conscrits qui ont reçu le baptême du feu la veille, appuyé par une artillerie armée par des canonniers de marine ignorants du service en campagne, le corps de Marmont est surpris et jeté dans une affreuse déroute et n’est sauvé de la destruction que de justesse. Le colonel Fabvier revenu à la hâte d’une liaison manquée à la tête d’un détachement de 400 cavaliers et 4 pièces se jette dans le village de Veslud et l’interdit au corps de Kleist, puis un détachement de 100 soldats de la Vieille Garde cantonnés pour la nuit par hasard à Festieux interdit à l’ennemi l’entrée du défilé, permettant la retraite. Marmont perd 3000 hommes sur 9000 et presque toute son artillerie et doit le lendemain aller jusqu’à Berry-au-Bac rallier ses fuyards. L’aile droite française a disparu, Napoléon ne peut plus gagner sa bataille de Laon et devra retraiter vers Paris. La cavalerie prussienne a pris à elle seule plus de 20 pièces dans une succession de charges nocturnes ».

9 mars 1831: promulgation de la loi autorisant à la création d’une légion d’étrangers. « Elle précise qu’il pourra être formé dans l’intérieur du royaume une légion d’étrangers, mais elle ne pourra être employée que hors du territoire continental du royaume (article 1er). Suite à la dissolution du Régiment de Hohenlohe le 5 janvier 1831, Louis-Philippe reprend  la tradition des régiments étrangers attachés aux rois de France (Suisses, Irlandais, Hongrois, Polonais, etc.). Elle instaure aussi une clause restrictive d’emploi, car cette légion ne pourra être employée que hors du territoire du royaume : l’histoire nous contraindra 3 fois (1870/71, première et seconde guerre mondiale). Cette loi résulte, d’une part, de la nécessité d’envoyer des troupes en Algérie pour assurer la présence française sans pour autant faire appel au 80 000 français de la classe 1830. Et d’autre part, de l’inquiétude des députés quant aux considérations d’humanité, d’ordre public et d’économie ainsi que de sécurité publique qu’engendre la concentration exceptionnelle d’étrangers dans Paris, estimée à 10% (rapport du 12 février 1831). En pleine crise ministérielle, ce texte de loi, amendé par les Pairs de France, est voté le 5 mars par la Chambre des députés ». CNE Jean-Baptiste P.

9 mars 1945 : coup de force japonais en Indochine. Les forces japonaises (65 000 hommes) occupent l’Indochine depuis la défaite française de juin 1940 mais n’ont pas revendiqué le pays,  ni démembré la petite armée française locale (20 000 Français et 40 000 Indochinois) avec laquelle elles sont imbriquées. La situation générale du Japon devenant critique, les Nippons veulent empêcher que l’Indochine serve de base d’attaque vers leur archipel et prennent le contrôle par surprise de la péninsule. Le général Tsushibashi invite officiellement les autorités françaises à diner et en profitent pour procéder au coup de main dans toute l’Indochine. La surprise est grande mais la combativité des garnisons attaquées est excellente. Le comportement des militaires nippons est ahurissant pour les Européens puisqu’ils procèdent à l’exécution (au sabre) de nombreux prisonniers désarmés, dont le général Lemonnier et des administrateurs. Pour un officier japonais, être fait prisonnier est infamant et le fait de le décapiter lui restitue son honneur…

Au total, la prise de contrôle cause la mort de 2650 Français. Les scènes d’horreur sont nombreuses notamment en ce qui concerne les familles européennes. Sous les ordres du général Alessandri, un groupement de quelques milliers d’hommes s’échappe dans une longue marche et livre de durs combats de guérilla tant contre les japonais que des bandes chinoises qui cherchent à s’emparer de leur matériel. Le commandement allié de la zone, assumé par les américains applique la doctrine du président Roosevelt pour la décolonisation et abandonne complètement ce groupement à son sort. Seul l’amiral britannique Mountbatten enfreint les consignes pour, aussi souvent que possible, intervenir au profit d’Alessandri par des parachutages de vivres et matériels, des missions d’appui aérien ou encore des évacuations sanitaires.

9 mars 1968 : décès du général Charles Ailleret (La Réunion). Le DC-6 transportant le général d’armée Ailleret (CEMA) et appartenant au GLAM s’écrase contre une colline peu après le décollage de l’aéroport de Saint-Denis. Polytechnicien (1926), artilleur, chef de l’O.R.A (zone Nord), déporté à Buchenwald (1944), responsable des applications militaires du CEA (1958), il s’oppose au putsch d’Alger alors qu’il commande la zone Nord-Est Constantinois (1961). Nommé CEMA en juillet 1962, c’est lui qui organise le retrait français du commandement intégré de l’OTAN. Avec son frère, Pierre (polytechnicien comme lui), il constitue un tandem historique de la recherche nucléaire française. C’est le CEMA qui est resté jusqu’à présent le plus longtemps à son poste (plus de 5 ans 1/2). Le général d’armée aérienne Michel Fourquet lui succède dans la fonction.

Le même jour, l’ingénieur aéronautique René Leduc meurt dans sa 69ème année. Il est le concurrent malheureux de Dassault.

9 mars 1974 : reddition du lieutenant Onoda (Ile Lubang –Philippines). Près de 30 ans après la fin de la seconde guerre mondiale, le sous-lieutenant Onoda, soldat japonais vivant caché dans les montagnes et pensant le Japon toujours en guerre, accepte de se rendre à son supérieur, le commandant Taniguchi toujours en vie, qui est venu spécialement du Japon lui confirmer la fin de sa mission.

 




Chronique historique 31 janvier

1022018

31 janvier 1901 : abolition des peines corporelles. Le ministère des Armées met fin aux peines corporelles dans l’armée de terre et la marine.

 31 janvier 1915 : première utilisation des gaz de combat (Bolimov – Pologne). Bien que la IXème armée de Mackensen tire 18 000 obus au bromure de xylyle sur les troupes du Tsar, le froid intense annihile l’effet de l’agent toxique.

 31 janvier 1943 : reddition allemande à Stalingrad (aujourd’hui Volgograd). Assiégés depuis novembre 1942 dans la ville symbole, les Allemands capitulent manquant de tout. Les combats se poursuivent encore jusqu’au 2 février dans le secteur Nord de Stalingrad. Plus de 400 000 Allemands sont mis hors de combat durant cette bataille dont au moins 150 000 morts. Les Soviétiques perdent encore plus de soldats (entre 400 000 et 500 000) mais cette saignée humaine n’a pas les mêmes répercussions sur une nation qui dispose d’un réservoir humain sans comparaison avec l’Allemagne. Si l’on ajoute les pertes civiles, Stalingrad possède le triste privilège de la bataille la plus sanglante de l’Histoire. L’obstination des belligérants s’explique en grande partie par la valeur symbolique de la ville (« ville de Stalin »).

31 janvier 1943 : naissance de l’O.R.A. L’Organisation de Résistance de l’Armée est créée par le général Frère en réaction à l’invasion allemande de la zone Sud (novembre 1942) même si dès juillet 1940 des cadres préparent en secret une telle structure. L’O.R.A regroupe principalement des militaires mis en retraite et camoufle les stocks d’armes de l’armée d’Armistice qui devraient servir lors d’une reprise du combat contre l’occupant. Frère est arrêté par la gestapo en juin et meurt le 13 juin 1944 au camps du Struthof. Son successeur, le général Verneau, est arrêté en octobre et meurt lui aussi en camps, le 14 septembre 1944 à Buchenwald. L’O.R.A a fourni bon nombre de combattants aux maquis.

31 janvier 1943 : début du radar de navigation utilisé pour la première fois par les bombardiers britanniques. Sur l’utilisation des radars par les Britanniques, lire (en anglais) Most Secret War, de R.V. Jones. L’auteur est le créateur des services de renseignement techniques anglais. Il a travaillé particulièrement sur la menace des bombardiers, sur la recherche et la destruction des sites de fabrication de V1 et V2. Ce livre fait référence.

 31 janvier 1958 : dernière plongée du sous-marin classique Rubis. Admis au service en 1933, ce sous-marin mouilleur de mines est le 4e de la classe Saphir. De 1939 à 1945, il effectue 28 missions de guerre (mouillage de mines, transport d’agents, renseignement) et est crédité de 18 bâtiments coulés. Fait Compagnon de la Libération en octobre 1941, il est désarmé en 1949 et immergé en janvier 1958 au large du Cap Camarat. La coque du Rubis repose par 40 m de fond, c’est l’un des plus beaux sites de Méditerranée pour les plongeurs.

 31 janvier 1960 : fin de la semaine des barricades (Alger). Lorsque le général de Gaulle évoque en septembre 1959, l’autodétermination, il inquiète les partisans de l’Algérie française et notamment le général Massu qui dans un article d’un journal allemand exprime son désaccord avec le Président de la République.  Il est rappelé à Paris ce qui provoque une manifestation de soutien à Alger le 24 janvier et la mise en place de barricades par des civils épaulés par les unités territoriales (composées de réservistes armés). Le premier soir, les affrontements avec les gendarmes font plus de vingt morts. L’armée prend le relais mais les jours suivants, les fraternisations entre insurgés et parachutistes l’emportent. Des négociations sont alors menées pour que Pierre Lagaillarde et ses partisans se rendent aux parachutistes du 1er REP. La rupture est cependant consommée entre de Gaulle et une partie de la population algérienne. Sur place, l’armée est elle aussi divisée : La plupart des meneurs désertent et entrent en clandestinité pour fonder l’OAS.

31 janvier 1968 : offensive du Têt (Sud-Vietnam). Le Viêt-Cong attaque simultanément une centaine de villes du Sud-Vietnam espérant déclencher une insurrection générale contre les Américains et l’armée sud-vietnamienne. L’attaque est militairement enrayée mais cause une forte impression aux Etats-Unis où la classe politique ne pensait pas le Viêt-Cong capable d’un tel sursaut et va réclamer le retrait américain.

31 janvier 1994 : mort de Pierre Boulle (Paris). L’auteur du Pont de la rivière Kwai  et de La planète des singes meurt à 82 ans après une vie d’aventures cependant ignorées de beaucoup de ses lecteurs. Ingénieur Supélec en Malaisie lorsque la Seconde guerre mondiale débute, il rejoint Saigon en Indochine pour y servir jusqu’à sa démobilisation en avril 1941. Refusant l’armistice, il regagne Singapour, est nommé sous-lieutenant dans les Forces françaises libres et devient l’officier de liaison auprès des Britanniques. Repéré par l’Intelligence service, il est formé au combat clandestin. Alors qu’il tente de s’infiltrer dans Hanoi en Janvier 1942, il est capturé puis condamné à perpétuité par une cour martiale vichyste. Il s’évade et termine la guerre au sein d’une unité du SOE luttant contre les Japonais.

 

 

 

 







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