Chronique historique : 20 juin

20062018

20 juin 451 : bataille des champs catalauniques (près de Troyes).
Le roi des Huns, Attila, est surnommé à l’époque le « fléau de Dieu ». Ravageant tout sur son passage, sa réputation le précède et lui ouvre les villes terrorisées. Après avoir rasé la ville de Metz (4 avril 451), il évite cependant Lutèce (Paris) grâce à Sainte Geneviève puis Aureliani (Orléans) et décide d’affronter l’armée romaine commandée par le général Aetius qui s’est mise à sa poursuite. Les Romains sont minoritaires dans l’armée levée puisque l’on compte des Alains, Francs, Germains et Wisigoths. Dans l’autre camp, Attila s’est quant à lui allié aux Ostrogoths et Gépides. La tradition veut que le combat soit titanesque entre les troupes du « fléau de Dieu » et l’Empire romain. La Gaule est sauvée mais la défaite d’Attila n’est pas complète puisqu’avant de se replier vers le Danube, il passe près de Rome et commet d’autres massacres. La victoire n’est romaine qu’en apparence : Elle est surtout le fait des peuples barbares alliés à Rome et fait prendre conscience à tous de la puissance que ces alliés ont acquise dans l’Empire faiblissant. Lire l’ouvrage de Fabrice Delaitre, Les champs catalauniques – 1er et 2 septembre 451.

 20 juin 1783 : bataille de Gondelour (côte indienne face au Sri Lanka).
Suffren bat les Britanniques sur mer et permet la victoire à terre pendant la guerre d’indépendance américaine.

 20 juin 1907 : mutinerie du 17e Régiment d’infanterie (Agde).
Dans un contexte de mévente du vin, les vignerons du Midi se révoltent, excédés par la commercialisation du « Vin de Sucre » à base de raisins secs turcs ainsi que par les importations de vin d’Algérie. La répression des manifestations des 19 et 20 juin  à Narbonne fait 6 victimes. Les soldats du 17e RI, basé à Agde, se mutinent et rejoignent les manifestants de Béziers (à 25 km) avec lesquels ils ont tous un lien de parenté. Le gouvernement Clemenceau prend alors des mesures d’apaisement, cédant à de nombreuses demandes des vignerons et promet l’indulgence aux mutins qui rejoignent leurs quartiers. Les vignerons ont obtenu l’interdiction du « Vin de Sucre » et une série de mesures contre la fraude dont certaines sont toujours en vigueur.
Le 17e RI est envoyé à Gafsa dans le sud tunisien. À partir de cette mutinerie, les conscrits sont envoyés loin de leur région d’origine. Cette journée restera longtemps dans les mémoires grâce à la chanson « Gloire au 17ème » du chansonnier Montéhus.

 20 juin 1940 : ralliement des Etablissements français des Indes.
« Le Gouverneur Bonvin, Gouverneur des Etablissements français des Indes adresse au ministre des Colonies, alors à Bordeaux, le message suivant : «…L’empire est intact et restera aux côtés de l’Empire britannique jusqu’à la victoire finale. Le gouverneur fait appel à la population pour garder dans les circonstances actuelles tout son calme et toute sa dignité. Nous vaincrons ! Vive la France ! Vive la Grande Bretagne !… ». Le 13 juillet, en son nom et au nom de la population, il assure le général De Gaulle de son soutien et de sa collaboration. Mais compte tenu des clauses du Traité du 30 mai 1814 qui interdisait à la France de mettre sur pied une armée en Inde, le ralliement effectif de la colonie n’interviendra que le 7 septembre ». Ephéméride des TDM.

 20 juin 1943 : opération BELLICOSE.
Les Britanniques mettent au point le premier bombardement stratégique multiple de la guerre. 60 Avro Lancaster décollent de Grande Bretagne et bombardent les usines métallurgiques de Friedrichshafen (Allemagne) où  les V2 sont construits, puis se posent en Algérie où ils font le plein en carburant et munitions. Trois jours plus tard, les 52 bombardiers restés opérationnels repartent vers la Grande Bretagne en bombardant au passage la base navale de la Spezia (Italie).

 20 juin 1945 : le Régiment de chasse Normandie-Niemen rentre en France (le Bourget).
Une foule nombreuse accueille les pilotes du  Normandie-Niemen  rentrés avec leurs Yak-3, offerts par Joseph Staline. Unité créée en 1942 sous le nom de groupe de chasse n°3 Normandie, ce n’est que le 21 juillet 1944 qu’il prend l’appellation de Régiment de chasse Normandie-Niemen. Ils sont crédités de 273 victoires plus 73 probables pour 38 pilotes morts ou disparus au combat, 7 en service commandé et 3 prisonniers. Aujourd’hui stationné sur la BA118 de Mont-de-Marsan, l’escadron de chasse 2/30 vole sur Rafale.




L’INCORRECT : article Le Rwanda vu par Ancel, l’histoire révisée de l’opération Turquoise

25042018

Les 15, 16 et 17 mars dernier, à l’approche du 24ème anniversaire du génocide rwandais (déclenché le 7 avril 1994 au lendemain de l’assassinat du président rwandais Juvénal Habyarimana et de son homologue burundais),  le journal vespéral Le Monde a publié pas moins de six articles sur le sujet sous la plume d’un journaliste, David Servenay, connu depuis des années pour son parti pris en faveur de la thèse d’une culpabilité de la France dans le génocide rwandais.

Cette année, l’habituelle campagne de presse avait un objectif particulier ; celui d’accompagner le lancement d’un livre, plus exactement d’une réédition, sous un nouveau titre, du récit romancé d’un ancien officier de l’opération Turquoise. Après avoir en effet connu un échec lors du lancement de « Vents sombres sur le lac Kivu » en 2014, pour le 20ème anniversaire du génocide, Guillaume Ancel récidive avec « Rwanda, la fin du silence » publié aux « Belles Lettres », dans la collection –excusez du peu !- « Mémoires de guerre ». Cette nouvelle édition – sous-titrée cette fois « témoignage d’un officier français » – s’orne d’une préface élogieuse de Stéphane Audouin-Rouzeau (1), professeur à l’EHESS, qui au travers de récents voyages au Rwanda, est devenu un initié de ce pays autant qu’un admirateur du régime qui le régit aujourd’hui sans discontinuer depuis la victoire militaire du FPR, la rébellion tutsie, en 1994.

Après avoir en effet connu un échec lors du lancement de « Vents sombres sur le lac Kivu » en 2014, pour le 20ème anniversaire du génocide, Guillaume Ancel récidive avec « Rwanda, la fin du silence » publié aux « Belles Lettres », dans la collection –excusez du peu !- « Mémoires de guerre »

Sur le Rwanda, il existe une thèse –largement initiée outre-Manche et outre-Atlantique – qui veut que la France soit à tout prix responsable du génocide de 1994 (le seul dont on parle vraiment, car il est jugé « révisionniste » voire même « négationniste » d’évoquer le « génocide-revanche », qui se déroulera entre 1995 et 1997, ainsi que les terribles massacres : aussi bien ceux de l’Indépendance, les Tutsis massacrés par les Hutus, que ceux de la guerre de 1990-1993, les Hutus massacrés par les Tutsis dans le nord du pays, provoquant alors l’afflux d’un million de réfugiés à Kigali). Cette thèse est celle de Paul Kagamé, l’ancien chef rebelle Tutsi formé aux États-Unis et en Ouganda (dont il fut le chef du Renseignement militaire) et actuel président Rwandais, au pouvoir depuis 1994. Il vient de modifier la Constitution du pays pour se maintenir aux commandes du pays sans plus de limite désormais. La culpabilité supposée de la France est en fait la « doxa », la doctrine officielle du régime rwandais. Il faut un bouc émissaire et la France, qui a freiné sa conquête du pouvoir entre 1990 et 1994, est toute désignée pour ce rôle. Au point que Kagamé imposera au Rwanda de quitter la Francophonie pour rejoindre le Commonwealth. Il y a dix ans, pour soutenir sa thèse, Kagamé a fait publier par ses services un énorme pavé de 800 pages baptisé « Rapport Mucyo », condensé d’accusations plus énormes les unes que les autres, enrichi de faux documents si grossiers qu’ils en étaient risibles !

Mais cette thèse est relayée également à l’étranger, y compris bien sûr en France, par des organisations, des officines, des journalistes, des enseignants, des personnalités, tous adeptes de ce que le général François Torrès qualifie de « poisons intellectuels français : la repentance et le mensonge ». Ces milieux que nous connaissons sous le qualificatif de « porteurs de valise du FPR », très marqués par les influences mondialiste, gauchiste, anti militariste…etc  cherchaient depuis longtemps du « renfort », c’est-à-dire des personnes susceptibles d’être utilisées « à charge », autrement dit  en mesure de valider leur thèse, et bien entendu, pour ce faire, quoi de mieux qu’un « ancien officier de l’opération Turquoise ».  C’est Laure de Vulpian, l’ineffable activiste de France Culture qui, après un demi échec lors du ralliement à sa cause d’un ancien sous-officier du GIGN ayant participé à Turquoise, auquel elle tentera vainement de tenir la plume, décrochera enfin le gros lot en la personne de Guillaume Ancel, auquel elle donnera la parole dans son émission du 6 avril 2014. Peu de temps après que l’intéressé, qui venait d’effectuer une petite dizaine d’années dans le civil en situation de disponibilité, ait demandé sans succès sa réintégration dans les cadres de l’armée de terre.

Le problème est que le livre d’Ancel ne résiste pas à une lecture honnête et attentive. Éliminons d’abord le moins important.

Guillaume Ancel est un ancien officier, saint-cyrien de surcroît (Promotion Cadets de la France Libre, 1985-1988) et cela donne a priori à son « témoignage » davantage de crédit qu’un malheureux gendarme débauché sans succès quelques années auparavant. Certes, il n’était lors de l’opération Turquoise qu’un tout jeune officier subalterne inexpérimenté. Certes, il n’avait dans cette opération aucune responsabilité de commandement, étant détaché en tant que spécialiste OGT de son régiment, le 68ème régiment d’artillerie, auprès de la 1ère compagnie du 2ème REI désignée pour participer à Turquoise. Certes, il n’avait en tant que tel pas accès aux ordres émis ou reçus aux échelons supérieurs. Il n’était qu’un exécutant sans aucune vue d’ensemble mais la « grande presse », actionnée par les réseaux que je viens d’évoquer, en ont fait au mois de mars « le » seul témoin, le seul « expert » capable de donner un témoignage véridique et sincère ! Le problème est que le livre d’Ancel ne résiste pas à une lecture honnête et attentive. Éliminons d’abord le moins important. Sans parler de la forme à proprement parler (le ton très suffisant pour ne pas dire arrogant que l’auteur adopte de la première à la dernière page pour se dépeindre et se mettre en selle), le jeune artilleur, visiblement mal à l’aise dans les unités professionnelles de l’armée de terre, et quoiqu’il s’en défende à plusieurs reprises, règle dans son ouvrage de nombreux comptes personnels. Vis-à-vis de la Légion étrangère, vis-à-vis des Forces spéciales, vis-à-vis des Troupes de Marine, vis-à-vis de ses chefs, les descriptions, les qualificatifs, les commentaires, les allusions et même quelques solides attaques « ad hominem » pleuvent (2). Peu amènes, ces déclarations témoignent d’une envie déclarée de nuire, d’un sérieux besoin de reconnaissance et de revanche. Sur le fond, on peut relever, page par page (3), un très grand nombre de contre-vérités, d’approximations et de contradictions. Si bien que ce livre donne une version toute personnelle, bien éloignée de la réalité, de la vérité de l’opération Turquoise.

S’agissant d’abord de la mission et des ordres reçus, comme l’a écrit le général Lafourcade qui était notre chef et comme je peux en attester moi-même : « Tous les ordres du CEMA et du commandant d’opération contredisent ses affirmations. Il n’a jamais été question d’une mission de combat contre le FPR ni d’un raid sur Kigali. Il n’a jamais été question dans ces ordres d’aider les forces gouvernementales ni de livrer des armes, à plus forte raison de payer leur solde. L’importance des moyens déployés avait pour but d’assurer la sécurité de la mission face à l’hostilité déclarée du FPR avant l’engagement ». Tout est dit dans cette remarque du COMFOR Turquoise. Néanmoins, depuis 2014, Ancel répète à l’envi que Turquoise et en particulier le Groupement Sud que je commandais, aurait livré des dizaines de milliers d’armes aux FAR réfugiées au Zaïre ! Avec cette histoire de « raid sur Kigali », il s’agit là du plus gros mensonge dont ce livre est truffé. Ancel là aussi fabule : Je relève ainsi notamment l’épisode figurant aux pages 98 à 100 de l’ouvrage : « Aéroport de Cyangugu, Rwanda, juillet 1994 » (Ancel précise en note de bas de page : « je n’ai pas noté le jour, cela se passe lors de la deuxième quinzaine de juillet ») dans lequel il me met personnellement en cause. Dans ces trois pages (que Le Monde reproduira in extenso dans sa publication du 15 mars et pour lesquelles il me refuse jusqu’à présent, sous de curieux prétextes, un droit de réponse), Ancel évoque une demande que lui aurait fait mon adjoint, le lieutenant-colonel Laporte (« Lemoine » dans le livre, décédé il y a plusieurs années et qui n’est donc plus là pour se défendre…) de s’occuper d’un groupe de journalistes afin « qu’un convoi de camions (puisse) quitter la base pour transporter des armes vers le Zaïre ». Plus loin, Ancel décrit « dans leur dos, de l’autre côté de la piste, une colonne d’une dizaine de camions transportant des conteneurs maritimes qui quitte le camp en soulevant un nuage de poussière ». S’ensuit un dialogue surréaliste au cours duquel je lui aurais expliqué le soir même que nous livrions des armes aux FAR pour « les calmer et éviter qu’elles se retournent contre nous » ! Pauvres FAR, alors exsangues, battues et abattues, défaites moralement, précisément sans armes et sans munitions : comment donc auraient-elles été en mesure de s’en prendre à nous ?

Néanmoins, depuis 2014, Ancel répète à l’envi que Turquoise et en particulier le Groupement Sud que je commandais, aurait livré des dizaines de milliers d’armes aux FAR réfugiées au Zaïre ! Avec cette histoire de « raid sur Kigali », il s’agit là du plus gros mensonge dont ce livre est truffé

Par ailleurs, si nous avions dû livrer des armes aux FAR, nous leur aurions livrées, me semble-t-il, bien plus tôt, c’est-à-dire quand elles se battaient encore dans Kigali face au FPR, comme me l’avait demandé alors le 2 ou le 3 juillet leur sous-chef opérations le Général Kabiligi, ce que je lui avais alors bien entendu refusé (Voir « Les larmes de l’Honneur », page 47). Je déments donc bien entendu ici une fois encore toute livraison d’armes aux FAR et ne peux que conclure, dans le meilleur des cas, qu’il s’agit dans l’esprit de l’ex-capitaine Ancel d’une grave confusion.  Grave confusion pour un militaire de confondre les véhicules que nous avions en dotation : TRM2000, TRM4000 et VLRA avec des « porte-conteneurs » et « conteneurs maritimes » (« une dizaine » !) dont on se demande encore par quel itinéraire ils auraient bien pu rejoindre les confins zaïro-rwandais. Grave confusion car le gros des FAR en déroute étant passé par le nord du lac Kivu, nous n’aurions pas poussé le vice à nous livrer ainsi à leur profit à un exercice logistique aussi colossal qu’improbable !  Grave confusion encore car il mélange probablement ses souvenirs et confond cette livraison d’armes imaginaire avec la livraison bien réelle de fret humanitaire (Bâches plastiques, couvertures, aliments et médicaments de première nécessité) que j’ai fait effectuer le vendredi 22 juillet après midi (j’ai toutes mes archives !) aux familles des soldats du Général Kabiligi (4300 personnes) réfugiées aux sorties ouest de Bukavu (Zaïre). Je ne faisais que répondre ainsi à la situation tragique d’êtres humains dans un dénuement et une détresse extrêmes, alors même que 3 enfants en bas âge venaient de mourir de faim, de fatigue et du manque de soins.

Comme je l’ai écrit publiquement à celui qui reste mon ancien subordonné mais auquel je dénie la qualité d’ancien « compagnon d’arme », la malhonnêteté, le besoin de paraître et la méchanceté n’ont jamais servi la vérité

Certes, Ancel écrit à plusieurs reprises, comme s’il voulait se protéger de lui-même, qu’il craint que ses souvenirs ne le trahissent, plus de vingt ans après. Je crois que c’est au minimum le cas. Mais alors, il aurait mieux fait de se taire comme le lui a rappelé sévèrement il y a peu le Général d’armée Bruno Dary président de la Saint-Cyrienne, l’association des anciens élèves de St-Cyr. La version qu’il donne de l’opération Turquoise est totalement partiale, dénuée de sens et d’objectivité, et elle relaie la propagande anti-française que mène depuis 1994 le régime totalitaire de Paul Kagamé au Rwanda. Je n’ai manifestement pas participé à la même opération que lui ! Comme je l’ai écrit publiquement à celui qui reste mon ancien subordonné mais auquel je dénie la qualité d’ancien « compagnon d’arme », la malhonnêteté, le besoin de paraître et la méchanceté n’ont jamais servi la vérité. Les millions de morts, Tutsis aussi bien que Hutus, anéantis dans des conditions atroces de 1990 à nos jours, méritent assurément mieux que les médiocres règlements de compte d’un officier subalterne en rupture de ban avec l’institution qui l’a nourri durant tant d’années. Ce livre n’est en rien crédible pour qui connaît bien de l’intérieur l’Armée française et ses forces vives et pour qui a vécu l’expérience des opérations extérieures. Bourré d’inexactitudes, d’approximations, de contradictions, de contre-vérités (3), mélangeant comme à dessein les propos de popote, tenus ou supposés, avec les briefings où seuls les chefs d’un certain rang s’expriment, multipliant les allégations, les sous-entendus sans fondements, la caricature, l’ironie déplacée, ce livre ne fait en réalité pas honneur à son auteur.

Les millions de morts, Tutsis aussi bien que Hutus, anéantis dans des conditions atroces de 1990 à nos jours, méritent assurément mieux que les médiocres règlements de compte d’un officier subalterne en rupture de ban avec l’institution qui l’a nourri durant tant d’années

Au-delà de ce livre et du personnage qui l’a commis, il faut redire avec force que la France n’a pas de responsabilité dans l’atroce génocide de 1994 et que l’opération Turquoise a été exemplaire. Je suis personnellement très fier d’y avoir participé. En ce qui me concerne, chacun sait que  je ne suis pas un défenseur aveugle et acharné de la politique étrangère de la France. Celle-ci peut commettre de très graves et lourdes erreurs. Ce fut le cas en ex-Yougoslavie, en Bosnie puis au Kosovo, ce fut le cas en Libye, ce fut le cas ces sept dernières années en Syrie, avec les terribles conséquences que l’on sait, tant au Moyen-Orient que chez nous en Europe et en France. Ce ne fut pas le cas au Rwanda, où en définitive la seule erreur commise par le président Mitterrand fut de penser en décembre 1993 que la France pouvait se retirer et laisser à l’ONU la charge du maintien de la paix. Après qu’il ait pesé de tout son poids de 1990 à 1993 pour une plus grande démocratisation du régime du président Habyarimana, en échange de l’aide militaire de la France. Moins de quatre mois plus tard, du fait de l’incurie de l’ONU et de la MINUAR, de l’indifférence feinte ou réelle de la « communauté internationale », à la faveur de l’assassinat du président Habyarimana par le FPR, s’installait le chaos au Rwanda et dans la région des Grands Lacs. Seule l’opération Turquoise a tenté d’y mettre fin. Véritable opération humanitaire, menée dans un contexte très difficile, sans arrière-pensée aucune, sans complot surréaliste, n’en déplaise à M. Ancel. La lecture manichéenne du drame rwandais conduit à déformer l’Histoire, à la nier, à la réviser pour en donner une version fausse et génératrice de haines inexpiables. (4)

 Colonel Jacques HOGARD, ancien commandant du Groupement Sud de l’Opération Turquoise

  1. Pour comprendre qui est Stéphane AUDOUIN-ROUZEAU, le préfacier d’ANCEL, il faut absolument lire le texte aisément accessible sur Internet du Professeur Claudine VIDAL, « Les voyages de Stéphane Audouin-Rouzeau » ; Cette spécialiste des Grands Lacs africains et du Rwanda livre une critique passionnante du personnage et de son ouvrage « Une initiation. Rwanda (1994-2016) qu’elle qualifie d’ « essai construit sur le refoulement des savoirs existants » !
  2. Page 203, j’apprends que j’ai créé « une très lucrative société de conseil en intelligence économique dont l’activité ressemble étrangement à ce qu’il était convenu précédemment du mercenariat » ! Que vient faire cette évocation aussi malveillante que mensongère sur mes activités d’entrepreneur civil dont le lien avec le Rwanda est quelque peu difficile à établir !
  3. Pages 81, 82 et 86, le « crime de guerre » ou au minimum « homicide volontaire » avoué par Ancel est-il réel ou le fruit d’une imagination débordante ? En tous cas, il n’existe pas de « sergent Patrick Van Moyden » parmi les paras commandos belges tués à Kigali en avril 1994. Pas plus qu’il n’y avait parmi eux de spécialiste Mistral… !  En tout état de cause, si ce crime de guerre est réel, il est une tâche indélébile sur la conscience de celui qui en est l’instigateur. Et s’il est inventé, ce qui reste à ce stade fort possible, cela en dit long sur la personnalité de l’auteur. Dans tous les cas, il est manifeste que l’officier concerné n’avait pas sa place dans l’Armée française dont la solidité est bâtie sur un socle de valeurs intangibles, parmi lesquelles le respect de la vie d’autrui, y compris de l’adversaire, et la haine du mensonge.

Page 87 : Ancel découvre un corps aplati « comme si un rouleau compresseur lui était passé dessus ». Ancel renonce à enquêter. Il laisse planer le doute. Mais revient sur l’événement page 175 pour lui donner enfin une explication : il s’agirait d’un homme « jeté d’hélicoptère » (accusation reprise maintes fois par le régime de Kagamé parmi les « crimes » imputés à la France). Et pourtant, comme le relève avec justesse un avis autorisé: « Un corps sur lequel est passé un rouleau compresseur a la peau explosée. Il suffit de regarder l’effet d’une roue ayant écrasé un animal. Un corps qui tombe du ciel, largué au-delà de 400 m atteint une vitesse de 200km/heure environ. Au sol, le corps parait intact. Le sang coule par le nez et les oreilles. La peau est suffisamment élastique pour encaisser le choc. Les fractures sont multiples. En tout cas, le corps ne ressemble pas à une galette. Cela suffit à discréditer ce « monsieur je sais tout ». Il y a suffisamment de rapports civils ou militaires qui décrivent l’état du corps lors d’un tel accident ».

  1. Si un lecteur passionné cherche la vérité de l’Histoire sur le Rwanda, il faut lui conseiller le livre très récent de la courageuse journaliste canadienne Judi Rever « In Praise of Blood » (dont le lecteur non anglophone trouvera un résumé en français sur le site de l’Association France-Turquoise : www.france-turquoise.fr) – ou encore le non moins récent ouvrage d’Hervé Cheuzeville « Rwanda ; vingt-cinq ans de mensonges » (Références sur le même site).

Colonel (er), ancien commandant du Groupement Sud de l’opération Turquoise, président du cabinet EPEE

 




Chronique historique : 8 décembre

8122017

8 décembre 1594 : invention de la contremarche européenne par Guillaume Louis de Nassau (Groningue – actuels Pays-Bas). Chef de guerre aussi expérimenté que cultivé, il met au point les mouvements tactiques de l’infanterie permettant d’obtenir un « feu roulant » en permutant les lignes d’arquebusiers.

8 décembre 1914 : bataille des Falkland (Atlantique Sud). Ayant coulé la flotte vieillissante britannique du contre-amiral Cradock lors de la bataille de Coronel (01/11/1914) au large du Chili, le vice-amiral von Spee tente de rallier l’Allemagne en infligeant le maximum de dégâts possibles au trafic commercial britannique. Il fait un détour par les Falkland pensant au pire bombarder la base de Port Stanley, au mieux y surprendre la flotte du contre-amiral Sturdee qu’il espère bloquée au port en plein charbonnage. Sturdee escomptant cette erreur a placé des vigies sur les hauteurs de l’ile lui donnant le temps de se préparer. Sa flotte surclassant celle de Spee en vitesse, armement et blindage, il venge de manière magistrale Coronel en coulant 4 croiseurs allemands sans perdre lui-même une seule unité. L’Allemagne n’a plus dès lors que l’option de la guerre sous-marine pour gêner les approvisionnements alliés.

8 décembre 1925 : publication en Allemagne de l’ouvrage d’Adolph Hitler Mein Kampf . Lorsqu’en 1934 parait en France la première traduction de l’ouvrage – d’ailleurs contre l’avis d’Hitler qui fera un procès à l’éditeur – la couverture est barrée d’une citation de Lyautey : « Tout Français doit lire ce livre ». Mon combat, rédigé en prison après son coup d’Etat raté à Munich (8 novembre 1923) est un exposé particulièrement explicite des thèses nazies (racisme, antisémitisme, anti-christianisme, espace vital, revanche, …). Le traducteur André Calmettes expliquera qu’il s’est fait un douloureux devoir de traduire l’ouvrage pour avertir les Français d’un péril qu’il sentait venir d’Allemagne. Ian Kershaw , biographe d’Hitler, estime que 80 millions d’exemplaires ont été diffusés jusqu’à présent dans le monde. Environ 10 millions l’avaient été jusqu’à la fin de la Seconde Guerre Mondiale…

8 décembre 1929 : naissance de Gérard de Villiers (Paris). Le créateur de SAS, série de romans d’espionnage mettant en scène Malko Linge le fameux prince mais néanmoins espion à la solde de la CIA, aurait 88 ans aujourd’hui (décédé le 30/10/2013). Avec à son actif 200 ouvrages et au moins 100 millions d’exemplaires vendus dans le monde depuis 1965, Gérard de Villiers est l’un des écrivains français les plus connus et les plus lus. Considéré par beaucoup comme un auteur de littérature de gare à cause d’un style expéditif et de ses répétitives scènes torrides, il a cependant fait l’objet d’un article élogieux du New York Times en janvier 2013 le qualifiant d’auteur de romans d’espionnage le mieux informé, tant ses ouvrages sont géopolitiquement solides et certains même, prophétiques. Le général Rondot le présente comme un « homme au courage physique à la limite de l’inconscience » et Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères comme « extrêmement intéressant, avec un œil et un flair incroyables ».

8 décembre 1940 : déchéance de la nationalité française pour De Gaulle. Par décret du 8 décembre 1940, publié au Journal officiel du 10 décembre 1940, page 6043, Charles de Gaulle est déchu de la nationalité française, à effet du 2 août 1940, sur le fondement de la loi du 23 juillet 1940. Ce sera aussi le cas de tous les résistants (lois du 22 juillet 1940 et du 23 février 1941).

8 décembre 1941 : déclaration de guerre au Japon. Etats-Unis et Grande-Bretagne répondent à l’attaque surprise de Pearl Harbour.

8 décembre 1944 : création des CRS (compagnies républicaines de sécurité). CRS, héritières des groupes mobiles de réserve (GMR) créés par Vichy le 23 avril 1941 et restructurés à la Libération.

8 décembre 1955 : adoption du drapeau européen. Par l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Ses 12 étoiles d’or, pointes en haut, disposées en cercle sur fond d’azur, symbolisent l’union et la solidarité entre les peuples d’Europe. Schumman a choisi la couronne à 12 étoiles (alors qu’il n’y avait pas 12 pays en 1955) en référence à la couronne d’étoiles de la Sainte Vierge

8 décembre 1987 : signature du traité INF. Traité entre l’URSS et les USA prévoyant la suppression des missiles sol-sol ayant une portée comprise entre 500 et 5500 km.

8 décembre 1987 : livraison des premiers C-130 Hercules H.

8 décembre 1991 : création de la Communauté des Etats Indépendants – CEI  (traité de Minsk). Le traité prévoit aussi la dissolution de l’Union soviétique (URSS). Signé dans un premier temps par la Russie, l’Ukraine et la Biélorussie le traité est contresigné le 21 décembre suivant par 8 autres anciennes républiques soviétiques.

8dec

8 décembre 2004 : création d’une direction nationale du renseignement (Washington). Faisant suite aux recommandations de la Commission indépendante sur les attentats du 11 septembre 2001, sont créés un poste de directeur national du renseignement, un Centre national de lutte contre le terrorisme et un Centre national de lutte contre la prolifération des armes chimiques, biologiques et nucléaires, ainsi qu’un Bureau pour la protection des libertés civiles et de la vie privée.




Chronique historique : 7 mars

7032017

7 mars 1759 : fin du siège de Madras (Inde).Les 8000 Français commandés par le comte Lally-Tollendal ne parviennent pas à prendre la ville de Madras fermement défendue par 4000 Anglais. Les Anglais bénéficient d’un ravitaillement maritime à la différence des Français. Cet échec est réputé entraîner celui de Fort Wandiwash (janvier 1760) et marquer la défaite française aux Indes. Tenu par Louis XV pour personnellement responsable, Lally-Tollendal est victime d’une campagne de dénigrement très violente qui aboutit à son embastillement et son exécution en place de Grève (1766), actuelle place de l’Hôtel-de-ville de Paris.

 7 mars 1799 : prise et massacre de Jaffa (actuel Israël). Assiégeant la ville depuis le 3 mars, les troupes françaises s’indignent en découvrant que l’émissaire envoyé par Bonaparte a été torturé et décapité sur ordre d’Abou Sahab, chef de la garnison turque. Redoublant d’activité, la division Lannes prend l’une des tours de la forteresse au moment même où la division Bon pénètre dans la ville grâce à un souterrain découvert par hasard au nord de l’enceinte. Durant au moins 2 jours, Jaffa est méthodiquement ravagée par la troupe excédée que même l’intervention des officiers ne parvient pas à calmer. Lorsque 3000 Turcs se rendront sur la promesse de la vie sauve (donnée par Beauharnais, l’aide de camp de Bonaparte qui ne supportait plus les massacres), ceux-ci seront exécutés sur ordre de Bonaparte qui s’y résout ne pouvant subvenir aux besoins d’un tel nombre de prisonniers.

 7 mars 1814 : bataille de Craonne. Après le franchissement de l’Aisne à Berry-au-Bac, Napoléon cherche une bataille décisive contre les coalisés. Le choc se produit le sur le plateau de Craonne. Il charge Ney et Victor de faire plier les Russes sur les ailes, et conduit au centre une attaque frontale. L’échec des deux maréchaux l’oblige à engager les grognards de la Vieille Garde qui poussent les Russes à la retraite. Les vaincus rejoignent Blücher à Laon, laissant 7 000 hommes sur le terrain. C’est sur ce même terrain que Français et Allemands s’affronteront un siècle plus tard. (Offensive du Chemin des Dames)

7 mars 1908 : le maréchal des logis Ernest Psichari (1883-1914) est décoré de la médaille militaire. Petit-fils du célèbre historien Ernest Renan (Qu’est-ce qu’une Nation?), il obtient une License de Français mais pour « échapper au bourbier de son âme » finit par s’engager dans l’artillerie coloniale, cherchant ordre et action. La vie de soldat aux colonies (Congo) et l’expérience du désert (Mauritanie) sont pour lui une révélation. Il commence à écrire et rencontre un certain succès. Devenu officier, il est contre toute attente (puisque petit-fils de Renan), un modèle pour la droite conservatrice de l’époque qui voit en lui un double du père de Foucaud. Il meurt au combat le 22 aout 1914 à St Vincent Rossignol en Belgique.
Il a écrit: Terres de soleil et de sommeil (1908), L’Appel des armes (1913). A titre posthume, le voyage du centurion (1916),les voix qui crient dans le désert (1920).

7 mars 1936 : Hitler envahit la Rhénanie. En violation de tous les accords passés, l’Allemagne remilitarise la Rhénanie. Malgré leurs protestations, les puissances européennes n’agissent pas.

 7 mars 1945 : les Américains franchissent le pont de Remagen. Les ponts sur le Rhin sont tous détruits sauf le pont Ludendorff à Remagen pour d’obscures raisons administratives. Découvrant cette aubaine, les Américains qui viennent de remporter la bataille des Ardennes, se ruent sur Remagen. En moins de 30 minutes, la section du lieutenant Timmerman prend le pont que le petit détachement allemand n’est pas parvenu à faire sauter à cause de l’explosif médiocre utilisé. Le général Eisenhower modifie ses plans d’invasion de l’Allemagne pour profiter du passage et fait franchir 8000 hommes immédiatement. Les Allemands tentent dans les jours qui suivent de détruire l’ouvrage avec des bimoteurs à réaction Arado 234, en trois tentatives de bombardement mais sans l’atteindre, avec les nageurs de combat de Skorzeny puis des attaques de V2. Le pont s’effondre 10 jours plus tard.

 7 mars 1966 : retrait de la France de la structure militaire intégrée de l’OTAN. Le retour dans le commandement militaire intégré de l’OTAN a été annoncé le 11 mars 2009 par le Président de la République, à l’Ecole Militaire et entériné par le sommet de l’OTAN de Strasbourg un mois plus tard. La France ne fait volontairement toujours pas partie du Groupe des plans nucléaires.

 7 mars 1996 : le Triomphant rallie l’Ile Longue (Presqu’ile de Crozon). Le premier SNLE français de nouvelle génération quitte Cherbourg et son atelier de construction pour sa base opérationnelle.

 7 mars 1999 : mort de Stanley Kubrick (Saint Albans – Angleterre). Réalisateur américain de quelques un des plus grands films de guerre occidentaux. Les sentiers de la gloire (1957), Docteur Folamour (1964) et Full Metal Jacket (1987) chacun dans leur style, cherchent à montrer le caractère absurde de la guerre.

 07 mars Les sentiers de la gloire. Bien que distribué comme un film de fiction, il ne sera projeté en France qu’à partir de 1975.

 Quelques rendez-vous historiques :

jusqu’au 30 juin 2017 : exposition « Le désert : explorations et opérations » – Musée des Troupes de Marine (Fréjus).
jusqu’au 26 juillet 2017 : exposition « Tambours, clairons, trompettes : commander, transmettre, informer en musique » au musée des Transmissions (Cesson-Sévigné).
et
Les conférences du Service historique de la Défense (SHD) avec leurs références bibliographiques.
et
les colloques, conférences, expositions, cinéma du site Mindef.




Chronique historique : 8 décembre

8122016

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8 décembre

8 décembre 1594 : invention de la contremarche européenne par Guillaume Louis de Nassau (Groningue – actuels Pays-Bas). Chef de guerre aussi expérimenté que cultivé, il met au point les mouvements tactiques de l’infanterie permettant d’obtenir un « feu roulant » en permutant les lignes d’arquebusiers.

 8 décembre 1914 : bataille des Falkland (Atlantique Sud). Ayant coulé la flotte vieillissante britannique du contre-amiral Cradock lors de la bataille de Coronel (01/11/1914) au large du Chili, le vice-amiral von Spee tente de rallier l’Allemagne en infligeant le maximum de dégâts possibles au trafic commercial britannique. Il fait un détour par les Falkland pensant au pire bombarder la base de Port Stanley, au mieux y surprendre la flotte du contre-amiral Sturdee qu’il espère bloquée au port en plein charbonnage. Sturdee escomptant cette erreur a placé des vigies sur les hauteurs de l’ile lui donnant le temps de se préparer. Sa flotte surclassant celle de Spee en vitesse, armement et blindage, il venge de manière magistrale Coronel en coulant 4 croiseurs allemands sans perdre lui-même une seule unité. L’Allemagne n’a plus dès lors que l’option de la guerre sous-marine pour gêner les approvisionnements alliés.

 8 décembre 1925 : publication en Allemagne de l’ouvrage d’Adolph Hitler Mein Kampf . Lorsqu’en 1934 parait en France la première traduction de l’ouvrage – d’ailleurs contre l’avis d’Hitler qui fera un procès à l’éditeur – la couverture est barrée d’une citation de Lyautey : « Tout Français doit lire ce livre ». Mon combat, rédigé en prison après son coup d’Etat raté à Munich (8 novembre 1923) est un exposé particulièrement explicite des thèses nazies (racisme, antisémitisme, antichristianisme, espace vital, revanche, …). Le traducteur André Calmettes expliquera qu’il s’est fait un douloureux devoir de traduire l’ouvrage pour avertir les Français d’un péril qu’il sentait venir d’Allemagne. Ian Kershaw , biographe d’Hitler, estime que 80 millions d’exemplaires ont été diffusés jusqu’à présent dans le monde. Environ 10 millions l’avaient été jusqu’à la fin de la Seconde Guerre Mondiale…

 8 décembre 1929 : naissance de Gérard de Villiers (Paris). Le créateur de SAS, série de romans d’espionnage mettant en scène Malko Linge le fameux prince mais néanmoins espion à la solde de la CIA, aurait 87 ans aujourd’hui (décédé le 30/10/2013). Avec à son actif 200 ouvrages et au moins 100 millions d’exemplaires vendus dans le monde depuis 1965, Gérard de Villiers est l’un des écrivains français les plus connus et les plus lus. Considéré par beaucoup comme un auteur de littérature de gare à cause d’un style expéditif et de ses répétitives scènes torrides, il a cependant fait l’objet d’un article élogieux du New York Times en janvier 2013 le qualifiant d’auteur de romans d’espionnage le mieux informé, tant ses ouvrages sont géopolitiquement solides et certains même, prophétiques. Le général Rondot le présente comme un « homme au courage physique à la limite de l’inconscience » et Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères comme « extrêmement intéressant, avec un œil et un flair incroyables ».

 8 décembre 1940 : déchéance de la nationalité française pour De Gaulle. Par décret du 8 décembre 1940, publié au Journal officiel du 10 décembre 1940, page 6043, Charles de Gaulle est déchu de la nationalité française, à effet du 2 août 1940, sur le fondement de la loi du 23 juillet 1940. Ce sera aussi le cas de tous les résistants (lois du 22 juillet 1940 et du 23 février 1941).

 8 décembre 1941 : déclaration de guerre au Japon. Etats-Unis et Grande-Bretagne répondent à l’attaque surprise de Pearl Harbour.

 8 décembre 1944 : création des CRS (compagnies républicaines de sécurité). CRS, héritières des groupes mobiles de réserve (GMR) créés par Vichy le 23 avril 1941 et restructurés à la Libération.

 8 décembre 1955 : adoption du drapeau européen. Par l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Ses 12 étoiles d’or, pointes en haut, disposées en cercle sur fond d’azur, symbolisent l’union et la solidarité entre les peuples d’Europe. Schumman a choisi la couronne à 12 étoiles (alors qu’il n’y avait pas 12 pays en 1955) en référence à la couronne d’étoile de la Ste Vierge

 8 décembre 1987 : signature du traité INF. Traité entre l’URSS et les USA prévoyant la suppression des missiles sol-sol ayant une portée comprise entre 500 et 5500 km.

 8 décembre 1987 : livraison des premiers C-130 Hercules H.

 8 décembre 1991 : création de la Communauté des Etats Indépendants – CEI  (traité de Minsk). Le traité prévoit aussi la dissolution de l’Union soviétique (URSS). Signé dans un premier temps par la Russie, l’Ukraine et la Biélorussie le traité est contresigné le 21 décembre suivant par 8 autres anciennes républiques soviétiques.

 8 décembre 2004 : création d’une direction nationale du renseignement (Washington). Faisant suite aux recommandations de la Commission indépendante sur les attentats du 11 septembre 2001, sont créés un poste de directeur national du renseignement, un Centre national de lutte contre le terrorisme et un Centre national de lutte contre la prolifération des armes chimiques, biologiques et nucléaires, ainsi qu’un Bureau pour la protection des libertés civiles et de la vie privée.

Quelques rendez-vous historiques :

10 décembre 2016 – de 10h00 à 16h30 : « 8ème édition de la Plume et l’Epée » – salon du livre – conférences – prix littéraire (Tours).
jusqu’au 23 décembre 2016 : exposition : « De Brest à Vincennes : trois siècles d’histoire de la Marine » au Château de Vincennes.
jusqu’au 31 décembre 2016 : exposition « Visages du 25 août » –  Maison du Souvenir de Maillé (Indre-et-Loire).
jusqu’au 15 janvier 2017 : exposition « Mission mode, styles croisés » - Musée de la Légion étrangère (Aubagne) et château Borély (Marseille).
jusqu’au 29 janvier 2017 : exposition « Guerres secrètes » – Musée de l’Armée (Invalides).
jusqu’au 29 janvier 2017 : exposition « Verdun, la guerre aérienne » – Musée de l’air et de l’espace (Le Bourget).
jusqu’au 30 juin 2017 : exposition « Le désert : explorations et opérations » – Musée des Troupes de Marine (Fréjus).
jusqu’au 26 juillet 2017 : exposition « Tambours, clairons, trompettes : commander, transmettre, informer en musique » au musée des Transmissions (Cesson-Sévigné).
et
Les conférences du Service historique de la Défense (SHD) avec leurs références bibliographiques.




Chronique historique : 14 janvier

14012016

14 janvier 1703 : Vauban, maréchal de France. Louis XIV élève à la dignité de maréchal de France le plus grand de ses ingénieurs militaires.

 14 janvier 1797 : bataille de Rivoli (Italie). Deux mois après Arcole, Bonaparte défait à nouveau l’Autrichien Alvinczy qui cherche à forcer le blocus de Mantoue, grâce au renfort de la division Masséna, qui a parcouru 140 km en deux jours. La victoire est complète et conduit directement à la prise de Mantoue et au traité de Campoformio.

14 janvier 1850 : naissance de Pierre Loti (Rochefort) : De son vrai nom Julien Viaud. Il entre à l’École navale à Brest en 1867. Académie française en 1891. Capitaine de vaisseau en 1906. Lorsque la guerre 1914-1918 éclate, il a 64 ans et la Marine le juge trop âgé pour servir. Il rempile donc dans l’armée de Terre avec le grade de colonel. Il décède en 1923.

14 janvier 1858 : attentat contre Napoléon III (Paris). Felice Orsini, révolutionnaire italien désirant l’unité italienne lance, avec des complices, trois bombes contre le carrosse impérial qui arrive devant l’opéra. On dénombre 12 victimes dans le convoi. Eugénie et l’empereur en réchappent car des plaques de fer ont été judicieusement glissées en guise de protection, dans les parois en bois du carrosse. Orsini reproche à l’empereur d’avoir abandonné son idéal de jeunesse (il complotait lui aussi dans la Charbonnerie italienne) et d’avoir aidé militairement (1849) le pape Pie IX à revenir au Vatican alors que Mazzini l’en avait chassé.

14 janvier 1895 : prise de Majunga (Madagascar).  Le corps expéditionnaire du général Duchesne et le capitaine de vaisseau Bienaimé, commandant le croiseur Primauguet, s’emparent de la ville. Les compagnies d’infanterie de Marine du capitaine Belin sont les premières à débarquer.

14 janvier 1917 : « Mort en combat aérien du S/Lt. Andre Jean Delorme. « As » français de la WW1, 5 victoires homologuées, dont 2 en collaboration et 6 victoires non homologuées, au sein des escadrilles C56 et N38. Chevalier de la Légion d’Honneur, Médaille Militaire, Croix de Guerre 1914-18 avec 5 Palmes, et Médaille des Blessés ». LCL Pierre B. (CFA).

14 janvier 2011 : fuite du président tunisien Ben Ali. (Tunisie). Après 23 années passées à la tête de l’État tunisien, Ben Ali choisit de fuir vers l’Arabie Saoudite, n’étant pas parvenu à calmer une révolte populaire débutée le 17 décembre 2010.




Chronique historique: 08 décembre

8122015

8 décembre 1594 : invention de la contremarche européenne par Guillaume Louis de Nassau (Groningue – actuels Pays-Bas). Chef de guerre aussi expérimenté que cultivé, il met au point les mouvements tactiques de l’infanterie permettant d’obtenir un « feu roulant » en permutant les lignes d’arquebusiers.

8 décembre 1914 : bataille des Falkland (Atlantique Sud). Ayant coulé la flotte vieillissante britannique du contre-amiral Cradock lors de la bataille de Coronel (01/11/1914) au large du Chili, le vice-amiral von Spee tente de rallier l’Allemagne en infligeant le maximum de dégâts possibles au trafic commercial britannique. Il fait un détour par les Falkland pensant au pire bombarder la base de Port Stanley, au mieux y surprendre la flotte du contre-amiral Sturdee qu’il espère bloquée au port en plein charbonnage. Sturdee escomptant cette erreur a placé des vigies sur les hauteurs de l’ile lui donnant le temps de se préparer. Sa flotte surclassant celle de Spee en vitesse, armement et blindage, il venge de manière magistrale Coronel en coulant 4 croiseurs allemands sans perdre lui-même une seule unité. L’Allemagne n’a plus dès lors que l’option de la guerre sous-marine pour gêner les approvisionnements alliés.

8 décembre 1925 : publication en Allemagne de l’ouvrage d’Adolph Hitler Mein Kampf . Lorsqu’en 1934 parait en France la première traduction de l’ouvrage – d’ailleurs contre l’avis d’Hitler qui fera un procès à l’éditeur – la couverture est barrée d’une citation de Lyautey : « Tout Français doit lire ce livre ». Mon combat, rédigé en prison après son coup d’Etat raté à Munich (8 novembre 1923) est un exposé particulièrement explicite des thèses nazies (racisme, antisémitisme, antichristianisme, espace vital, revanche, …). Le traducteur André Calmettes expliquera qu’il s’est fait un douloureux devoir de traduire l’ouvrage pour avertir les Français d’un péril qu’il sentait venir d’Allemagne. Ian Kershaw , biographe d’Hitler, estime que 80 millions d’exemplaires ont été diffusés jusqu’à présent dans le monde. Environ 10 millions l’avaient été jusqu’à la fin de la Seconde Guerre Mondiale…

8 décembre 1929 : naissance de Gérard de Villiers (Paris). Le créateur de SAS, série de romans d’espionnage mettant en scène Malko Linge le fameux prince mais néanmoins espion à la solde de la CIA, aurait 86 ans aujourd’hui (décédé le 30/10/2013). Avec à son actif 200 ouvrages et au moins 100 millions d’exemplaires vendus dans le monde depuis 1965, Gérard de Villiers est l’un des écrivains français les plus connus et les plus lus. Considéré par beaucoup comme un auteur de littérature de gare à cause d’un style expéditif et de ses répétitives scènes torrides, il a cependant fait l’objet d’un article élogieux du New York Times en janvier 2013 le qualifiant d’auteur de romans d’espionnage le mieux informé, tant ses ouvrages sont géopolitiquement solides et certains même, prophétiques. Le général Rondot le présente comme un « homme au courage physique à la limite de l’inconscience » et Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères comme « extrêmement intéressant, avec un œil et un flair incroyables ».

8 décembre 1940 : déchéance de la nationalité française pour de Gaulle. Par décret du 8 décembre 1940, publié au Journal officiel du 10 décembre 1940, page 6043, Charles de Gaulle est déchu de la nationalité française, à effet du 2 août 1940, sur le fondement de la loi du 23 juillet 1940. Ce sera aussi le cas de tous les résistants (lois du 22 juillet 1940 et du 23 février 1941).

8 décembre 1941 : déclaration de guerre au Japon. Etats-Unis et Grande-Bretagne répondent à l’attaque surprise de Pearl Harbour.

8 décembre 1944 : création des CRS (compagnies républicaines de sécurité). CRS, héritières des groupes mobiles de réserve (GMR) créés par Vichy le 23 avril 1941 et restructurés à la Libération.

8 décembre 1955 : adoption du drapeau européen. Par l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Ses 12 étoiles d’or, pointes en haut, disposées en cercle sur fond d’azur, symbolisent l’union et la solidarité entre les peuples d’Europe.

8 décembre 1987 : signature du traité INF. Traité entre l’URSS et les USA prévoyant la suppression des missiles sol-sol ayant une portée comprise entre 500 et 5500 km.

8 décembre 1991 : création de la Communauté des Etats Indépendants –CEI  (traité de Minsk).  Il prévoit aussi la dissolution de l’Union soviétique. Signé dans un premier temps par la Russie, l’Ukraine et la Biélorussie le traité est contre-signé le 21 décembre suivant par 8 autres anciennes républiques soviétiques.

8 décembre 2004 : création d’une direction nationale du renseignement (Washington). Faisant suite aux recommandations de la Commission indépendante sur les attentats du 11 septembre 2001, sont créés un poste de directeur national du renseignement, un Centre national de lutte contre le terrorisme et un Centre national de lutte contre la prolifération des armes chimiques, biologiques et nucléaires, ainsi qu’un Bureau pour la protection des libertés civiles et de la vie privée.




Chronique historique : 14 janvier

14012015

14 janvier 1703 : Vauban, maréchal de France. Louis XIV élève à la dignité de maréchal de France le plus grand de ses ingénieurs militaires.

14 janvier 1797 : bataille de Rivoli (Italie). Deux mois après Arcole, Bonaparte défait à nouveau l’Autrichien Alvinczy qui cherche à forcer le blocus de Mantoue, grâce au renfort de la division Masséna, qui a parcouru 140 km en deux jours. La victoire est complète et conduit directement à la prise de Mantoue et au traité de Campoformio.

14 janvier 1850 : naissance de Pierre Loti (Rochefort) : De son vrai nom Julien Viaud. Il entre à l’Ecole navale à Brest en 1867. Académie française en 1891. Capitaine de vaisseau en 1906. Lorsque la guerre 1914-1918 éclate, il a 64 ans et la marine le juge trop âgé pour servir. Il rempile donc dans l’armée de terre avec le grade de colonel.  Il décède en 1923.

14 janvier 1858 : attentat contre Napoléon III (Paris). Felice Orsini, révolutionnaire italien désirant l’unité italienne lance, avec des complices, trois bombes contre le carrosse impérial qui arrive devant l’opéra. On dénombre 12 victimes dans le convoi. Eugénie et l’empereur en réchappent car des plaques de fer ont été judicieusement glissées en guise de protection, dans les parois en bois du carrosse. Orsini reproche à l’empereur d’avoir abandonné son idéal de jeunesse (il complotait lui aussi dans la Charbonnerie italienne) et d’avoir aidé militairement (1849) le pape Pie IX à revenir au Vatican alors que Mazzini l’en avait chassé.

14 janvier 1895 : prise de Majunga (Madagascar).  Le corps expéditionnaire du général Duchesne et le capitaine de vaisseau Bienaimé, commandant le croiseur Primauguet s’emparent de la ville. Les compagnies d’infanterie de Marine du capitaine Belin sont les premières à débarquer.

14 janvier 2011 : fuite du président tunisien Ben Ali. (Tunisie). Après 23 années passées à la tête de l’Etat tunisien, Ben Ali choisit de fuir vers l’Arabie Saoudite, n’étant pas parvenu à calmer une révolte populaire débutée le 17 décembre 2010.

Extrait de la page 11 de la RHA n°91.

140115

 







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