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Chronique historique : 27 mars

27032019

27 mars 1572 : signature de l’édit de Blois réorganisant l’artillerie royal française.  

Souhaitant améliorer la qualité de son artillerie, Charles IX pousse la standardisation de la fonte des canons et de la production du salpêtre. Cette décision revoit la taille des six calibres de France arrêtée vers 1571 par le grand maître de l’artillerie Jean d’Estrées. L’objectif tactique recherché est une meilleure maniabilité pour tenter de suivre aux plus près la manœuvre des troupes en campagne.  

Lire L’artillerie au cœur de la Renaissance (Economica 2018) du LCL Philippe Pasteau. 

 27 mars 1794 : création de l’US Navy (Washington).  

« Les États-Unis se dotent d’une marine de guerre permanente. Les attaques des pirates barbaresques en Méditerranée et en Atlantique mettent en danger l’économie américaine qui repose alors largement sur le commerce maritime. Malgré de nombreuses réticences économiques et politiques, le Congrès lance la construction de six frégates, quatre de 44 canons et deux de 36, en adoptant la « loi visant à fournir un armement naval », le Naval Act. Dessinés par Joshua Humphreys, ces six navires puissants et rapides vont donner à l’US Navy naissante ses premiers faits d’armes durant les guerres menées par les États-Unis au début du XIXe siècle ». CESM. 

 27 mars 1809 : bataille de Ciudad Real.  

Le général Sebastiani franchit le Tage et repousse une armée portugaise. 

  27 mars 1814 : bataille d’Horseshoe bend (États-Unis – Alabama).  

Menawa un guerrier Creek Muscogee, chef de la tribu Creek tente sans succès depuis des années de créer une insurrection générale des tribus contre les Américains. Il opte pour le harcèlement et massacre les 500 occupants de Fort Mims. Le général Jackson lève une armée de milicien et de professionnels (3000 hommes) et part à la recherche des 1000 guerriers Creeks. Ces derniers se sont solidement fortifiés dans un des méandres de la Tallapoosa et à l’abri des tirs de l’artillerie américaine, repoussent les premiers assauts. Deux légendes américaines naissent alors : Samuel Houston (marié à une Cherokee, futur président du Texas) pourtant blessé, conduit un assaut que le général Andrew Jackson (futur président des États-Unis) exploite efficacement en enfumant les derniers résistants. Seuls 200 Creeks survivent. Les Américains ne déplorent que 49 morts. 
 
27 mars 1854 : début de la guerre de Crimée.  

La France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à la Russie. Les deux nations européennes combattent côte à côte pour l’une des premières fois. Il faut remonter à la bataille des Dunes (14 juin 1658) et à la Triple alliance (4 janvier 1717) pour les retrouver dans le même camp.  

Quelques articles traitant de la guerre de Crimée dans la Revue Historique des Armées : 

La guerre de Crimée : les transports, pp. 3-10 et la guerre de Crimée : les opérations, pp. 11-22 du CV Murracciole, RHA N° 169 (décembre 1987). 

Les rapports franco-britanniques à travers la peinture militaire représentant la guerre de Crimée de Aude Nicolas, pp. 19-31, RHA N° 264 (3ème trimestre 2011). 

  27 mars 1883 : prise de Nam Dinh (Indochine –Tonkin).  

Le capitaine de vaisseau Rivière prend la position de Nam Dinh tenue par les Pavillons noirs durant la guerre franco-chinoise. Il laisse un détachement puis repart pour Hanoi. En raison du manque d’effectifs, les Français sont chassés de Nam Dinh puis Hanoi assiégé. Rivière meurt le 19 mai suivant lors d’une contre-attaque. Sa mort décide le gouvernement à donner plus de moyens à l’expédition française. 
 
27 mars 1943 : bataille des iles Komandorski (iles Aléoutiennes).  

Les Américains ayant intercepté une communication japonaise annonçant un convoi de ravitaillement vers les bases nipponnes des Aléoutiennes, envoient 2 croiseurs et 4 destroyers pour le couler. Lors de la jonction, les Américains découvrent que le convoi japonais est puissamment défendu (près du double de bâtiments de guerre). Un duel d’artillerie s’engage : c’est l’un des rares combats navals à vue de la guerre du Pacifique.  

En raison de l’éloignement des Aléoutiennes, aucun appui aérien ni sous-marin n’a été prévu.  

L’amiral Hosogaya inflige, sans en prendre la réelle mesure, des dégâts importants aux Américains et rompt le combat craignant un renfort de l’adversaire. Le contre-amiral Mac Norris est de ce fait victorieux contre toute attente. Les Japonais renonceront aux ravitaillements d’ampleur de ces iles. 

 27 mars 1949 : la ville d’Angers est décorée. 

Le général de Monsabert remet la Croix de guerre avec palme à la ville d’Angers.  

27 mars 1967 : mort du capitaine Henri Grialou (Venasque – Vaucluse).  

Celui que le calendrier catholique célèbre désormais en date du 4 février (béatification le 19 novembre 2016) sous l’appellation de Marie Eugène de l’Enfant Jésus a passé 6 années de sa vie sous les drapeaux et participé à bon nombre des grandes batailles de la guerre 1914-1918 (Argonne – 1915, Verdun – 1916, Chemin des Dames – 1917). A l’âge de 19 ans, fin 1913, il devance l’appel alors qu’il étudie au séminaire et s’engage dans l’infanterie. Caporal au 122e RI, il est repéré pour ses qualités de meneur d’hommes et sert en tant qu’officier aux 239e et 75e RI.  

Cité 2 fois à l’ordre de l’armée (coup de main audacieux – juin1917) et à l’ordre de la 27e DI (brillante reconnaissance offensive en tête de sa compagnie – octobre 1918), il est chevalier de la Légion d’honneur et titulaire de la Croix de guerre. 

 27 mars 1968 : décès accidentel de Gagarine (ex URSS).  

Le colonel Youri Gagarine, pilote de chasse soviétique et premier homme dans l’espace à bord de Vostok 1 (avril 1961) se crashe avec son Mig 15 lors d’un vol d’entraînement. 




L’INCORRECT : article Le Rwanda vu par Ancel, l’histoire révisée de l’opération Turquoise

25042018

Les 15, 16 et 17 mars dernier, à l’approche du 24ème anniversaire du génocide rwandais (déclenché le 7 avril 1994 au lendemain de l’assassinat du président rwandais Juvénal Habyarimana et de son homologue burundais),  le journal vespéral Le Monde a publié pas moins de six articles sur le sujet sous la plume d’un journaliste, David Servenay, connu depuis des années pour son parti pris en faveur de la thèse d’une culpabilité de la France dans le génocide rwandais.

Cette année, l’habituelle campagne de presse avait un objectif particulier ; celui d’accompagner le lancement d’un livre, plus exactement d’une réédition, sous un nouveau titre, du récit romancé d’un ancien officier de l’opération Turquoise. Après avoir en effet connu un échec lors du lancement de « Vents sombres sur le lac Kivu » en 2014, pour le 20ème anniversaire du génocide, Guillaume Ancel récidive avec « Rwanda, la fin du silence » publié aux « Belles Lettres », dans la collection –excusez du peu !- « Mémoires de guerre ». Cette nouvelle édition – sous-titrée cette fois « témoignage d’un officier français » – s’orne d’une préface élogieuse de Stéphane Audouin-Rouzeau (1), professeur à l’EHESS, qui au travers de récents voyages au Rwanda, est devenu un initié de ce pays autant qu’un admirateur du régime qui le régit aujourd’hui sans discontinuer depuis la victoire militaire du FPR, la rébellion tutsie, en 1994.

Après avoir en effet connu un échec lors du lancement de « Vents sombres sur le lac Kivu » en 2014, pour le 20ème anniversaire du génocide, Guillaume Ancel récidive avec « Rwanda, la fin du silence » publié aux « Belles Lettres », dans la collection –excusez du peu !- « Mémoires de guerre »

Sur le Rwanda, il existe une thèse –largement initiée outre-Manche et outre-Atlantique – qui veut que la France soit à tout prix responsable du génocide de 1994 (le seul dont on parle vraiment, car il est jugé « révisionniste » voire même « négationniste » d’évoquer le « génocide-revanche », qui se déroulera entre 1995 et 1997, ainsi que les terribles massacres : aussi bien ceux de l’Indépendance, les Tutsis massacrés par les Hutus, que ceux de la guerre de 1990-1993, les Hutus massacrés par les Tutsis dans le nord du pays, provoquant alors l’afflux d’un million de réfugiés à Kigali). Cette thèse est celle de Paul Kagamé, l’ancien chef rebelle Tutsi formé aux États-Unis et en Ouganda (dont il fut le chef du Renseignement militaire) et actuel président Rwandais, au pouvoir depuis 1994. Il vient de modifier la Constitution du pays pour se maintenir aux commandes du pays sans plus de limite désormais. La culpabilité supposée de la France est en fait la « doxa », la doctrine officielle du régime rwandais. Il faut un bouc émissaire et la France, qui a freiné sa conquête du pouvoir entre 1990 et 1994, est toute désignée pour ce rôle. Au point que Kagamé imposera au Rwanda de quitter la Francophonie pour rejoindre le Commonwealth. Il y a dix ans, pour soutenir sa thèse, Kagamé a fait publier par ses services un énorme pavé de 800 pages baptisé « Rapport Mucyo », condensé d’accusations plus énormes les unes que les autres, enrichi de faux documents si grossiers qu’ils en étaient risibles !

Mais cette thèse est relayée également à l’étranger, y compris bien sûr en France, par des organisations, des officines, des journalistes, des enseignants, des personnalités, tous adeptes de ce que le général François Torrès qualifie de « poisons intellectuels français : la repentance et le mensonge ». Ces milieux que nous connaissons sous le qualificatif de « porteurs de valise du FPR », très marqués par les influences mondialiste, gauchiste, anti militariste…etc  cherchaient depuis longtemps du « renfort », c’est-à-dire des personnes susceptibles d’être utilisées « à charge », autrement dit  en mesure de valider leur thèse, et bien entendu, pour ce faire, quoi de mieux qu’un « ancien officier de l’opération Turquoise ».  C’est Laure de Vulpian, l’ineffable activiste de France Culture qui, après un demi échec lors du ralliement à sa cause d’un ancien sous-officier du GIGN ayant participé à Turquoise, auquel elle tentera vainement de tenir la plume, décrochera enfin le gros lot en la personne de Guillaume Ancel, auquel elle donnera la parole dans son émission du 6 avril 2014. Peu de temps après que l’intéressé, qui venait d’effectuer une petite dizaine d’années dans le civil en situation de disponibilité, ait demandé sans succès sa réintégration dans les cadres de l’armée de terre.

Le problème est que le livre d’Ancel ne résiste pas à une lecture honnête et attentive. Éliminons d’abord le moins important.

Guillaume Ancel est un ancien officier, saint-cyrien de surcroît (Promotion Cadets de la France Libre, 1985-1988) et cela donne a priori à son « témoignage » davantage de crédit qu’un malheureux gendarme débauché sans succès quelques années auparavant. Certes, il n’était lors de l’opération Turquoise qu’un tout jeune officier subalterne inexpérimenté. Certes, il n’avait dans cette opération aucune responsabilité de commandement, étant détaché en tant que spécialiste OGT de son régiment, le 68ème régiment d’artillerie, auprès de la 1ère compagnie du 2ème REI désignée pour participer à Turquoise. Certes, il n’avait en tant que tel pas accès aux ordres émis ou reçus aux échelons supérieurs. Il n’était qu’un exécutant sans aucune vue d’ensemble mais la « grande presse », actionnée par les réseaux que je viens d’évoquer, en ont fait au mois de mars « le » seul témoin, le seul « expert » capable de donner un témoignage véridique et sincère ! Le problème est que le livre d’Ancel ne résiste pas à une lecture honnête et attentive. Éliminons d’abord le moins important. Sans parler de la forme à proprement parler (le ton très suffisant pour ne pas dire arrogant que l’auteur adopte de la première à la dernière page pour se dépeindre et se mettre en selle), le jeune artilleur, visiblement mal à l’aise dans les unités professionnelles de l’armée de terre, et quoiqu’il s’en défende à plusieurs reprises, règle dans son ouvrage de nombreux comptes personnels. Vis-à-vis de la Légion étrangère, vis-à-vis des Forces spéciales, vis-à-vis des Troupes de Marine, vis-à-vis de ses chefs, les descriptions, les qualificatifs, les commentaires, les allusions et même quelques solides attaques « ad hominem » pleuvent (2). Peu amènes, ces déclarations témoignent d’une envie déclarée de nuire, d’un sérieux besoin de reconnaissance et de revanche. Sur le fond, on peut relever, page par page (3), un très grand nombre de contre-vérités, d’approximations et de contradictions. Si bien que ce livre donne une version toute personnelle, bien éloignée de la réalité, de la vérité de l’opération Turquoise.

S’agissant d’abord de la mission et des ordres reçus, comme l’a écrit le général Lafourcade qui était notre chef et comme je peux en attester moi-même : « Tous les ordres du CEMA et du commandant d’opération contredisent ses affirmations. Il n’a jamais été question d’une mission de combat contre le FPR ni d’un raid sur Kigali. Il n’a jamais été question dans ces ordres d’aider les forces gouvernementales ni de livrer des armes, à plus forte raison de payer leur solde. L’importance des moyens déployés avait pour but d’assurer la sécurité de la mission face à l’hostilité déclarée du FPR avant l’engagement ». Tout est dit dans cette remarque du COMFOR Turquoise. Néanmoins, depuis 2014, Ancel répète à l’envi que Turquoise et en particulier le Groupement Sud que je commandais, aurait livré des dizaines de milliers d’armes aux FAR réfugiées au Zaïre ! Avec cette histoire de « raid sur Kigali », il s’agit là du plus gros mensonge dont ce livre est truffé. Ancel là aussi fabule : Je relève ainsi notamment l’épisode figurant aux pages 98 à 100 de l’ouvrage : « Aéroport de Cyangugu, Rwanda, juillet 1994 » (Ancel précise en note de bas de page : « je n’ai pas noté le jour, cela se passe lors de la deuxième quinzaine de juillet ») dans lequel il me met personnellement en cause. Dans ces trois pages (que Le Monde reproduira in extenso dans sa publication du 15 mars et pour lesquelles il me refuse jusqu’à présent, sous de curieux prétextes, un droit de réponse), Ancel évoque une demande que lui aurait fait mon adjoint, le lieutenant-colonel Laporte (« Lemoine » dans le livre, décédé il y a plusieurs années et qui n’est donc plus là pour se défendre…) de s’occuper d’un groupe de journalistes afin « qu’un convoi de camions (puisse) quitter la base pour transporter des armes vers le Zaïre ». Plus loin, Ancel décrit « dans leur dos, de l’autre côté de la piste, une colonne d’une dizaine de camions transportant des conteneurs maritimes qui quitte le camp en soulevant un nuage de poussière ». S’ensuit un dialogue surréaliste au cours duquel je lui aurais expliqué le soir même que nous livrions des armes aux FAR pour « les calmer et éviter qu’elles se retournent contre nous » ! Pauvres FAR, alors exsangues, battues et abattues, défaites moralement, précisément sans armes et sans munitions : comment donc auraient-elles été en mesure de s’en prendre à nous ?

Néanmoins, depuis 2014, Ancel répète à l’envi que Turquoise et en particulier le Groupement Sud que je commandais, aurait livré des dizaines de milliers d’armes aux FAR réfugiées au Zaïre ! Avec cette histoire de « raid sur Kigali », il s’agit là du plus gros mensonge dont ce livre est truffé

Par ailleurs, si nous avions dû livrer des armes aux FAR, nous leur aurions livrées, me semble-t-il, bien plus tôt, c’est-à-dire quand elles se battaient encore dans Kigali face au FPR, comme me l’avait demandé alors le 2 ou le 3 juillet leur sous-chef opérations le Général Kabiligi, ce que je lui avais alors bien entendu refusé (Voir « Les larmes de l’Honneur », page 47). Je déments donc bien entendu ici une fois encore toute livraison d’armes aux FAR et ne peux que conclure, dans le meilleur des cas, qu’il s’agit dans l’esprit de l’ex-capitaine Ancel d’une grave confusion.  Grave confusion pour un militaire de confondre les véhicules que nous avions en dotation : TRM2000, TRM4000 et VLRA avec des « porte-conteneurs » et « conteneurs maritimes » (« une dizaine » !) dont on se demande encore par quel itinéraire ils auraient bien pu rejoindre les confins zaïro-rwandais. Grave confusion car le gros des FAR en déroute étant passé par le nord du lac Kivu, nous n’aurions pas poussé le vice à nous livrer ainsi à leur profit à un exercice logistique aussi colossal qu’improbable !  Grave confusion encore car il mélange probablement ses souvenirs et confond cette livraison d’armes imaginaire avec la livraison bien réelle de fret humanitaire (Bâches plastiques, couvertures, aliments et médicaments de première nécessité) que j’ai fait effectuer le vendredi 22 juillet après midi (j’ai toutes mes archives !) aux familles des soldats du Général Kabiligi (4300 personnes) réfugiées aux sorties ouest de Bukavu (Zaïre). Je ne faisais que répondre ainsi à la situation tragique d’êtres humains dans un dénuement et une détresse extrêmes, alors même que 3 enfants en bas âge venaient de mourir de faim, de fatigue et du manque de soins.

Comme je l’ai écrit publiquement à celui qui reste mon ancien subordonné mais auquel je dénie la qualité d’ancien « compagnon d’arme », la malhonnêteté, le besoin de paraître et la méchanceté n’ont jamais servi la vérité

Certes, Ancel écrit à plusieurs reprises, comme s’il voulait se protéger de lui-même, qu’il craint que ses souvenirs ne le trahissent, plus de vingt ans après. Je crois que c’est au minimum le cas. Mais alors, il aurait mieux fait de se taire comme le lui a rappelé sévèrement il y a peu le Général d’armée Bruno Dary président de la Saint-Cyrienne, l’association des anciens élèves de St-Cyr. La version qu’il donne de l’opération Turquoise est totalement partiale, dénuée de sens et d’objectivité, et elle relaie la propagande anti-française que mène depuis 1994 le régime totalitaire de Paul Kagamé au Rwanda. Je n’ai manifestement pas participé à la même opération que lui ! Comme je l’ai écrit publiquement à celui qui reste mon ancien subordonné mais auquel je dénie la qualité d’ancien « compagnon d’arme », la malhonnêteté, le besoin de paraître et la méchanceté n’ont jamais servi la vérité. Les millions de morts, Tutsis aussi bien que Hutus, anéantis dans des conditions atroces de 1990 à nos jours, méritent assurément mieux que les médiocres règlements de compte d’un officier subalterne en rupture de ban avec l’institution qui l’a nourri durant tant d’années. Ce livre n’est en rien crédible pour qui connaît bien de l’intérieur l’Armée française et ses forces vives et pour qui a vécu l’expérience des opérations extérieures. Bourré d’inexactitudes, d’approximations, de contradictions, de contre-vérités (3), mélangeant comme à dessein les propos de popote, tenus ou supposés, avec les briefings où seuls les chefs d’un certain rang s’expriment, multipliant les allégations, les sous-entendus sans fondements, la caricature, l’ironie déplacée, ce livre ne fait en réalité pas honneur à son auteur.

Les millions de morts, Tutsis aussi bien que Hutus, anéantis dans des conditions atroces de 1990 à nos jours, méritent assurément mieux que les médiocres règlements de compte d’un officier subalterne en rupture de ban avec l’institution qui l’a nourri durant tant d’années

Au-delà de ce livre et du personnage qui l’a commis, il faut redire avec force que la France n’a pas de responsabilité dans l’atroce génocide de 1994 et que l’opération Turquoise a été exemplaire. Je suis personnellement très fier d’y avoir participé. En ce qui me concerne, chacun sait que  je ne suis pas un défenseur aveugle et acharné de la politique étrangère de la France. Celle-ci peut commettre de très graves et lourdes erreurs. Ce fut le cas en ex-Yougoslavie, en Bosnie puis au Kosovo, ce fut le cas en Libye, ce fut le cas ces sept dernières années en Syrie, avec les terribles conséquences que l’on sait, tant au Moyen-Orient que chez nous en Europe et en France. Ce ne fut pas le cas au Rwanda, où en définitive la seule erreur commise par le président Mitterrand fut de penser en décembre 1993 que la France pouvait se retirer et laisser à l’ONU la charge du maintien de la paix. Après qu’il ait pesé de tout son poids de 1990 à 1993 pour une plus grande démocratisation du régime du président Habyarimana, en échange de l’aide militaire de la France. Moins de quatre mois plus tard, du fait de l’incurie de l’ONU et de la MINUAR, de l’indifférence feinte ou réelle de la « communauté internationale », à la faveur de l’assassinat du président Habyarimana par le FPR, s’installait le chaos au Rwanda et dans la région des Grands Lacs. Seule l’opération Turquoise a tenté d’y mettre fin. Véritable opération humanitaire, menée dans un contexte très difficile, sans arrière-pensée aucune, sans complot surréaliste, n’en déplaise à M. Ancel. La lecture manichéenne du drame rwandais conduit à déformer l’Histoire, à la nier, à la réviser pour en donner une version fausse et génératrice de haines inexpiables. (4)

 Colonel Jacques HOGARD, ancien commandant du Groupement Sud de l’Opération Turquoise

  1. Pour comprendre qui est Stéphane AUDOUIN-ROUZEAU, le préfacier d’ANCEL, il faut absolument lire le texte aisément accessible sur Internet du Professeur Claudine VIDAL, « Les voyages de Stéphane Audouin-Rouzeau » ; Cette spécialiste des Grands Lacs africains et du Rwanda livre une critique passionnante du personnage et de son ouvrage « Une initiation. Rwanda (1994-2016) qu’elle qualifie d’ « essai construit sur le refoulement des savoirs existants » !
  2. Page 203, j’apprends que j’ai créé « une très lucrative société de conseil en intelligence économique dont l’activité ressemble étrangement à ce qu’il était convenu précédemment du mercenariat » ! Que vient faire cette évocation aussi malveillante que mensongère sur mes activités d’entrepreneur civil dont le lien avec le Rwanda est quelque peu difficile à établir !
  3. Pages 81, 82 et 86, le « crime de guerre » ou au minimum « homicide volontaire » avoué par Ancel est-il réel ou le fruit d’une imagination débordante ? En tous cas, il n’existe pas de « sergent Patrick Van Moyden » parmi les paras commandos belges tués à Kigali en avril 1994. Pas plus qu’il n’y avait parmi eux de spécialiste Mistral… !  En tout état de cause, si ce crime de guerre est réel, il est une tâche indélébile sur la conscience de celui qui en est l’instigateur. Et s’il est inventé, ce qui reste à ce stade fort possible, cela en dit long sur la personnalité de l’auteur. Dans tous les cas, il est manifeste que l’officier concerné n’avait pas sa place dans l’Armée française dont la solidité est bâtie sur un socle de valeurs intangibles, parmi lesquelles le respect de la vie d’autrui, y compris de l’adversaire, et la haine du mensonge.

Page 87 : Ancel découvre un corps aplati « comme si un rouleau compresseur lui était passé dessus ». Ancel renonce à enquêter. Il laisse planer le doute. Mais revient sur l’événement page 175 pour lui donner enfin une explication : il s’agirait d’un homme « jeté d’hélicoptère » (accusation reprise maintes fois par le régime de Kagamé parmi les « crimes » imputés à la France). Et pourtant, comme le relève avec justesse un avis autorisé: « Un corps sur lequel est passé un rouleau compresseur a la peau explosée. Il suffit de regarder l’effet d’une roue ayant écrasé un animal. Un corps qui tombe du ciel, largué au-delà de 400 m atteint une vitesse de 200km/heure environ. Au sol, le corps parait intact. Le sang coule par le nez et les oreilles. La peau est suffisamment élastique pour encaisser le choc. Les fractures sont multiples. En tout cas, le corps ne ressemble pas à une galette. Cela suffit à discréditer ce « monsieur je sais tout ». Il y a suffisamment de rapports civils ou militaires qui décrivent l’état du corps lors d’un tel accident ».

  1. Si un lecteur passionné cherche la vérité de l’Histoire sur le Rwanda, il faut lui conseiller le livre très récent de la courageuse journaliste canadienne Judi Rever « In Praise of Blood » (dont le lecteur non anglophone trouvera un résumé en français sur le site de l’Association France-Turquoise : www.france-turquoise.fr) – ou encore le non moins récent ouvrage d’Hervé Cheuzeville « Rwanda ; vingt-cinq ans de mensonges » (Références sur le même site).

Colonel (er), ancien commandant du Groupement Sud de l’opération Turquoise, président du cabinet EPEE

 




Biographie et Ordre du jour N°1 du GAR Lecointre, nouveau CEMA

30082017

FL

Le général d’armée François LECOINTRE est né le 6 février 1962 à Cherbourg. Il est marié et père de quatre enfants.

Saint-cyrien de la promotion « Général Monclar » (1984 -1987), il choisit l’arme des troupes de marine, spécialité infanterie, et poursuit sa formation à l’École d’application de l’infanterie à Montpellier.

Il sert principalement au 3e régiment d’infanterie de marine à Vannes, comme chef de section de 1988 à 1991, officier adjoint puis commandant de compagnie entre 1993 et 1996, et enfin, en qualité de chef de corps de 2005 à 2007. Il sert également au 5e régiment interarmes d’outre-mer à Djibouti de 1991 à 1993.

Il a connu de nombreuses expériences opérationnelles, en République Centrafricaine en 1989, lors de la Guerre du Golfe en 1991, en Somalie en 1993, au Gabon puis au Rwanda en 1994, à Sarajevo en 1995. C’est lors de cette mission effectuée sous mandat de l’ONU qu’il monte à l’assaut le 27 mai 1995 avec le lieutenant Bruno HELUIN et ses hommes pour reprendre le poste du pont de Vrbanja. Il sera projeté en Côte d’Ivoire en tant que chef de corps avec son régiment lors de l’opération Licorne à l’hiver 2006.

Breveté de l’école de guerre en 2001, il sert durant quatre ans à l’état-major de l’armée de Terre, comme rédacteur des interventions du chef d’état-major, puis au bureau de conception des systèmes de forces. Après son temps de commandement de chef de corps, il est stagiaire au centre des hautes études militaires et auditeur à l’institut des hautes études de la défense nationale de 2007 à 2008, puis il assure la direction de la formation de la 58e session du centre des hautes études militaires des études. De 2009 à 2011, il sert au cabinet militaire du ministre de la Défense.

Le 1er août 2011, promu officier général, il prend la tête de la 9e brigade d’infanterie de marine, à Poitiers, pendant deux années. Il est engagé au Mali à la tête de la première mission européenne de formation de l’armée malienne de janvier à juillet 2013.

Le 1er août 2013, il retrouve l’état-major de l’armée de Terre comme chargé de mission, puis aux fonctions de sous-chef d’état-major « performance-synthèse » de 2014 à 2016. Il est promu général de division le 1er août 2015.

Depuis le 1er août 2016, il occupe les fonctions de chef du cabinet militaire du Premier ministre. Il est élevé aux rang et appellation de général de corps d’armée le 1er mars 2017.

Le 19 juillet 2017, en Conseil des ministres, le général de corps d’armée LECOINTRE est élevé aux rang et appellation de général d’armée, et nommé chef d’état-major des armées à compter du 20 juillet 2017.

Breveté d’études militaires supérieures, titulaire de quatre citations, le général d’armée François LECOINTRE est commandeur de la Légion d’honneur et commandeur de l’ordre national du Mérite.

Son Ordre du jour N°1 figure ici : fichier pdf ODJ GAR Lecointre

 




Chronique historique : 21 juillet

24072017

Reprise de la Chronique (par mail) le 28 août.
En revanche, pas de pause estivale ni sur FaceBook, ni sur Twitter.

 

 21 juillet 390 avant Jésus Christ : sac de la ville de Rome par les celtes du peuple des Sénons conduits par le chef Brennos. Cet évènement, devenu légendaire et rapporté avec quelques déformations par les auteurs antiques (épisode des Oies sacrées du Capitole), fut un traumatisme durable pour les Romains qui ne peut être comparé qu’avec celui causé par la campagne d’Hannibal en Italie. Trois siècles plus tard les contemporains de César feront encore référence à cet évènement lors de débats au sénat concernant l’action de César en Gaule

 21 juillet 1242 : bataille de Taillebourg (actuelle Charente-Maritime). Louis IX, futur Saint Louis, vient en aide à son frère Alphonse de Poitiers à qui ses vassaux le roi d’Angleterre Henri III et Hugues X de Lusignan refusent l’hommage pensant que le roi de France ne bronchera pas. Les troupes capétiennes bousculent les rebelles sur le pont de Taillebourg qui enjambe la Charente. Les poursuivant jusqu’à Saintes, elles les battent nettement lors de cette bataille qui prouve la valeur de Louis IX malgré sa jeunesse (16 ans).

 21 juillet 1795 : bataille de Quiberon (Morbihan). Les Chouans commandés par de Puisaye et Sombreuil ont conquis le « fort sans culotte » (Penthièvre) et avec l’aide de navires anglais tentent de renforcer la position. Le général Hoche apprenant qu’une partie de la garnison du fort est prête à se rendre (enrôlée de force par les Chouans), ordonne une attaque surprise de nuit. L’action réussit aux Républicains et dispense d’un siège qui s’annonçait difficile puisque sous le feu de la marine anglaise. Hoche se distingue pour sa capacité à décider vite mais surtout pour son soucis d’économiser les vies humaines : celles de ses hommes mais aussi celles de l’ennemi.

 21 juillet 1798 : bataille des pyramides (Egypte). Débarquée en Egypte, l’armée de Bonaparte (18 000 hommes et 40 canons) traverse le désert pour gagner le Caire. Mourad Bey masse ses mamelouks (10 000 cavaliers et 30 000 janissaires) devant la ville pour écraser cette infanterie qu’il méprise, persuadé de posséder la meilleure cavalerie au monde. Cette dernière se jette et se brise sur les carrés de division que forme Bonaparte: civils et bagages au centre du dispositif, de l’artillerie aux coins et une discipline de fer dans les rangs de l’infanterie formant le carré qui fait croire aux Mamelouks que les soldats sont attachés ensemble. Renseigné sur l’absence de mouvement de l’artillerie du Bey, Bonaparte lance Desaix à la poursuite des Mamelouks. La victoire est belle et redonne confiance aux Français qui entrent dans le Caire.

 21 juillet 1861 : bataille de Bull Run (Virginie). Première bataille rangée de la guerre civile américaine. Victoire sudiste inattendue.

 21 juillet 1944 : début de la bataille de Guam (Pacifique Nord). Cette bataille dure jusqu’au 10 août 1944. 55 000 américains débarquent sur l’ile occupée par 18 500 japonais. Après une intense préparation par l’artillerie et l’aviation les troupes d’assaut amphibies prennent pied sur l’ile conquise par les japonais 4 jours après Pearl Harbour. Les combats sont très durs : seuls 500 japonais sont faits prisonniers, les 18 000 autres meurent au combat ou se suicident. Autre preuve de la combativité japonaise, sous un angle anecdotique : Le sergent Shoichi Yokoi fut découvert sur Guam en janvier 1972 par des chasseurs. Il s’est caché pendant 27 ans dans des grottes de l’ile, se croyant toujours en guerre.

 21 juillet 2008 : arrestation officielle de Radovan Karadzic (Serbie). Après une cavale de 13 ans, l’ancien dirigeant des Serbes de Bosnie est arrêté. Jugé par le TPI de 2010 à 2014, il est finalement condamné en Mars 2016 à 40 ans de prison.

24 juillet




Chronique historique : 10 mai

10052017

10 mai 1796 : bataille du pont de Lodi (Italie). Bonaparte bat magistralement les Autrichiens durant la première campagne d’Italie.

10 mai 1913 : premier bombardement aérien d’un navire de surface. « Le français Didier Masson et le Capitaine Joaquín Bauche Alcalde, qui volent pour le compte du révolutionnaire mexicain Venustiano Carranza (qui deviendra plus tard Président du Mexique), larguent de la dynamite sur des navires fédéralistes à Guaymas. Un peu plus tard dans la journée, Didier Masson va effectuer le premier largage de tracts par avion ». LCL Pierre B. (CFA).

10 mai 1940 : fin de la drôle de guerre. L’Allemagne déclenche la « guerre éclair » (Blitzkrieg) en envahissant la France, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas. Les Allemands testent avec succès la charge creuse sur les casemates bétonnées belges. En Grande-Bretagne, Chamberlain démissionne et Churchill lui succède en tant que Premier ministre. De manière anecdotique mais au même moment, un commando français de la Marine éventre la coque du cargo allemand Corrientes alors qu’il est à quai (Iles Canaries – Las Palmas) après avoir fait exploser un pain de plastic, nouvelle invention anglo-saxonne.

10 mai 1941 : Rudolf Hess, saute en parachute sur l’Ecosse. Rudolf Hess prétend vouloir essayer un Messerschmitt Bf 110 et détourne l’avion jusqu’en Ecosse. Attaqué par la DCA, il saute en parachute à Ayrshire. Il se casse la cheville à son atterrissage et est immédiatement arrêté par les autorités britanniques. Il demande alors à rencontrer le duc d’Hamilton qu’il dit connaître depuis une visite officielle du Prince de Galles en Allemagne avantla guerre. Il pense que le duc serait un bon médiateur, au service de Lord Hallifax opposant et successeur potentiel de Winston Churchill. Il passera sa vie en prison sous haute surveillance à Berlin (prison de Spandau). Il est retrouvé pendu dans sa cellule en 1987. Hess a-t-il agit sur un coup de tête ? A-t-il été manipulé par les agents de Churchill (SO 1 : intoxication), l’incitant à croire une alliance germano-britannique possible ? Hess était-il réellement mandaté par le régime nazi ? Un débat d’historiens existe donc bel et bien sur cet épisode qui est nourri par le manque d’informations déclassifiées. Les archives britanniques concernant Hess ouvriront en 2016.

10 mai 1966 : transatlantique pour Mirage IV. En 7h40 et 3 ravitaillements en vol, un Mirage IV des Forces Aériennes Stratégiques traverse l’Atlantique (Mont-de-Marsan/Boston) dans le cadre de l’opération Tamouré qui vise à rallier Mururoa pour procéder à un essai nucléaire atmosphérique par largage depuis avion.  Le tire a lieu le 19 juillet à 85 km de Mururoa. Le Mirage IV a tenu son rôle de bombardier stratégique français pendant 40 ans.

10 mai 1972 : premier vol pour le A-10. Le prototype du Fairchild A-10 Thunderbolt II, avion américain d’attaque au sol effectue son premier vol. Avion célèbre pour l’appui des troupes au sol et qui a été engagé sur tous les théâtres d’opérations américains. Il n’est pas prévu être retiré du service avant  2028.

10 mai 2011 : mort du caporal-chef Loic Roperh (Afghanistan – sud de Tagab). Le soldat de 1ère classe Roperh (13 ème RG) meurt dans l’explosion d’une mine artisanale alors qu’il participe à une mission d’ouverture d’itinéraire.

  10 mai

 




Actu Défense Mars 2017

16032017

ACTU

Dans cette lettre d’ »Actu Défense », à retenir : fichier pdf Actu Défense 9 mars 2017

-          le bilan 2016 de la DGA,

-          le déplacement du ministre au Liban,

-          la première mission du Bougainville aux Australes,

-          la conférence débat de la Commission Armées-jeunesse (CAJ) (pour mémoire créée en 1955 pour rapprocher les jeunes du monde de la défense), à l’École militaire sur le thème de la jeunesse et des attentes des nouvelles générations,

-           les 10 ans de missions opérationnelles pour le Rafale,

-          les conclusions du Conseil de l’Union européenne, en matière de Défense,

-          l’actualité des théâtres d’opération.




Chronique historique : 16 décembre

16122016

Poursuite de la Chronique sur Facebook durant les permissions. Retour le 03/01/2017. Joyeuses fêtes de fin d’année !

16 décembre 1690 : création des compagnies franches de la Marine.  Par ordonnance, 82 compagnies franches sont créées. Représentant 8200 hommes, elles constituent l’infanterie de Marine dont les missions sont celles des fantassins, artilleurs de marine et hommes de bord. Les prémices de l’infanterie de Marine datent cependant de 1622.

16 décembre 1793 : assaut final sur Toulon. Au terme d’un siège commencé en septembre et au cours duquel le jeune capitaine Napoléon Bonaparte, imposé par Robespierre, a pu faire preuve de son génie militaire, l’assaut final est donné par les troupes de la Convention contre les insurgés royalistes appuyés par un contingent britannique. Le corps à corps dure toute la nuit et Bonaparte est blessé d’un coup d’esponton à la cuisse par un sergent britannique. Au matin, la position du « Petit Gibraltar » qui commande l’accès à la ville est prise. Durant les 3 jours suivant cet assaut, une sanglante répression est menée à laquelle Bonaparte n’assiste pas. Il est devenu entretemps général et a été appelé au commandement de l’artillerie de l’armée d’Italie. Le 4 nivôse de l’An II (24 décembre 1793) la Convention vote un décret disposant que : « Le nom infâme de Toulon est supprimé. Cette commune portera désormais le nom de Port-la-Montagne ».

16 décembre 1796 : Hoche appareille pour l’Irlande (Brest). Le vice-amiral Morard de Galles embarque l’armée du général Hoche (15 000 hommes) à bord d’une cinquantaine de navires pour appuyer la révolte irlandaise contre les Anglais. Le mauvais temps fait échouer le projet de débarquement et coûte 7 bateaux à la flotte.

16 décembre 1835 : création d’une nouvelle Légion étrangère. « Par une ordonnance de Louis-Philippe, sur un conseil d’Adolphe Thiers. Après avoir cédé à l’Espagne, le 29 juin 1835, ses 6 bataillons de Légion étrangère (celle de 1831 sous les ordres du général Bernelle), cette  nouvelle Légion voit réellement le jour le 3 février 1836, à Pau. Elle est considérée comme une réserve pour les unités engagées au-delà des Pyrénées mais la révolution espagnole d’août 1836 change son destin : Adolphe Thiers est limogé et le cabinet qui lui succède stoppe l’envoi de renfort dès la fin août. La « nouvelle Légion » composée d’un bataillon à 4 compagnies embarque pour l’Algérie sous les ordres du chef de bataillon Bedeau. Quant aux bataillons cédés à la couronne espagnole, ils sont licenciés en décembre 1838 ». CNE J-B P. (COMLE).

16 décembre 1838 : bataille de la  blood river  (Afrique du Sud). Les Afrikaners ou Boers en gagnant l’intérieur des terres pour fuir la colonisation britannique devenant pesante sur la côte, doivent faire face à la nation Zoulou. Celle-ci aligne 30 000 guerriers parfaitement entraînés et aguerris qui infligent de lourdes pertes aux Boers pénétrant leurs terres.  Lassé par les massacres dont sont victimes les fermiers Boers, Andries Pretorius réunit 500 hommes pour les venger. Le convoi de chars à bœufs (véhicule de combat et de travail du soldat paysan), adopte systématiquement la formation du « laager » pour bivouaquer en sécurité à la nuit tombée. Pretorius choisit de former le cercle défensif dans le méandre de la rivière Ncome pour passer la nuit. Le roi zoulou, Dingan, attaque le campement avec 10 000 hommes en trois vagues successives qui sont toutes repoussées. La combativité des Zoulous ne peut rien contre les fusils afrikaners et la technique défensive adoptée. 3000 Zoulous sont tués contre 2 Afrikaners blessés. La rivière Ncome a été baptisée blood river suite à cette bataille.

16 décembre 1846 : prise de Fatahua (Ile de Tahiti). Le 2ème RIM avec l’aide de miliciens tahitiens escalade les pentes vertigineuses du Diadème où 300 tahitiens sont retranchés et interdisent l’accès à la vallée de la Punaruu.

16 décembre 1883 : prise de Son Tay (Indochine). Défendue par plus de 2500 pavillons noirs, la citadelle de Son Tay (100 canons) est prise d’assaut par les 6000 hommes de l’amiral Courbet après 3 jours de siège. La citadelle est attaquée via le fleuve par la flottille de Courbet (constituée d’infanterie de marine, de fusiliers marins et de tirailleurs annamites) et bien entendu par la voie terrestre avec les légionnaires, les tirailleurs algériens, annamites et tonkinois sous le commandement du LCL Belin. Les pavillons noirs perdent 900 des leurs contre 82 morts chez les Français.

16 décembre 1917 : Patton ouvre une école de chars (Langres – Haute-Marne) Le lieutenant-colonel de cavalerie George Patton, membre de l’état-major du général Pershing, chef du corps expéditionnaire américain en France, crée une école de chars après avoir passé une semaine à Paris pour étudier le char léger français Renault FT-17. L’ouverture de cette école préfigure la création de la toute première unité blindée américaine, qui va s’illustrer dès septembre 1918 lors de l’offensive franco-américaine sur Saint-Mihiel.

16 décembre 1944 : début de la contre-offensive allemande des Ardennes. Profitant du mauvais temps pour contre-attaquer là où on ne l’attend pas, Hitler déclenche l’opération Wacht am Rhein qui coute aux alliés 30 000 morts, jusqu’à Noel. Le manque de carburant pour les blindés allemands ainsi que la fin des intempéries permettent à Eisenhower de reprendre l’initiative et de sauver les hommes de la 101 division parachutiste américaine, retranchés dans Bastogne.

16 décembre 1959 : accord franco-allemand pour le Transall. Acte de naissance administratif pour l’avion de transport militaire C 160 Transall.

16 décembre 1976 : premier tir du SSBS S3 (centre d’essais des Landes). Premier tir expérimental du missile balistique sol-sol français emportant une tête nucléaire (portée 3500 km). Opérationnel de 1980 à 1996 sur le plateau d’Albion.

TSL

 

C.160 Transall

 

Quelques rendez-vous historiques :

 jusqu’au 23 décembre 2016 : exposition : « De Brest à Vincennes : trois siècles d’histoire de la Marine » au Château de Vincennes.

jusqu’au 31 décembre 2016 : exposition « Visages du 25 août » –  Maison du Souvenir de Maillé (Indre-et-Loire).

jusqu’au 15 janvier 2017 : exposition « Mission mode, styles croisés » - Musée de la Légion étrangère (Aubagne) et château Borély (Marseille).

jusqu’au 29 janvier 2017 : exposition « Guerres secrètes » – Musée de l’Armée (Invalides).

jusqu’au 29 janvier 2017 : exposition « Verdun, la guerre aérienne » – Musée de l’air et de l’espace (Le Bourget).

jusqu’au 30 juin 2017 : exposition « Le désert : explorations et opérations » – Musée des Troupes de Marine (Fréjus).

jusqu’au 26 juillet 2017 : exposition « Tambours, clairons, trompettes : commander, transmettre, informer en musique » au musée des Transmissions (Cesson-Sévigné).

Pour voir ou revoir les chroniques illustrées, vous pouvez aller à la nouvelle page Facebook de la chronique 

 




Chronique historique : 15 décembre

15122016

15 décembre 1650 : bataille de Rethel (actuelles Ardennes). Durant la Fronde, Turenne, alors dans le camp des frondeurs, est battu par le maréchal du Plessis-Praslin. Quelque temps plus tard, une fois dans le camp royal et après de nombreuses victoires, le souvenir de cette défaite intriguait : Lorsqu’on demandait à Turenne comment il avait pu perdre à Rethel, il répondait : par ma faute.

 15 décembre 1805 : création des maisons d’éducation de la Légion d’honneur. Napoléon crée la première maison destinée à accueillir les filles des officiers, sous-officiers et soldats admis dans l’ordre. « Soucieux de combler un vide en matière d’éducation féminine et convaincu du rôle prépondérant que les femmes auront à jouer dans la société, Napoléon définit lui-même le programme éducatif de ces futurs établissements, voulant assurer aux filles des légionnaires civils et militaires « une existence digne et indépendante ». C’est à partir de cette lettre de mission que la première maison d’éducation ouvre ses portes au château d’Ecouen en 1807 ». Voir le site Internet de la Légion d’honneur.

 15 décembre 1840 : le retour de l’Empereur. Pour  se concilier les Bonapartistes, Adolphe Thiers, ministre de Louis-Philippe, négocie avec les Anglais le retour des cendres de Napoléon 1er, mort 20 ans plus tôt à Sainte Hélène. Le prince de Joinville, fils de Louis-Philippe part chercher les restes de l’Empereur à bord de la Belle Poule. A Paris, un million de Français se massent le long du trajet emprunté par le cortège funèbre pour rejoindre les Invalides. La cérémonie est curieuse : tous les ingrédients pour une communion nationale réussie sont présents, mais la monarchie constatant l’emprise toujours énorme de l’Empereur sur les Français, expédie les festivités tout en les ayant souhaitées.

 15 décembre 1890 : mort de Sitting Bull (Dakota). Le chef d’une des tribus Sioux responsable, avec Crazy Horse, de la défaite du général Custer lors de la bataille de Little Big Horn est tué pendant son arrestation.

 15 décembre 1916 : Barbusse lauréat du Goncourt. « L’Académie Goncourt décerne son prix au Feu d’Henri Barbusse ». LCL Rémy. P (EMAT).

 15 décembre 1940 : le retour de l’Aiglon. Sur ordre d’Hitler, les cendres du fils de Napoléon Ier sont restituées à la France, dans le but de se concilier la bonne volonté du peuple français. Transférées aux Invalides selon un cérémonial décidé par les allemands, l’évènement se déroule dans l’indifférence générale. Hitler est mécontent. Il pensait faire un cadeau et constate que l’effet est nul. La genèse de cet événement est particulièrement bien expliquée dans les souvenirs de Jacques Benoist-Méchin, A l’épreuve du temps  : là encore, l’idée de se concilier la France en honorant un Napoléon, ne fonctionne pas.

 15 décembre 1944 : décès d’Alton Glenn Miller. « Chef d’orchestre de jazz et tromboniste, il laisse à la postérité les titres Moonlight Serenade, In the Mood et Chattanooga Choo Choo. Avec le grade de capitaine, il se trouve à la tête du Glenn Miller Army Air Force Band, en Angleterre, avec lequel il enregistre des disques et participe à des émissions de radio à destination des soldat au front. Afin de préparer des concerts en France, il prend les airs dans le brouillard à bord  d’un Noorduyn Norseman (petit avion utilitaire d’origine canadienne) afin de traverser la Manche : il n’arrive jamais à destination. Son avion aurait traversé une zone, interdite de vol car destinée au délestage des bombes non larguées par les bombardiers alliés à leur retour de mission (afin de limiter les risque d’explosion en cas d’incident à l’atterrissage) ». CNE J-B P. (COMLE).

 15 décembre 1948 : Zoé fonctionne (Fort de Chatillon). La première pile atomique française entre en fonction et est inaugurée par le Président de la République Vincent Auriol.

 15 décembre 1961 : condamnation à mort d’Eichmann (Jérusalem). Enlevé par le Mossad en Argentine, le colonel et haut cadre dirigeant du RSHA (organe gérant la solution finale) est condamné à mort par pendaison. Il est exécuté fin mai 1962.

 15 décembre 1965 : premier « rendez-vous » spatial. Pour la première fois de l’Histoire, deux véhicules spatiaux (Gemini 6 et 7) parviennent à synchroniser leur vitesse en orbite autour de la Terre à moins de 40 cm l’un de l’autre.

 15 décembre

  Quelques rendez-vous historiques :

 jusqu’au 23 décembre 2016 : exposition : « De Brest à Vincennes : trois siècles d’histoire de la Marine » au Château de Vincennes.
jusqu’au 31 décembre 2016 : exposition « Visages du 25 août » –  Maison du Souvenir de Maillé (Indre-et-Loire).
jusqu’au 15 janvier 2017 : exposition « Mission mode, styles croisés » - Musée de la Légion étrangère (Aubagne) et château Borély (Marseille).
jusqu’au 29 janvier 2017 : exposition « Guerres secrètes » – Musée de l’Armée (Invalides).
jusqu’au 29 janvier 2017 : exposition « Verdun, la guerre aérienne » – Musée de l’air et de l’espace (Le Bourget).
jusqu’au 30 juin 2017 : exposition « Le désert : explorations et opérations » – Musée des Troupes de Marine (Fréjus).
jusqu’au 26 juillet 2017 : exposition « Tambours, clairons, trompettes : commander, transmettre, informer en musique » au musée des Transmissions (Cesson-Sévigné).
et
Les conférences du Service historique de la Défense (SHD) avec leurs références bibliographiques.
et
les colloques, conférences, expositions, cinéma du site Mindef.







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