Quartiers libres

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flechegif047.gifQUARTIER LIBRE du Colonel J-D Dulière  (Mis en ligne le 29/07/2011) 

Ce texte est la version actualisée de l’intervention du Col J-D DULIERE lors de l’AG 2011 de l’Epaulette.

LA PROMOTION INTERNE DANS L’ARMÉE DE TERRE, (lien hyper texte ci-contre)

 Témoignage de vécu récent par le  Colonel (ER)  Jean-Dominique DULIERE

flechegif047.gifPetit QUARTIER LIBRE du PRESIDENT (Mis en ligne le 18/11/2010) Soyez rassurés, je ne vais pas transformer le blog en poubelle Internet. Mais là c’est assez « bluffant ».  Et ce lien répond aux exigences de qualité -j’espère y parvenir- que je m’impose pour ce blog  … A voir pour un peu de rêve.  Rien sur les moteurs cependant ! 

http://www.a380delivery.com/qantas/panos/tour/tour

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Il ne s’agit pas d’une réflexion sur un patriotisme à géométrie variable ou la confusion de la condamnation d’une politique avec celle de ses légitimes exécutants. C’est, le silence estival de mon téléphone aidant, une modeste mise en perspective de faits récents avec en « main courante » (je suis fantassin)  cette question sur l’absence de mise en berne de nos drapeaux, et pas seulement les drapeaux « militaires », que je ne m’explique pas plus que la seule, au moins à ma connaissance, exception constatée. (Note de l’auteur du texte)

flechegif047.gifQUARTIER LIBRE  du LCL Xavier GAUME (Mis en ligne le 31/07/2010) 

Les drapeaux n’ont pas été mis en berne 

Les caprices et le manque d’entrain de 23 footballeurs occupent les écrans de télévision et les pages de journaux. Des autorités morales autoproclamées et quelques « excellences » rivalisent d’indignation. Elles dénoncent haut et fort le manque de patriotisme et l’absence de respect du drapeau, pardon, du maillot national. 

Pendant ce temps d’autres jeunes assez sensiblement moins payé mais, semble-t-il, nettement plus enthousiastes et disciplinés combattent pour le même maillot, pardon, pour le même drapeau. 

Le sergent-chef Laurent MOSIC, le  sergent Konrad RYGIEL et le brigadier Steeve COCOL tombent au combat, morts pour la France.  La presse en parle moins et il se trouve beaucoup moins d’autorités morales ou « d’excellences », hors service commandé, pour exalter leur sacrifice désintéressé et proclamer leur patriotisme. Nul ne relève que ces jeunes sont, eux aussi, « blacks-blancs-beurs » (et même plus) ni l’exemple d’intégration que donne cette équipe, pardon, l’armée française,   

Et les maillots, pardon les drapeaux, ne sont pas mis en berne

Une policière municipale arrivant sur les lieux d’un accident est prise dans une fusillade. Elle décède en service commandé. Des collègues menacent de se mettre en grève et affichent publiquement et ostensiblement leur hostilité au Président de la République française qui assiste en personne aux obsèques. 

L’adjudant Mathieu TOINETTE, le lieutenant-colonel Fabrice ROULLIER, le maréchal des logis-chef Harouna DIOP et le caporal Enguerrand LIBAERT tombent en combattant, morts pour la France. 

Le Ministre ou le Secrétaire d’Etat se rend à leurs obsèques. 

Les drapeaux ne sont pas mis en berne et leurs camarades poursuivent le combat

Dans une petite ville bretonne une conseillère municipale proclame son refus, au nom de sa vision géopolitique du conflit, d’observer la minute de silence observée par le conseil municipal à la mémoire de cinq concitoyens, les caporaux Anthony BODIN et Kévin LEMOINE, du caporal-chef Johan NAGUIN, du sergent Thomas ROUSSELLE, et du sergent-chef Johan HIVIN-GERARD, tombés en combattant au sein du régiment en garnison dans cette ville depuis prés de cinquante ans.  Les autorités morales qui s’étaient vertueusement indignées du refus de l’entraîneur des 23 footballeurs de serrer la main de son homologue de l’équipe adverse semblent profiter, en silence, de vacances bien méritées. 

Les enfants des morts pour la France retournent en classe en se demandant de quoi leurs pères se sont rendus coupables et pourquoi les drapeaux n’ont pas été pas mis en berne

Une photo est primée à un concours. Sa sélection et sa réalisation me semblent relever de la conjugaison d’un pseudo-humour digne d’un d’adolescent boutonneux et d’un pseudo-courage intellectuel à bon compte. Croyant illustrer l’originalité, la liberté de ton et la transgression elles ne sont que l’expression, sans aucun risque, du conformisme et du manque d’imagination de l’opérateur, pardon de l’auteur, et du jury.  Dans la société civile, pardon française, quelques (trop rares ?) autorités morales et « excellences »  s’indignent, une loi spécifique de plus est votée. 

Le caporal Robert HUTNIK, et le capitaine Christophe BAREK-DELIGNY tombent au combat, morts pour la France et ce drapeau, dont l’outrage est maintenant puni d’une amende, n’est toujours pas mis en berne.

LCL Xavier GAUME (EMIA promotion Lieutenant BORGNIET 83-84)  

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flechegif047.gif QUARTIER LIBRE (2) du Gal Yann PERTUISEL (Mis en ligne le 29/07/2010)

Il n’est de richesses que d’hommes [1]… 

La lecture d’un récent article du colonel Darras[2] dans le mensuel du détachement de liaison Terre aux Etats-Unis d’avril 2010, m’a incité à prendre ma plume pour faire part de quelques réflexions personnelles.  Cet article intitulé « La gestion des talents et la formation des chefs, le défi des ressources humaines » présente un constat que fait l’armée de Terre américaine après une dizaine d’années d’engagements en Irak et en Afghanistan[3]Même s’il faut comparer ce qui est comparable (et qui sait combien les comparaisons sont toujours délicates avec nos alliés d’outre Atlantique au regard du volume de leur armée) et si je n’ai pas forcément une propension naturelle à vouloir absolument imiter nos camarades de l’US Army, je trouve que les propos de cet article sont tout particulièrement d’actualité et qu’ils doivent nous conduire à nous poser des questions, ou tout du moins à faire preuve de beaucoup d’attention. J’observe par ailleurs que comme souvent nos camarades américains font des constats qui finissent par s’appliquer quelques années plus tard à notre pays.  Je me permettrai donc de reprendre in extenso[4] quelques passages de cet article avant de faire quelques commentaires.  L’auteur rapporte d’abord un certain nombre de tensions qui s’articulent autour de contradictions : 

  • Les exigences accrues de responsabilité et d’autonomie des chefs en opération et la substitution de cette responsabilité et de cette autonomie par celles du gestionnaire à l’issue des déploiements. 
  • La décentralisation et la subsidiarité prononcées dans les opérations en cours et la centralisation et le carcan des règlements au retour en métropole. 
  • Une sélection et une formation des cadres diffusée au quotidien par les pratiques de l’institution qui ne sont pas en phase avec la formation opérationnelle dispensée et les besoins capacitaires. 

Il poursuit en écrivant que la gestion des ressources humaines appuierait mieux la chaîne opérationnelle en introduisant de la souplesse dans les parcours, y compris aux points de passage obligés, en développant la gestion des talents plus qu’en se concentrant sur la sélection, en réétudiant l’équilibre des parcours de carrière entre spécialistes et généralistes…  On peut encore y lire un peu plus loin que la déresponsabilisation des chefs, hors déploiements, conduit à des aberrations « technocratiques ». A contrario, les courts-circuits pratiqués par les autorités rajoutent aux difficultés ambiantes. Les talents sont sous-exploités en raison des difficultés de gestion et de la concentration des efforts sur la sélection des hautes autorités, mais aussi à cause de l’inadéquation des outils de notation, de promotion et de suivi… Enfin, s’agissant des modalités de mise en œuvre de la réforme que souhaite conduire l’US Army, et plus particulièrement en termes de gestion des ressources humaines, celle-ci doit passer par : 

  • la révision des critères de notation en vue d’y remettre de la vérité ; 
  • un assouplissement des parcours de carrière et des parcours de formation en vue de créer de la diversité ; 
  • la mise en valeur de tous les talents, l’autorité étant un talent parmi les autres, en évitant de se concentrer sur la question de la sélection des hauts potentiels qui peut pervertir et appauvrir l’ensemble des ressources humaines… 

Je ne veux absolument pas ici me substituer aux spécialistes en organisation et en RH, n’en étant pas un moi-même, mais encore une fois profiter de ces constats et de ces pistes de réforme aux « States » pour alimenter un débat déjà initié et sans doute loin d’être clos. En effet, au moment où les bases de défense se mettent en place avec la création du commandement interarmées des soutiens (COMIAS), mais surtout sans vouloir remettre en cause le principe et la nécessité de ce concept compte tenu du contexte général, il faudra être très vigilant pour ne pas faire dans quelques années le constat des tensions que font aujourd’hui nos alliés entre la chaîne organique[5] et la chaîne opérationnelle[6]Il ne faudra surtout pas deux armées à deux « vitesses », celle du « front » et celle de « l’arrière », celle du « quotidien et du soutien » et celle des opérations. Il faudra que nos jeunes chefs au combat sachent gérer des moyens et une ressource qu’ils n’auront plus en garnison. Il faudra surtout prendre garde à ne pas déresponsabiliser ces chefs à qui une partie des leviers du commandement[7] auront été retirés. Tous ces effets secondaires potentiels doivent être analysés et observés avec attention afin de ne pas conduire effectivement à des aberrations « technocratique », au risque de remettre en question notre capacité et notre efficience opérationnelle. Ensuite, pour ce qui est de la gestion des talents, l’objectif est bien, comme l’écrit le colonel Darras pour l’US Army, d’affecter l’homme idoine dans la fonction, au moment et à l’endroit adéquat.  Sans aller jusqu’à dire que notre système se fonde de plus en plus sur un certain déterminisme et que la tendance est de placer au plus tôt les individus dans des boîtes ou sur des voies toutes tracées en fonction de certains critères, je pense qu’il y a lieu peut-être d’assouplir nos règles de gestion des potentiels. Il convient bien sûr de détecter et de former certains officiers pour tenir des postes de haute responsabilité,  mais des talents existent dans des populations qui n’ont malheureusement pas eu l’opportunité ou la chance d’accéder à l’enseignement « très supérieur », concrètement à l’école de guerre[8]. Ces talents, cette richesse, ce capital humain doivent être valorisés et récompensés en conséquence par l’avancement et l’attractivité des parcours professionnels. Il faut prendre garde de ne pas constituer deux catégories d’officiers, un corps « dirigeant » et un corps « d’exécutants ». Des passerelles doivent exister pour faire éclore les talents dont notre Histoire militaire regorge d’exemples. L’objet de mon propos n’est donc pas d’apporter des réponses mais de susciter la réflexion sur des sujets centraux et complexes qui dimensionnent la capacité future de notre outil de défense. Les contraintes budgétaires très fortes qui pèsent sur nos armées conduisent aujourd’hui à des évolutions majeures en termes d’organisation et de gestion des ressources humaines. Elles doivent en même temps nous inciter à encore plus de vigilance pour éviter tout effet inverse à l’objectif initial recherché d’amélioration.  Le célèbre aphorisme « il n’est de richesse que d’hommes » doit plus que jamais guider nos réflexions. Je suis personnellement convaincu que le capital humain restera pour longtemps la meilleure assurance d’avoir une armée de Terre apte à répondre aux défis majeurs qui nous attendent, et bien sûr avant tout capable de faire face avec succès aux engagements opérationnels, son unique raison d’être.  Pour cela, les propos de l’article de cet officier de liaison méritent d’être médités et en tous cas, vous l’aurez compris, ils ont retenu toute mon attention et j’attends avec impatience une analyse plus détaillée qui devrait paraître dans les prochains mensuels.

2 réponses à “Quartiers libres”

  1. 6 01 2011
    Lt Cel (er) Lapaque (18:02:35) :

    Bravo, Mon Général PERTUISEL vous parlez comme quelqu’un qui a des systèmes d’armes modernes et performants à commander et qui souhaite que la gestion des hommes soit orientée pour les performances au combat.

    Pourquoi d »ailleurs parler de quartier libre je dirai plutôt l’aventure, avec dès le départ assez de contraintes pour toujours avoir la liberté d’esprit!
    Car au fond si on vient dans les forces c’est parce qu’ on aime vivre dangereusement

    Je souscris donc immédiatement un engagement dans l’ALAT comme Ingénieur système d’arme Tigre, Gazelle-Hot et Viviane et même NH 90!!.
    Et si vous voulez équiper vos Hélicoptères pour voir les fouilles le long des itinéraires je vous ferez qualifier cela dans les 2 mois!!
    Avec ou sans statuts cela est secondaire pourvu qu’on y trouve l’aventure.

    Voici mon CV (partie aventure et succes story 12 ans de troupe , 5 ans d’EMSST 97° promo ESG, 7 ans de STAT que du bonheur )
    J’étais admissible à Saint-Cyr et J’ai fait Strasbourg (1 an) comme Brigadier-Chef après un an de troupe, je suis de la NARVICK.

    Et maintenant pour vous faire sourire (et je ne dis pas tout un jour peut-être j’écrirai)

    - pour vous équiper pendant la guerre du Golfe j’ai imité le Général RIDGWAY pendant la guerre de Corée, Je suis monté à L’EMAT me donner des ordres à moi-même que j’ai bien entendu exécuté à la lettre.
    Et j’avais parié avec mes camarades Brevetés que les premiers systèmes d’alerte (contre le brouillage) arriveraient plus vite que l’ordre que les faire fabriquer. BINGO de 3 semaines le chapitre d’imputation est tombé sur mon bureau déserté courant janvier, j’avais équipé la première machine la nuit de l’attaque.

    -ensuite en ce qui concerne ma vie dans l’industrie et mes travaux avec l’OTAN j’avais fait le pari que je gagnerai le concours sur l’emploi des technologies de l’information et les réseaux face aux Américains et que je les piloterais comme sous-traitants. Choisi par un collège international devant 40 sociétés informatiques Américaines et Européennes!! J’ai même fait des conférences au DOD sur l’emploi des nouvelles technologies dans les systèmes d’arme « from plant to foxhole ». et sur l’entreprise agile.
    BINGO de 10 ans !! et travaux repris par l’US Air Force.

    On imagine en France un Officier d’Infanterie venir remettre de l’ordre dans la logistique de l’Armée de l’Air voire des Hélicoptères pour vous faire gagner 30% et de la performance au combat. .
    Et c’est comme cela que l’on mutualise le riz, le pain et le sel et le couchage en croyant faire des économies!! et que l’on verrouille les statuts croyant améliorer la ressource humaine.

    LES TECHNIQUES GALOPENT ALORS QUE LES PENSEES CHEMINENT!

    Et maintenant pour vous faire pleurer, je suis parti le lendemain d’un repas chez le chef de groupement début janvier 1992,. La première fournée réunissait le recrutement direct la seconde le reste, je ne suis donc pas resté!.

    Désolé mais c’était la seule manière de corriger le système. En le poussant aux taquets.

    J’étais Breveté Armement à force de me freiner on me proposait uniquement l’avancement des Saint-Cyriens qui n’avaient rien fait et bien entendu avec beaucoup plus de travail comme Officier de Programme.
    il me restait à l’époque 11 ans d’activité on me promettait même le grade de Colonel et je serai devenu expert au long cours condamné à me succéder à moi-même (donc sans mérite et surtout sans aventure ). Sachant que dans le même temps l’Infanterie m’avait orienté partant!!!

    J’ai donc poursuivi l’aventure dans l’industrie d’armement et comme consultant.
    à travers cet exemple je veux juste démontrer que si on bloque « l’idée » que l’on se fait d’un Officier sur uniquement l’origine ou sa docilité c’est bafouer tout notre système de formation continu et excellent par ailleurs surtout l’EMSST!! Les Officier qui acceptent une telle remise en question sont par essence agiles!

    Là est toute la contradiction et la perversité d’un système de gestion qui ne serait construit que sur la « naissance dans l’institution et le conformisme ».
    Mais restons optimistes il y a encore du jus dans le système, nos jeunes camarades nous le démontrent tous les jours. Il suffirait d’y installer le petit grain de folie qui fait les belles victoires.

    PS décidément ce blog me plaît de plus en plus et plutôt que la rubrique QUARTIER LIBRE je propose AVENTURE c’est plus drôle. Merci Mon Général DELOCHRE de supporter mon tempérament de jeune Sous-Lieutenant.

  2. 2 08 2010
    PUJOL (18:30:15) :

    Excellent article du général Pertuisel- Depuis sa création, l’Epaulette a permis une évolution positive favorable aux officiers non saint Cyriens et des services (devenus OCTA)- Il est important de faire connaître ces actions passées et de les faire connaître aux jeunes promotions- Colonel(H) J.PUJOL,
    OCTASSA- ESSM Lyon- Promo 1953- section administrative coloniale!

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