Hommage national au LCL Beltrame

28032018

Sur la base des informations parcellaires et tardives reçues, largement distillées sur les réseaux sociaux par des sources multiples, la cérémonie d’hommage national au colonel Arnaud Beltrame aura lieu mercredi 28 mars 2018 aux Invalides et sera ouverte au public (dans la mesure des places disponibles – accès par la place Vauban).

Le lieutenant-colonel, qui s’est substitué à une otage, sera promu au grade de colonel à titre posthume.

Le parcours choisi doit permettre à tous ceux qui le souhaitent de s’associer à cet hommage. Le départ du cortège funéraire sera donné depuis la place du Panthéon, mercredi 28 mars à 10 heures. En silence, il traversera le boulevard Saint-Michel, les quais de la rive gauche jusqu’au pont Alexandre III avant de rejoindre l’Hôtel des Invalides.

La cérémonie sera placée sous l’autorité du président de la République . Après les honneurs au drapeau puis le passage en revue des troupes, Emmanuel Macron prononcera l’éloge funèbre.

Lors de la remise de décoration, Arnaud Beltrame sera élevé au grade de commandeur de la Légion d’honneur (il avait été fait chevalier en 2012).

Vous pouvez marquer un hommage fraternel en étant présent sur l’esplanade des Invalides le long de l’avenue Gallieni, à partir de 10H45.

Le président de L’Epaulette représentera l’association à l’hommage, cour des invalides. Les associations et promotions, selon nos informations, seraient accueillies par la DMPA à la grille de la cour d’honneur des Invalides avant 11h00.




L’acte héroïque d’Arnaud Beltrame sera honoré mercredi lors d’une cérémonie nationale aux Invalides.

27032018

La France s’apprête à honorer la mémoire de l’un de ses héros. Le cercueil du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame,  mort vendredi lors de l’attentat à Trèbes (Aude), a quitté Carcassonne  ce mardi matin à destination de l’aéroport de Villacoublay, dans la région parisienne.

Sous une pluie battante, la dépouille avait été escortée par des gendarmes à l’intérieur d’un hangar sur le tarmac de l’aéroport, où a eu lieu une cérémonie en présence des proches de la victime, des représentants des gendarmes, de l’armée de terre et de la Légion étrangère.

A l’aéroport de Villacoublay, le cercueil devait être accueilli par le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb. Mardi soir, une « veillée réservée à ses frères d’armes » est prévue « dans l’intimité » à la caserne Tournon, dans le VIe arrondissement de Paris.

Et mercredi, c’est une cérémonie d’hommage national qui se tiendra aux Invalides en présence de quelque 200 de ses frères d’armes.

Ces anciens compagnons ayant côtoyé le lieutenant-colonel au cours de sa carrière prendront place dans la cour d’honneur des Invalides aux côtés du président Emmanuel Macron, des membres du gouvernement et de nombreux représentants des partis et du Parlement. Les anciens présidents François Hollande et Nicolas Sarkozy devraient être également présents.

Parmi les 400 personnes invitées, figurent  les familles des victimes- les quatre tués et les blessés -, ceux ayant vécu les événements, les maires de Carcassonne et Trèbes, ainsi que les représentants des associations nationales de victimes.

La cour d’honneur des Invalides peut également accueillir un millier de personnes, la cérémonie sera ouverte au public. Seul le chef de l’Etat y prendra la parole pour un « éloge funèbre » d’Arnaud Beltrame, qu’Emmanuel Macron a qualifié de « héros ».

Une minute de silence à 10 heures

Avant la cérémonie, qui sera à suivre en direct sur notre site, le cortège funéraire stationnera un quart d’heure, à 10 heures, devant le Panthéon, la nécropole laïque des « grands hommes » français, dont la « patrie reconnaissante » veut honorer la mémoire. Au même moment, une minute de silence sera observée dans les gendarmeries, commissariats et préfectures.

Escorté de huit motards de la Garde républicaine, le cercueil se dirigera ensuite, par le boulevard Saint-Michel puis les quais de la Seine, vers l’Hôtel des Invalides. Pour un hommage national à la hauteur de son sacrifice à 11h30.

 




Mort du LCL BELTRAME, adhérent de L’EPAULETTE

24032018

Le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame était un adhérent fidèle de l’Epaulette.

Nous nous inclinons avec tristesse et respect devant son courage et son sacrifice. «  » S’élever par l’effort » et « Remplir sa mission jusqu’au sacrifice, au péril de sa vie ».

Voir  le reportage télévisé sur l’hommage par l’EMIA au sacrifice du LCL BELTRAME à l’occasion d’une cérémonie de parrainage des promotions 25 et 50 ans ce week-end à Coëtquidan :

https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/morbihan/ecole-militaire-interarmes-coetquidan-rend-hommage-arnaud-beltrame-1446581.html

 




Lettre n° 94 du G2S : budget 2018 – Janvier 2018

22032018
Lettre d’information du G2S
n° 94 Janvier 2018

Budget 2018 de la Défense

Proposée par le général Jean-Pierre Guiochon, cette lettre d’information a pour objet de dresser un point de situation sur le budget alloué au ministère des armées pour l’année 2018.

Il s’appuie principalement sur les documents produits en fin d’année 2017, par le ministère (projet de loi de finance et projets annuels de performance), mais également sur les comptes-rendus d’auditions d’autorités, au Sénat et à l’Assemblée nationale, au titre des travaux préparatoires au vote du projet de loi de finance 2018 ; il prend en compte quelques chiffres plus précis communiqués par des acteurs du dossier.

En finale, il nous a semblé utile de revenir sur le document de la Cour des comptes annonçant que le budget des armées de la France a d’ores et déjà atteint les fameux 2% du PIB. C’est le général Jean-Tristan Verna qui nous apporte son éclairage sur ce point qui n’a pas manqué d’être relevé par la presse.

L’année 2017 n’a pas échappé « au coup de tonnerre susceptible d’obscurcir l’embellie annoncée », comme l’indiquait dans sa conclusion l’article du G2S consacré au budget 2017. L’annulation des 850 M€ de crédits d’équipement destinés à financer le surcoût des opérations intérieures et extérieures a provoqué, non seulement la démission d’un CEMA, mais a apporté ses conséquences habituelles en matière de décalage « maîtrisé » de quelques programmes, tout en augmentant le report de charges pour les années suivantes, report à hauteur de 2,9 Mds€.

Ce report aurait pu encore fortement s’alourdir si les 700 M€ encore gelés n’avaient pas été débloqués dans les tout derniers jours de décembre.

Les paramètres de départ pour le budget 2018 ne sont donc pas optimaux. L’augmentation de 1,8 Mds € constitue surtout un signal politique, dans la mesure où les contraintes liées au maintien du déficit de l’État à un niveau inférieur à 3% du PIB, demeurent très fortes sur la construction des budgets des ministères régaliens.

La réalité de cette augmentation est minime, en raison du financement des mesures prises en conseils de défense de mai 2015 et avril 2016, de la budgétisation de la provision pour les OPEX portée à 650 M€1, et enfin de l’incidence des mesures de régulation prises en 2017. Elle ne permettra donc pas de financer les augmentations inscrites pour certains postes dans le budget 2018 sans recourir, une fois de plus, au décalage de quelques opérations déjà prévues.

Les armées sont soumises depuis de longues années à cette usante course de rattrapage de crédits annoncés, mais jamais totalement réalisés dans les échéances fixées. La « bosse de financement » est toujours bien présente et sa hauteur toujours significative. Il est probable qu’une seule loi de programmation ne permettra pas de la réduire sensiblement.

*

Le budget 2018 se caractérise par un montant de crédits de paiement (CP) de 34,7 Mds€, dont 200 M€ provenant de ressources exceptionnelles, et par un niveau équivalent d’autorisations d’engagement (AE).

Le programme 146 (équipement conventionnel des forces) est doté de 10,3 Mds€ en CP, pour des besoins estimés à 10,7 Mds€ (hors report de charges) ; cela assure notamment la livraison d’un satellite optique Musis, d’un avion de surveillance ALSR , de 2 Airbus 400M, de 8 hélicoptères NH 90, de 5 Hélicoptères Tigre, de 3 Rafale Armée de l’air, d’un retrofit Rafale Marine, et des 3 premiers VBMR2 pour l’armée de terre.

Les AE, d’un montant de 11,4 Mds€ pour des besoins de 12,7 Mds€ permettront de commander notamment, le successeur du missile Mica, le prochain standard du Rafale, les 3 premiers ravitailleurs MRTT sur les 12 prévus, le 5e sous-marin Barracuda sur les 6 prévus, 20 Griffon.

Le report de charges attendu pour le programme 146 est de 1,8 Mds€.

Le programme dissuasion est en augmentation passant de 3,6 Mds€ à 4,04 Mds€, caractérisant la montée en puissance budgétaire nécessitée par le renouvellement des deux composantes nucléaires, dont les coûts à l’horizon 2030 sont estimés à 30 Mds€. Il restera à intégrer ces besoins « sanctuarisés » dans les futures lois de programmation.

L’EPM (entretien programmé des matériels) d’un montant de 3,82 Mds€ , en augmentation de 450 M€, reste encore inférieur au besoin supplémentaire estimé à 1 Md€ pour faire remonter à des niveaux acceptables (supérieurs à 50%) la disponibilité technique opérationnelle (DTO) des matériels très utilisés en opérations ou trop âgés ; il n’est pas acceptable notamment que des matériels aériens (avions de transport et hélicoptères) aient une disponibilité variant de 19% à 40%, alors que la faiblesse de notre capacité en transport aérien est une lacune amplement soulignée depuis plusieurs années.

L’autre incidence de cet EPM insuffisant est la difficulté à réaliser un entraînement régulier et efficient de nos forces qui ne disposent pas des matériels suffisants en état de marche pour atteindre les objectifs de journées d’activités opérationnelles. Depuis de nombreuses années, les chefs d’état-major d’armées insistent sur l’impérieuse nécessité de retrouver des marges de manoeuvre acceptables afin d’éviter la pérennisation de postures d’armées à deux vitesses, reposant sur un système d’entraînement différencié imposé par ces contraintes.

Les crédits de fonctionnement, du même niveau que celui de 2017, soit 3,9 Mds€, sont encore insuffisants pour améliorer sensiblement la vie quotidienne des unités. Il y a là un vrai problème de fond qu’il importe de mettre sur la table afin d’obtenir une amélioration significative à inscrire dans la prochaine loi de programmation. La débrouillardise et le dévouement des personnels ne peuvent constituer les seules réponses à ce qui est souvent et trop légèrement considéré comme une variable d’ajustement, balayée d’un revers de main par des décideurs, qui oublient ou ne connaissent pas objectivement la réalité de la situation.

Dans le domaine infrastructure, le montant de 1,5 Md€ soit 330 M€ de plus qu’en 2017 -mais comprenant 140 M€ issus de cessions immobilières toujours aléatoires -permet de poursuivre l’adaptation des installations accueillant les nouveaux systèmes d’armes et la sécurisation des implantations des forces, mais n’améliore pas les crédits d’entretien toujours inférieurs aux normes retenues pour les administrations de l’État. Là encore, on doit se contenter du minimum.

*

S’agissant de l’armée de terre, le budget 2018 reste juste acceptable, sans corriger durablement les faiblesses ou lacunes constatées depuis longtemps.

Les livraisons et les commandes de matériels assurent le renouvellement prévu des systèmes d’armes, tant dans les domaines de la protection (premiers matériels Griffon et Jaguar3 du programme Scorpion, missile moyenne portée (MMP)), de la projection (hélicoptères Tigre et NH90), que de la capacité de combat individuelle (Fusil HK 416), ou des moyens de commandement (système informatique de combat Scorpion (SICS), poste radio de contact). Ce renouvellement ne comble pas les retards de mise en service et les décalages de cibles décidés antérieurement et pesant sur des capacités opérationnelles majeures.

Le programme Scorpion a subi un retard général de 4 ans, accompagné de plus par une diminution significative de cibles, celui du missile MMP également. La réduction de la cible artillerie impose maintenant le renforcement de 32 canons Caesar du parc actuel, dont le potentiel subit une usure inquiétante liée à son emploi à l’entraînement, comme en opérations (Irak). Le remplacement des engins de combat du génie devient aussi une autre priorité.

Par ailleurs, la politique de renouvellement des matériels pose la question de son économie au regard des coûts du maintien en condition opérationnelle (MCO) des matériels, soulevée récemment par le CEMAT. Retarder l’entrée d’un nouveau système d’armes, c’est prolonger un matériel ancien dont le coût d’entretien grandissant inexorablement est inversement proportionnel à son efficacité opérationnelle résiduelle. À cet égard, l’exemple de la mise en service du Griffon est instructif : le coût d’un Griffon neuf est de 1,5 M€, celui de la rénovation d’un VAB « Ultima » de 1,4 M€ ; dans ces conditions financières, l’accélération de la chaîne de production du Griffon, pour un surcoût annuel de 20 M€, permettrait de disposer en 2025 de 1310 engins au lieu des 800 prévus, évitant ainsi la revalorisation de 460 VAB.

Le budget activités et entraînement, d’un niveau de 157 M€ est susceptible de porter le volume des jours d’activités à 82 jours pour 81 jours en 2017. « Effort » qui reste encore très loin de l’objectif des 100 jours inscrit dans deux lois de programmation antérieures, mais jamais atteint. Le besoin financier supplémentaire acceptable serait de 10M€ par an, effort très modeste à comparer avec le niveau de financement annuel consacré par les 2 autres armées à ce même poste.

L’EPM des matériels terrestres, avec 506 M€, soit 15% d’augmentation, permet de poursuivre le plan MCO 2025 visant à faire passer le ratio de la maintenance étatique de 90 à 60% au profit de la maintenance privée passant de 10 à 40%, de réaliser les Grandes visites pour le Caesar et le VBCI et de passer des marchés de soutien VAB, VBL. Néanmoins, il manquerait de l’ordre de plus de 100 M€ par an pour prendre en compte notamment le soutien des moyens Scorpion et la remontée rapide des jours d’activités et d’entraînement.

L’EPM des matériels aériens de l’armée de terre, avec 373 M€, soit 10% d’augmentation, permet de mieux passer les marchés de soutien du TIGRE et du NH90, dont la disponibilité technique demeure encore insuffisante. Les pilotes pourront effectuer 173 heures de vol (164 en 2017) pour une cible affichée en programmation de 180.

Les petits programmes, (munitions, optronique, équipements de spécifiques, SIC) qui concourent à l’accompagnement et à la cohérence de l’emploi des systèmes d’armes « majeurs » ont été souvent les laissés-pour-compte des constructions budgétaires. Dotés de 189 M€, ils parent à l’essentiel, mais le niveau satisfaisant serait au minimum de plus de 200 M€ par an, pour renouveler certaines capacités opérationnelles spécifiques indispensables à l’efficacité de l’ensemble.

Enfin, pour ce qui concerne l’infrastructure, le montant de 179 M€ permet seulement de réaliser les travaux liés à l’arrivée des matériels Scorpion et de poursuivre ceux liés à l’installation de la 13e DBLE au Larzac et du 5e RD à Mailly.

Au bilan, ce budget 2018 reste en deçà des ambitions affichées : il ne permettra pas à l’armée de terre d’amorcer d’emblée la remontée en puissance espérée, sur le chemin la menant en position de 1e armée de terre en Europe…

*

En conclusion, le budget global prévu pour les armées n’est pas un budget de renouveau, voire de rupture ; il s’inscrit simplement dans la trajectoire financière définie par le quinquennat précédent lors des conseils de défense de 2015 et 2016. Il peut aussi être considéré comme un budget en trompe-l’oeil, dans la mesure où l’augmentation si lourdement soulignée est déjà gagée par les incidences des mesures de régulation de 2017 et les décisions prises au cours des deux années précédentes.

Il soulève plusieurs questions relatives à la future loi de programmation et aux objectifs qui semblent lui avoir été définis par la Revue stratégique de défense et de sécurité d’octobre 2017.

1. Ce budget, et à condition qu’il ne soit pas lui aussi soumis en cours d’année à des mesures de régulation budgétaire, n’est pas de nature à constituer une marche haute permettant d’aborder dans de bonnes conditions les annuités suivantes de la future loi de programmation 2019-2024. À cet égard, la Revue stratégique, préparatoire à cette loi, a défini de nombreuses missions, dont certaines nouvelles, et dans le cadre souligné « d’un modèle d’armée cohérent, complet, capable de mener des opérations sur tout le spectre de la plus haute à la plus basse intensité ». Cet objectif ambitieux nécessitera des capacités opérationnelles adéquates, adaptées à l’exécution de ces missions. Ce qui implique des investissements financiers très conséquents ne se heurtant pas à des contraintes administratives et législatives.

Or, la récente loi sur la programmation des finances publiques pour 2018-2022 limite le reste à payer (RAP) au niveau de celui de 2017. Ce RAP est constitué par les engagements financiers (commandes passées, reports de charges successifs, intérêts moratoires…) non encore couverts par des crédits de paiement. Le niveau du RAP pour le budget des armées est estimé à 50 Mds €, dont 30 pour les équipements. Ce niveau constituera donc un frein puissant aux investissements à envisager répondant aux besoins de la future loi de programmation. L’équation financière de celle-ci sera donc très compliquée à résoudre.

2. Par ailleurs, les perspectives budgétaires pour les armées sont à considérer dans le cadre d’une stricte adéquation entre les missions imposées et les moyens attribués afférents. C’est le principe de réalité et d’efficacité sur le terrain qui doit d’abord prévaloir, et non celui d’une approche technocratique et assez irréaliste de pourcentage de PIB, qui reste une référence aléatoire. Cette problématique du pourcentage de PIB, dont celui devenu mythique des 2%, fait l’objet d’un renvoi particulier en fin d’article.

3. Enfin, le souhait très estimable de disposer d’armées françaises se classant les premières en Europe suppose un effort budgétaire très significatif, volontariste et de longue haleine, car on ne peut rattraper en quelques années seulement, deux décennies de réduction du format des armées et d’attrition continue de leurs capacités opérationnelles, alors que les missions ont été amplifiées. Nos voisins britanniques et allemands ont bien compris qu’il leur fallait aussi engager cet effort, comme l’évoquait l’article du G2S sur le budget 2017 ; ils prévoient donc respectivement 47,3 Mds€ en 2018 pour les premiers, 41,9 Mds€ en 2018 et 43 Mds€ en 2019 pour les seconds.

C’est à l’aune de ces éléments qu’il importe d’apprécier, d’une part, les efforts qui seront prévus dans notre prochaine loi de programmation et, d’autre part, la dimension européenne qui lui sera donnée.

Vous avez-dit « 2% » ?

Fin 2017, un document de la Cour des Comptes sur l’exécution de la LPM 2014-2019 a eu pour écho principal dans la presse que « la France est dès à présent à 2% du PIB pour sa défense ». Sous-entendu « Halte au feu (budgétaire) ! »

Que faut-il en penser ?

Ponctuellement et comptablement, la Cour a raison. Selon les années, le bilan final des dépenses effectuées au titre de la défense approche, voire parfois dépasse, le niveau des 2% du PIB. Ce sera notamment le cas pour le bilan 2016, année où les surcoûts OPEX ont été intégralement financés par les autres ministères. En effet, ce bilan est établi avec les normes utilisées au sein de l’OTAN4 et inclut le paiement des opérations, qui en France est en grande partie mutualisé entre les différents ministères, en cours d’exécution budgétaire.

4 Les règles de l’OTAN impliquent de prendre en compte les budgets exécutés (et non les budgets votés), avec ou sans pensions selon les cas (les deux options sont possibles) et pour les pays qui ont une gendarmerie militarisée, 5% de son budget, norme forfaitaire (sans doute surévaluée en régime normal) supposée traduire son engagement dans les opérations militaires (la prévôté, les escadrons de gendarmerie mobile envoyés sur certains théâtres d’opération…).

On peut avancer trois idées sur ce sujet des 2%.

1. C’est une notion floue, dans la mesure où selon la position de l’observateur (avant ou après l’exécution budgétaire, avec ou sans pensions, avec ou sans OPEX, avec ou sans les crédits de coopération militaire, etc.), on peut mettre en avant à peu près tous les pourcentages entre 1,5 et 2,2%, d’autant que le PIB est lui-même un agrégat difficile à stabiliser, dont le montant réel n’est disponible qu’avec un décalage de deux ou trois ans.

2. Un objectif de pourcentage du PIB doit avoir du sens. Il a été fixé par l’OTAN (ou plutôt officialisé) lors du sommet de 2014, pour placer les Alliés sur une tendance à la hausse de leur effort de défense, puisque la plupart d’entre eux se situent en deçà de 2% du PIB, et surtout très en deçà des 20% de dépenses d’équipement au sein de leur budget (ce qui n’est pas le cas de la France qui se situe à près de 50%).

3. La norme de dépenses en rapport avec le PIB doit mesurer un effort de défense pour « préparer la guerre » et non un effort de guerre, pour « faire la guerre », puisque l’effort de guerre ne peut pas être limité par les ressources mais doit couvrir les nécessités de la conduite des opérations. Il est donc aberrant d’inclure le coût des opérations dans le calcul. Il en va de même pour les pensions, qui mesurent un effort du passé…

La question qui se pose donc est celle de l’ampleur de l’effort financier que la France doit produire pour développer et entretenir les capacités qu’elle estime nécessaires à sa posture stratégique.

Pour revenir aux 2%, sans doute la communauté de défense, et ses représentants, ont-ils eu tort de s’accrocher trop longtemps à ce symbole, dès lors que les attentats de 2015 et la réévaluation des menaces qui en a découlé avaient inversé dans l’opinion et chez les responsables politiques la tendance à la baisse des moyens de la défense et que des mesures avaient été prises pour l’inverser, tant en matière d’effectifs que d’équipements, sans oublier les besoins de la dissuasion nucléaire, spécificité française en Europe. Dans ce contexte, le discours sur la dynamique des 2% devenait d’autant moins utile au débat que d’évidence il était probable que 2% ne suffiraient pas à financer l’ambition stratégique nationale…

C’est d’ailleurs ce que la Cour des Comptes écrit, dans son document de fin 2017 :

« L’ensemble de ces éléments (d’analyse des besoins capacitaires) conduit à des besoins de financement en croissance et justifie que la Nation consacre un effort additionnel au bénéfice de sa défense sans avoir besoin de recourir à l’attribution forfaitaire d’un pourcentage du PIB.

La Cour considère en effet qu’une programmation financière ne peut être fondée sur un objectif forfaitaire de dépense : la dépense doit résulter de la mise en oeuvre d’objectifs politiques et militaires dans un cadre budgétaire donné, et non d’un objectif fixé a priori ».

On ne peut être plus clair pour dire que 2% ne peut pas être un objectif a priori, et qu’il faut mettre sur la table non des %, mais des milliards d’euro, le montant de 50 milliards en 2025 étant celui annoncé par le Président de la République, hors OPEX et hors pensions.

Sans doute, si l’on n’y comptabilise ni les OPEX, ni les pensions, un niveau de 2% serait-il compatible avec les besoins, à condition que les prévisions de croissance du PIB se réalisent et que les besoins de la dissuasion soient correctement évalués et lissés.

Mais en tout état de cause, à partir du moment où c’est l’ambition stratégique qui prime, il faut se résoudre à abandonner toute référence forfaitaire rapportée au PIB et faire une évaluation chiffrée donnant au système de défense français le pouvoir d’achat suffisant pour constituer et entretenir sur la durée les capacités nécessaires pour remplir les missions qui lui sont fixées par les autorités politiques.

Financer les opérations relève d’une autre logique…

1 Contre 450 M€ jusqu’ici.

2 Véhicule blindé multi-rôle, appelé Griffon, et remplaçant le VAB.

3 Le Jaguar remplacera l’AMX10 RC et l’ERC90 Sagaie.

4 Les règles de l’OTAN impliquent de prendre en compte les budgets exécutés (et non les budgets votés), avec ou sans pensions selon les cas (les deux options sont possibles) et pour les pays qui ont une gendarmerie militarisée, 5% de son budget, norme forfaitaire (sans doute surévaluée en régime normal) supposée traduire son engagement dans les opérations militaires (la prévôté, les escadrons de gendarmerie mobile envoyés sur certains théâtres d’opération…).

Général de corps d’armée (2S) Jean-Tristan VERNA




Chronique historique: 13 mars

13032018

13 mars 1569 : bataille de Jarnac. Le parti catholique inflige une défaite au parti protestant. Le prince de Condé (protestant) est tué à l’issue de l’engagement.

13 mars 1663 : début de chasse aux pirates (Toulon). Le chevalier Paul, à la tête d’une division navale (6 bateaux), appareille pour attaquer les pirates barbaresques qui harcèlent les navires marchands européens en Méditerranée. Le futur lieutenant général des armées navales, Abraham Duquesne, fait partie de l’équipage de l’un des 6 bateaux.

13 mars 1806 : bataille navale du Cap Vert (Iles du Cap Vert). De Linois revenant d’une campagne dans l’Océan indien tombe malencontreusement sur l’escadre de l’amiral Waren. Il est fait prisonnier.

13 mars 1811 : bataille navale de la Lissa (côte dalmate). L’ile de Lissa servant de repère aux corsaires et à une flotte britannique, l’ordre de nettoyer la zone est donné au contre-amiral Dubourdieu qui déjà l’année dernière a tenté un raid sur l’ile. Malgré la supériorité de la flotte franco-italienne, le capitaine W. Hoste défait les assaillants. Dubourdieu est tué dans l’attaque.

13 mars 1814 : bataille de Reims. Napoléon met en déroute le corps russe du général de Saint-Priest, qui décède de ses blessures après la bataille. Ce dernier est issu de l’émigration des aristocrates français au moment de la Révolution . « Napoléon est à Soissons lorsqu’il apprend la nouvelle de la chute de Reims. C’est un évènement grave, car dès lors, les communications directes entre l’armée de Silésie et l’armée de Bohême sont rétablies. L’Empereur décide de tomber sur Saint-Priest qui occupe le chef-lieu de la Marne. S’il écrase ce dernier, l’échec de Laon, qu’il vient de subir sera effacé et le moral des troupes revu à la hausse. Saint-Priest qui sait que l’Empereur a été battu à Laon se croit en sécurité et dissémine ses troupes autour de la ville…Il n’en croit pas ses yeux, les français attaquent ! A un de ses officiers qui lui demande quelle direction prendre « si on a affaire à l’Empereur des français » le général en chef ennemi répond : « on ne reculera pas ! ».la première brigade des gardes d’honneur (1er régiment et 10ème hussards), commandée par le général Picquet est stoppée net par un adversaire qui fait d’abord bonne contenance, mais qui est finalement enfoncé par la division Ricard. Puis c’est au tour de la deuxième brigade des gardes d’honneur de s’élancer (3ème et 4ème régiments). « Nous chargeâmes donc un contre huit », nous dit Ségur ; onze canons sont pris, Saint Priest est tué, l’armée ennemie totalement battue se replie par la route de Berry-au-Bac ». LCL Georges H.

 13 mars 1954 : début de la bataille de Dien Bien Phu (Haut Tonkin). La bataille emblématique de la défaite française en Indochine va durer près de deux mois opposant les 15 000 hommes du camp retranché aux 80 000 Viet Minh du général Giap. Le poste Béatrice est le premier à tomber. A 19h, les obus s’abattent simultanément sur le point d’appui et sur le PC du camp retranché. Lcl Gaucher qui commande la 13e DBLE et Béatrice est tué avec 8 de ses officiers. Survivant des combats contre les Japonais au Tonkin en 1945, Gaucher est, après le LCL Dimitri Amilakvari et le LCL Gabriel Brunet de Sairigné, le 3ème chef de corps de cette jeune unité (13ème DBLE créée en 1940) à tomber au champ d’honneur ; tous trois donneront leur nom à des promotions de Saint Cyr.




Chronique historique :12 mars

13032018

12 mars 1678 : fin du siège éclair de Gand (actuelle Belgique). Alors que la guerre de Hollande visant à prendre le contrôle des Pays-Bas espagnols, dure depuis près de 6 ans, Louis XIV cherche à obtenir une victoire décisive avant les négociations qui s’annoncent. Secondé par son nouveau commissaire général des fortifications, Vauban, il élabore une vaste manœuvre de déception au cours de laquelle il conduit une armée de 120 000 hommes en Lorraine, laissant supposer qu’il envisage d’attaquer Luxembourg ou Namur. Puis, à une vitesse surprenante pour l’époque (près de 250 km en 3 jours), il rejoint l’armée qu’il avait positionnée à Oudenaarde, menaçant Ypres et Gand. Ne sachant pas où se ferait l’attaque des français, le gouverneur espagnol a dispersé ses forces sur l’ensemble des citadelles. En à peine une semaine, Vauban conquiert Gand assez faiblement défendu. Peu après, la citadelle d’Ypres tombe dans les mêmes conditions, couronnant la stratégie royale soutenue par la science de Vauban.

12 mars 1689 : débarquement français en Irlande (Kinsale). Louis XIV envoi 10 000 hommes prêter main forte au roi catholique anglais Jacques II qui s’est fait confisquer sa couronne par Guillaume d’Orange, le protestant. Ce secours ne servira à rien et les franco-irlandais seront battus à la bataille de la Boyne. Lire Le grand exil – les Jacobites en France 1688-1715 de Nathalie Genet-Rouffiac.

12 mars 1854 : alliance contre la Russie. La France, l’Angleterre et le sultan ottoman concluent une alliance contre la Russie. Le traité débouchera sur la guerre de Crimée.

12 mars 1867 : rembarquement des troupes de Bazaine (Mexique – Veracruz). Après cinq années de présence au Mexique et une série de combats glorieux (Puebla, Camerone), les Français ne parviennent pas à soutenir l’empereur catholique Maximilien contre les libéraux et la population. Maximilien est fusillé peu après.

12 mars 1930 : marche du sel de Gandhi (Inde). L’évènement, malgré les apparences, est une bataille que Gandhi remporte sur l’empire britannique. La production de sel est à l’époque un monopole économique de la couronne qui empêche tout indien de recueillir dans la mer sa propre consommation courante. Gandhi annonce qu’il va faire cesser cette injustice et à terme obtenir l’indépendance du pays sans recourir à la violence. Il marche vers l’Océan (300 km) en compagnie d’amis (et de journalistes …) dont il exige qu’ils ne répondent pas à la violence que les soldats britanniques ne manqueront pas de déployer contre eux lorsqu’ils enfreindront la loi et récolteront leur sel. Le charisme de Gandhi est tel qu’aucun des milliers d’Indiens engagés dans cette marche ne cède à la violence alors que 60 000 personnes sont emprisonnées. Les soldats constatant que la courageuse asymétrie qu’acceptent les manifestants, leur fait tenir le mauvais rôle, finissent par renoncer à la force. La stratégie de Gandhi est gagnante parce qu’il sait son combat légitime et surtout que l’empire n’est pas un pouvoir totalitaire.

12 mars 1938 : Hitler annexe l’Autriche. Au nom du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, Hitler décrète l’Anschluss. Ses troupes envahissent le pays voisin, certes sans violence, mais en toute illégalité.

12 mars 1947 : doctrine Truman. La pauvreté économique faisant le lit des révolutions bolcheviques, le président américain décide d’endiguer le péril rouge en proposant une aide économique massive aux pays affaiblis par la seconde guerre mondiale et subissant la pression de l’URSS. Cette aide sera concrétisée par le plan Marshall.

12 mars 1954 : veille de la bataille de Diên Biên Phu. « Les renseignements qui affluent depuis quelques jours au 2e bureau des Forces terrestres du Nord-Vietnam (FTNV) et à celui du Groupement opérationnel du Nord-Ouest ( GONO – l’organisme de commandement français à Diên Biên Phu) ne laissent plus place au doute : l’attaque du camp retranché par les divisions viêt-minh est imminente. De fait, en fin d’après-midi, le colonel de Castries réunit son état-major et les principaux chefs de bataillon et leur annonce : « Messieurs, c’est pour demain ». CDT Yvan Cadeau.

12 mars 1956 : pouvoirs spéciaux en Algérie. Afin de rétablir l’ordre en Algérie et de donner plus de moyens à l’armée, le gouvernement de Guy Mollet demande et obtient les pouvoirs spéciaux après un vote écrasant à l’Assemblée nationale (446 pour, 76 contre).




Chronique historique :11 mars

13032018

11 mars 1387 : bataille de Castagnaro (Italie). A l’époque où les villes italiennes s’affrontent via des troupes de condottiere, le seigneur de Padoue engage l’Anglais sir Hawkwood et son armée pour prendre Vérone. Hawkwood assiège la ville pendant deux mois mais manquant lui-même de vivres se replie vers Padoue qu’il ne peut atteindre, contraint par ses poursuivants véronais à livrer bataille. Professionnel expérimenté, l’anglais utilise le terrain : sa ligne de défense s’appui d’un côté sur une zone marécageuse, de l’autre côté sur un canal. De plus, il veille à se constituer une troupe de réserve. Au centre sa cavalerie met pied à terre car le terrain n’est pas propice au combat à cheval. Alors que les Véronais chargent son centre, il fait déborder ses archers qui franchissent discrètement le canal et prennent la cavalerie ennemie à revers, empêchée de prendre de l’élan sur un terrain très lourd. C’est à ce moment qu’il engage ses réserves et remporte la victoire.

11 mars 1794 : création de la future Ecole Polytechnique. Par un décret du Comité de salut public, la Commission des travaux publics est créée afin de servir de nouvelle école de cadres scientifiques. Naissance sous l’appellation d’école centrale des travaux publics. Le nom de « Polytechnique » ne verra le jour qu’un an plus tard.

11 mars 1862 : achat du territoire d’Obock (dans l’actuelle République de Djibouti). Le ministre des Affaires étrangères de Napoléon III, Thouvenel, négocie et signe, à Paris, l’achat d’Obock et dépendances avec les envoyés du sultan de Tadjourah pour un montant de 10 000 Thalers (55 000 francs-or).

11 mars 1862 : acquisition du territoire d’Obock par la France (dans l’actuelle République de Djibouti). « Le Sultan de Tadjourah cède à la France par un traité signé à Paris « les ports, rade et mouillage d’Obock (…) avec la plaine qui s’étend depuis ras Ali au sud jusqu’à Ras Doumeira au nord ». Ce traité fait suite à l’arrestation des coupables présumés de l’assassinat de Henri Lambert et à l’envoi d’une délégation Afar à Paris pour demander la protection de la France. En effet, ce commerçant réunionnais et agent consulaire de France à Aden fut assassiné sur l’ile Musha dans le Golf de Tadjourah le 4 juin 1859, probablement sur ordre des britanniques qui craignent une implantation française dans la région. Cependant le lieu ne fait l’objet d’aucune occupation pendant presque 20 ans. Par ce traité est créé le territoire d’Obock qui deviendra Côte française des Somalis en 1896 puis territoire français des Afars et des Issas en 1967 avant de devenir en 1977 à l’indépendance de ce territoire d’outre-mer, la République de Djibouti. Le 5e RIMa assure à partir de 1890 la relève du poste d’Obock, faisant ainsi du 5e RIAOM le régiment de tradition de Djibouti. » CNE Christophe I.

11 mars 1882 : Qu’est-ce qu’une Nation? (La Sorbonne). Ernest Renan prononce pour la première fois cette célèbre démonstration : « Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis. [...] Une nation est donc une grande solidarité, constituée par le sentiment de sacrifices qu’on a faits et de ceux qu’on est disposé à faire encore. Elle suppose un passé, elle se résume pourtant dans le présent par un fait tangible: le consentement, le désir clairement exprimé de continuer la vie commune. L’existence d’une nation est un plébiscite de tous les jours, comme l’existence de l’individu est une affirmation perpétuelle de vie. »

11 mars 1912 : première revue aérienne militaire (Vincennes). Le président de la République passe en revue les troupes de la garnison de Paris sur le polygone de Vincennes où pour la première fois a lieu une revue aérienne militaire.

11 mars 1916 : tentative de reprise de Cumières (Verdun). Sous la neige, une puissante contre-attaque française échoue devant les lignes de la division Guretsky.

11 mars 1917 : entrée des Britanniques à Bagdad (actuel Irak). 50 000 soldats britanniques entrent dans Bagdad que les Turcs ont désertée. Cette victoire lave en partie l’affront de la cuisante défaite de Kout El Amara. La division Townshend avait en effet dû s’enfermer dans la forteresse de Kout El Amara pendant 5 mois pour finalement se rendre le 29 avril 1916.

11 mars 1943 : l’Aconit coule deux U-Boot.(Atlantique Nord). La corvette des Forces navales françaises libres, commandée par le lieutenant de vaisseau Levasseur, coule en moins de 5 heures les sous-marins allemands U 444 et U432. Le premier est canonné, le second éperonné. Levasseur est fait Compagnon de la Libération le 19 avril 1943. Une frégate de type La Fayette porte aujourd’hui ce nom, la F713 Aconit. Levasseur meurt accidentellement le 15 avril 1947 sur le site du « 2è Massif » de la Commission de Gâvre (Morbihan) , lors d’une démonstration pyrotechnique pour des élèves de la Jeanne d’Arc alors qu’il est directeur des études de l’école d’application des enseignes de vaisseaux.

11 mars 1963 : exécution du LCL Bastien-Thiry (Fort d’Ivry). Responsable de plusieurs tentatives d’assassinat contre le général de Gaulle, ce polytechnicien, ingénieur de l’armement pour l’armée de l’air est fusillé une semaine après son procès.

11 mars 2004 : attentats de Madrid (Espagne). Dans plusieurs gares de Madrid explosent 10 bombes à peu près au même moment, tuant 191 personnes. L’attentat survient 3 jours avant les élections espagnoles. Après avoir suspecté l’ETA, la justice espagnole attribue la responsabilité à une mouvance islamiste marocaine.

11 mars 2009 : annonce de la réintégration de la France dans le commandement intégré de l’Otan. Le Président de la République annonce lors d’un discours à l’Ecole Militaire (Paris) que la France réintégrera la structure militaire intégrée de l’OTAN. La France en était sortie en 1966, suite à une décision du général de Gaulle.

11 mars 2011 : tsunami japonais sur la centrale nucléaire de Fukushima (Japon)

11 mars 2012 : début d’une série d’attentats toulousains. Mohamed Merah tue un sous-officier de la brigade parachutiste. Le 15, il abat 3 autres parachutistes. Le 19, il s’en prend à une école et tue 3 enfants et un adulte. Il est tué le 22 mars dans l’assaut de son appartement par le RAID.




Chronique historique: 09 mars

13032018

9 mars 1814 : bataille de Laon et Hurrah d’Athies. Poursuivant les Russes, repoussés à Craonne, Napoléon attaque les coalisés (Russes et Prussiens) retranchés sur le versant sud de la   »montagne couronnée »,  mais il est contraint à la retraite vers Reims par la déroute de Marmont sur sa droite à Athies. Ce combat appelé par les Allemands, le Hurrah d’Athies est l’un des plus hauts faits d’armes de la cavalerie allemande : « dans la nuit du 9 au 10, les Ier et IIème corps prussiens et la cavalerie de von Zieten, sous les ordres de York, attaquent de nuit les bivouacs du corps de Marmont qui s’est établi dans une position aventurée et n’a pris aucune des précautions les plus élémentaires pour assurer sa sûreté. Composé de jeunes conscrits qui ont reçu le baptême du feu la veille, appuyé par une artillerie armée par des canonniers de marine ignorants du service en campagne, le corps de Marmont est surpris et jeté dans une affreuse déroute et n’est sauvé de la destruction que de justesse. Le colonel Fabvier revenu à la hâte d’une liaison manquée à la tête d’un détachement de 400 cavaliers et 4 pièces se jette dans le village de Veslud et l’interdit au corps de Kleist, puis un détachement de 100 soldats de la Vieille Garde cantonnés pour la nuit par hasard à Festieux interdit à l’ennemi l’entrée du défilé, permettant la retraite. Marmont perd 3000 hommes sur 9000 et presque toute son artillerie et doit le lendemain aller jusqu’à Berry-au-Bac rallier ses fuyards. L’aile droite française a disparu, Napoléon ne peut plus gagner sa bataille de Laon et devra retraiter vers Paris. La cavalerie prussienne a pris à elle seule plus de 20 pièces dans une succession de charges nocturnes ».

9 mars 1831: promulgation de la loi autorisant à la création d’une légion d’étrangers. « Elle précise qu’il pourra être formé dans l’intérieur du royaume une légion d’étrangers, mais elle ne pourra être employée que hors du territoire continental du royaume (article 1er). Suite à la dissolution du Régiment de Hohenlohe le 5 janvier 1831, Louis-Philippe reprend  la tradition des régiments étrangers attachés aux rois de France (Suisses, Irlandais, Hongrois, Polonais, etc.). Elle instaure aussi une clause restrictive d’emploi, car cette légion ne pourra être employée que hors du territoire du royaume : l’histoire nous contraindra 3 fois (1870/71, première et seconde guerre mondiale). Cette loi résulte, d’une part, de la nécessité d’envoyer des troupes en Algérie pour assurer la présence française sans pour autant faire appel au 80 000 français de la classe 1830. Et d’autre part, de l’inquiétude des députés quant aux considérations d’humanité, d’ordre public et d’économie ainsi que de sécurité publique qu’engendre la concentration exceptionnelle d’étrangers dans Paris, estimée à 10% (rapport du 12 février 1831). En pleine crise ministérielle, ce texte de loi, amendé par les Pairs de France, est voté le 5 mars par la Chambre des députés ». CNE Jean-Baptiste P.

9 mars 1945 : coup de force japonais en Indochine. Les forces japonaises (65 000 hommes) occupent l’Indochine depuis la défaite française de juin 1940 mais n’ont pas revendiqué le pays,  ni démembré la petite armée française locale (20 000 Français et 40 000 Indochinois) avec laquelle elles sont imbriquées. La situation générale du Japon devenant critique, les Nippons veulent empêcher que l’Indochine serve de base d’attaque vers leur archipel et prennent le contrôle par surprise de la péninsule. Le général Tsushibashi invite officiellement les autorités françaises à diner et en profitent pour procéder au coup de main dans toute l’Indochine. La surprise est grande mais la combativité des garnisons attaquées est excellente. Le comportement des militaires nippons est ahurissant pour les Européens puisqu’ils procèdent à l’exécution (au sabre) de nombreux prisonniers désarmés, dont le général Lemonnier et des administrateurs. Pour un officier japonais, être fait prisonnier est infamant et le fait de le décapiter lui restitue son honneur…

Au total, la prise de contrôle cause la mort de 2650 Français. Les scènes d’horreur sont nombreuses notamment en ce qui concerne les familles européennes. Sous les ordres du général Alessandri, un groupement de quelques milliers d’hommes s’échappe dans une longue marche et livre de durs combats de guérilla tant contre les japonais que des bandes chinoises qui cherchent à s’emparer de leur matériel. Le commandement allié de la zone, assumé par les américains applique la doctrine du président Roosevelt pour la décolonisation et abandonne complètement ce groupement à son sort. Seul l’amiral britannique Mountbatten enfreint les consignes pour, aussi souvent que possible, intervenir au profit d’Alessandri par des parachutages de vivres et matériels, des missions d’appui aérien ou encore des évacuations sanitaires.

9 mars 1968 : décès du général Charles Ailleret (La Réunion). Le DC-6 transportant le général d’armée Ailleret (CEMA) et appartenant au GLAM s’écrase contre une colline peu après le décollage de l’aéroport de Saint-Denis. Polytechnicien (1926), artilleur, chef de l’O.R.A (zone Nord), déporté à Buchenwald (1944), responsable des applications militaires du CEA (1958), il s’oppose au putsch d’Alger alors qu’il commande la zone Nord-Est Constantinois (1961). Nommé CEMA en juillet 1962, c’est lui qui organise le retrait français du commandement intégré de l’OTAN. Avec son frère, Pierre (polytechnicien comme lui), il constitue un tandem historique de la recherche nucléaire française. C’est le CEMA qui est resté jusqu’à présent le plus longtemps à son poste (plus de 5 ans 1/2). Le général d’armée aérienne Michel Fourquet lui succède dans la fonction.

Le même jour, l’ingénieur aéronautique René Leduc meurt dans sa 69ème année. Il est le concurrent malheureux de Dassault.

9 mars 1974 : reddition du lieutenant Onoda (Ile Lubang –Philippines). Près de 30 ans après la fin de la seconde guerre mondiale, le sous-lieutenant Onoda, soldat japonais vivant caché dans les montagnes et pensant le Japon toujours en guerre, accepte de se rendre à son supérieur, le commandant Taniguchi toujours en vie, qui est venu spécialement du Japon lui confirmer la fin de sa mission.

 







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