Chronique historique : 9 mai

9052018

9 mai 1630 : mort d’Agrippa d’Aubigné (Genève). Protestant, homme de guerre et écrivain, il est le compagnon d’arme d’Henri de Navarre jusqu’à ce que celui-ci devienne Henri IV et roi de France (1589). Erudit et doué pour les lettres, il publie les Tragiques sur la fin de sa vie et lors de son exil, œuvre dans laquelle il raconte l’histoire des guerres de religion en s’appuyant sur ses souvenirs. Sa petite-fille, Françoise d’Aubigné (future Mme de Maintenon), épousera Louis XIV.

 9 mai 1769 : bataille de Ponte Novo (Corse) La Corse est une possession de la ville de Gènes depuis le XIVème siècle. Les Génois considèrent l’ile comme une colonie à exploiter et finissent par irriter les habitants qui régulièrement se révoltent. La famille Paoli (le père, Hyacinthe puis le fils, Pascal) se fait un nom dans les luttes indépendantistes que certains patriotes corses mènent dès 1729 contre Gênes puis contre la France. Des troupes françaises font déjà garnison dans quelques villes corses à la demande de Gênes et avant même que celle-ci ne cède au roi de France la souveraineté sur l’ile (1768). Lors de la bataille de Borgo (fin 1768), le marquis de Chauvelin est battu par les hommes de Pascal Paoli, général et père de la Nation corse. Six mois plus tard, Le conte de Vaux débarque avec 24 000 hommes et bat les patriotes à Ponte Novo. La bataille, où les Corses se battent très courageusement, est un des symboles fondateurs de la lutte indépendantiste. Le père de Napoléon Bonaparte appartient à cette mouvance mais finit par se rallier à la France à la différence de Paoli qui s’exile 20 ans au Royaume-Uni. Napoléon nait quelques mois plus tard (15 août 1769). Paoli revient sur son ile à la faveur de la Révolution française et tout en étant un des hommes emblématiques des Lumières et de la Démocratie naissante, il s’oppose à la famille Bonaparte … avec l’aide des Anglais.

 9 mai 1808 : le colonel Vincent-Yves Boutin quitte Toulon pour Alger. A bord du brick Le Requin, Boutin part en mission secrète pour le compte de l’Empereur afin de dresser la carte du littoral algérois. Le lendemain, le Requin affronte et repousse le HMS Wizard.

 9 mai 1917: Inauguration de la ligne de chemin de fer Djibouti Addis-Abeba.

« Le chemin de fer djibouto-éthiopien est une ancienne ligne à voie unique et métrique longue de 784 km, reliant Djibouti, la capitale de la république homonyme à Addis-Abeba, capitale de l’Éthiopie. Construite entre 1897 et 1917, la ligne est inaugurée le 9 mai 1917. La société exploitante s’est appelée Compagnie impériale des chemins de fer éthiopiens (CIE), puis Compagnie du chemin de fer franco-éthiopien (CFE) à partir de 1909, avant de devenir la Compagnie du chemin de fer djibouto-éthiopien  (CDE) en octobre 1981 suite à l’indépendance de l’ancien territoire français en 1977. L’exploitation de la ligne s’est définitivement interrompue dans les années 2000. Elle est remplacée depuis 2016 par la nouvelle ligne à voie normale reliant Addis-Abeba à Djibouti ». CNE Christophe I.

 9 mai 1940 : des commandos allemands interviennent en précurseurs sur les ponts du Rhin (Hollande – Belgique) Prélude à l’offensive allemande mettant fin à la drôle de guerre.

 9 mai 1942 : destruction de l’émetteur d’Allouis (Cher). Henri Clastère, Paul Bodhaine et Maxime Gaudin, trois agents du BCRA sont parachutés dans le Cher, dans la nuit du 5 au 6 mai avec pour mission de faire sauter les antennes de Radio-Paris qui diffuse les programmes allemands mais sert aussi à brouiller ceux de Radio Londres. Les Allemands reconstruisent la station en deux semaines après sa destruction. L’émetteur émet toujours un signal utile pour la synchronisation des horloges françaises sur l’heure légale.

 9 mai 1950 : discours initiant la CECA (salon de l’Horloge – Quai d’Orsay). Sur proposition de Jean Monnet, Robert Schuman, ministre des Affaires étrangères français appelle à la mise en commun sous une autorité internationale des productions française et allemande de charbon et d’acier. Cette « déclaration Schuman » est considérée comme l’acte de naissance de l’Union européenne et fait du 9 mai la fête de l’Europe depuis 1985.




Chronique historique : 8 mai

9052018

8 mai 1429 : Jeanne d’Arc libère Orléans. Galvanisés par la détermination de Jeanne d’Arc, les Français libèrent Orléans du siège qu’y font les anglais depuis près de 7mois.  Elle est légèrement blessée par un carreau d’arbalète.

8 mai 1809 : combat de La Piave (Italie). Après avoir été surpris par l’archiduc d’Autriche Jean à Sacile le 16 avril, Eugène de Beauharnais précipite la retraite de l’armée autrichienne grâce à une habile manœuvre des généraux MacDonald et Desaix. Beauharnais fait croire à l’archiduc qu’il franchira en force à Nervesa en massant la division Serras sur la rive. Il ordonne à Desaix  de franchir discrètement  et d’établir une tête de pont pendant que les sapeurs construisent un pont. La surprise joue et permet à Beauharnais de repousser les Autrichiens.

8 mai 1859 : libération de Tourane (Da Nang – Vietnam). L’amiral de Genouilly et le lieutenant-colonel Reybaud délivrent la forteresse de Tourane assiégée par  9000 hommes.

8 mai 1941 : faille cryptographique allemande majeure (Atlantique Nord – Sud de l’Islande). Alors qu’il vient de torpiller deux navires d’un convoi, le sous-marin allemand U110, est contre-attaqué par l’escorte. Grenadé, il fait surface en urgence et son équipage abandonne le bord sans parvenir à couler le U.Boot. Le commandant du destroyer Buldog décide de ne pas l’éperonner et envoie une équipe de prise qui trouve cartes, tables de bigrammes pour le surchiffrage, procédures diverses dont le code météo qui est le chainon manquant aux cryptologues de Bletchley Park pour attaquer l’Enigma de la Kriegsmarine (Etant plus faible, il permet par comparaison de déduire la clé). Les Britanniques décryptent les réseaux de la Luftwaffe depuis juin 1940 et ceux de la Wehrmacht depuis le printemps 1941. Cette erreur cryptographique majeure permet de lire le trafic des U-Boote de juin 1941 au 1er février 1942, date de la mise en service de l’Enigma M4. Le renseignement naval britannique déroutera à temps de nombreux convois menacés et sauvera ainsi des centaines de cargos et pétroliers, dont la perte aurait compromis le débarquement Anglo-américain en Afrique du Nord (novembre 1942). Lire Guerre des codes et guerre navale, 1939-1945 de Guy Malbosc et Jean Moulin – 2012.

8 mai 1942 : fin de la bataille de la mer de Corail. Grace à ses avions embarqués, la flotte américaine de l’amiral Fletcher défait une flotte japonaise qui s’apprête à envahir la Nouvelle Guinée.

8 mai 1945 : armistice à Berlin. Ayant refusé d’admettre la validité de la signature de l’armistice, la veille à Reims, Staline impose aux Alliés une redite mais cette fois à Berlin. Arrivé dans des conditions rocambolesques, le général de Lattre représente la France à la table des vainqueurs (après avoir fait coudre sur place le drapeau français, non prévu dans le protocole).

8 mai 1954 : Dien Bien Phu, suite et fin : « Après la chute du secteur principal, l’effort viêt-minh se concentre sur Isabelle dont la situation est sans issue. À la nuit tombée, le colonel Lalande tente bien une sortie, mais, immédiatement, ses éléments de tête sont pris à partie par l’ennemi et le gros des troupes se trouve mêlé aux bo doïs qui s’infiltrent de partout. À 1H50, Albatros ayant échoué, Isabelle envoie un dernier message : « sortie manquée, ne puis plus communiquer avec vous – Stop – Fin citation ». La bataille de Diên Biên Phu est définitivement terminée.  A la date du 5 mai 1954, 1 142 combattants sont déclarés morts et 1 606 portés disparus du côté français. 4 436 ont été blessés plus ou moins grièvement. Environ 1 161 déserteurs. À ce total, il convient d’ajouter les pertes des deux derniers jours de combat, évaluées entre 700 et 1 000 hommes. Au total, le Viêt-Minh capture donc un peu plus de 10 000 hommes, 60 % de ceux-ci mourront dans les camps viêt-minh, de malnutrition, de maladies, de misère physiologique. Quant aux pertes subies par l’armée populaire, les incertitudes portant sur les chiffres sont encore plus grandes. Si les chiffres de 25 000 tués et 12 000 blessés avancés par certains services semblent ne pas devoir être retenus, celui de 22 000 victimes, tués et blessés confondus, paraît proche des estimations faites par le 2e bureau du corps expéditionnaire et confirmées, officieusement, par certains officiels viêt-minh. Cependant, l’Institut d’histoire militaire du Vietnam, qui dépend du gouvernement vietnamien, ne reconnaît toujours, aujourd’hui, que 4 020 tués, 792 disparus et 9 118 blessés ». CDT Yvan Cadeau (SHD).

8 mai 1988 : décès de l’écrivain Robert Anson Heinlein (Californie). Officier de marine américain (né en 1907) diplômé de l’académie d’Annapolis, Heinlein est réformé à cause d’une tuberculose et après avoir passé cinq ans sous les armes. Il se consacre dès lors à l’écriture et notamment à la science-fiction. Il reçoit de nombreux prix littéraires internationaux et devient curieusement une référence à la fois pour la génération Beatnik (En terre étrangère – 1961) et le camp militariste américain (Etoiles, garde-à-vous! – 1959). Ce dernier ouvrage, exaltant la vie du soldat en campagne et l’héroïsme guerrier et citoyen, a été rendu célèbre assez récemment par le réalisateur Paul Verhoeven à travers la série parodique des films Starship Troopers. Auteur de l’Age d’or de la science-fiction, ses thèmes favoris sont l’accélération du progrès technologique, la décadence morale et culturelle, le contrôle mental des masses, …




Invitation conférence SHD 17 mai 2018

9052018

CYCLE DE CONFÉRENCES DU SHD

Exercer l’autorité

   Pierre Laugeay, chef du Service historique de la Défense, vous prie de bien vouloir honorer de votre présence la conférence que prononcera

Monsieur Thomas VAISSET

 le jeudi 17 mai 2018 à 18h30, au Château de Vincennes, Pavillon du Roi, salle des cartes

Un vin d’honneur suivra la conférence.

Entrée libre mais inscription obligatoire par retour de mail. (Se munir d’une pièce d’identité).

Contact : claire.miot@intradef.gouv.fr

 L’amiral Georges Thierry d’Argenlieu (1889-1964), en religion Louis de la Trinité, est entré dans l’Histoire avec le surnom irrévérencieux du « carme-naval », incarnation à l’eau salée de l’alliance du sabre et du goupillon. Une légende noire veut qu’il ait déclenché la guerre d’Indochine en torpillant les efforts déployés par le général Leclerc pour parvenir à une solution négociée.

Moine-soldat du gaullisme, d’Argenlieu fut d’abord un marin qui a connu l’expérience de la Grande Guerre, un catholique intransigeant, un temps séduit par les thèses de l’Action française, et l’un des principaux artisans du renouveau intellectuel de la branche masculine du Carmel. Résistant de la première heure, aux avant-postes de la France Libre, il a vécu la Seconde Guerre mondiale comme une croisade contre le nazisme et contre le régime de Vichy.

Au travers de l’exemple d’un homme, à la fois amiral et carme, qui semblait destiné à être un héraut de la discipline, cette conférence entend étudier comment on peut entrer en dissidence, précisément au nom de l’obéissance à une vocation militaire et religieuse.

Thomas VAISSET, agrégé et docteur en histoire, est chargé de recherche au Service historique de la Défense. Il a publié en 2017 chez Belin L’amiral d’Argenlieu. Le moine-soldat du gaullisme, version remaniée d’une thèse de doctorat qui a reçu le prix d’histoire militaire du ministère de la Défense, le prix Daveluy, remis par le chef d’état-major de la Marine, et le prix Jean Sainteny décerné par l’Académie des Sciences morales et politiques.

 Service historique de la Défense – Château de Vincennes – Avenue de Paris – 94306 Vincennes Cedex – www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr

 

 




Chronique historique : 7 mai

7052018

7 mai 1915 : Le Lusitania est coulé (Atlantique Nord). Au début de 1915, répondant au blocus imposé par les marines alliées, l’Allemagne déclenche la guerre sous-marine contre les navires de commerce ennemis. Le paquebot britannique Lusitania, en provenance de New York est coulé par l’U 20, près des côtes irlandaises.  Sur les 1959 passagers, 1198 disparaissent dans le naufrage, parmi lesquels 128 Américains. Le président américain Wilson prend prétexte du drame pour menacer l’Allemagne et exiger réparation. De neutraliste, l’opinion publique des États-Unis devient peu à peu favorable à l’intervention contre les Puissances centrales, aux côtés de l’Entente. On sait aujourd’hui, après ouverture des archives, que le Lusitania transportait secrètement un important chargement d’armes et munitions.

7 mai 1945 : signature de la capitulation allemande (Reims). À 2h 41 du matin, au lycée professionnel de la ville, le général Alfred Jodl signe pour l’amiral Donitz, qui a succédé à Hitler à la chancellerie du Reich après son suicide le 30 avril, la capitulation sans condition de l’Allemagne. Côté vainqueurs, l’acte de capitulation est signé par le général Walter Bedel-Smith, chef d’état-major du général Eisenhower, commandant suprême des Alliés, et le général soviétique Ivan Sousloparov. Le général français François Sevez, « chef d’état-major » du général de Gaulle, est invité à le contresigner à la fin de la cérémonie en qualité de simple témoin. La cessation des combats est fixée au lendemain 8 mai, à 23h 01 (mais certaines troupes allemandes résisteront au-delà de cette date, notamment dans la place forte de Saint-Nazaire). Staline impose une nouvelle signature à Berlin le lendemain, où la France est représentée par le général de Lattre.

7 mai 1954 : assaut final contre Diên-Biên-Phû et cessez le feu. « Au matin du 7 mai, seuls tiennent encore Eliane 3, 11 et 12 mais leurs heures sont comptées. Vers midi, les chefs de bataillon parachutistes se réunissent autour du colonel Langlais et tous s’accordent à juger irréalisable, en raison de l’épuisement des troupes et face au bouclage hermétique maintenu par le Vietminh, une percée du dispositif adverse. Le déclenchement de l’opération Albatros est donc abandonné pour le secteur central et il est décidé que la garnison d’Isabelle tentera sa chance dans la nuit. Vers 15 heures les régiments vietminh repartent à l’assaut et, en peu de temps, toute la face est du camp retranché tombe aux mains de l’armée populaire. Toute résistance étant désormais devenue impossible, le général de Castries décide, vers 16 heures de cesser les combats dans le secteur central. Il en rend compte à son supérieur lors d’une dernière conversation téléphonique à 17 heures. Informés, les combattants de Diên Biên Phu détruisent leur armement, rendent inutilisables leurs matériels et font sauter leurs stocks. Puis, à 17h30, ce 7 mai 1954, après cinquante-six jours de combats, le silence se fait à Diên Biên Phu. Isabelle, cependant, tient toujours ». CDT Yvan C.

 7 mai 1999 : bombardement de l’ambassade chinoise (Belgrade). Du 24 mars au 10 juin 1999, l’OTAN bombarde la République fédérale de Yougoslavie pour la faire plier dans le cadre de la guerre du Kossovo. Un bombardier B2 américain au cours d’un des nombreux raids sur Belgrade détruit l’ambassade de la République populaire de Chine. L’OTAN plaidera pour une erreur de tir.







''Cercle Des Amis Dynamiques'' |
LA DEVIATION DU NORD MIGENNOIS |
COMITE DE JUMELAGE |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | La Gazette du Lavoir de Fon...
| Santé pour tous GHANA
| associationlescoccinelles