Chronique historique : 9 juin

9062017

9 juin 721 : bataille de Toulouse. Al Kawlani, le gouverneur Omeyade de l’Andalousie, attaque Toulouse après s’être emparé de Narbonne (719). Le duc d’Aquitaine, Eudes, bat en retraite (pour chercher des renforts) lorsqu’Al Kawlani met le siège à la ville. Trop confiant, le musulman se laisse surprendre, en plein siège, par le retour d’Eudes. L’armée musulmane est battue et lui-même tué dans la bataille. 11 ans plus tard, Charles Martel récidive entre Tours et Poitiers.

9 juin 1800 : bataille de Montebello (Italie). Durant la seconde campagne d’Italie, le général Lannes remporte sur les Autrichiens, pourtant supérieurs en nombre, une belle victoire au terme de 11 heures d’affrontement où il montre un très grand courage ainsi qu’un talent manœuvrier. C’est sa première victoire en tant que commandant en chef. Napoléon, en le faisant duc de Montebello (1808) indique par-là que c’est sa plus belle bataille.

9 juin 1885: traité de Tien Tsin (Chine). Signature du traité de paix, d’amitié et de commerce mettant fin à la guerre franco-chinoise de 1881 à 1885. La Chine abandonne à la France ses droits sur l’empire du Vietnam. La domination française sur l’Annam et le Tonkin permettra la création de l’Indochine en 1887.

9 juin 1918 : bataille du Matz (Nord de Compiègne). Depuis le 21 mars, Ludendorff a entamé une grande offensive à l’Ouest avec les troupes qui rentrent de Russie (capitulation de Brest-Litovsk). 3 divisions françaises sont enfoncées sur 9 km à hauteur du Matz (affluent de l’Oise) grâce aux blindés allemands A7V et à un déluge d’artillerie. Le général Mangin ordonne un repli afin de mieux contre-attaquer (11 juin). L’offensive allemande est enrayée, Compiègne et la route de Paris sont sauvés. Côté français, bien que le front se soit agrandi de 53 km, le moral reste bon : l’ennemi s’épuise plus vite et s’impatiente. Il s’agit de tenir encore, le temps jouant pour les alliés.

9 juin 1918 : naufrage du cuirassé austro-hongrois Szent Istvan (au large de la Croatie). Dans la nuit, une vedette rapide lance-torpilles italienne (MAS 15) coule l’un des seuls cuirassés de la marine impériale austro-hongroise (en route vers le barrage d’Otrante). La vedette n’a jamais été repérée, encore moins inquiétée, les Austro-hongrois pensant à une attaque de sous-marin.

9 juin 1942 : mort du LCL Félix Broche (Bir Hakeim – Libye actuelle). Chef de corps du Bataillon du Pacifique qui rallie la France Libre le 2 septembre 1940. Meurt durant l’assaut de la position de Bir Hakeim après s’être fait remarquer aux combats d’Halfaya et Tengeder (janvier 1942). Compagnon de la Libération. Il repose au cimetière de Tobrouk. Son fils, journaliste et historien, a écrit un Bir Hakeim (2008) particulièrement clair et édifiant.

9 juin 1943 : arrestation du général Delestraint, chef de l’Armée secrète (Paris). Piégé par un agent français de la Gestapo, Delestraint est déporté au camp du Struthof puis à Dachau où il meurt le 19 avril 1945 assassiné d’une balle dans la nuque, puisque personnalité catégorisée « Nacht und Nebel ». Il a été fait Compagnon de la Libération (17 novembre 1945). Ses « cendres » sont au Panthéon (10 novembre 1989). Il a donné son nom à la 175eme promotion de l’ESM de Saint-Cyr (1988-1991).

9 juin 1944 : massacre de Tulle. La division SS Das Reich, revenue du front Est, a pour mission de se porter depuis le centre de la France vers la tête de pont alliée en Normandie. Sur l’itinéraire, elle est harcelée par la Résistance. Les exactions allemandes vis à vis de la population se multiplient en représailles. Les ordres de von Rundstedt aux unités allemandes sont certes sévères et visent à dissuader la population d’aider la Résistance, cependant le nombre important de crimes commis par la division peut aussi s’expliquer par son taux d’encadrement relativement faible depuis la saignée de Koursk. A Tulle, 99 civils sont pendus et 149 autres sont déportés pour venger l’attaque (7 et 8 juin) des FTP contre la garnison.

9 juin 1959 : lancement du premier SNLE américain (Groton – Connecticut). Premier sous-marin capable de délivrer des missiles balistiques nucléaires (16 Polaris A-1) en immersion. A la même époque, les Soviétiques devaient faire surface pour tirer.

090617

Un lance-torpilles italien (MAS 15).




Chronique Historique: 08 juin

8062017

8 juin 632 : mort de Mahomet (Médine – actuelle Arabie Saoudite). Le prophète de l’Islam meurt à 63 ans.

8 juin 1912 : naufrage du sous-marin Vendémiaire (Manche). Le sous-marin se fait éperonner accidentellement par le cuirassé Saint Louis au cours d’un exercice naval. La totalité de l’équipage disparait (24 hommes).

 8 juin 1941 : combat franco-français en Syrie. Les raisons de l’intervention alliée en Syrie sont multiples : Pour les Français libres, il s’agit de rallier à de Gaulle l’armée du Levant (Vichy). Pour les Britanniques, le but est d’empêcher la Syrie de tomber aux mains des Allemands mais dans un deuxième temps de supplanter les Français dans une zone stratégique qu’ils n’auraient jamais dû occuper avant-guerre. Le 8 juin, 5000 Français libres aux ordres du général Catroux et du général Legentilhomme entrent en Syrie avec 30 000 britanniques. Les troupes du général Dentz (Vichy) résistent vaillamment jusqu’au 11 juillet. Les combats sont très intenses mais leur caractère fratricide (1066 morts pour l’armée du Levant – 650 pour la France Libre) explique qu’aucun fait d’armes n’a été retenu par la mémoire collective. De Gaulle n’accordera aucune citation ni décoration pour ces combats que certains, puisant aux sources classiques, ont comparé à celui des Curiaces contre les Horaces. Chacun des camps français qui s’oppose a à cœur de montrer à l’autre qu’il n’est pas lâche,  sait se battre et accomplit son devoir… d’où l’aspect cornélien de cette affaire.

8 juin 1944 : 48 heures après le débarquement allié sur les côtes normandes. Les deux têtes de pont d’Omaha Beach et de Gold Beach effectuent leur jonction à Port-en-Bessin au Nord de Bayeux, qui est libéré ce même jour par les troupes Britanniques. La jonction entre les troupes débarquées à Utah et à Omaha n’est toujours par réalisée. C’est, dans les heures qui suivent, un des objectifs majeurs pour les forces américaines. L’infanterie du 116ème Régiment, appuyée par les chars Sherman, accède à la Pointe du Hoc où les Allemands s’apprêtaient à donner le coup de grâce aux 90 Rangers survivants, dont un grand nombre est blessé. Un bataillon de 225 rangers avait débarqué devant la batterie allemande du Hoc le 6 juin et est resté cloué sur place. Le même jour le sergent Franck Peregory du 116ème RI accomplit un acte de guerre d’une audace incroyable en attaquant victorieusement une tranchée allemande: à lui seul, il obtient la reddition de près de quarante soldats ennemis. Dans l’attaque, il en a tué trois et a permis aux hommes de son unité de libérer le village de Grandcamp tout en récupérant les redoutables mitrailleuses allemandes.

8 juin 1967 : attaque israélienne de l’USS Liberty. Durant la guerre des Six-Jours, les forces israéliennes attaquent dans les eaux internationales au large de l’Egypte, un navire américain de guerre électronique. 34 américains sont tués. Israël reconnaitra une erreur et présentera ses excuses au gouvernement américain ainsi qu’aux familles des victimes.

8 juin 1972 : bombardement du village de Tran Bang (Vietnam). Tenu par les Nord-vietnamiens, le village est bombardé par l’armée Sud-Vietnamienne avec du napalm. Le photographe Nick Ut (Associated press) est présent comme beaucoup de journalistes et prend la photo qui lui vaut, la même année, le prix Pulitzer. La  nudité de Kim Phuc, 9 ans, brûlée par le napalm, fait débat dans la rédaction jusqu’au 12 juin : a-t-on le droit de publier cette photo ? Lorsqu’elle parait, la photo fait le tour du monde.

8 juin 632 : mort de Mahomet (Médine – actuelle Arabie Saoudite). Le prophète de l’Islam meurt à 63 ans.

8 juin 1912 : naufrage du sous-marin Vendémiaire (Manche). Le sous-marin se fait éperonner accidentellement par le cuirassé Saint Louis au cours d’un exercice naval. La totalité de l’équipage disparait (24 hommes).

 8 juin 1941 : combat franco-français en Syrie. Les raisons de l’intervention alliée en Syrie sont multiples : Pour les Français libres, il s’agit de rallier à de Gaulle l’armée du Levant (Vichy). Pour les Britanniques, le but est d’empêcher la Syrie de tomber aux mains des Allemands mais dans un deuxième temps de supplanter les Français dans une zone stratégique qu’ils n’auraient jamais dû occuper avant-guerre. Le 8 juin, 5000 Français libres aux ordres du général Catroux et du général Legentilhomme entrent en Syrie avec 30 000 britanniques. Les troupes du général Dentz (Vichy) résistent vaillamment jusqu’au 11 juillet. Les combats sont très intenses mais leur caractère fratricide (1066 morts pour l’armée du Levant – 650 pour la France Libre) explique qu’aucun fait d’armes n’a été retenu par la mémoire collective. De Gaulle n’accordera aucune citation ni décoration pour ces combats que certains, puisant aux sources classiques, ont comparé à celui des Curiaces contre les Horaces. Chacun des camps français qui s’oppose a à cœur de montrer à l’autre qu’il n’est pas lâche,  sait se battre et accomplit son devoir… d’où l’aspect cornélien de cette affaire.

8 juin 1944 : 48 heures après le débarquement allié sur les côtes normandes. Les deux têtes de pont d’Omaha Beach et de Gold Beach effectuent leur jonction à Port-en-Bessin au Nord de Bayeux, qui est libéré ce même jour par les troupes Britanniques. La jonction entre les troupes débarquées à Utah et à Omaha n’est toujours par réalisée. C’est, dans les heures qui suivent, un des objectifs majeurs pour les forces américaines. L’infanterie du 116ème Régiment, appuyée par les chars Sherman, accède à la Pointe du Hoc où les Allemands s’apprêtaient à donner le coup de grâce aux 90 Rangers survivants, dont un grand nombre est blessé. Un bataillon de 225 rangers avait débarqué devant la batterie allemande du Hoc le 6 juin et est resté cloué sur place. Le même jour le sergent Franck Peregory du 116ème RI accomplit un acte de guerre d’une audace incroyable en attaquant victorieusement une tranchée allemande: à lui seul, il obtient la reddition de près de quarante soldats ennemis. Dans l’attaque, il en a tué trois et a permis aux hommes de son unité de libérer le village de Grandcamp tout en récupérant les redoutables mitrailleuses allemandes.

8 juin 1967 : attaque israélienne de l’USS Liberty. Durant la guerre des Six-Jours, les forces israéliennes attaquent dans les eaux internationales au large de l’Egypte, un navire américain de guerre électronique. 34 américains sont tués. Israël reconnaitra une erreur et présentera ses excuses au gouvernement américain ainsi qu’aux familles des victimes.

8 juin 1972 : bombardement du village de Tran Bang (Vietnam). Tenu par les Nord-vietnamiens, le village est bombardé par l’armée Sud-Vietnamienne avec du napalm. Le photographe Nick Ut (Associated press) est présent comme beaucoup de journalistes et prend la photo qui lui vaut, la même année, le prix Pulitzer. La  nudité de Kim Phuc, 9 ans, brûlée par le napalm, fait débat dans la rédaction jusqu’au 12 juin : a-t-on le droit de publier cette photo ? Lorsqu’elle parait, la photo fait le tour du monde.

 

08 juin

Kim Phuc a aujourd’hui 54 ans.




Chronique historique : 7 juin

7062017

Erratum pour le 6 7 juin 1915 : première victoire contre un Zeppelin.
Précisions pour le 6 juin 1944 : opération Overlord : « […]seuls 177 sont français et participent à l’assaut initial au sein du commando Kieffer ». Plus précisément, d’autres français ont participé à cette opération, puisque 4 sticks SAS du 4°SAS / 2°RCP de la Brigade SAS (pratiquement 40 hommes) ont été largués pour moitié dans le Morbihan (Opération Dingson), et pour l’autre moitié dans les Côtes du Nord (Opération Samwest) le 5 juin. Ils ont contribué à empêcher les 150 000 Allemands présents en Bretagne de rejoindre la Normandie. Le caporal Bouetard, du Stick Marienne, a été tué vers 00h30 heure anglaise à Plumelec dans le Morbihan, ce qui en fait le premier français mort dans l’opération Overlord.

Merci au LCL Jean-Christophe D. (CFIM).

 7 juin 1863 : entrée des troupes françaises à Mexico (Mexique). Corps expéditionnaire français envoyé par Napoléon III soutenir l’archiduc Maximilien. Il se repliera en 1867.

 7 juin 1916 : reddition du fort de Vaux (près de Verdun). Le chef de bataillon Raynal résiste avec sa garnison depuis le 2 juin mais doit finalement se rendre, ayant épuisé vivres et munitions. L’ennemi lui rend les honneurs militaires. Il est conduit à l’état-major du Kronprinz, où ce dernier le félicite pour son courage et sa vaillance face à ses troupes et lui offre un sabre-épée d’officier français.

 7 juin 1917 : bataille de Messines (Belgique). Britanniques, Australiens et Néozélandais brisent le saillant Sud d’Ypres. Dans la nuit, 19 fourneaux de mines britanniques creusés sous les premières lignes allemandes explosent et donnent le signal de l’attaque. C’est le baptême du feu des 75 chars Marks IV britanniques qui attaquent aux côtés de 15 divisions d’infanterie. Cette attaque permet de soulager le front français où la plupart des unités connaissent des cas de mutineries.

 7 juin 1918 : combat du bois Belleau (près de Château-Thierry). C’est le combat fondateur du corps des US Marines. La 2ème DIUS, au cours de combats acharnés, libère le verrou contrôlant Château-Thierry.

7 juin 1940 : mort du capitaine Charles N’Tchoréré (Somme). Né en 1896 à Libreville, naturalisé français en 1940, N’Tchoréré s’engage en 1916 et finit la Première Guerre Mondiale avec le grade de sergent. Il sert au Maroc, en Syrie et au Mali (Soudan français) et passe officier. Lorsque la Seconde Guerre Mondiale débute, il demande à partir pour le front où à la tête de sa compagnie, il se comporte brillamment. Il repousse 4 assauts allemands contre Airaines et permet à son bataillon de décrocher. Encerclée et à court de munition, la compagnie d’ N’Tchoréré se rend. Refusant d’être considéré autrement que comme un officier français lorsque les Allemands séparent les Noirs des Blancs, il s’insurge et est abattu d’une balle dans la nuque. Le même jour, son fils Jean-Baptiste, caporal au 2ème RIC est tué à Remiencourt.

7 juin 1948 : bataille de Nitzanim (Israël). Les Israéliens subissent une de leurs rares défaites face aux Egyptiens.

7 juin 1951 : fin de la bataille de Ninh Binh (Indochine). Giap attaque dans le delta du fleuve rouge en direction de Hanoi depuis le 28 mai. Il fait sauter le verrou de Ninh Binh sur le fleuve Day, tenu par le lieutenant de Lattre (mort au combat le 30/05/51). Le commando 24 (ou Tigres noirs) de l’adjudant Vandenberghe reprend le piton sur lequel se trouve le poste.

 7 juin 1954 : mort d’Alan Turing (Wilmslow – Royaume-Uni). Mathématicien et cryptologue britannique, Turing est celui qui est parvenu à casser le code Enigma allemand et a ainsi permis de lire en clair les messages chiffrés ennemis. Il est aussi l’un des pères de l’informatique. Il est retrouvé mort dans sa chambre après avoir mangé une pomme empoisonné au cyanure. Il se serait suicidé suite aux poursuites judiciaires intentées contre lui pour homosexualité. Le logo de la firme Apple est un hommage à son génie.

 7 juin 1967 : Tsahal prend le contrôle de Jérusalem-Est

 7 juin 1981 : opération Opéra (Irak). Voulant se prémunir contre la possibilité que Saddam Hussein se dote de l’arme nucléaire, Tsahal déclenche une opération aérienne (F16 et F15) pour détruire le réacteur nucléaire (baptisé Osirak) en périphérie de Bagdad. Livré par les Français, ce réacteur destiné à des applications civiles avait déjà fait l’objet d’attaques israéliennes (1979 et 1980) et iranienne (1980).

   7 juin De Lattre passant en revue le commando de Vandenberghe en mai 1951.




Match BERCY-BALARD : un « stress test » pour le nouveau MINDEF

6062017

C’est reparti ! Bercy  rogne 2,6 milliards d’euros à la défense, un véritable « stress test » pour Sylvie Goulard Par Michel Cabirol | 06/06/2017  - LA TRIBUNE 

La ministre des Armées Sylvie Goulard sera principalement jugée par les militaires sur sa capacité à défendre son budget face à Bercy. Bercy a pour le moment amputé le budget du ministère de la Défense de 2,6 milliards d’euros. Le montant est colossal. 2,66 milliards d’euros environ, selon des sources concordantes. La note est très salée pour les armées surtout si elle reste en l’état. Jean-Yves Le Drian parti au Quai d’Orsay, Bercy reprend donc ses habitudes avec le ministère de la Défense considéré comme la variable d’ajustement pour le budget général. Dans le détail, Bercy a fait preuve comme à son habitude de beaucoup d’imagination pour rogner sur les crédits du ministère des Armées : réserve de précaution (1,6 milliard d’euros), report de crédits du programme 146 gelés (675 millions d’euros), sur gel de crédits de gestion (350 millions) et gel des crédits du programme 178 (40 millions). Ça pique chez les militaires…

C’est donc déjà un véritable « stress test » pour la ministre Sylvie Goulard, qui va être évaluée par Bercy sur sa capacité à sauver tout ou partie de son budget. Pour mémoire, Jean-Yves Le Drian avait gagné lors de son quinquennat à l’Hôtel de Brienne, la plupart des arbitrages face à Bercy. On le sait, ce dernier ne lâche jamais quoi qu’il arrive. Sylvie Goulard sera d’ailleurs principalement jugée par les militaires sur cette capacité et acquerra ainsi une très forte légitimité si elle parvient à contrecarrer les projets de Bercy. Des crédits pour des militaires en opérations extérieures Au cours de sa campagne, Emmanuel Macron avait souhaité une montée en puissance des opérations au Mali dans le cadre de Barkhane, qui mobilise déjà 4.000 soldats dans cinq pays (Mali, Burkina Faso, Mauritanie, Niger et Tchad), dont 1.700 en poste à Gao. « Dès mon élection, je demanderai au ministre de la Défense et aux chefs militaires d’accélérer nos actions d’appui à la montée en puissance des forces du G5 Sahel afin d’accroître leur efficacité », avait-il annoncé en mars dernier lors de son discours sur la défense. Des crédits supplémentaires seront donc nécessaires pour équiper les militaires en opérations extérieures (OPEX). A peine élu, Emmanuel Macron a d’ailleurs effectué une visite à Gao au Mali où il s’est dit « ému par la dangerosité » rencontrée « tous les jours » par les militaires. Dix-neuf soldats français ont payé le prix de leur vie en servant la France au Mali depuis le lancement de l’opération Serval, selon le ministère de la Défense. Il avait ajouté : « Je ne risquerai pas vos vies pour rien. Je respecterai les impératifs humains et techniques de l’outil militaire mais ma détermination dans l’action sera totale ». Présente également à Gao, Sylvie Goulard a également pu constater le prix du sang versé par les soldats blessés lors d’une visite à l’hôpital Percy.

Un budget défense 2017 à 32,7 milliards hors pensions En 2017, les dépenses de défense devraient représenter 1,77% du PIB de la France, pensions comprises (contre 1,78% en 2016), si bien sûr le budget de la défense est consommé dans sa totalité, soit 40,84 milliards d’euros, dont 8,15 milliards au titre des pensions. Loin, encore très loin des 2% hors pensions claironnés par Emmanuel Macrons lors de sa campagne… Le chef de l’état-major des armées, le général Pierre de Villiers souhaite atteindre les 2% (pensions et surcoûts des OPEX compris) dès 2022. Soit 42,5 milliards d’euros (en euro constant de 2017, avait-il précisé en mars) contre 32,7 milliards en 2017.

En attendant d’atteindre ce seuil (chimérique), qui fait tant rêver les militaires, le budget de la défense devait augmenter factuellement de 600 millions d’euros




Chronique historique : 6 juin

6062017

6 juin 48 (avant Jésus Christ) : bataille de Pharsale (Grèce actuelle). César, bien qu’en infériorité numérique (22 000 hommes), vient battre en Grèce, l’armée de son adversaire Pompée (45 000 hommes) qui vient de s’y replier. Il remporte ainsi la bataille décisive dans la guerre civile qui ravage la République romaine et va lui permettre de prendre l’ascendant sur le Sénat. A Pharsale, César a prévu que son aile droite serait son point faible car elle regroupe des troupes insuffisamment homogènes. Il sait que Pompée tentera de le battre en poussant son effort à cet endroit et c’est justement pour ça qu’il positionne discrètement 2000 soldats d’élite en deuxième échelon. Une fois l’aile droite enfoncée, le deuxième échelon se découvre et brise net l’assaut de Pompée qui pensait la victoire acquise. Les troupes de réserve de César font le reste.

 6 juin 1910 : première course d’avions. Robert Martinet remporte la première course d’aéroplanes organisée dans le pays entre Angers et Saumur, en 31 minutes et 35 secondes sur Farman.

 6 juin 1915 : première victoire contre un Zeppelin. Le Zeppelin Lz-37 (LZ37 pour l’armée impériale allemande), un type « m2″, est le premier dirigeable à être détruit en combat aérien, par un chasseur basé à Dunkerque, piloté par le Flt Sub-Lt Reginald Warneford, du RNAS.

 6 juin 1917 : construction du premier avion torpilleur. Le premier avion au monde à être conçu comme bombardier-torpilleur, le Sopwith « Cuckoo », est construit par le Royal Naval Air Service.

6 juin 1940 : Le Jules Verne part bombarder Berlin. Un quadrimoteur Farman initialement destiné à Air France est militarisé au début de la guerre pour compenser dans l’urgence le manque de bombardiers français. Commandé par le capitaine de corvette Dailliere (aéronautique navale), il effectue avec succès plusieurs bombardements sur Aix la Chapelle, Saint Omer et Anvers avant le raid sur Berlin. Pour ce bombardement, il décolle de sa base de Le Poulmic, le 6 juin, afin de gagner Mérignac qui possède une piste très longue, capable de faire décoller des avions très lourds. Il décolle le lendemain avec une surcharge d’une tonne et lâche 8 bombes explosives de 250 kg et 80 bombes incendiaires de 10 kg (larguées à la mains !) sur une usine de Berlin. Il rentre sans problème et se pose à Chartres. C’est la première fois de la guerre que Berlin est bombardé.

 6 juin 1940 : mort du commandant Maurice Arnoux (Angivillers). As français de la chasse durant la Première guerre mondiale, Arnoux est abattu alors qu’il est en combat aérien dans l’Oise avec son Morane 406 contre 7 Messerschmitt Bf 109.

 6 juin 1942 : l’américaine Adeline Gray réalise le premier saut en parachute en nylon. À 24 ans, Adeline possède déjà 32 sauts à son actif, effectués depuis l’âge de 19 ans. C’est la seule Américaine à détenir son brevet de parachutiste, dans le Connecticut.
Elle travaille pour un fabricant de parachutes, Pioneer Parachute Company of Manchester. Avant qu’elle ne se lance, le parachute en nylon est d’abord testé avec des mannequins en bois. Elle effectue le grand saut sous le regard de militaires.

 6 juin 1944 : opération Overlord (plages de Normandie). La plus grande opération de débarquement jamais menée à bien. Sur les 250 000 hommes qu’elle implique, seuls 177 sont français et participent à l’assaut initial au sein du commando Kieffer. .Il faut ajouter la contribution d’un certain nombre de bateaux français : 2 croiseurs, 1 destroyer, 4 frégates, 4 corvettes et 14 vedettes et dragueurs de mines.

 6 juin 1949 : publication de 1984 de George Orwell. George Orwell a mené en Birmanie une guerre contre-insurrectionnelle, en tant que sergent de l’Empire britannique et en a été échaudé. Revenu à la vie civile, il tente de se rapprocher du parti communiste britannique dans les années 1930 mais n’est pas jugé suffisamment fiable. Il s’engage aux côtés des Républicains lors de la guerre d’Espagne et découvre le double jeu cruel que mènent les services secrets soviétiques contre toutes les mouvances révolutionnaires non-inféodées à Moscou. Blessé et recherché, il regagne le Royaume-Uni. Choqué par les méthodes totalitaires soviétiques qu’il a découvertes en Espagne, il entame une réflexion qui le conduit à publier des ouvrages devenus aujourd’hui des classiques de la critique du totalitarisme : la ferme des animaux, 1984. Il invente le concept du « Big brother ».

 6 juin 1971 : le Surcouf est coupé en deux (au large de Carthagène). L’escorteur d’escadre Surcouf est abordé par un pétrolier soviétique (général Boucharov) qui le coupe en deux alors qu’il croise aux abords du détroit de Gibraltar.9 morts et 1 blessé.

 6 juin 1982 : début de l’opération Paix en Galilée (Liban). Tsahal envahit le Liban pour en chasser l’OLP.

6 juin George Orwell.




Décès du général (2s) Maurice Parisot

2062017

Nous apprenons, avec beaucoup de tristesse, le décès hier soir, des suites d’une « longue maladie », en Bretagne du général (2s) Maurice Parisot, officier de chasseurs alpins (chef de corps du 6ème BCA) et ancien commandant de l’EMIA au début des années 80.




Chronique historique : 2 juin

2062017

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Pierre Puget. Combat naval de Palerme (1676).

2 juin 1676 : bataille de Palerme (Sicile). Durant la guerre de Hollande (1672-1678), le maréchal de Vivonne, général des galères de France, bat (avec ses adjoints bientôt prestigieux : Tourville, Duquesne, Forbin,…) une flotte hispano-hollandaise et donne à Louis XIV la suprématie en Méditerranée. Il surprend l’ennemi en train de se reconditionner dans le port de Palerme et sans perdre un seul bâtiment, lui cause de terribles dégâts. Vivonne a commencé sa carrière dans la cavalerie où il montre courage et esprit puis demande à servir sur mer avant de finir sa vie auprès de Louis XIV qui l’apprécie pour ses nombreuses qualités.

2 juin 1781 : prise de Tobago (Antilles). Le lieutenant général de Grasse débarque 1000 hommes aux ordres du marquis de Bouillé dans la baie de Courlande après avoir fait croire aux Anglais qu’il voulait attaquer l’ile de Sainte Lucie (250 km au Nord).

2 juin 1805 : reprise du rocher du Diamant par les Français (La Martinique). Les Britanniques occupent l’îlot au large de la Martinique depuis janvier 1804 dans le cadre de la guerre que se livrent les Français et les Anglais pour le contrôle des Antilles. Le rocher du diamant est un promontoire permettant de surveiller le canal entre la Martinique et  l’ile de Sainte Lucie. Défendu par une petite garnison (une centaine d’hommes) et des canons hissés à son sommet, le rocher remplit la fonction d’un « vaisseau immobile » de sa majesté d’où le nom donné par l’amirauté britannique, HMS Diamond Rock. Le futur contre-amiral français Cosmao en attaquant, sur ordre de Villeneuve, la garnison retranchée sur l’ilot, a percé d’un coup de boulet de canon les citernes d’eau, obligeant celle-ci à se rendre. (Cf. Chronique du 31/05).

2 juin 1898 : le capitaine Simond découvre le vecteur de la peste (Karachi – actuel Pakistan). Affecté au service de santé des colonies, le capitaine-médecin Paul-Louis Simond met en évidence le rôle de la puce du rat dans la transmission de la maladie (de la puce au rat), lors d’un séjour aux Indes anglaises où sévit une épidémie de peste. Il est l’un des plus grands épidémiologistes français. Il termine sa carrière en tant que directeur du service de santé de l’Indochine après avoir effectué de très nombreuses missions scientifiques (Chine, Empire ottoman, Indes …).  A noter que le bacille de la peste avait été découvert par le pasteurien Français Alexandre Yersin à Nha Trang (Viêt-Nam) et déclaré au monde le 3 août 1894. Bien qu’ayant réussi à isoler ce microbe responsable de millions de morts durant l’histoire, Yersin ne parviendra jamais à résoudre le problème de la transmission de la maladie du rat à l’homme. Atteint d’un paludisme sévère, il dut quitter la région. Yersin est encore aujourd’hui vénéré par les habitants du pays.

2 juin 1918 : début de la bataille du bois Belleau (Aisne). Les Allemands s’emparent des villages de Belleau, Torcy, Bussiares et Château-Thierry.

2 juin 1940 : Saint Exupéry reçoit la croix de guerre.  Suite à une mission au-dessus de la ville occupée d’Arras, Saint Exupéry est cité à l’ordre de l’armée. C’est d’ailleurs cette mission qui lui donnera la matière pour son ouvrage Pilote de guerre, d’abord paru en anglais sous le titre Flight to Arras.




Chronique historique : 1er juin

1062017

1er juin 1808 : transformation du Prytanée militaire français.  Dénommé Prytanée militaire de la Flèche sous la Troisième République. Un Collège royal  avait déjà été fondé par Henri IV à La Flèche en 1604 sous la direction de la Compagnie de Jésus. Ce collège de jésuites n’était pas militaire. Sa transformation en une institution militaire en 1764 est une conséquence de la création de l’Ecole royale militaire en 1751. En effet, dans la première moitié du XVIIIe siècle, les jeunes gens de la bonne noblesse et de la bourgeoisie fortunée qui se destinaient à la carrière des armes n’entraient pas d’emblée dans l’armée, avant d’avoir reçu une solide instruction générale. Après une instruction élémentaire (souvent par précepteur), ils fréquentaient, aux côtés de congénères qui ne se destinaient pas à la carrière des armes, un collège, soit un collège des universités, soit un collège d’une institution religieuse, jésuites ou oratoriens. Le collège des jésuites de La Flèche était simplement un de ces collèges…

En 1751 est créée l’Ecole royale militaire à Paris, pour donner, aux frais de la monarchie, aux gentilshommes pauvres qui se destinaient à la carrière des armes (prioritairement les orphelins et les fils de militaires) l’instruction que leurs moyens financiers ne leur permettaient pas d’acquérir dans des collèges. Or le niveau des élèves est très inégal à l’entrée (du fait qu’il n’y a pas d’examen d’entrée), même si une instruction élémentaire est requise pour postuler. Donc en 1764, la monarchie crée, à La Flèche, une école préparatoire, pour donner aux enfants un enseignement élémentaire avant leur entrée à l’Ecole royale militaire de Paris. Cette école préparatoire est installée dans les locaux de l’ancien collège jésuite de La Flèche (les collèges de jésuites ont été fermés en 1762, après la condamnation de la Compagnie de Jésus par le Parlement de Paris). Lire André Corvisier (dir.), Histoire militaire de la France, Paris, PUF, tome 2, 1992, p. 68-75 (chapitre écrit par Jean Chagniot) et Des Premières écoles militaires aux lycées de la Défense, l’éducation des enfants au sein de l’armée de Frédéric de Berthier.

 1er juin 1815 : mort du maréchal Berthier (Allemagne). Né en 1753, il commence sa carrière comme ingénieur cartographe à l’école du génie de Mézières, fait la campagne de la guerre d’Indépendance américaine avec La Fayette puis ne quitte plus Napoléon jusqu’à la campagne de Russie où il démissionne pour manifester son désaccord. Grand organisateur, il sert principalement en tant que ministre de la guerre ou chef d’état-major de l’empereur. Il est avec La Fayette l’un des rares Cincinnati français. L’ordre des Cincinnati a été fondé en 1783 par George Washington afin d’honorer les ainés des familles les plus méritantes dans le combat pour l’indépendance des Etats-Unis et notamment les officiers étrangers. Il existe 14 sociétés des Cincinnati (13 américaines et 1 française) toujours actives. Ce sont les plus anciennes sociétés patriotiques américaines. L’appellation fait référence au héros romain Cincinnatus, modèle de l’honnête homme, aussi courageux dans la guerre que dans la paix.

1er juin 1823 : mort du maréchal Louis Nicolas d’Avout (dit Davout). Cavalier émérite et d’une grande loyauté, il est l’artisan principal des victoires d’Auerstedt et d’Eckmühl. Il n’a jamais perdu de bataille tout en ayant participé à la plupart des campagnes de l’Empire.

 1er juin 1879 : mort au combat du Prince Louis Napoléon (Afrique du Sud). A 23 ans, le fils de Napoléon III demande avec insistance à être intégré dans les troupes britanniques d’Afrique australe. La reine Victoria l’y autorise et il s’embarque en février. Après un passage au Cap, il est versé dans une unité d’éclaireurs au Natal. Il y arrive au moment où les Britanniques, battus quelques mois plus tôt par les Zoulous, reprennent l’offensive. Le 1er juin, il participe à une mission de reconnaissance à cheval avec quelques hommes dans une région située à environ 50 kilomètres à l’ouest de Dundee. Lors d’une halte au bord d’une rivière, la patrouille est surprise par un groupe de 60 guerriers zoulous. Il meurt, atteint de 17 coups de lance (reçus de face). Le chef zoulou, capturé quelques jours plus tard, confirme que le jeune prince « s’est battu comme un lion ». Sa dépouille est inhumée à Chiselhurst, dans le Kent. Elle sera ensuite transférée à l’abbaye St Michel à Farnborough, dans le sud de l’Angleterre. L’impératrice Eugénie l’a fait bâtir pour que lui et son père y reposent. Une stèle existe aussi dans la chapelle royale de Windsor. L’émotion fut beaucoup plus vive en Angleterre qu’en France.

 1er juin 1899 : réception triomphale du commandant Marchand (Paris). La mission « Congo-Nil » du CBA Jean-Baptiste Marchand est accueillie par une foule en liesse à Paris après sa traversée de l’Afrique, d’Ouest en Est. 6000 km parcourus en deux ans : une des plus grandes aventures africaines pour l’armée française.

 1er juin 1915 : abandon du pantalon rouge au profit de la tenue « bleu horizon »

 1er juin 1939 : naufrage du HMS Thetis (Baie de Liverpool). Lancé en 1938, le sous-marin britannique coule par 40 mètres de fond après une série d’erreurs : Un des tubes lance torpilles est resté accidentellement ouvert innondant une partie du submersible qui reste échoué malgré toutes les tentatives de renflouement des secours de la Royal Navy. Seuls 4 hommes parviennent à regagner la surface. 99 hommes périssent.

 1er juin 1954 : Genevieve de Gallard rentre à Paris. Convoyeuse de l’air et infirmière en Indochine à 28 ans, elle est faite prisonnière lors de la défaite de Dien Bien Phu (7 mai 1954). Son comportement exemplaire au quotidien dans la tourmente du camp retranché fait d’elle une héroïne. Libérée par le Vietnam, elle est célébrée en France et même décorée par le président américain Eisenhower. Elle est Grand-Croix de la légion d’honneur.

 1er juin 2016 : création du commandement Terre pour le territoire national (COM T-TN).

 1er juinGenevieve de Galard. L’ange de Dien Bien Phu a 92 ans.







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