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Chronique historique : 31 janvier

31012017

31 janvier 1901 : abolition des peines corporelles. Le ministère des Armées met fin aux peines corporelles dans l’armée de terre et la marine.

 31 janvier 1915 : première utilisation des gaz de combat (Bolimov – Pologne). Bien que la IXème armée de Mackensen tire 18 000 obus au bromure de xylyle sur les troupes du Tsar, le froid intense annihile l’effet de l’agent toxique.

 31 janvier 1943 : reddition allemande à Stalingrad (aujourd’hui Volgograd). Assiégés depuis novembre 1942 dans la ville symbole, les Allemands capitulent manquant de tout. Les combats se poursuivent encore jusqu’au 2 février dans le secteur Nord de Stalingrad. Plus de 400 000 Allemands sont mis hors de combat durant cette bataille dont au moins 150 000 morts. Les Soviétiques perdent encore plus de soldats (entre 400 000 et 500 000) mais cette saignée humaine n’a pas les mêmes répercussions sur une nation qui dispose d’un réservoir humain sans comparaison avec l’Allemagne. Si l’on ajoute les pertes civiles, Stalingrad possède le triste privilège de la bataille la plus sanglante de l’Histoire. L’obstination des belligérants s’explique en grande partie par la valeur symbolique de la ville (« ville de Stalin »).

 31 janvier 1943 : naissance de l’O.R.A. L’Organisation de Résistance de l’Armée est créée par le général Frère en réaction à l’invasion allemande de la zone Sud (novembre 1942) même si dès juillet 1940 des cadres préparent en secret une telle structure. L’O.R.A regroupe principalement des militaires mis en retraite et camoufle les stocks d’armes de l’armée d’Armistice qui devraient servir lors d’une reprise du combat contre l’occupant. Frère est arrêté par la gestapo en juin et meurt le 13 juin 1944 au camps du Struthof. Son successeur, le général Verneau, est arrêté en octobre et meurt lui aussi en camps, le 14 septembre 1944 à Buchenwald. L’O.R.A a fourni bon nombre de combattants aux maquis.

 31 janvier 1943 : début du radar de navigation utilisé pour la première fois par les bombardiers britanniques. Sur l’utilisation des radars par les Britanniques, lire (en anglais) Most Secret War, de R.V. Jones. L’auteur est le créateur des services de renseignement techniques anglais. Il a travaillé particulièrement sur la menace des bombardiers, sur la recherche et la destruction des sites de fabrication de V1 et V2. Ce livre fait référence.

 31 janvier 1960 : fin de la semaine des barricades (Alger). Lorsque le général de Gaulle évoque en septembre 1959, l’autodétermination, il inquiète les partisans de l’Algérie française et notamment le général Massu qui dans un article d’un journal allemand exprime son désaccord avec le Président de la République.  Il est rappelé à Paris ce qui provoque une manifestation de soutien à Alger le 24 janvier et la mise en place de barricades par des civils épaulés par les unités territoriales (composées de réservistes armés). Le premier soir, les affrontements avec les gendarmes font plus de vingt morts. L’armée prend le relais mais les jours suivants, les fraternisations entre insurgés et parachutistes l’emportent. Des négociations sont alors menées pour que Pierre Lagaillarde et ses partisans se rendent aux parachutistes du 1er REP. La rupture est cependant consommée entre de Gaulle et une partie de la population algérienne. Sur place, l’armée est elle aussi divisée : La plupart des meneurs désertent et entrent en clandestinité pour fonder l’OAS.

 31 janvier 1968 : offensive du Têt (Sud-Vietnam). Le Viêt-Cong attaque simultanément une centaine de villes du Sud-Vietnam espérant déclencher une insurrection générale contre les Américains et l’armée sud-vietnamienne. L’attaque est militairement enrayée mais cause une forte impression aux Etats-Unis où la classe politique ne pensait pas le Viêt-Cong capable d’un tel sursaut et va réclamer le retrait américain.

 31 janvier Le général Aubert Frère.

 Quelques rendez-vous historiques :

du 1er février au 6 mars 2017 : 44 ème salon de la Marine – Musée de la Marine (Palais de Chaillot).
2 février 2017 : conférence «  Deux cents hommes de cavalerie de plus… » - Château de Vincennes
jusqu’au 30 juin 2017 : exposition « Le désert : explorations et opérations » – Musée des Troupes de Marine (Fréjus).
jusqu’au 26 juillet 2017 : exposition « Tambours, clairons, trompettes : commander, transmettre, informer en musique » au musée des Transmissions (Cesson-Sévigné).
et
Les conférences du Service historique de la Défense (SHD) avec leurs références bibliographiques.
et
les colloques, conférences, expositions, cinéma du site Mindef.




Concert aux profit des blessés en opérations le mercredi 22 février à 20h00 – cathédrale Saint-Louis des Invalides

30012017

concert

Le gouverneur militaire de Paris, le général de corps d’armée Bruno Le Ray, vous convie au prestigieux concert caritatif donné dans la cathédrale Saint-Louis des Invalides le mercredi 22 février à 20h00, au profit des blessés en opérations et familles de soldats morts au combat.

Le concert sera suivi d’un cocktail dans les salons du gouverneur.

Vous trouverez ci-après l’invitation au concert :fichier pdf Invitation

Inscriptions : 

-          Par internet sur https://goo.gl/owxri1

-          Par voie postale en remplissant le coupon réponse : fichier pdf Coupon réponse

Le programme et les informations sont disponibles à l’adresse :http://www.garnison-paris.terre.defense.gouv.fr/actualites/2017/01/concert-gmp-2017.html

L’équipe du concert du GMP

Hôtel national des Invalides – 129, rue de Grenelle 75007 Paris
concertdugouverneur@hotmail.fr




Chronique historique : 30 janvier

30012017

30 janvier 1915 : intensification de la guerre sous-marine allemande. Sans sommations, le U-20 du capitaine Walter Schweiger coule 2 navires marchands britanniques au large du Havre. C’est ce même capitaine qui le 7 mai 1915 coule le paquebot Lusitania (1198 morts). Le scandale est énorme chez les alliés et notamment aux USA où l’opinion publique cesse d’être non-interventionniste. Schweiger est décoré par la Kaiserliche Marine qui stoppe cependant sa guerre à outrance craignant l’entrée en guerre des USA. A noter cependant qu’en 1972, l’ouverture des archives britanniques relatives à cet événement  a montré que le Lusitania transportait des munitions et était armé de 12 canons au moment de l’attaque, contrairement à toutes les déclarations officielles qui ont contribué à développer l’émoi suscité. 

30 janvier 1933 : Hitler est nommé Chancelier de la République de Weimar.

30 janvier 1943 : le général Paulus est nommé Maréchal par Hitler. Aucun maréchal allemand ne s’étant jamais rendu à l’ennemi, Hitler accorde cette distinction au général Paulus en espérant qu’il ne se rendra jamais aux soviétiques qui encerclent Stalingrad. Le maréchal Paulus se rend aux soviétiques le lendemain.

30 janvier 1945 : 9000 morts en Mer Baltique. Le paquebot allemand Wilhelm Gustloff est coulé par un sous-marin soviétique à sa sortie de la baie de Dantzig alors qu’il évacue 10 000 réfugiés de Prusse Orientale. C’est la plus grande catastrophe maritime jamais survenue et pourtant une des moins connues.

30 janvier 1945 : combat de Jebsheim.(Alsace). Durant la réduction de la poche de Colmar, à partir du village conquis de haute lutte la veille par le 1er RCP, mêlé au régiment de marche de la Légion étrangère et à des éléments américains, le Bataillon de choc est engagé à découvert en direction du Rhin face à un dispositif allemand solidement implanté : 170 commandos sont mis hors de combat, dont 22 tués, dans cette action complètement inutile.

 30 janvier 1972 : bloody sunday (Derry – Irlande du Nord). Le premier bataillon du régiment parachutiste britannique reçoit l’ordre d’ouvrir le feu lors d’une manifestation de catholiques irlandais demandant l’égalité des droits civiques. Au total, 14 morts civils par balles. L’enchaînement incompréhensible des événements de ce jour a fortement marqué l’opinion. Le groupe de rock U2 en a fait une chanson qui est toujours un tube.

                 
   30 janvierDerry –Irlande du Nord.

 Quelques rendez-vous historiques :

du 1er février au 6 mars 2017 : 44 ème salon de la Marine – Musée de la Marine (Palais de Chaillot).
jusqu’au 30 juin 2017 : exposition « Le désert : explorations et opérations » – Musée des Troupes de Marine (Fréjus).
jusqu’au 26 juillet 2017 : exposition « Tambours, clairons, trompettes : commander, transmettre, informer en musique » au musée des Transmissions (Cesson-Sévigné).
et
Les conférences du Service historique de la Défense (SHD) avec leurs références bibliographiques.
et
les colloques, conférences, expositions, cinéma du site Mindef.




Un article du CEMAT dans la revue Res militaris : L’armée de Terre française à l’aube de 2017… Nouvelle donne stratégique, nouveau jeu militaire 

27012017

La revue Res militaris publie plusieurs articles intéressants dans son numéro Hors Série de décembre 2016 « France : opérations récentes, enjeux futurs ».

Celui du général Jean-Pierre Bosser intitulé : « l’armée de terre à l’aube de 2017,  Nouvelle donne stratégique, nouveau jeu militaire »  figure ci-après – copyright : res militaris – 2016.

Celui du général Bernard Barrera, intitulé « Analyse de la démarche capacitaire de l’armée de Terre en vue des engagements actuels et futurs » et celui de M. Olivier Zajek intitulé « Security studies et pensée stratégique française : de la vision globale à la myopie contextuelle »  susciteront d’intéressantes réflexions sur deux décennies d’opérations et sont disponibles en kiosque ou chez l’éditeur de cette excellente revue.

« L’armée de Terre à l’aube de 2017,  nouvelle donne stratégique, nouveau jeu militaire »

Nous assistons à un changement d’époque du point de vue stratégique. Ce n’est une première, ni pour l’humanité, ni pour la France. Pour autant, les nouveaux équilibres et rapports de force qui semblent se dessiner méritent d’être considérés. Tournant la page de cinquante années d’Europe en surplomb des autres belligérants – tantôt arbitre des crises, tantôt acteur par procuration des conflits – le vieux continent assiste au retour de la guerre sur son sol, une guerre qui vient frapper la chair de ses enfants et qui s’invite dans des scènes de vie quotidienne, à l’occasion d’un concert ou d’un feu d’artifice, dans un grand aéroport ou dans une petite église…

Les armées européennes payant, notamment depuis une dizaine d’années, le prix du sang en opérations extérieures, la dure réalité de la guerre s’était progressivement rappelée aux consciences. Faisant désormais couler ce sang sur son propre sol, cette réalité a désormais franchi l’écran de plasma qui la contenait pour s’inviter dans les foyers.

Nos sociétés occidentales sont d’ailleurs comme sidérées par cette menace qui se rapproche de leur pré carré tout en se fortifiant. Symptôme de cet “état second”, ceux qui en parlent naviguent souvent entre les excès de l’hyperbole émotionnelle et ceux de l’oxymore juridique pour tenter de décrire ce qui n’obéit à aucun schéma habituel. Croyant pouvoir jouir des dividendes de la paix, nos sociétés n’étaient pas prêtes à pareil soubresaut.

Elles ont brusquement redécouvert le vrai visage de la guerre, une créature qui échappe totalement à ses géniteurs, une entreprise qui n’a pas besoin de l’assentiment des protagonistes qui la mènent pour exister, une réalité que le déni renforce plus qu’il ne l’affaiblit.

Dans ce contexte d’insécurité croissante et alors que le monde se réarme énergiquement, l’outil militaire redevient progressivement, en France, l’objet de toutes les attentions. L’Histoire nous rappelle que ce type de réveil des consciences a, dans notre pays, fâcheuse habitude à être tardif. Gageons que ce ne soit pas trop tard cette fois-ci. Convaincus que les termes d’ennemi et de guerre sont bien davantage que des artifices sémantiques, ne perdons donc pas une minute pour agir dès aujourd’hui tout en préparant l’avenir.

Après quelques réflexions sur l’ennemi et sur la guerre, qui sont au fondement de l’action militaire, le propos s’attachera à aborder l’armée de Terre dans son utilité (le pourquoi) ainsi que dans sa dynamique d’adaptation à la nouvelle donne stratégique (le comment).

De l’ennemi et de la guerre 

Sommes-nous en guerre ? Celui qui tue sur notre sol et nous terrorise est-il notre ennemi ? Ces deux questions ont fait couler beaucoup d’encre. Elles continueront de le faire, en vain, tant que le débat restera positionné sur un champ inadapté.

Principalement employés dans un registre émotionnel, ces termes fusent après chaque événement avant d’être fustigés dès lors que le temps produit son effet amnésique. Pas de constance donc, pas de profondeur temporelle, juste une approche du temps court, une approche qui est même singulièrement égocentrique. L’ennemi me frappe, il existe donc. L’ennemi ne me frappe plus, il n’y a plus d’ennemi. Il y a là à la fois narcissisme et déni de réalité.

Quand on se garde de l’écueil de l’émotion, on est guetté par celui du juridisme. Juridiquement, effectivement, nous ne sommes pas en guerre, et le terroriste n’est donc pas belligérant d’un conflit. Mais le droit est-il une fin en soi ou le moyen imparfait de réguler le réel ? Les jus in bello et jus ad bellum ne sont pas des corpus révélés mais plutôt éprouvés et maturés dans le temps. Alors, s’ils ne permettent pas aujourd’hui de qualifier la tuerie du Bataclan d’acte de guerre et leurs auteurs d’ennemis de la France, peut-être faut-il que le droit évolue à nouveau ?

Le seul registre sur lequel il convient de se placer pour parler de guerre et d’ennemi est le registre qui a fait ces mots : le registre stratégique. Sous cet angle, celui qui s’est juré de nous détruire et qui entreprend des actions pour réaliser son dessein est objectivement notre ennemi. L’affrontement entre lui et nous – chez lui comme chez nous – est une guerre. C’est le principe de réalité qui nous commande de parler d’ennemi, c’est alors le principe de responsabilité qui nous impose le mot guerre. Le déni ne paye jamais. Il ne faudrait pas d’un second “Munich”.

Pour autant, cette guerre est nouvelle dans son mode à défaut de l’être dans son essence. Elle est nouvelle parce que nous assistons à l’imbrication pleine et entière de deux modes qui se contentaient par le passé de se chevaucher : le mode mineur et le mode majeur, l’asymétrie et la symétrie, la petite guerre et la grande. Ainsi, même, opposer dialectiquement les “menaces de la Force” aux “risques de la faiblesse”, comme nous sommes trop souvent tentés de le faire, conduit à nier la grande porosité qui existe désormais entre ces deux notions. C’est d’ailleurs ce que l’on nomme aujourd’hui “hybridité”. La notion peut sembler “fourre-tout” mais elle présente le mérite d’éviter une lecture réductrice où les “probables ennemis” seraient des bandes rebelles dépenaillées et où les “peu probables ennemis” seraient des colonnes de chars en ordre de bataille. Quand un avion devient missile de croisière contre le World Trade Center, quand un camion se transforme, à Nice, en une munition d’artillerie à précision métrique, alors les rapports de force prennent un reflet différent et le classement de nos ennemis se complique grandement.

Quelles sont donc les caractéristiques des conflits dans lesquels nous sommes engagés pour encore de longues années ?

Les nouveaux conflits, plus que jamais, s’imposent à nous davantage que nous nous imposons à eux :

Nous ne pouvons plus intervenir quand nous le décidons et nous retirer quand bon nous semble. Après des décennies d’interventions d’intensité moyenne, en Afrique ou au Moyen-Orient, interventions dans lesquelles nous avions souvent un rôle de juge de paix, les circonstances nous ont progressivement conduits, depuis une dizaine d’années, à endosser la fonction de simple protagoniste. Nous sommes passés d’une logique d’interposition à une logique d’opposition. D’une certaine façon, pourrait-on dire, alors que nous étions “à la guerre”, nous sommes désormais pleinement “en guerre”.

Dans ces conflits, nous ne faisons d’ailleurs plus forcément figure de favori, de “fort”. Les conflits se règlent désormais “du faible au faible”. Plusieurs raisons expliquent cette évolution. Elles sont principalement à trouver dans l’émergence des champs “nivelants”. Géographiquement tout d’abord, l’émergence de la zone urbaine comme théâtre d’opération a clairement atténué les rapports de force en limitant les avantages de la haute technologie. De la même façon, la place croissante occupée par le champ des perceptions et de l’information déplace ces mêmes rapports de force sur un terrain où la technologie est accessible de tous. Le “pouvoir égalisateur de l’atome” a cédé la place au “pouvoir égalisateur de l’électron”.

Ces nouveaux conflits sont ensuite décloisonnés, triplement décloisonnés :

D’un point de vue spatial, tout d’abord, car la guerre s’affranchit désormais des frontières dans un continuum intérieur-extérieur. La prédominance du champ informationnel dans les engagements modernes est en grande partie à l’origine de l’affaiblissement des notions de front et de frontière. Le califat numérique se joue ainsi de l’ordre westphalien.

De l’utilité de l’outil militaire 

Une première question se pose quand on évoque l’utilité de l’outil militaire : à quoi sert-il fondamentalement ? La réponse est sans ambiguïté et sans contestation possible : l’outil militaire sert à protéger la Cité, son territoire, son peuple et ses institutions. Le Livre Blanc de 2013 fixe des priorités stratégiques au premier rang desquelles, il spécifie que le rôle de l’outil militaire est de “protéger le territoire national et les ressortissants français, et de garantir la continuité des fonctions essentielles de la Nation”. La première des fonctions des armées, et de l’armée de Terre en particulier, est donc bien la protection de la France et des Français.

Faire la guerre n’est qu’une modalité permettant à l’outil militaire de remplir cette fonction supérieure. Créer du lien social et contribuer ainsi à renforcer les défenses immunitaires de la Nation en est une autre. Ainsi, pour une unique fonction supérieure, l’utilité de l’outil militaire se décline sur deux modes qui sont complémentaires l’un de l’autre.

Le premier est celui de l’engagement “par les armes”, que ce soit sur le territoire national ou à l’extérieur. Il s’agit pour l’armée de Terre de “protéger ici et de combattre à l’horizon dangereux”, c’est-à-dire de protéger la Cité au plus près et au plus loin. Ces deux approches sont parfaitement complémentaires du fait du décloisonnement spatial des conflits que nous évoquions précédemment : il faut traiter la menace dans sa globalité géographique. Quant à l’“horizon dangereux”, l’imprécision volontaire du terme invite implicitement à se garder de toute focalisation excessive sur les menaces du temps présent pour envisager également celles du temps futur : en d’autres termes, il est primordial de ne pas développer une obsession du flanc Sud, exclusive des autres menaces potentielles.

L’engagement par les armes impose enfin quatre règles simples :

· L’unicité du soldat en réponse à l’unicité de la menace. Il est important de fuir la tentation d’une armée à deux vitesses (une armée extrêmement compétente dédiée aux opérations extérieures et une armée de masse engagée sur le territoire national) pour trois raisons : premièrement, le centre de gravité de la menace entre intérieur et extérieur se déplaçant, il est crucial de conserver une aptitude à réorienter rapidement nos efforts ; deuxièmement, une armée de Terre dédiée au territoire national deviendrait rapidement supplétive et serait dénaturée ; troisièmement, enfin, en termes d’attractivité du métier, les forces dédiées au territoire national rencontreraient très certainement des difficultés.

· La préservation d’un modèle d’armée complet, présent sur l’ensemble du spectre capacitaire. C’est le pendant “équipements” du point précédent. La réactivité et l’adaptabilité sont primordiales dans un contexte de menaces extrêmement volatiles et versatiles. Ainsi, notre aptitude à nous engager dans un conflit de type symétrique doit être préservée quand bien même la probabilité d’occurrence semble, dans un futur immédiat, assez faible.

· La nécessaire approche interalliée des questions militaires. Il faut partager le fardeau sécuritaire. Les partenariats avec nos alliés, au sein de l’OTAN comme également avec d’autres pays avec qui nous avons soit des intérêts capacitaires convergents, soit une menace commune, sont à privilégier. Cet effet démultiplicateur est absolument nécessaire.

· L’indispensable inversion du rapport de force temporel : tactiquement, il est nécessaire de chercher à agir toujours plus vite pour conserver ou, le cas échéant, reprendre l’initiative face à un ennemi très difficilement prévisible. C’est la notion de “foudroyance”. Stratégiquement, en revanche, nous devons prendre le temps et nous “armer de patience” comme l’écrit le ministre de la Défense dans son récent ouvrage Qui est l’ennemi ? 

Le second axe est souvent beaucoup moins compris car ses résultats sont plus difficilement quantifiables… et ce qui ne se compte pas ne compte souvent pas aux yeux des plus nombreux. Il s’agit pourtant là d’une mission essentielle de l’armée de Terre : “participer à la consolidation de l’édifice national” dont elle est constitutive. Cette mission peut s’entendre à trois niveaux.

· Premièrement, par la participation concrète de l’armée de Terre à l’action interministérielle, en contribuant à sa mesure à l’action du pays dans de multiples secteurs. Elle est, en effet, à la fois acteur économique majeur (soutien de la base industrielle et technologique de défense : BITD-Terre) et poumon de nombreuses villes de garnison), acteur diplomatique essentiel (coopération, accords de Défense), acteur incontournable de la sécurité (participation à la sécurisation du territoire national, formations militaires des pompiers et de la sécurité civile), et acteur partenaire de l’éducation de la jeunesse (dispositifs de formation comme le service militaire volontaire et le service militaire adapté notamment).
· Deuxièmement, par sa véritable utilité sociale, son rôle de creuset républicain. Chaque année, l’armée de Terre rend environ 15 000 militaires à la vie civile, autant de citoyens instruits et ayant acquis une expérience du vivre ensemble particulièrement fondatrice. À ceux-ci, il faut aussi ajouter les quelques 6 000 hommes annuellement issus du service militaire adapté (que l’armée de Terre éduque et auxquels elle donne un métier) et ceux du service militaire volontaire (dispositif expérimental qui forme 1 000 jeunes en deux ans mais dont l’objectif est, à terme, de former 10 000 jeunes chaque année). Ainsi, avec un flux annuel de 30 000 jeunes, souvent en quête de repères, l’armée de Terre participe de façon plus que significative à l’intégration sociale de ceux que l’on nomme “décrocheurs”.
· Troisièmement, par la promotion des valeurs, au premier rang desquelles figurent celles qui fondent la Nation : la Liberté, l’Égalité et la Fraternité. L’armée de Terre incarne pleinement ces valeurs. Ses hommes et femmes les vivent au quotidien et dans des situations parfois extrêmes. L’institution militaire sert même de repère dans la tourmente grâce à l’incarnation de ces valeurs. La cote de la Défense dans les sondages d’opinion en atteste : elle est la deuxième organisation en laquelle nos concitoyens ont le plus confiance, juste derrière les hôpitaux.

L’armée de Terre est donc une institution de portée duale, appelée à participer à la défense de la France et des Français ainsi qu’à la consolidation de la Nation. L’époque rendant aigus le risque sécuritaire comme celui de fracture de la communauté nationale, ce double rôle prend aujourd’hui tout son sens et doit servir de guide au façonnage de l’outil militaire.  

De l’avenir 

Lorsque le nouveau modèle de l’armée de Terre, baptisé “Au contact”, a été conçu, fin 2014, cette dualité était au coeur de la démarche. Le terme de “contact” incarne lui-même les deux dimensions : il évoque autant la cohésion que l’affrontement.

Bien au-delà de la réorganisation structurelle à laquelle certain le résume parfois, “Au contact” a été conçu pour rendre l’armée de Terre à la fois plus “connectée” à la Nation et plus “adaptable” au contexte à la fois sécuritaire et financier, lui permettant d’encaisser les chocs.

Alors qu’il se mettait en place, ce modèle a justement vécu un test opérationnel grandeur nature avec deux chocs successifs : une augmentation de la menace sur le territoire national et, par effet induit, une remontée en puissance. Ceci prouva alors toute la pertinence de la quête d’“adaptabilité”. La mise en avant du territoire national ainsi que des capacités à frapper vite et fort (forces spéciales et combat aéromobile) témoigne de cette même volonté que l’outil militaire soit pleinement adapté au contexte.

Avoir une armée de Terre plus “connectée” est l’autre ambition. Elle se décline sur plusieurs champs : c’est d’abord un rapprochement avec le monde de l’industrie de Défense dans une démarche win-win, pour les acquisitions d’équipements comme pour leur soutien. C’est également un rapprochement avec nos amis et alliés, ainsi qu’en interministériel, arguant du fait que nous partageons les mêmes menaces. C’est enfin, et peut-être surtout, un projet pour la cohésion nationale, incarné notamment par la montée en puissance des réserves et du service militaire volontaire.

L’époque est également le siège d’un second changement d’échelle majeur : l’armée de Terre vit aujourd’hui la transition capacitaire la plus importante des trois dernières décennies. Elle constitue une adaptation majeure de l’outil militaire à des engagements opérationnels toujours plus complexes contre des ennemis toujours plus insaisissables. Après la modernisation de notre flotte d’hélicoptères de combat, qui nous permet désormais de frapper vite et loin, c’est aujourd’hui le programme intégrateur SCORPION qui entre en phase de réalisation. Le coeur de combat de l’armée de Terre en sera profondément modifié, notamment au travers de l’info valorisation et de capacités accrues d’agression comme de protection. Cette évolution de taille pour le combat aéroterrestre se présente à un horizon proche puisque le premier groupement tactique interarmes (GTIA) SCORPION sera opérationnel en 2021 et la première brigade interarmes SCORPION en 2023.

Si la bascule générationnelle de nos équipements semble désormais bien engagée, il convient toutefois d’être extrêmement vigilant quant au respect des cibles et des calendriers de livraisons. Ceux-ci gagneraient d’ailleurs à être accélérées tant pour des raisons opérationnelles que pour des arguments économiques : le soutien des parcs anciens devient exorbitant et les cadences de productions industrielles sont clairement sous-optimisées.

“Au contact” et SCORPION sont aujourd’hui deux déclinaisons d’une même volonté : renforcer l’utilité de l’outil militaire pour faire face à la nouvelle donne stratégique. Ces deux évolutions majeures s’inscrivent donc dans une même dynamique prospective que l’armée de Terre a souhaité formaliser au travers d’un projet dénommé “Action Terrestre Future” (ATF) qui vise en particulier à éclairer la démarche capacitaire future. En interne, l’armée de Terre compte sur cette dynamique pour continuer de garder l’initiative sur l’ennemi, dans le milieu terrestre. En externe, l’objectif est double : favoriser la compréhension du besoin par les industriels et stimuler l’émergence de synergies en interalliés.

Dans cette démarche, partant de cinq principes fondamentaux – les trois principes historiques de Foch (liberté d’action, économie des moyens, concentration des efforts) et deux plus récents (incertitude et foudroyance) –, huit facteurs de supériorité opérationnelle (FSO) ont été retenus : compréhension, coopération, agilité, masse, endurance, force morale, influence, performance du commandement. Ils illustrent parfaitement l’approche globale dans laquelle l’armée de Terre veut s’inscrire aujourd’hui comme demain :

· Agir dans le champ matériel avec masse, endurance et agilité ;
· Agir dans le champ immatériel avec force morale, en cherchant à comprendre l’environnement et à influencer l’ennemi ;
· Le tout en cohérence – grâce à un commandement performant – et en coopération avec les autres – à la fois en interministériel et interallié.

Le projet ATF n’a pas l’ambition de prédire avec précision et certitude ce que seront les ennemis de demain et la nature des engagements militaires. Il est avant tout une posture de recherche et d’innovation qui vise à maintenir, dès à présent, l’armée de Terre aux aguets face à la volatilité et la versatilité de la menace, comme aux ruptures à la fois stratégiques et technologiques.  

Conclusion 

On ne subit pas l’avenir, on le fait”, écrivait Georges Bernanos. Et l’avenir commence aujourd’hui… Consciente à la fois de sa responsabilité vis-à-vis des Français et de l’ampleur de la tâche qui est la sienne, l’armée de Terre est en marche pour s’adapter au monde qui change. Dans son entreprise, elle est confortée tant par la confiance du pouvoir politique que par l’estime de tout un pays.

Pour autant, l’année qui vient est porteuse d’enjeux politiques majeurs sur les questions de défense : dans un contexte sécuritaire particulièrement sensible, un chef des armées est à élire, et une loi de programmation militaire à construire. Assumer la responsabilité de protéger qui est la sienne est la seule voie vers la victoire pour l’État. Cela suppose un effort de défense significatif. Renoncer à cette assurance-vie est en général irresponsable, le faire en l’état actuel du monde serait suicidaire.

Général d’armée Jean-Pierre Bosser, chef d’état-major de l’armée de Terre.




Chronique historique : 27 janvier

27012017

27 janvier 1809 : début du combat urbain de Saragosse (Espagne). Le mur d’enceinte de la ville étant percé après un mois de siège, le maréchal Lannes, nouveau commandant des troupes, ordonne l’assaut. La bataille n’est pas finie pour autant. Jusqu’au 20 février les Espagnols vont défendre farouchement chaque maison. Ils capitulent le 20/02 juste avant que les sapes géantes préparées par les Français ne détruisent ce qui reste de la ville. La bataille de Saragosse est le combat le plus meurtrier de la guerre d’Espagne. Il est souvent comparé, toutes proportions gardées, au siège de Stalingrad (Seconde Guerre Mondiale) tant les pertes ont été nombreuses (50 000 Espagnols, 3000 Français) et les destructions importantes. Augustina Aragon est une des femmes les plus célèbres d’Espagne pour avoir galvanisé les derniers défenseurs de Saragosse : C’est la Jeanne d’arc ou Jeanne Hachette espagnole.

27 janvier 1915 : félicitations de Wilson à Guillaume II. Le président américain envoie au Kaiser un télégramme à l’occasion de son anniversaire.

27 janvier 1941 : la colonne Leclerc quitte Faya pour Koufra (du Tchad vers la Libye). Quelques articles traitant de Koufra dans la RHA :

- Koufra. Souvenirs de l’artilleur par le lieutenant-colonel Roger Ceccaldi, pp. 40-49, RHA N° 151 (2/1983)
- Koufra par Maurice Courdesses, pp. 3-16, RHA N° 223 (juin 2001) 

27 janvier 1944 : fin du siège de Leningrad (actuel Saint Petersbourg). Le groupe d’armées Nord assiégeant la ville dès septembre 1941, Hitler pense la partie gagnée. Le siège va en fait durer près de 900 jours et couter la vie à 1,8 millions de soviétiques (principalement des civils) et 200 000 allemands. Aidés par les Finlandais, les Allemands ne parviendront jamais réellement à étouffer la ville, le lac Ladoga lorsqu’il est gelé, servant de voie d’approvisionnement (ski et traineaux en période de gel, barques au dégel. Un oléoduc est même posé au fond du lac). La valeur symbolique que représentent des villes comme Leningrad et Stalingrad explique en grande partie l’entêtement des deux camps lors des sièges .

27 janvier 1945 : libération du camp d’Auschwitz par les troupes soviétiques. « La 100è division du général Krasavine pénètre dans le camp vers 15 heures et y découvre 7000 déportés ainsi que 600 corps de déportés exécutés par les SS lors de leur départ ou morts de faim et d’épuisement dans l’intervalle. Le dernier appel général du camp a été rendu le 17 janvier 1945 : devant l’avancée des Russes, le camp avait commencé à être vidé dès l’été 1944 et les fours dynamités, dès novembre ». CNE Jean-Baptiste P. 

27 janvier 1963 : le 2ème RIMa s’installe au Mans (Auvours).

27 janvier 1967 : décès du Maréchal de France Alphonse Juin (Paris).

27 janvier 1968 : naufrage du Minerve (au large de Toulon).  Au cours d’un exercice avec un avion Atlantic, le sous-marin Minerve, commandé par le lieutenant de vaisseau Fauve, disparaît corps et biens au large du cap Sicié par 2000 mètres de fonds avec 50 hommes d’équipage.

27 janvier 1973 : signature du cessez le feu entre USA et Vietnam (à Paris).

27 janvier 2002 : premier attentat suicide commis par une femme en Israël. La Palestinienne Wafa Idriss tue un civil en explosant avec la bombe qu’elle transporte.

27 janvier 2013 : prise de Tombouctou par la brigade Serval (Mali). A 23h00, heure locale, alors que le 21e RIMa (GTIA 1) prend l’aéroport avec l’appui du 5e RHC (GAM), le 2e REP (GTIA 4) saute sur Tombouctou. Sur le sujet lire les ouvrages du général Barrera, Opération Serval : Notes de guerre, Mali 2013, du chef de bataillon Scarpa, Offensive éclair au Mali, du colonel Gout, Libérez Tombouctou ! Journal de guerre au Mali et du colonel Verborg, Envoyez les hélicos.

 

Quelques rendez-vous historiques :

jusqu’au 29 janvier 2017 : exposition « Guerres secrètes » – Musée de l’Armée (Invalides).

jusqu’au 29 janvier 2017 : exposition « Verdun, la guerre aérienne » – Musée de l’air et de l’espace (Le Bourget).

du 1er février au 6 mars 2017 : 44 ème salon de la Marine – Musée de la Marine (Palais de Chaillot).

jusqu’au 30 juin 2017 : exposition « Le désert : explorations et opérations » – Musée des Troupes de Marine (Fréjus).

jusqu’au 26 juillet 2017 : exposition « Tambours, clairons, trompettes : commander, transmettre, informer en musique » au musée des Transmissions (Cesson-Sévigné).

 




Chronique historique : 26 janvier

27012017

Complément pour le 25 janvier 1944 : début des combats du Belvédère. Cela se sait peu. Au Belvédère, le 4e RTT a payé le prix fort : Le colonel Roux est tué, ses trois commandants de bataillon, surnommés par leurs capitaines les « Trois mousquetaires », Berne, Bacqué et Gandoët, sont mis hors de combat. Seul, Gandoët pourra reprendre un commandement (au 15-1) à la fin de la guerre. Tous les commandants de compagnie sont tués ou grièvement blessés. Plus de la moitié des chefs de section tués. Le taux d’attrition des cadres est équivalent à celui des tirailleurs. Ceux-ci se battaient pratiquement uniquement pour leur chef, ils n’avaient du drapeau français qu’une idée très vague, et ces chefs devaient mériter leur estime par une attitude au feu qui ne pouvait souffrir aucune équivoque. C’est toute la gloire de l’Ecole interarmes de Cherchell qui mêlait saint-cyriens repliés de métropole et candidats des années 43 et 44, Saint Maixentais dans la même position et EOR,  d’avoir formé ces chefs qui montaient au feu dès leur sortie d’Ecole et qui s’y sont remarquablement comportés. La figure emblématique de ces jeunes aspirants et sous-lieutenants est le général Laurier (aspirant issu de Cherchell) activé et qui a achevé sa carrière général de corps d’armée commandant le 2e CA/FFA avec des états de services exceptionnels. Merci au LCL Claude F. (CDEC). 

26 janvier 1782 : victoire de Brimstone Hill. (Caraïbes Nord). Après la victoire de la baie de la Chesapeake dans la guerre d’indépendance des États-Unis d’Amérique, un statu quo s’installe entre les belligérants sur le continent en attendant l’armistice. Les combats continuent cependant dans les Caraïbes, d’une importance stratégique pour le commerce britannique. L’amiral de Grasse mène une nouvelle campagne sur l’archipel de Saint Kitts et Nevis dont il assiège la forteresse de Brimstone Hill en débarquant 8 000 hommes. Malade et épuisé par des mois de guerre, Grasse est maintenu à son poste par le Roi. Il doit affronter de nouveau l’amiral Hood, qui dispose de moins de navires mais mieux équipés (coque doublée en cuivre donnant une plus grande maniabilité et nouveau canon court de gros calibre). Hood parvient à lui faire quitter son mouillage, (les Britanniques célèbrent cet événement comme la « victoire » de Saint Kitts et Nevis) mais ne peut empêcher dans le même temps la garnison à terre de se rendre aux troupes françaises, qui lui accorderont les honneurs de la guerre. Un an plus tard, l’archipel sera rendu à la couronne britannique aux termes du Traité de Versailles de 1783.

26 janvier 1814 : bataille de Saint-Dizier. Les coalisés ont franchi le Rhin le 1er janvier ; pour la première fois depuis la Révolution, le territoire français est envahi. Cumulées, les troupes alliées sont dix fois supérieures à celles que Napoléon a pu rallier après la campagne perdue en Saxe. Alors que Blücher progresse le long de l’Aube, le maréchal Victor chasse les Russes de Saint-Dizier. C’est la première victoire d’une campagne de France au cours de laquelle Napoléon retrouvera tout son génie de tacticien.

26 janvier 1885 : combats de Tuyên Quang (actuel Vietnam). Assiégée depuis deux mois par 10 000 réguliers chinois et pavillons noirs, la garnison de Tuyen Quang (400 légionnaires et 160 tirailleurs tonkinois sous les ordres du commandant Dominé), résiste le 26 janvier au premier véritable assaut de l’ennemi. Le combat fera rage jusqu’au 3 mars, date à laquelle la garnison est dégagée par une colonne de 3 000 légionnaires, marsouins, turcos et tirailleurs annamites, partie de Lang Son sous les ordres du colonel Giovanninelli. La valeur des chefs et des soldats engagés, la discipline des troupes sous le feu et la maîtrise de la fortification permettent une victoire inattendue au regard de l’inégalité des forces en présence. Durant ces combats meurent beaucoup de soldats (48) dont les noms sont toujours célébrés aujourd’hui comme celui du sergent Bobillot, une des gloires du génie.

26 janvier 1782 : victoire de Brimstone Hill (Caraïbes Nord). Après la victoire de la baie de la Chesapeake dans la guerre d’indépendance des États-Unis d’Amérique, un statu quo s’installe entre les belligérants sur le continent en attendant l’armistice. Les combats continuent cependant dans les Caraïbes, d’une importance stratégique pour le commerce britannique. L’amiral de Grasse mène une nouvelle campagne sur l’archipel de Saint Kitts et Nevis dont il assiège la forteresse de Brimstone Hill en débarquant 8 000 hommes. Malade et épuisé par des mois de guerre, Grasse est maintenu à son poste par le Roi. Il doit affronter de nouveau l’amiral Hood, qui dispose de moins de navires mais mieux équipés (coque doublée en cuivre donnant une plus grande maniabilité et nouveau canon court de gros calibre). Hood parvient à lui faire quitter son mouillage, (les Britanniques célèbrent cet événement comme la « victoire » de Saint Kitts et Nevis) mais ne peut empêcher dans le même temps la garnison à terre de se rendre aux troupes françaises, qui lui accorderont les honneurs de la guerre. Un an plus tard, l’archipel sera rendu à la couronne britannique aux termes du Traité de Versailles de 1783.

26 janvier 1814 : bataille de Saint-Dizier. Les coalisés ont franchi le Rhin le 1er janvier ; pour la première fois depuis la Révolution, le territoire français est envahi. Cumulées, les troupes alliées sont dix fois supérieures à celles que Napoléon a pu rallier après la campagne perdue en Saxe. Alors que Blücher progresse le long de l’Aube, le maréchal Victor chasse les Russes de Saint-Dizier. C’est la première victoire d’une campagne de France au cours de laquelle Napoléon retrouvera tout son génie de tacticien.

26 janvier 1885 : combats de Tuyên Quang (actuel Vietnam). Assiégée depuis deux mois par 10 000 réguliers chinois et pavillons noirs, la garnison de Tuyen Quang (400 légionnaires et 160 tirailleurs tonkinois sous les ordres du commandant Dominé), résiste le 26 janvier au premier véritable assaut de l’ennemi. Le combat fera rage jusqu’au 3 mars, date à laquelle la garnison est dégagée par une colonne de 3 000 légionnaires, marsouins, turcos et tirailleurs annamites, partie de Lang Son sous les ordres du colonel Giovanninelli. La valeur des chefs et des soldats engagés, la discipline des troupes sous le feu et la maîtrise de la fortification permettent une victoire inattendue au regard de l’inégalité des forces en présence. Durant ces combats meurent beaucoup de soldats (48) dont les noms sont toujours célébrés aujourd’hui comme celui du sergent Bobillot, une des gloires du génie.

26 janvier 1885 : prise de Khartoum par le Mahdi (Soudan). Voulant établir un royaume islamique sur le Soudan, les mahdistes (ou derviches) luttent depuis 1879 contre les Britanniques. Après 9 mois de siège, ils prennent la ville de Khartoum où le général Charles George Gordon (le mythique « Gordon Pacha ») trouve la mort. Le 2 septembre 1898, après 20 ans de combats, le général Kitchener met fin à la guerre des Mahdistes en remportant la bataille d’Ondurman (près de Khartoum) à laquelle, pour mémoire, participe Winston Churchill alors jeune officier de cavalerie.

26 janvier 1934 : signature du pacte de non-agression germano-polonais. Il prévoit d’interdire le recours à la force dans la résolution des conflits économiques et frontaliers pendant dix ans. Adolf Hitler le dénonce le 28 avril 1939, à la suite de l’affaire du corridor de Dantzig. Ce traité eut pour principal effet de ne pas susciter de crainte de guerre avec son voisin immédiat tandis que l’Allemagne réarmait.

26 janvier 1958 : entrée en service du Starfighter (Base d’Hamilton – Californie). Le Lockheed F-104 « Starfighter » entre en service opérationnel avec le 83rd FIS de l’US Air Force. Malheureusement connu sous le sobriquet de faiseur de veuves en raison du nombre important de crashs, notamment en Allemagne de l’Ouest.

26 janvier 1972 : crash du vol JAT 367 (espace aérien tchécoslovaque). Un DC 9 de la compagnie aérienne yougoslave effectuant la liaison Copenhague-Belgrade avec 29 personnes à bord, explose à plus de 10 000 mètres d’altitude. Seule l’hôtesse de l’air serbe Vesna Vulovic survit, bien qu’elle n’a pas de parachute. Elle atterrit polytraumatisée dans la neige et restera un mois dans le coma. Elle est décédée en 2016. Selon les sources, l’explosion serait due soit à une bombe posée par des terroristes croates (version yougoslave), soit à un tir de l’aviation tchécoslovaque (journalistes allemands).

26 janvier 1988 : lancement du programme Rafale. Un comité interministériel annonce officiellement le lancement du programme Rafale.




Journée nationale de l’Epaulette – 4 février 2017 à l’école militaire

26012017

La Journée nationale de l’Epaulette  aura lieu le samedi 4 février 2017 à l’école militaire.

Programme :

09 h 30  Bilan des projets de L’Epaulette et élection du CA

11 h 00  Tribune : « SERVIR aujourd’hui  » avec 6 intervenants (armée de Terre, Gendarmerie, SMV, Réseau Entreprendre, Garde nationale, Institut de l’engagement) animée par Romain Mielcarek

12 h 15  Intervention du représentant du général DGGN

12 h 30  Intervention du représentant du CEMAT

12 h 50  Remise des récompenses

13 h 00  Vin d’honneur et  buffet au « Pavillon Joffre »

15 h 00  Fin de l’assemblée générale

16 h 00  Vie et activités des promotions

17 h 00  Conclusions du Président – Départ  pour l’Arc de triomphe

18 h 30  Ravivage de « La Flamme » à l’Arc de Triomphe

Affiche AG 2017

Tous renseignements sur le site de L’Epaulette : www.lepaulette.net/wp, par téléphone : 01 41 93 35 35 ou par courriel à l’adresse : ag.epaulette@orange.fr

Le thème de cette journée et notamment de la table ronde de cette année : SERVIR servira de fil conducteur

Beau et vaste programme !




Chronique historique : 25 janvier

25012017

25 janvier 1807 : combat de Mohrungen (Pologne). Lors de la reprise de l’offensive russe de Benningsen, pendant la campagne de Pologne, Bernadotte arrête avec 8 000 hommes une force deux fois supérieure en nombre commandée par le général Markov.

 25 janvier 1871 : raid sur Fontenoy (Moselle). Une audacieuse opération digne de commandos est réalisée par les chasseurs des Vosges. Après un périple de 160 km pendant sept jours en pays ennemi, par grand froid et avec deux rivières à franchir, ils attaquent un viaduc sur la Moselle, entre Toul et Nancy, et le détachement prussien qui le garde. La mission est une réussite totale, aucune perte n’étant à déplorer.

 25 janvier 1888 : la colonne Pernot conquiert le bassin de la rivière noire (actuel Vietnam). Parti de Hanoi, le colonel Pernot remonte la rivière noire jusqu’à Lai Chau, aux confins de l’actuel Laos et de la Chine.

 25 février 1916 : première commande de 400 « cuirassiers terrestres » du Ministère de la Guerre à la firme Schneider, avec une livraison attendue début 1917. D’après un projet du général ESTIENNE, le char Schneider se présente comme un parallélépipède de 6,32 mètres de long pour 2,05 de large et 2,30 mètres de haut, armé d’un canon de 75mm en blockhaus et de deux mitrailleuse Hotchkiss. Un éperon à l’avant de l’engin permet de dévier les barbelés afin qu’il ne s’emmêle dans les chenilles. Son moteur de 60 CV le propulse à la vitesse maximum de 8 km/h, et seulement 4 km/h au combat. Ce sera le char des premiers engagements de l’Artillerie Spéciale.  CNE Jean-Baptiste P. (COMLE).

 25 janvier 1944 : début des combats du Belvédère (campagne d’Italie).Entre le 25 janvier et le 1er février, le 4ème Régiment de Tirailleurs Tunisiens (RTT), en tête de la 3ème Division d’Infanterie Algérienne (DIA), s’empare du Belvédère et du Colle Abate au cours de combats acharnés. Reprenant pitons et villages, les trois régiments de la division payent leur victoire avec 1 500 tués. L’absence de réserves empêche d’exploiter ce succès. Les Allemands surveilleront à présent avec attention les secteurs où les Français seront signalés. Commandée par le général de Monsabert, la 3ème DIA a débarqué en Italie fin décembre. Elle fait partie des cinq divisions d’infanterie progressivement mises sur pied à partir des unités de l’Armée d’Afrique, des troupes coloniales et des Forces de la France Libre dans le cadre du Plan d’Anfa, décidé par Roosevelt et Giraud en janvier 1943.

 25 janvier 1971 : Idi Amin Dada, prend le pouvoir (Kampala – Ouganda). Repéré par les recruteurs britanniques pour son physique impressionnant, Amin Dada (1923-2003) se hisse grâce à ses qualités de meneur d’hommes, jusqu’au grade de lieutenant d’infanterie, grade alors rarement attribué par les Britanniques à un natif. Après l’indépendance de l’Ouganda (1962), devenu chef d’état-major, il aide le premier ministre Milton Obote à renverser le président Mutesa (1966). Constatant quelque temps plus tard qu’Obote l’éloigne progressivement du pouvoir, il devance la disgrâce et le renverse à son tour (25 janvier) sans que l’Occident s’en émeuve puisque Obote sympathisait avec l’URSS.  Une fois président (2 février 1971), Amin Dada s’affuble de tous les titres (docteur, maréchal à vie, roi d’Ecosse,…), se décerne toutes les médailles (y compris des copies d’ordres étrangers), expulse les ethnies rivales, les Asiatiques, les intellectuels, les Israéliens et finit par ruiner son pays (qui se rebelle) tout en se ridiculisant auprès de l’opinion internationale. Il tente de reprendre la main en attaquant la Tanzanie (novembre 1978) mais se fait battre malgré le soutien libyen et palestinien. Il fuit en Arabie Saoudite où il meurt en 2003. Il a fait disparaitre entre 150 000 et 300 000 Ougandais.

 25 janvier 1985 : assassinat du général Audran (La Celle Saint Cloud). Le groupe terroriste Action directe assassine l’ingénieur général de l’armement René Audran devant son domicile.

 25 janvier 1995 : fausse alerte au missile balistique nucléaire (frontière Norvège-Russie).Une équipe de météorologues occidentaux lance, depuis l’ile norvégienne d’Andoya, une fusée-sonde Black Brant pour étudier les aurores boréales après avoir diffusé les communiqués réglementaires.  Les radars russes interprètent la trajectoire comme étant celle d’un missile balistique de sous-marin nucléaire américain et déclenchent l’alerte. Ils n’ont en effet pas eu connaissance du communiqué. Les 6 à 8 minutes de réflexion prises par le président Eltsine ont heureusement permis aux radaristes russes de déterminer que le missile se dirigeait vers l’Océan arctique et était en fait une sonde inoffensive.

 25 janvier                  

 Quelques rendez-vous historiques :

jusqu’au 29 janvier 2017 : exposition « Guerres secrètes » – Musée de l’Armée (Invalides).
jusqu’au 29 janvier 2017 : exposition « Verdun, la guerre aérienne » – Musée de l’air et de l’espace (Le Bourget).
du 1er février au 6 mars 2017 : 44 ème salon de la Marine – Musée de la Marine (Palais de Chaillot).
jusqu’au 30 juin 2017 : exposition « Le désert : explorations et opérations » – Musée des Troupes de Marine (Fréjus).
jusqu’au 26 juillet 2017 : exposition « Tambours, clairons, trompettes : commander, transmettre, informer en musique » au musée des Transmissions (Cesson-Sévigné).
et
Les conférences du Service historique de la Défense (SHD) avec leurs références bibliographiques.
et
les colloques, conférences, expositions, cinéma du site Mindef.







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