Chronique historique : 30 juin

30062014

30 juin 1673 : prise de Maastricht par Vauban. En 13 jours seulement et sous le regard de Louis XIV, Vauban prend la ville aux Hollandais qui l’occupent depuis 1632 en utilisant pour la première fois la technique d’approche en parallèles (système de tranchées qui protège contre les sorties des assiégés). Très soucieux du sort des soldats, Vauban est de plus le créateur de techniques de siège qui perdureront  deux siècles. C’est pourtant lors de ce siège que meurt d’Artagnan, tué d’un coup d’arquebuse.

30 juin 1915 : « prise du quadrilatère » dans la presqu’île de Gallipoli (Turquie). Les franco-britanniques tentent de prendre Krithia. Durant le premier combat du Kéréves Déré, les coloniaux de la 2e division française jouent un rôle décisif dans l’enlèvement de l’important ouvrage turc du « quadrilatère ». Le général Gouraud est, à cette occasion, grièvement blessé aux jambes et amputé du bras droit. Il cède son commandement au général Bailloud. La bataille engagée se poursuit jusqu’à fin juillet. L’opération des Dardanelles ne s’achève qu’en janvier 1916, sans résultat concret et avec de lourdes pertes : 180 000 alliés, dont 30 000 français. En face, 66 000 turcs (entrés en guerre le 1er novembre 1914 aux côtés des Allemands et des Austro-Hongrois).

30 juin 1934 : la nuit des longs couteaux (Allemagne). Hitler purge le parti nazi de son aile populiste et sociale révolutionnaire (les SA ou « chemises brunes ») en faisant intervenir les SS durant la nuit du 29 au 30 juin chez les dirigeants SA, fidèles à Ernst Röhm. Près de 100 personnes sont assassinées. Si les conservateurs allemands sont rassurés quant à l’orientation politique que donne Hitler à travers cette purge, la méthode employée annonce clairement à l’Europe la nature du régime nazi en place depuis un an et demi.

30 juin 1940 : le 1er Escadron du 1er Régiment de spahis marocains décide de continuer la lutte. Après avoir laissé le choix à chacun de ses hommes et avant même d’avoir entendu parler de l’appel du général de Gaulle, le chef d’escadron Paul Jourdier, commandant le 1er Escadron du 1er Régiment de spahis marocains (1er RSM), stationné au Liban, franchit avec son unité la frontière libano-palestinienne à cheval, et rejoint les Anglais au Soudan anglo-égyptien pour continuer le combat. Après une épopée de plusieurs milliers de kilomètres, l’escadron prend part en Erythrée aux combats contre les Italiens en janvier 1941 avant de retrouver les forces françaises libres (FFL) rassemblées en Palestine pour préparer la campagne de Syrie. A l’issue de celle-ci, l’escadron jusque-là monté est enfin motorisé et constitué en groupe de reconnaissance de corps d’armée (3 escadrons). C’est sous cette forme que, renforcés d’une compagnie de chars, l’unité est véritablement organisée en colonne volante et participe aux côtés des britanniques à toute une série de raids en profondeur dans le désert de Libye. Elle participera dans ce cadre à la bataille d’El Alamein, le 23 octobre 1942, en soutien de la 13e Demi-brigade de Légion étrangère, au sud du dispositif, à l’Himeimat. Une décision en date du 24 septembre 1942 en fera un régiment de cavalerie mécanisée prenant la dénomination de 1er Régiment de marche de spahis marocains (1er RMSM).

30 juin 1941 : bataille de Brody ou Dubna (Ukraine). Dans le cadre de l’opération Barbarossa, la 1ère armée blindée allemande affronte cinq corps mécanisés soviétiques. La victoire est allemande mais chèrement acquise. L’armée du général Von Kleist perd plus de la moitié de ses 1000 blindés face à la farouche résistance de l’armée rouge. Trois ans plus tard, en 1944, une division SS blindée sera anéantie au même endroit lors de l’offensive générale soviétique.




Chronique historique : 28 juin

30062014

28 juin 1389 : bataille de Kosovo Polje (Kosovo). La bataille a eu lieu le 15 juin dans le calendrier justinien, le 28 juin dans le calendrier Grégorien. Les Serbes sont vaincus par les Ottomans lors de la bataille du Champs des Merles. Les deux chefs de guerre, le prince Lazare de Raska et le sultan Murad Ier, trouvent la mort dans l’affrontement. Les janissaires turcs, troupes d’élite formées d’enfants enlevés aux peuples vaincus et élevés dans le métier des armes, ont écrasé leurs adversaires. La Serbie devient vassale de l’Empire ottoman.

28 juin 1675 : attaque de la forteresse de Reggio (Italie – Calabre). Les vaisseaux Téméraire et Sirène commandés par les capitaines Lévy et Tourville attaquent Reggio occupée par les Espagnols. A l’aide d’un brûlot et grâce à un vent favorable, ils détruisent quatorze navires dans le port. Le feu se communique à une poudrière qui explose et détruit une partie des fortifications.

28 juin 1811 : prise de Tarragone (Espagne). Le général Suchet réduit les dernières résistances espagnoles de la ville, après un assaut de près de 20 jours qui coûte aux Français plus de 1 200 morts et 3 000 blessés.

28 juin 1835 : bataille de la Macta (Algérie). Afin de protéger deux tribus qui refusent la domination d’Abd el Kader, le général Trézel et 2500 hommes marchent vers Mascara, la capitale de l’émir. Ils sont attaqués dans les marais puis dans le défilé de la Macta par environ 10 000 hommes. Suite à cette défaite qui coûte 300 hommes aux Français (et 2000 à Abd el Kader), le général Trézel est remplacé par le général d’Arlanges à Oran, Clauzel devenant Gouverneur général de l’Algérie. C’est Clauzel qui reprend l’action contre Abd el-Kader, Bugeaud n’arrivant qu’en juin 1836. Le général Trézel assume la responsabilité de cette défaite. Il a donné son nom à une petite ville de l’Oranais créée en 1894.

28 juin 1914 : attentat de Sarajevo (actuelle Bosnie-Herzégovine) : L’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand, héritier de l’empire austro-hongrois provoque l’étincelle qui va  déclencher la Première Guerre Mondiale.

3006

L’archiduc François-Ferdinand d’Autriche

28 juin 1919 : traité de Versailles. Cinq ans après, jour pour jour,  les Alliés remodèlent la carte de l’Europe et imposent une paix  que l’Allemagne vaincue considèrera comme un diktat. La signature a lieu dans cette même galerie des glaces du château de Versailles qui avait vu en 1871 le couronnement de l’empereur Guillaume Ier.

28 juin 1989 : Milosevic annonce la reconquête du Kosovo. A l’occasion de la commémoration du 600ème anniversaire de la bataille du champ des merles, le président de la République de Serbie, Slobodan Milosevic, prononce un discours devant un million de Serbes, venus de toute la Serbie sur les lieux mêmes de la bataille à Kosovo Polje. La foule est galvanisée par la reconquête de la province autonome (alors peuplée majoritairement d’albanophones) qu’évoque le leader serbe.




Chronique historique : 27 juin

27062014

27 juin 992 : bataille de Conquereuil (près de Nantes). La Bretagne est un enjeu permanent pour le roi de France qui par l’intermédiaire des comtes d’Anjou cherche à s’en emparer. Le Breton Conan 1er prétendant dominer toute la Bretagne prépare un piège à l’approche des 3000 hommes du comte d’Anjou, Foulque Nerra. Il dissimule sous des fougères un long fossé derrière lequel ses troupes se replient. Elles défient les angevins qui, ne se doutant de rien tombent dans le piège et voient leur première ligne massacrée. Foulque Nerra ordonne la retraite. Les Bretons les poursuivent et s’apprêtent à remporter une belle victoire sur l’envahisseur lorsque Conan est tué. Selon les sources, le chef breton, soit à cause de la chaleur, soit par excès de confiance, quitte son armure et se fait tuer par des Angevins restés cachés suite à l’attaque angevine. La mort de Conan provoque un tel choc psychologique sur les Bretons qu’ils cessent leur poursuite et, démoralisés, perdent la bataille à l’issue de la contre-attaque de Foulque Nerra.

27 juin 1743 : bataille de Dettingen (Bavière). Lors de la guerre de succession d’Autriche, le combat bien engagé en Bavière contre Georges II d’Angleterre par le duc de Noailles tourne en sa défaveur, en raison de l’attaque prématurée du duc de Gramont, son neveu, commandant les Gardes françaises. Malgré des pertes très supérieures, les troupes anglaises de Lords Stairs sont surprises de rester maîtresses du champ de bataille.

27 juin 1858 : traité de Tien Sin (Chine). Entraînée dans la 2e guerre de l’opium par la Grande Bretagne, la France signe le traité qui, après la prise des forts qui commandent l’embouchure du fleuve Bei He,  impose à la Chine l’établissement de concessions en différents lieux et l’ouverture au commerce. Mais l’empereur Xian Feng tient le traité pour lettre morte. Un an plus tard, une force franco-britannique est repoussée à l’embouchure du Bai He, ouvrant les hostilités de la 3e guerre de l’opium qui se soldera par la prise du palais d’été à Pékin.

2706

RHA n°201 –décembre 1995 . SHD.  La seconde guerre de l’opium.  Le débarquement des forces alliées de France et d’Angleterre dans l’embouchure du Peh-Tang.

27 juin 1991 : début de la guerre en Ex-Yougoslavie. Unilatéralement, la Slovénie a déclaré son indépendance deux jours plus tôt. Les forces fédérales yougoslaves répliquent en attaquant les casernes des mutins, principalement issus de la Force Territoriale. Cette dernière résiste et pousse à la désertion les Slovènes servant dans l’armée fédérale. Les Fédéraux (en majorité serbes) se retirent dix jours plus tard de Slovénie sans intensifier les combats qui au final sont peu meurtriers. La grande homogénéité ethnique de la population slovène explique en grande partie pourquoi le conflit a été bref dans cette ancienne province yougoslave et n’a pas suscité le terrible acharnement qui aura lieu plus tard dans les Krajina (Croatie), en Bosnie-Herzégovine et au Kosovo.

 




LIBRE OPINION de Vincent Desportes publiée le 15 juin 2014 : Au mépris du soldat

27062014

Par le Général (2s) Vincent DESPORTES

Article extrait du dernier bulletin de l’Association de Soutien à l’Armée Française (ASAF)

Agir sous la pression

Les Français viennent d’apprendre, avec effarement, que le ministre de la défense avait brusquement décidé d’un plan pour l’amélioration des conditions de vie des soldats de la Force Sangaris en Centrafrique : il en suivra « personnellement la mise en oeuvre » et ne renoncera « ni sur ce point, ni sur un autre ». Qu’on le fasse, c’est souhaitable, mais qu’on soit obligé de le dire ! Qu’il soit ainsi avoué, candidement, que les nombreux passages du ministre et de son staff sur le théâtre d’opérations (ou les avertissements répétés des chefs militaires) ne lui ont jamais permis de se rendre compte que les conditions de vie des soldats français étaient indécentes, est proprement ahurissant.

Il aura fallu que des mères de soldats fassent entendre leur voix dans les médias pour qu’enfin la « prise de conscience » s’opère. Il aura fallu que la polémique enfle, qu’elle prenne un tour politique, avec des interventions comme celle du sénateur Christian Cambon (qui a estimé après visite in situ, qu’une « armée comme celle de la France ne (devait) pas faire subir de telles contraintes à ses soldats ») pour que l’on se préoccupe enfin de l’humanité de ces hommes qui risquent leur vie à défendre les intérêts de ceux qui les oublient parce que, justement, ils ne se plaignent pas. De la même manière, concernant les bugs répétés du logiciel de paie Louvois, il aura fallu que des familles de soldats interviennent dans les médias et s’adressent directement au ministre pour que des mesures sérieuses soient enfin décidées.

La morale voudrait que l’on porte une attention particulière au muet. Las, c’est l’inverse qui se passe. A la « Grande muette » qui se tient coite plus par honneur que par obligation, on refuse le droit commun parce qu’elle ne saurait se rebeller. On est tellement habitué à son obéissance ! Elle ira jusqu’au bout, jusqu’à l’épuisement. Elle fera toujours « au mieux », c’est dans son éthique. Elle continuera à s’engager, sans préavis, dans les pires conditions, au risque de la mort, malgré le manque de moyens, en dépit de l’état déplorable de ses véhicules de combat : ils n’avancent souvent que par miracle, à la grande surprise de nos alliés ! Malgré les exigences opérationnelles, souvent au déni de la réalité, on limite arbitrairement les budgets des opérations, on économise sur les conditions de vie pour rester dans l’épure. Peu importe, les soldats ne se plaignent pas ; économisons encore, vous voyez bien, ça ne rompt pas ! On fera toujours « mieux avec moins ». C’est cela, le soldat français.

Et bien non. Aucun corps social ne peut subir, déflation après déflation, le dédain de ceux qui le maintiennent dans une étroite dépendance par cantonnement juridique. Que penser du moral d’une institution qui, subissant déjà un plan social gigantesque – suppression de80 000 postes entre 2009 et 2019 ! – n’aurait comme horizon qu’une nouvelle aggravation de son sort et l’éloignement constant de la perspective de renouvellement de ses équipements ?

Au fond, c’est bien de mépris dont il faut parler … et c’est peut-être la face la plus sombre de la professionnalisation des armées. Ces soldats, de plus en plus lointains, de plus en plus coupés d’une cité qui, au fond, ne comprend brièvement leur utilité que lors de crises exotiques qui permettent au président de la République de se poser en « chef de guerre », sont finalement dédaignés et négligés parce qu’ils sont le reflet du monde réel, celui qui effraie et que l’on préfère ignorer dans le confort des images virtuelles.

La corde va casser. La leçon la plus nette des derniers dysfonctionnements – Louvois, harcèlements divers et autres Sangaris – est qu’un problème « militaire » qui ne devient pas un problème médiatique et politique n’est pas pris en considération. Le remède semble, à tort, évident : la syndicalisation des armées. Elle permettrait d’alerter à grand bruit et sans délai l’opinion publique sur les accrocs et les absurdités du système. Pourtant, pour inévitable qu’elle semble aujourd’hui, la syndicalisation des armées serait la pire des choses car ce dispositif enlève, par sa logique même, toute efficacité aux forces armées qui y ont recours. Dans les conditions paroxystiques du combat, face à l’adversaire qui veut votre destruction, l’efficacité impose qu’aucune décision, même discutable, ne soit discutée : ni la négociation ni, la protestation collective ne sont pas envisageables lorsqu’il s’agit de vie ou de mort, des hommes ou des Nations. Le remède serait pire que le mal.

Urgence

Les armées françaises peuvent encore, éventuellement, y échapper. Encore faut-il qu’au sommet de l’Etat, on entende enfin ceux qui ne peuvent s’exprimer et respectent l’autorité, au sens fort du terme. Et que l’on restaure, très vite, ce qu’il reste de confiance.

Vincent DESPORTES




Chronique historique : 26 juin

26062014

26 juin 1683 : bombardement d’Alger. Louis XIV ordonne à l’amiral Duquesne de bombarder le port d’Alger (à 2 reprises) afin de délivrer un message clair au Dey Hassan qui soutient la piraterie maritime en Méditerranée. Les puissances européennes, en conflit sur le continent, n’ont pas beaucoup de moyens à consacrer au contrôle de la Méditerranée si bien que les actes de piraterie finissent par coûter cher en hommes, navires et marchandises. Les Anglais bombardent Tripoli en 1675 incitant les pirates et corsaires à privilégier les cibles françaises. En 1682, un navire français de la royale est capturé et son équipage vendu comme esclave. Le bombardement du port par Duquesne et ses galiotes à bombes (mortiers) permet de libérer des esclaves et d’entamer des pourparlers qui provoquent malheureusement une révolution de palais à Alger, laquelle ordonne… la reprise de la piraterie.

26 juin 1745 : prise de Cap Breton (actuel Canada). L’ile royale ou du Cap Breton est française depuis sa prise de possession par Jacques Cartier en 1534. Située à l’embouchure du Saint Laurent, dans des eaux poissonneuses et près de la Nouvelle Angleterre, l’ile a une position stratégique qu’envient les Anglais. Après un siège de 6 semaines, Louisbourg, principal port de l’ile, se rend aux Anglais.

26 juin 1794 : bataille de Fleurus (Belgique actuelle). Les Français battent les coalisés. Le 8 messidor an II, sur ce même champ de bataille de Fleurus, près de Charleroi, où, le duc de Luxembourg a écrasé les Hollandais le 1er juillet 1690, l’armée de Sambre et Meuse commandée par Jourdan résiste aux assauts des coalisés (Autriche, Angleterre, Hanovre) commandés par le prince de Saxe-Cobourg. La bataille a lieu toute la journée sous un soleil brûlant, et, par endroits, au milieu de véritables incendies, les moissons ayant pris feu. Après plusieurs assauts frontaux infructueux, les coalisés laissent à Jourdan le champ de bataille, qui a bénéficié des informations transmises grâce aux observations du capitaine Coutelle, embarqué à bord d’un ballon captif. L’armée française, à bout de forces et de munitions n’engage pas la poursuite. Le lendemain, les coalisés abandonnent la Belgique et battent en retraite. Les Autrichiens perdent définitivement le contrôle de cette région. Le corps expéditionnaire anglais est rembarqué.

26 juin 1889 : création du poste de Bangui (actuelle Rep. Centrafricaine). Avec 22 tirailleurs, Albert Dolisie, lieutenant-gouverneur du Congo fonde un poste qui va devenir la capitale de la Centrafrique.

26 juin 1918 : fin des combats du bois Belleau (Aisne). La 4ème brigade de Marines (2ème US infantry division) prend le bois de Belleau après près d’un mois de combats très meurtriers. C’est le combat fondateur du corps des US Marines, toujours célébré aujourd’hui.

26 juin 1918 : les premiers obus du Parizer Geschutz tombent sur Paris. Moins connu que la grosse Bertha, le canon projetait tout de même des obus de 210 mm avec une vitesse initiale de 1600 m/s. Les contraintes sur cette arme étaient telles qu’il fallait à la pièce un canon neuf tous les 50 coups. C’est la propagande allemande sur la grosse Bertha qui conduit la presse française de l’époque à attribuer les bombardements parisiens à la désormais célèbre Grosse Bertha. Cette dernière a contribué par sa puissance (150 ou 80 tonnes selon le modèle, tirant des obus de 1160kg et d’un calibre de 420 mm) à la reddition des places de Namur, Lièges, Bruxelles et Manonviller.

26 juin 1945 : signature de la charte des Nations Unies (Etats-Unis – San Francisco)

26 juin 1948 : début du pont aérien (Berlin). Les Soviétiques interdisent la libre circulation des biens et des marchandises entre les zones d’occupation alliées et Berlin pour sanctionner leur refus de se plier au régime d’occupation que Staline impose progressivement en Europe de l’Est. Les Etats-Unis déclenchent alors un gigantesque pont aérien qui va durer près d’un an et permettre à la partie Ouest de Berlin de survivre. Plus de 275 000 vols acheminent environ 2,5 millions de tonnes de marchandises  pendant le blocus de Berlin et évitent ainsi que les alliés de la veille ne s’affrontent directement. 15 ans plus tard, jour pour jour, le président Kennedy en visite commémorative à Berlin lance son fameux « Ich bin ein Berliner ».

260614




Chronique historique : 25 juin

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Extrait de la revue historique des armées, RHA n°121 (4/1975) : Le général Mac Arthur (au centre) en compagnie du général Almond (Xème Corps) et du général Ridgway (8ème Armée)

25 juin 1673 : mort de d’Artagnan (Maastricht). L’ironie de l’Histoire veut que d’Artagnan meure sous les ordres de Vauban et en présence du roi Louis XIV. Le mousquetaire est d’un courage légendaire frisant la témérité alors que Vauban est un maître de guerre raisonnable qui inaugure à Maastricht ses techniques de siège qui durant des années économiseront la vie des hommes. Charles de Batz Castelmore, comte d’Artagnan, mousquetaire de grande valeur, sert sous Mazarin avec une grande loyauté puis devient l’un des hommes de confiance du Roi-Soleil. Les circonstances de sa mort sont incertaines : il meurt en recevant une balle de mousquet lors d’une contre-attaque à laquelle il ne peut s’empêcher de participer. Quatre de ses mousquetaires se font tuer en allant chercher son corps tombé côté hollandais.  Le comte de d’Artagan est passé à la postérité grâce aux romans d’Alexandre Dumas :  les trois mousquetaires ,  Vingt ans après et Le vicomte de Bragelonne, lesquels donnent une vision très romanesque de sa vie.

25 juin 1804 : exécution de Cadoudal (Paris). S’il l’avait voulu, il serait devenu l’un des généraux de Napoléon puisque ce dernier lui propose sa grâce. Mais fidèle à l’idéal qui l’a amené à combattre les révolutionnaires durant les guerres de Vendée, il préfère être exécuté.

25 juin 1876 : bataille de Little Big Horn (Etats-Unis – Montana). Le lieutenant-colonel George Armstrong Custer (général à titre provisoire à la fin de la guerre de Sécession) commandant le 7ème régiment de cavalerie, fractionne son unité en 3 colonnes et tombe, avec celle qu’il commande (212 hommes), dans une embuscade tendue par 2500 guerriers sioux aux ordres du chef Sitting Bull. Tous les cavaliers de son détachement seront massacrés par les Indiens près de la rivière Little Big Horn, dans le Montana. Seul Custer ne fut pas scalpé… De récentes études ont accrédité la thèse de l’incompétence de ses principaux subordonnés comme étant à l’origine de cette défaite.

25 juin 1940 : application du cessez-le-feu en France

25 juin 1950 : début de la guerre de Corée. A 4 heures du matin, 600 000 soldats Nord-Coréens franchissent la ligne de démarcation du 38e parallèle qui sépare leur État, sous gouvernement communiste, de la Corée du Sud, sous régime pro-occidental. Le président américain Harry Truman saisit aussitôt l’ONU et obtient du Conseil de sécurité, en l’absence calculée des Soviétiques, un accord pour assurer la paix dans la région, par l’envoi d’une force militaire commandée par le général Mac Arthur.

25 juin 1953 : réception officielle à l’Académie française du maréchal Alphonse Juin (1888-1967). Parmi ses ouvrages, Trois siècles d’obéissance militaire.

25 juin 1982 : un pilote français dans l’espace. Jean-Loup Chrétien, pilote de chasse, devient le premier spationaute français (et même d’Europe de l’Ouest) grâce à une mission spatiale franco-russe.




Chronique historique : 24 juin

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24 juin 1340 : bataille navale de l’Ecluse (Mer du Nord). La flotte du roi de France Philippe VI est anéantie par celle du roi d’Angleterre Edouard III dans l’estuaire qui mène à Bruges. Les Français ont attaché leurs bateaux pour barrer l’estuaire et empêcher les Anglais de gagner Bruges et ne peuvent donc pas manœuvrer alors que leurs équipages génois sont particulièrement aguerris et pourraient rivaliser avec l’ennemi.  Les archers gallois enflamment à distance la flotte française qui se débande. La suprématie maritime anglaise est dès lors acquise pour de nombreuses années.

24 juin 1812 : début de la campagne de Russie. La grande armée franchit le Niémen.

24 juin 1859 : victoire de Solferino (Italie du Nord). Napoléon III allié à l’armée sarde bat l’armée autrichienne de l’empereur François-Joseph. Henri Dunant, un civil en voyage d’affaires près de Solferino est traumatisé par les combats et le sort des blessés. Son action, dès cette date, en faveur d’un soutien sanitaire aux blessés mènera à la création de la Croix Rouge. Solferino fut cependant proportionnellement moins mortelle que beaucoup d’autres batailles (12,5% contre 20 à 30 % lors des batailles de Napoléon 1er) puisque 40 000 soldats décédèrent sur les 330 000 engagés. Si les proportions indiquent une mortalité « relativement faible », les chiffres absolus impressionnent : C’est en effet la première fois depuis Leipzig (1813) qu’une bataille rassemble autant d’hommes. A noter que le chemin de fer est utilisé (par les Français) afin de transporter les troupes. Voir l’excellent ouvrage d’Hervé Drévillon, « Batailles », à ce sujet.

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W. Rathenau. Photo extraite de La Première Guerre Mondiale – Général J.E Valluy. (Bibliothèque du SHD).

24 juin 1922 : assassinat de Walter Rathenau (Berlin). Ministre allemand des affaires étrangères, Rathenau est tué par la société secrète d’extrême-droite, Consul, parce qu’il symbolise l’ennemi intérieur pour une frange de la population allemande victime de la crise économique et du ressentiment patriotique du à la défaite. Riche car à la tête d’un empire industriel (AEG) qui prend modèle sur le capitalisme américain et brillant car il entretient des liens étroits avec les principaux intellectuels allemands de l’époque, Rathenau est d’origine juive et se sent parfaitement allemand au point d’avoir été un des principaux soutiens du 2ème Reich durant la Première Guerre Mondiale. Son assassinat est considéré comme l’une des prémices de l’affrontement des républicains (République de Weimar) et des nazis allemands. Cependant, comme souvent, un tel raccourci est inexact : Ernst von Salomon, membre des corps francs et écrivain de talent est complice de l’assassinat mais ne prendra jamais sa carte du parti nazi. « Il était commerçant et voulait sentir en artiste, il possédait des millions et jouait avec des idées socialistes, il était très juif d’esprit et coquetait avec le Christ. Il pensait en internationaliste et divinisait le prussianisme, il rêvait une démocratie populaire et il se sentait toujours très honoré d’être invité et interrogé par l’empereur Guillaume… » Stephan Zweig dans Le monde d’hier à propos de Walter Rathenau.

24 juin 1954 : écrasement du GM 100 (Indochine). Constitué autour du bataillon de Corée transféré à Saigon au mois d’octobre 1953, le groupe mobile n°100 (GM100) est une force interarmes de 3500 hommes, engagée dans le nettoyage de la région des hauts-plateaux du Centre Annam, en marge de l’opération Atlante.   Alors que  la bataille de  Dien Bien Phu est terminée, amoindri par une succession d’embuscades depuis le 1er février 1954, le GM 100 est pratiquement anéanti entre le 24 et le 28 juin 1954 lors de l’évacuation d’An Khé par une gigantesque embuscade Vietminh sur la RC19, perdant la moitié de son effectif et la totalité de son matériel.




Chronique historique : 23 juin

23062014

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Prise de Dunkerque. Extrait de la Revue historique des armées (RHA n° 205 – 1996)

23 juin 1646 : prise de Dunkerque par les Franco-Anglais. A l’issue de la bataille des dunes (14 juin) qui a vu se combattre les deux plus grands chefs de guerre français de l’époque, les Franco-anglais commandés par Turenne enfoncent les lignes espagnoles commandées par le Prince de Condé ce qui leur permet de prendre quelques jours plus tard la ville de Dunkerque. La bataille des dunes est surprenante à plus d’un titre puisque elle voit l’alliance assez rare de la France et de l’Angleterre, une belle démonstration de combat interarmées (Turenne se fait appuyer par le tir de bateaux), l’affrontement de deux grands généraux Français (qui ensuite combattront ensemble) et elle est une nette victoire : 6000 morts espagnols contre 500 pour le camp français. Le 23 juin, Dunkerque espagnole le matin, française à midi, est finalement anglaise le soir, puisque Louis XIV la remet le jour même aux Anglais à titre de compensation.

23 juin 1757 : victoire britannique de Plassey (Inde). L’armée du nabab du Bengale (60 000 hommes) attaque les 3000 britanniques du général Clive près de Calcutta qui profitant de la désunion des Indiens les battent.







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