Communiqué du président de l’EPAULETTE

29042014

COMMUNIQUE DU PRESIDENT DE L’EPAULETTE

 

Dans le dernier numéro 184 – Mars 2014 de la revue L’EPAULETTE, l’article en page 6, titré : LOUVOIS : un scandale d’Etat et un désastre

a été attribué par erreur au général (2s) Jean-François Delochre.

Comme clairement indiqué par celui-ci sur son blog au quel il était fait référence en tête de l’article, http://marechalunjour.unblog.fr , les extraits de cet article proviennent du Blog http://secretdefiance.com/ et du post consacré par « DF1 » à ce sujet le 27 novembre 2013.

Le président et l’équipe de rédaction de la revue adresse à l’auteur(e) ses plus vives excuses pour cette confusion.

Un erratum / droit de réponse figurera à ce sujet dans le prochain numéro 185 – juin 2014 de L’EPAULETTE.

 




Débat : la crise en Ukraine

23042014

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Carte de l’Ukraine datant de l’époque de l’occupation par l’Allemagne nazie.

Cette période terrible est évoquée dans l’article joint.

L’article du CF2R ci-joint  : fichier pdf Ukraine  présente une approche plus étayée de la crise en Ukraine que le brouet primaire et binaire du JT de 13h00 ou de 20h00.

 




Chronique historique : 23 avril

23042014

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Statue de Saint Georges  à Tbilissi (Géorgie)

23 avril 303 : mort de Saint Georges. Saint patron de la cavalerie. Entré dans l’armée à 17 ans comme son père, Georges est souvent présenté comme un jeune homme, beau, intelligent et très polis. Remarqué par l’empereur, il est nommé tribun dans la garde impériale où sa foi chrétienne, une fois découverte, lui attire des ennuis. L’empereur ne parvenant pas à le faire abjurer, le fait décapiter. On le représente généralement à cheval et terrassant le dragon.

23 avril 1014 : bataille de Clontarf (Irlande). Le roi d’Irlande, Brian Boru, réunit une armée de 20 000 hommes et bat définitivement les Vikings qui étaient installés sur les côtes irlandaises depuis le IXème siècle. Cette victoire aurait dû unir l’ile, mais l’assassinat de Boru, le soir de la bataille, plonge l’Irlande dans une période de luttes pour la couronne.

23 avril 1346 (ou 1348) : création de l’ordre de la Jarretière (Angleterre). Le plus ancien ordre de chevalerie subsistant aujourd’hui a été placé sous le patronage de St George par le roi anglais Edouard III. La légende veut que lors d’un bal, la comtesse de Salisbury ait perdu sa jarretière. Edouard III la ramasse et la fixe à sa propre jambe en déclarant (pour couper court aux quolibets de ses chevaliers) : « Honi soit qui mal y pense ». C’est toujours la devise de l’ordre, en français, et la faute d’orthographe est d’époque.

23 avril 1809 : bataille de Ratisbone (Allemagne). Appelée aussi bataille de Regensburg, cette bataille a lieu le lendemain de la victoire de Davout à Eckmühl où ce dernier a réédité son exploit d’Auerstaedt (1806) de vaincre contre des troupes deux fois supérieures en nombre. Le maréchal Lannes après deux tentatives d’assaut repoussées par les Autrichiens sur le rempart de Ratisbonne, monte lui-même à l’assaut de la brèche pour redonner courage à ses hommes. La ville tombe peu après. Napoléon, au même moment, est légèrement blessé au talon par une balle autrichienne tirée de très loin, mais prend bien soin de remonter en selle et de se montrer à la troupe, qui déjà au courant de la blessure, s’inquiétait.

23 avril 1936 : réception à l’Académie française de Frédéric Bargone par Pierre Benoit (Paris). Plus connu sous le nom de Claude Farrère, il entre à l’Ecole navale en 1894 et démissionne après la grande guerre, avec le grade de capitaine de corvette, pour se consacrer à la littérature. Il produit une œuvre abondante inspirée de ses souvenirs d’officier de marine et en particulier une « Histoire de la Marine française.

23 avril 1954 : Dien Bien Phu se poursuit. « Malgré l’engagement de deux compagnies du 6e BPC pour porter secours à Huguette 1 – et qui restent finalement bloquées -, le point d’appui tombe vers 4h30. Passant outre les avis du colonel Langlais et du lieutenant-colonel Bigeard, le général de Castries décide de reprendre la position : la perte d’Huguette 1 signifiait en effet un nouvel et dangereux rétrécissement de la zone de parachutage qui mettait en péril le ravitaillement du camp retranché. De Castries maintint donc sa décision. Du fait de différents facteurs (retards dans les ordres donnés, mauvaises liaisons, mauvaise coordination sol-air, mauvaise connaissance du terrain), la contre-attaque des légionnaires parachutistes du chef de bataillon Liesenfelt (2e BEP) est un cinglant échec au cours duquel le bataillon perd 150 hommes (dont  la moitié de tués et de blessés graves) : de Castries perd, lui, sa dernière réserve. L’armée populaire a subi de très lourdes pertes et a enregistré des moments de découragement qualifiés de « dérives droitières » par l’état-major vietminh ».Cne Cadeau (SHD).

23 avril 1961 : discours télévisé de de Gaulle (Paris). La troupe et ses chefs, dans leur très grande majorité refusent de suivre le « quarteron de généraux en retraite » qui a tenté un coup de force à Alger le 21. Après avoir laissé les putschistes se déclarer au grand jour, de Gaulle intervient à la télévision. Cinglant, il achève de rallier les indécis. Le 25, Challe, Zeller et Saint Marc se constituent prisonniers. Salan et Jouhaud rejoignent la clandestinité et l’OAS. Ils seront arrêtés un an plus tard. Quatre régiments sont dissous dont le 1er REP, le 30 avril. Ces cinq officiers ont tous été amnistiés et réintégrés dans leurs droits civiques et dignités militaires en 1982.




Chronique historique : 22 avril

22042014

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Scène de la bataille d’Eckmühl (1809)

22 avril 1676 : bataille d’Agosta (au large de la Sicile). Le lieutenant général Abraham Duquesne bat une flotte hispano-hollandaise commandée par l’amiral Ruyter dans le cadre de la campagne de Sicile menée par Louis XIV. Blessé au combat, Ruyter meurt quelques jours plus tard à Syracuse où s’est réfugiée sa flotte.

22 avril 1809 : bataille d’Eckmühl (Bavière). Napoléon 1er bat les Autrichiens et pour récompenser le maréchal Davout qui s’est bien comporté, le fait prince d’Eckmühl.

22 avril 1915 : utilisation pour la première fois des gaz de combat (Ypres). Les Allemands répandent des milliers de litres de chlore sur le front, au niveau du saillant d’Ypres. Le vent porte le gaz sur les positions françaises tenues par deux divisions qui se replient précipitamment. Les Canadiens, fraichement arrivés, doivent se redéployer pour faire face au vide laissé par les Français (8 km de large).

22 avril 1945 : Hitler admet devant témoin que la guerre est perdue et qu’il va se suicider (Berlin)

22 avril 1954 : Dien Bien Phu se poursuit. « La nuit du 21 au 22 avril est marquée par d’intenses combats pour la prise d’Huguette 1, objectif des combattants du régiment 36 (division 308). Malgré la résistance des légionnaires du capitaine Chevalier commandant la 1re compagnie du I/13e DBLE, la fin semble proche pour le point d’appui. ». Cne Cadeau (SHD).

22 avril 1956 : Les sapeurs soviétiques découvrent un tunnel de la CIA (Berlin). A la faveur de travaux, un tunnel secret de 449 mètres est découvert sous la RDA. Creusé par les services secrets américains, ce tunnel a permis à la CIA, pendant près d’un an, d’intercepter les communications téléphoniques de l’armée rouge. Le KGB est en fait parfaitement au courant depuis le début des travaux mais pour ne pas griller sa source (un diplomate britannique, George Blake), patiente un an avant de simuler la découverte.

 




Chronique historique : 18 avril

22042014

18 avril 1942 : Premier raid aérien américain sur Tokyo. En guerre depuis bientôt 5 mois, les Etats-Unis n’ont pas réalisé de progrès significatifs dans le Pacifique où règnent en maîtres les Japonais. De plus, depuis Pearl Harbour, les américains éprouvent le besoin de remonter le moral de leurs troupes et de leur Nation tout en ébranlant les certitudes japonaises quant à l’inviolabilité de leur espace aérien. Il est donc décidé un bombardement de Tokyo pourtant hors de portée des rayons d’action des bombardiers de l’époque. 16 bombardiers B. 25 sont donc modifiés afin de pouvoir décoller du porte-avions Hornet. 16 équipages, tous volontaires, sont entraînés pour cette mission commandée par le Lt-Col Doolittle. Les avions ne peuvent emporter qu’une tonne de bombes aussi le bombardement ne fait-il que peu de dégâts matériels sur les cibles choisies. Il est important de noter que le commandement américain ne sélectionne que des cibles militaires. Ce faisant, il pense éviter l’erreur psychologique commise par les Allemands durant le Blitz (bombardement de Buckingham Palace qui scandalisa les Britanniques et renforça leur cohésion). Le bombardement est très fortement médiatisé aux USA, mais a peu de conséquences graves et directes sur le cours de la guerre du Pacifique malgré la surprise qu’il cause aux Japonais. Le retour n’étant pas permis faute de carburant tous les bombardiers doivent se poser en Chine une fois l’opération terminée. La plupart des bombardiers s’écrasent ne trouvant pas la piste d’atterrissage prévue mais seulement 6 membres de l’audacieuse expédition périssent (3 durant le raid, 3 fusillés par les Japonais). Doolittle et ses hommes sont exfiltrés par la Chine.

18 avril 1954 : Huguette 6 tombe (Dien Bien Phu). « Après les furieux combats de la bataille des Cinq collines, à l’Est du camp retranché, l’armée populaire poursuit sa phase de « grignotage » du dispositif français et dirige momentanément son effort sur la face ouest. Sur Huguette 6, les liaisons et les ravitaillements étant devenus de plus en plus difficile, décision est prise de replier le point d’appui isolé. C’est chose faite dans la nuit du 17 au 18 avril mais une centaine seulement des hommes du capitaine Bizard – 5e bataillon de parachutistes vietnamiens (5e BPVN) – parviennent, en sautant par-dessus les boyaux creusés par le Viêt-Minh, à rejoindre le sous-secteur centre. La perte d’Huguette 6 a comme conséquence un nouveau rétrécissement de la zone de largage ». Cne Cadeau (SHD).

18 avril 1983 : attentat suicide contre l’ambassade américaine à Beyrouth (Liban). 63 personnes sont tuées dans l’explosion d’un pick-up chargé de 150 kg d’explosif qui défonce le portail de l’ambassade américaine.

DBP

A lire : Le livre du CNE Cadeau du SHD sur Dien Bien Phu




Chronique historique : 17 avril

17042014

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Débarquement de la baie des Cochons (1961) : un article de presse au titre peu flatteur… très Guerre froide

17 avril 1917 : prise des Monts de Champagne. Le 9e RI (33e division d’infanterie) s’empare du mont Cornillet, dominant le massif de Moronvilliers en Champagne.  Cependant, au lendemain du déclenchement de l’offensive du Chemin des Dames, les pertes sont telles qu’elles suscitent un mécontentement profond dans les armées débouchant çà et là sur des actes de mutinerie.

17  avril 1942 : évasion du général Giraud (Allemagne). Le général d’armée Henri Giraud s’évade (à 63 ans) de la forteresse de Königstein après une préparation minutieuse et l’aide de quelques camarades de prison. Pendant ses deux années de captivité, il apprend l’allemand à la perfection. Sur le point d’être contrôlé par la Gestapo dans le train qui le mène en Alsace, il entame une conversation d’homme du monde avec un officier SS, … ce qui le dispense de présenter ses papiers. Evadé une première fois en 1914, ce second exploit lui vaut une belle réputation en France. Ne voulant pas se constituer prisonnier comme le lui demande Laval, il propose son aide aux alliés. Churchill voit en lui l’alternative au général  De Gaulle mais constate quelques mois  après qu’il n’a pas la fibre suffisamment politique.

17 avril 1943 : mort de l’amiral Yamamoto (Pacifique). L’avion de l’amiral Yamamoto, commandant de la flotte nippone, vénéré au Japon, en particulier depuis l’opération qu’il a conçue et commandée sur Pearl Harbor, est  abattu avec son escorte par une escadrille de 17 chasseurs P-38, grâce à l’interception et au déchiffrage des codes japonais. 

17 avril 1961 : débarquement de la baie des Cochons (Cuba). Préparée sous le mandat du président Eisenhower mais autorisée sous celui de J-F Kennedy, l’opération de la CIA visant à renverser le tout récent régime mis en place par Fidel Castro (1959) est un échec complet. Castro en se rapprochant des Soviétiques et en portant atteinte aux intérêts économiques américains sur l’ile, décide la CIA à organiser une tentative de coup d’Etat avec 1400 exilés cubains, spécialement entraînés pour cette mission. Manifestement au courant du projet, Castro laisse bombarder (le 15 avril) ses bases aériennes par des avions US maquillés, mais prépare ses troupes à recevoir les mercenaires sur la plage : une centaine d’envahisseurs est tuée, le restant est fait prisonnier. Kennedy, par obligation mais adroitement, fait amende honorable pendant que Castro profite d’un énorme succès médiatique.




Chronique historique : 16 avril

17042014

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16 avril 73 : prise de Massada (Israël actuel). Les Romains ayant détruit le temple de Jérusalem (70) et très durement réprimé la nouvelle révolte juive, un groupe de 1OOO juifs, irréductibles (appelés Zélotes), choisit de se réfugier dans la forteresse de Massada pour poursuivre symboliquement la lutte. Le site est imprenable. La menace pour les Romains est  tactiquement dérisoire, mais Flavius Silva, reçoit l’ordre de laver l’affront avec la Xème légion. Afin de protéger au maximum la vie de ses soldats tout en remplissant sa mission, Silva, qu’aucune urgence particulière ne presse, décide de construire une rampe d’accès vers Massada pour y amener une tour d’assaut. Après plus d’un an de travaux et des milliers de tonnes de pierres remuées par une armée d’esclaves juifs, la rampe est achevée et permet l’assaut. Les Zélotes résistent vaillamment mais avant d’être submergés, ils optent pour le suicide collectif.

16 avril 1746 : bataille de Culloden (Ecosse). Les Highlanders catholiques sont battus par le duc de Cumberland qui, à la fougue désordonnée de l’ennemi, oppose la salve méthodique de ses fusiliers. La cause des Stuart est perdue et la répression féroce.

16 avril 1799 : bataille du Mont Thabor (Egypte). Les 25 000 Turcs d’Abdallah Pacha franchissent le Jourdain pour secourir Saint Jean d’Acre assiégée par Bonaparte depuis le 20 mars. Le danger de se retrouver dans la position de l’assiégé est réel, aussi Bonaparte envoi Kleber et 3000 hommes au-devant d’Abdallah Pacha. Kleber souhaite surprendre l’ennemi mais se perd dans la nuit. Repéré au petit matin, il ne lui reste plus qu’à faire face. La division Kleber combattant à un contre douze forme le carré et résiste pendant six heures. Napoléon débouche alors du Mont Thabor avec 3000 hommes sur les arrières turcs. Pris entre deux feux, Abdallah Pacha est vaincu.

16 avril 1856 : fin de la guerre de Course (Paris). Le traité de Paris met fin à la guerre de Crimée mais en profite pour statuer sur quelques points de droit maritime et notamment la piraterie réglementée (ou guerre de Course). Les Etats signataires s’interdisent de délivrer des lettres de marque.

16 avril 1904 : jonction franco-française à Timiaouin (actuelle frontière algéro-malienne). Les méharistes du CES Laperrine, appartenant aux troupes de l’AOF et partis de Tamanrasset, rencontrent au puits de Timiaouin les coloniaux du capitaine Thèveniaut (AEF), partis eux de Tombouctou. Chacun rebrousse chemin pour ne pas violer les zones de « souverainetés ministérielles » qui se bâtissent de facto. L’AOF est en effet gérée par le ministère de l’Intérieur, l’AEF, par celui des Colonies. La rencontre servira à délimiter précisément la frontière entre l’Algérie et l’ancien Soudan.

16 avril 1917 : début de la bataille du chemin des Dames. C’est au cours de cette offensive française très célèbre, mais malheureuse, que sont employés pour la première fois au combat des chars Schneider. Les 80 chars sont répartis sur le front de l’offensive et doivent progresser au rythme de l’infanterie : dilution et lenteur coûtent près de 80% de pertes en chars.

16 avril 1945 : début de la bataille de Berlin. L’armée rouge après avoir marqué une pause devant Berlin, lance un dernier coup de boutoir contre la capitale du Reich. Les combats pour Berlin vont durer jusqu’au 2 mai. Ils débutent de nuit, par la bataille de Seelow qui se caractérise par une grande confusion de la part des soviétiques. Le pilonnage par l’artillerie détruit les axes de communication et crée des décombres que les défenseurs allemands mettent à profit. Même si la progression soviétique est inexorable compte tenu des moyens engagés (1 million d’hommes), les pertes de l’armée rouge sont trois fois supérieures à celles des Allemands




Extrait du site France 24 – décès du Colonel Mademba Sy, de la promotion Victoire

15042014

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Claude Mademba Sy en 2008 à Dakar © AFP

Les obsèques de Claude Mademba Sy ont été célébrées samedi dans le Tarn. Ce tirailleur sénégalais était le seul soldat noir de la 2e DB du général Leclerc à la Libération. Il avait lutté pour la revalorisation des pensions des combattants africains.

Depuis sa retraite, le colonel Claude Mademba Sy s’était retiré à Briatexte dans le sud-ouest de la France. C’est dans ce petit village du Tarn qu’ont été célébrées, samedi 12 avril, les obsèques de ce grand officier de la Légion d’honneur, décédé le 8 avril à l’âge de 90 ans. Considéré comme l’une des dernières figures des tirailleurs sénégalais, il était notamment connu pour avoir été le seul soldat noir de la 2e division blindée du général Leclerc lors de son entrée dans Paris en août 44 et pour avoir défendu le principe d’égalité pour les pensions militaires versées aux anciens combattants africains.

Un libérateur de la France

Issu d’une famille de militaire, Claude Mademba Sy est né le 11 décembre 1923 à Versailles, où son père, le premier Africain à avoir servi comme officier supérieur dans l’armée française, effectuait un stage. Au gré des affections d’Abdel Kader Mademba Sy, la famille vit ensuite à Madagascar, au Mali, au Sénégal, avant de revenir en France où son père s’éteint en 1932. « Mon père s’est laissé mourir. Car bien plus tard, j’ai appris qu’il avait été envoyé en 1916 en Afrique pour recruter de futurs tirailleurs. Quelque 65 000 gars qui furent de toutes les offensives meurtrières de 1917 et 1918. Mon père avait probablement sur la conscience d’avoir désigné ces hommes pour la mort. D’ailleurs, quelques mois avant de mourir, il ne voulait plus parler en français », avait raconté Claude Mademba Sy en 2007 dans un entretien au journal « Le Monde ».

Devenu pupille de la Nation à l’âge de 9 ans, le jeune homme suit pourtant les traces de son père. En 1943, à Tunis, où sa mère est installée depuis son remariage, il rejoint le régiment de  tirailleurs sénégalais du Tchad (RTST), une des premières unités à rallier la France libre. Il intègre ensuite, comme sous-officier, la 2e DB du général Leclerc avec laquelle il débarque à Utah Beach en Normandie le 2 août 1944. Seul soldat noir de cette division, il entre le 25 août dans Paris libéré avec son char dénommé « Pantagruel ». « L’objectif bien sûr était l’entrée dans Paris, nous étions très inquiets, car nous savions que Paris s’était insurgé. Donc, on savait que si on n’y arrivait pas, si nous avions été déroutés, la répression aurait été terrible, avec la menace de voir Paris coupée en deux. De plus, beaucoup d’entre nous avaient des attaches, j’avais vraiment hâte d’arriver dans Paris car nous étions sans nouvelles depuis des semaines », avait-il décrit quelques années plus tard, selon le site Français Libres.

La lutte pour la « décristallisation »

Mais les combats sont loin d’être terminés. Il participe ensuite à la libération de Strasbourg et à la prise du nid d’aigle de Hitler à Berchtesgaden, près de Munich. Après le conflit, Claude Mademba Sy est décoré de la Croix de guerre 39-45 avec huit citations, dont trois à l’ordre de l’Armée, et intègre Saint-Cyr au sein de la promotion Victoire. Il part ensuite en Indochine puis en Algérie où il prend part notamment à la traque d’Aït Hamouda Amirouche, chef de guerre du FNL. En 1960, au moment de l’indépendance du pays de ses ancêtres, il retourne au Sénégal pour former la jeune armée nationale, avec le grade de colonel. Rendu à la vie civile, il entame alors une seconde carrière en tant qu’ambassadeur du Sénégal dans plusieurs pays européens et africains, ainsi qu’à l’ONU.

Fervent défenseur des anciens combattants africains, Claude Mademba Sy s’est ensuite fait connaître dans les années 1990-2000 en rappelant leurs actions héroïques et leur rôle crucial : « Le seul moment où le drapeau français a flotté en 1940 c’est quand même à Brazzaville ou à Fort Lamy (l’ancien nom de la capitale du Tchad, Ndjamena). Ce n’est pas à Paris où il y avait des Allemands », avait-il clamé dans un documentaire intitulé « La France et ses libérateurs ». Figure respectée, le colonel est monté notamment au créneau pour dénoncer le traitement inégalitaire concernant le versement des pensions. Interrogé à ce sujet par « Le Monde », il n’avait pas caché sa rancœur : « Quand on est amoureux de ce pays qu’est la France, on ne comprend pas cette bassesse, cette bêtise, cette ignominie. Quand je pense que la retraite du combattant est de 433 euros par an et que l’on mégote alors qu’il ne reste plus que quelque 800 anciens combattants au Sénégal et près de 2 000 au Mali ! Quand on m’a appris à donner l’assaut, on m’a dit : ‘Tu sors de la tranchée, tu baisses la tête et tu cries ‘En avant pour la France !’ ».

Ce dernier combat s’est révélé victorieux. En janvier 2011, l’État français a adopté  la « décristallisation » complète des pensions civiles et militaires. Les versements aux anciens combattants issus des pays et territoires autrefois sous souveraineté française ont ainsi été alignés sur ceux des pensionnés français.







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