Etrange « Synergie » (précisé)

26 11 2012

Etrange Un récent rapport du syndicat « Synergie officiers » de la police nationale, relatif à l’affaire Merah, met en évidence une fragilité de cette organisation: elle souffre du syndrome de la « citadelle assiégée ».

Après un dépouillement apparemment précis et argumenté des faits relatifs aux procédures et à l’intervention du RAID (voir texte complet du rapport ici), les rédacteurs du syndicat dérivent à leur tour vers la « peur du gendarme ».

A les entendre, et alors qu’ils reprennent en partie  les accusations des commissaires déjà mises en ligne sur ce blog, la machiavélique Gendarmerie aurait l’audace de se croire compétente et de vouloir le faire reconnaître!

« De surcroît, il est très mal vécu le constat que la tentative [sic] d’OPA hostile de la Gendarmerie Nationale puisse trouver une écoute complaisante au sein de notre propre maison. »

La peur de l’autre reste un aveu de faiblesse au combat comme au rugby!

Conseil de tactique « militaire »: si vous pensez que les gendarmes manœuvrent et si vous êtes sûrs de vous, tentez de les combattre sur leur  terrain au lieu de vous replier sur la défense de votre “propre maison”…Encore faut-il que vous ayez les moyens de le faire et que le sens de l’intérêt général prenne le pas sur vos états d’âme dans la recherche d’une véritable synergie entre les officiers des deux corps!

[…] « Dans ce dossier également, comme nous le sollicitions précédemment pour les services territoriaux du renseignement intérieur, il aurait été opportun de prendre contact avec la base, les gens de terrain qui sont les plus à même de signaler et détecter les problèmes et proposer éventuellement des solutions et des évolutions, tandis qu’il appartient ensuite à la haute hiérarchie de les évaluer et de trancher.

Sauf à considérer que les officiers de Police n’en sont pas capables, et ne sont pas des interlocuteurs suffisamment aguerris, il y a certainement tout lieu de penser que les officiers de la Gendarmerie auront plus de capacités, puisqu’on suggère fortement leur plus grande présence au sein des services départementaux.

Il serait aujourd’hui dommageable de feindre ou d’ignorer le malaise grandissant au sein des SDIG, dont les effectifs souffrent d’un manque de reconnaissance au sein de leur direction, et regrettent profondément la réforme de 2008 qui selon eux, a mis à mal l’expertise avérée et historique dans les domaines social et sociétal de l’ex-direction des renseignements généraux. Les renseignements généraux avaient une culture, une identité propre et des méthodes de travail efficaces bien loin de l’étiquette de barbouzes politiques dont on a souhaité un temps, les affubler.

De surcroît, il est très mal vécu le constat que la tentative d’OPA hostile de la Gendarmerie Nationale puisse trouver une écoute complaisante au sein de notre propre maison.

L’expérience et la technicité des SDIG dirigés aujourd’hui par des policiers, et nantis d’une expertise ancestrale et d’une présence sur l’intégralité des territoires, plaident en faveur du maintien de cette expérience à la tête de tous les SDIG.

Quant à considérer que certains SDIG pourraient être intégrés au sein des groupements de Gendarmerie, en utilisant une métaphore sportive, cela reviendrait à proposer à une équipe professionnelle de football, d’aller jouer au quotidien sur un terrain planté de luzerne et truffé de taupinières.

Nous avons le sentiment d’une volonté de réponse unilatérale, toujours en faveur des militaires de la Gendarmerie Nationale, dont il faudra bien un jour s’interroger sur leur statut, en considérant qu’ils badent avec de plus en plus de convoitise et d’ambition, sur des services, des directions et des postes, qui sont d’obédience civile.

Confier du renseignement en temps de paix sur le territoire national à des militaires dont la hiérarchie s’échine à entretenir des modes de fonctionnement très en deçà des exigences de transparence et de contrôle qu’on est en droit d’attendre dans une société démocratique, ouvre la porte à des dérives potentielles. Est-il si scandaleux d’évoquer cette hypothèse au regard d’antécédents tristement célèbres (irlandais de Vincennes, écoutes de l’Élysée, affaires des paillotes) ?

En imaginant que nos recommandations ne soient pas suivies d’effet, et que notre ministère suive celles de la mission IGPN en abondant la tête de nombre de SDIG au bénéfice d’officiers de la Gendarmerie, nous exigerons des contreparties similaires en demandant à ce que des officiers de Police puissent également se positionner sur des postes en Gendarmerie nationale, jusqu’alors tenus par des officiers, à parité totale de grade. Un commandant de la Police Nationale[1] = un chef d’escadron de la Gendarmerie Nationale. »

 

SYNERGIE-OFFICIERS 2 Bis Quai de la Mégisserie 75001 PARIS – 01 40 13 02 85 – synobn@orange.fr


[1] Le recrutement des officiers de police se fait pour moitié par un concours externe ouvert aux titulaires d’une licence. L’autre moitié des postes est réservée aux fonctionnaires déjà titulaires répartis comme suit : 20 % par concours, 20 % par examen professionnel parmi les gradés, 10 % au choix parmi les majors.


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Une réponse à “Etrange « Synergie » (précisé)”

  1. 27 11 2012
    Marsouin (08:09:24) :

    Ne les maîtrisant pas, je ne me prononcerai pas sur les aspects techniques (un gendarme peut-être ?) de ces revendications bien connues sur le terrain grâce à mes contacts professionnels réguliers avec les uns et les autres.
    Il me semble que la parité (par essence « totale » sans avoir besoin de le rappeler) entre officiers de police et gendarmes, officiers et sous-officiers, tient plus aux fonctions et à la qualification d’OPJ qu’aux, récentes, appellations de « capitaine » ou « commandant ».
    Ce que je souhaite relever c’est la formulation  » un chef d’escadron(s) de la Gendarmerie nationale ».
    Ce sont, à mon sens, des chefs d’escadrons … tout court qui, comme tous les chefs d’escadrons, d’escadron ou de bataillon, les commandants et capitaine de corvette, voire les médecins principaux sont des officiers … tout court dont le statut n’est pas celui des officiers de police.
    Banalisation quand tu nous tiens …

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