Remous local…

10 05 2012

…ou signe annonciateur d’une forte marée?

Un officier supérieur s’étonne qu’un effet domino dans les mutations internes ait conduit certains officiers de son état-major à se voir communiquer leur notation annuelle par un réserviste démotivé (ex active en ESR). La situation qu’il décrit montre que « démotivé » constitue même un euphémisme audacieux!

Un autre exemple troublant  « venu d’ailleurs » touche le volontariat pour les fonctions représentatives de président des officiers et des sous-officiers. Dans les 2 cas rapportés le nombre des volontaires est proche de l’unité, soit moins de 1% de l’effectif de chaque catégorie.

On ne peut que regretter ces deux mauvais symboles tels qu’ils sont décrits -mais peut-être sont-ils le fruit de circonstances particulières qu’il faudrait analyser en détail- car ils traduisent, sous leur forme brute, pour l’un l’affaiblissement d’une fonction « régalienne » du chef militaire et pour l’autre le sentiment d’inutilité ou d’inefficacité de la représentation catégorielle « réglementaire ».

Lorsqu’on rapproche ces exemples d’autres cas comme celui, emblématique en ce qui concerne la contestation de la compétence du chef de corps, de la mise en place d’une cellule harcèlement armée par une psychologue civile hors voie hiérarchique (ouf, ce n’est pas dans notre armée de Terre…pour l’instant !), on comprend l’importance des efforts entrepris par le CEMAT et le DRHAT pour redonner toute leur place aux « RH de commandement ».

Cette dérive, peut-être conjoncturelle et locale, pourrait s’étendre, devenir structurelle et avoir des conséquences lourdes si rien n’était fait pour restituer aux décideurs  militaires  situés à l’interface avec le pouvoir politique une crédibilité qu’on leur rogne de manière insidieuse (et même parfois sans vergogne!) en les privant progressivement des leviers nécessaires à un pilotage de l’action qu’on leur impose par ailleurs.

Ces messages feront partie de ceux  portés par l’Épaulette en direction de la représentation nationale… si les signes de considération donnés en période de campagne électorale (voir un billet récent) trouvent le prolongement attendu maintenant que les choix sont faits.


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Une réponse à “Remous local…”

  1. 16 06 2012
    christian lapaque (20:11:01) :

    Voilà un sujet qui mériterait sa place dans le forum de l’Épaulette.
    Ou plutôt deux sujets.
    L’un de l’exercice du commandement: en effet l’acte de guerre ne suppose pas simplement la soumission au chef. Aujourd’hui en raison de la complexité et de l’intensité croissante des engagements, l’hésitation d’un seul suffit à compromettre la mission de l’ensemble. Il est donc primordial de laisser au commandement à la fois la défense des subordonnées et l’emploi de ces mêmes subordonnées. Sinon on risque rapidement de détruire le réseaux de relations humaines qui permet aux hommes de rester des hommes pendant les actions de combat et de ne pas perdre leur âme. Il est également urgent d’enseigner y compris à l’ENA le droit de la guerre et peut-être de reformer le corps des juges du droit de la guerre.
    le second (et j’espère que c’est le dernier) c’est le travers de nos hommes politiques à vouloir intervenir au sein de l’orchestre pendant la représentation.
    Chef des armées de signifie pas chef d’État-major, encore moins chef des opérations. Il est vrai qu’il est plus facile de faire de la gesticulation tactique que de la stratégie. Or les leçons de Napoléon, présenté à tort comme un stratège ( au plus un tacticien brillantissime encore que les travaux sur les probabilités du génial LAPLACE lui ont apporté beaucoup de victoires) devraient nous rappeler qu’il y a un pas entre les batailles gagnées et la paix qui s’éloignent. Seuls les stratèges savent organiser ce chemin.
    .

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