Limites de l’approche « sentimentale » en RH
4 03 2011Cinq adhérents, dont deux membres du CA, ont réagi de manière similaire aux propos tenus lors de l’AG concernant « l’avenir » de l’ENSOA. Nous sommes donc au moins six à partager cette analyse.
A court terme, l’objectif serait d’alimenter le corps des sous-officiers à partir des militaires du rang et cela à hauteur de 70 à 80%. La solution de « directs » formés à Saint-Maixent apparaîssant comme une survivance de la conscription qui ne permettait pas de satisfaire ce besoin sur la base de la seule ressource du contingent. « Aujourd’hui, l’expérience acquise par un EVAT au cours de 4 à 6 OPEX vaut certainement plus que le fait d’avoir fait la queue à la chaîne d’incorporation de l’ENSOA » (sic)…
Considérons cette règle comme un axiome et appliquons la au recrutement des officiers… 
Comme membres de l’Epaulette, nous devrions nous réjouir de ses conséquences .
Là où le bât blesse, c’est que cette « logique » porte en elle-même ses limites et ses risques. Une bonne politique RH veut en effet que l’on recrute sans mettre de surenchère sur les critères de niveau général. Sans faire offense à nos camarades EVAT, il serait surprenant qu’on les sélectionne sur des aptitudes « sous-officier », voire « officier », au risque de créer inévitablement des tensions et des frustrations. A partir de là, la chaîne de la promotion interne se brise d’elle-même, sauf à accepter d’avoir des cadres aux capacités techniques peut-être incontestables mais au potentiel limité.
Or nous savons que ce qui fait la force et la réputation de notre encadrement c’est d’avoir été forgé, entre autres, au long des cycles d’éthique et déontologie, de « FEXA » (Formation à l’exercice de l’autorité) (*) mais aussi de culture générale, disciplines qui préparent à l’appréhension pertinente des situations et à la mesure des solutions choisies.
Certes il restera 20% de sous-officiers directs. Quel sera leur parcours professionnel? Seront-ils les « saint-cyriens » des sous-officiers avec le grade de major comme bâton de maréchal hypothétique? Se rueront-ils sur les filières « officier »? Il faudrait pour cela que la tendance observée aujourd’hui s’inverse singulièrement.
Ainsi on constate, sauf erreur d’analyse de ma part, que si l’on s’engage résolument dans cette voie on a de grandes chances d’aboutir à des corps (sous-officiers et officier) à deux vitesses. Or ce système a montré ses limites dans les engagements des siècles passés et conduit à des réformes majeures dans notre système de sélection et de formation. Le corps des officiers d’état-major créé vers 1830 a caricaturé cette dérive et ses dangers au cours des deux conflits mondiaux.
Ecoutons l’histoire…et relisons ce texte du professeur Girardet déjà mis en ligne le 12 décembre 2010.
(*) Un de mes anciens officiers, en poste dans une école du bassin de la Loire, « quitte le dispositif », déçu d’avoir vu passer en quelques cycles le volume horaire annuel de ces disciplines de 800 à 100 heures! Resserrement sur le coeur de métier (?)








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