Imprimatur
1 03 2011
Vous trouverez ci-dessous « l’appréciation de situation » et les points d’intérêt portés par l’Epaulette lors des différents rendez-vous accordés au Président. Ce texte « générique » peut être utilisé et sa forme adaptée par les représentants et même les membres de l’association lors de leurs contacts locaux. Il reprend les orientations validées par le CA et votées par l’AG du 5 février dernier.
Appréciation de situation
Les réformes qu’impose l’adaptation de l’outil de défense à ses besoins opérationnels, mais aussi à son cadre budgétaire (« refondation » hier, « modernisation » aujourd’hui), génèrent des tensions structurelles, amplifiées par une « marche forcée », complexes à gérer, à faire comprendre et à accepter.
On atteint actuellement, nous semble-t-il, les limites d’efficacité des seuls discours mobilisateurs auxquels les militaires sont, traditionnellement, assez sensibles : caractère « sacré » de la mission, nature indissociable de l’engagement militaire. La logique binaire du tout ou rien touche ses limites quand elle impose, au quotidien, une abnégation que n’acceptent pas au même niveau d’autres acteurs de la Nation. A trop user de l’éthique pour forcer les passages on risque de la fragiliser.
Les choix offerts aujourd’hui aux gestionnaires sont fortement contraints tant par la RGPP que par le Livre blanc ou encore le nouveau cadre des retraites. Ils se réduisent ainsi, le plus souvent, à des adaptations répondant aux exigences d’un court terme budgétaire là où les priorités devraient découler avant tout d’analyses prospectives des besoins en compétences. Ainsi les recrutements qu’héberge l’Epaulette souffrent de plus en plus du syndrome du « supplétif ». Qu’il s’agisse des recrutements internes précoces (EMIA-CTA), de ceux tardifs (OAEA/S, Rang), des origines contractuelles (OSC), voire de certains cursus directs de volume réduit (CTA), nombre de ces officiers s’interrogent sur les perspectives qui leurs sont aujourd’hui offertes. Ils peuvent même se montrer dubitatifs quand ils en viennent à évoquer la considération qui leur est apportée dans un système RH qui tente de concilier les besoins opérationnels et le maintien de l’attractivité de recrutements directs jugés prioritaires (Saint-Cyriens, Commissaires).
Dans le même temps pourtant, les dangers partagés lors des engagements affirment leur pouvoir « égalisateur » face aux origines statutaires !
Aussi, les préoccupations catégorielles s’expriment avec une plus grande fréquence ainsi que les comparaisons qui en découlent et qui « minent » parfois les comportements.
Les associations comme l’Epaulette, constituent un canal informel de collecte de ces informations. Elles peuvent avoir un rôle de modérateur des tensions, sous réserve d’être entendues et au moins parfois écoutées. Cette place dans le « dialogue interne » n’a aujourd’hui aucune existence, si ce n’est par la mise en place d’outils de communication descendante par les états-majors.
Il nous semblerait utile de conduire une réflexion rapide sur la définition d’un cadre plus formel d’écoute des associations, ainsi que sur le périmètre des responsabilités qu’il est envisageable de leur accorder dans un dialogue interne plus en phase avec les aspirations et les besoins du moment.
Sollicitation
Ces points :
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Perspectives (re)ouvertes aux recrutements « complémentaires »
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Place de la prédestination par l’origine,
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Rôle possible des associations dans le dialogue interne,
constituent des sujets que le Président de l’Epaulette aimerait aborder au cours de ce rendez-vous. »









« Je savoure les obligations du métier qui nous fondent ensemble dans un tronc commun. »
Saint-Exupery « Pilote de guerre »