Grosse colère!

15 10 2010

 Pas vraiment en fait, mais plutôt de l’agacement.

Plusieurs de nos grands anciens, éminemment respectables –et sur ce point mon avis est sans réserve- participent à une campagne étrange sous la houlette de l’un d’entre eux: le dénigrement de l’action actuelle de l’Epaulette.  Ils ne reconnaîtraient plus « leur » association. Ils nous reprochent l’inaction. Il est vrai que la neige n’est plus aussi blanche qu’autrefois et que l’herbe est  moins verte aujourd’hui. Axiome!

boudeur.jpg La démission de certains d’entre eux, me désole, je leur ai dit. Si je peux cependant comprendre ces départs, j’ai moins de complaisance avec les charges qui me sont rapportées et qui fragilisent notre image et notre crédibilité. Or cette période est déjà rendue difficile par les lourdes mutations de notre Défense et leur impact sur nos cadres.  Alors s’il vous plaît mes « anciens », faites-nous confiance comme nous vous avons fait confiance. Vous nous trouvez certainement moins compétents dans nos fonctions d’aujourd’hui que vous l’avez été à notre place. Axiome encore, qui a frappé de tout temps la « jeunesse »!

Si l’Epaulette a changé c’est simplement parce que le cadre a changé et que mes prédécesseurs proches et moi-même, comme vous l’avez accepté en votre temps, ont reçu pour mission de faire vivre notre association dans le monde réel.

Ce monde réel, c’est aujourd’hui une armée de Terre à 110 000 hommes et  80 régiments (mais pour combien de temps encore?). C’est une armée de Terre à 128 pièces d’artillerie et à 254 chars de bataille. C’est une armée de Terre avec, demain matin, un tableau de 80 colonels et une liste de 20 généraux par an. C’est une armée de Terre dans laquelle sont à relever (encore!) chaque année 300 unités élémentaires grâce à 150 capitaines directs et autant de semi-directs, dont 80 IA, ou contractuels. C’est une armée de Terre dans laquelle nos jeunes officiers servent, comme vous l’avez fait, avec passion et fougue mais envisagent sans amertume un deuxième « métier ». 

Ce sont surtout une armée de Terre et une association où, contrairement à ce que certains parmi vous semblent croire, vous avez toujours votre place par votre rôle irremplaçable de témoins et d’acteurs des épreuves difficiles que notre Défense et notre pays ont traversées et que vous avez su surmonter. Vous devez, plus que jamais, être auprès de nous et surtout pas face à nous. 

Alors bien sûr, acceptez-le, même s’il vous en coûte,  cette armée de Terre, cette EMIA, cette Épaulette  ne sont plus celles que vous avez connues. Ainsi, les officiers qui composent aujourd’hui notre association représentent plus de vingt origines statutaires. Ils appartiennent à l’armée de Terre pour une majorité d’entre eux, mais aussi aux services communs et à la Gendarmerie. Pourtant, au côté de leurs camarades saint-cyriens, sur les théâtres d’Afrique ou du Moyen-Orient, ils ont bien la certitude d’appartenir à un même corps, celui des officiers de France. C’est cette cohésion qu’il faut préserver à tout prix. Commençons par nous imposer cette règle entre officiers de nos origines. 

Lors du  grand rapport de l’armée de Terre 2010, le lundi 11 octobre dernier, le CEMAT nous a demandé de ne jamais céder au travers que dénonçait en son temps le maréchal Lyautey: « Les hommes qui font partie d’une organisation ancienne sont disposés à traiter de décadence ce qui n’est qu’évolution. » 

Gardons-nous de ce reproche! (JFD) 


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4 réponses à “Grosse colère!”

  1. 18 10 2010
    alphacom (22:51:36) :

    Salut François, ta réponse me fournit l’occasion de te saluer avec un réel plaisir.

  2. 18 10 2010
    François FAISAN (19:43:24) :

    Je découvre avec ce post la crispation actuelle de certains de nos anciens, dont effectivement la carrière, avec les sacrifices personnels consentis de 1939 à 1964, n’a pas grande ressemblance avec celle de notre génération. Je pense qu’ils se positionnent en soldats, d’un pays parfois ingrat mais hérité du sacrifice de ceux de 14-18, fiers de conserver la flamme d’une France « historique » et dont l’accès à l’épaulette représentait une reconnaissance de leur valeur militaire.
    L’Epaulette était un lien de tradition entre gens de même cursus militaro-militaire où l’exercice du commandement des hommes était la référence de base. L’arrivée des officiers de recrutements totalement différents, selon une logique de pure technicité, voire de gros sous, dans une ADT « professionnelle » qu’ils constatent facilement convertie aux vertus des 35h et des primes, efface les repères.
    C’est vrai que l’Epaulette engerbe large, mais les règles ont changé et la gestion des carrières se « civilianise » à pas de géant, ce qui la conduit à afficher de plus en plus le coté fonctionnaire si méprisé jusqu’alors.
    Le bâton de maréchal dans la giberne à disparu de la revue et les recrutements indirects ne sont plus que des variables d’ajustement d’une pyramide aux pieds d’argile. Place aux diplômes et à la reconversion, la communauté militaire historique a disparu.
    Faut-il pour autant en rendre responsables ceux qui s’efforcent de garder le contact entre les officiers qui sont aux machines pour sauver ce qui peut encore l’être dans le tourbillon des réformes ?
    Je pense que participer au débat d’idées, perséverer à être présent dans les instances où nos représentants sont encore acceptés, informer de manière transverse les hommes et les femmes embarqués dans la même carrière sous des statuts différents, sans accepter de servir de caution ou d’alibi, est la meilleure solution plutôt que jouer le superbe isolement.
    L’Histoire, si méprisée actuellement dans l’éducation des enfants, se chargera de remettre en selle les valeurs de l’esprit de défense. Si l’Epaulette contribue à maintenir un esprit communautaire entre ceux qui y sont encore fidèles cela ne sera déja pas si mal.

  3. 18 10 2010
    alphacom (09:16:26) :

    Je ne reproche pas l’engagement. Je reproche le dénigrement.

  4. 18 10 2010
    BEAUNE Maurice (00:14:51) :

    Nostalgie et pérennisation de valeurs

    Sans, en aucune façon, vouloir prendre le contre-pied de notre président dont la disponibilité et la pugnacité dans la difficile tâche qui est la sienne à la tête de L’Épaulette sont exemplaires et incontestables, je me permets de soumettre ici aux lecteurs de ce blog les sentiments qui m’animent après lecture de son récent « billet d’agacement » consécutif à la « campagne étrange » menée par de grands anciens.

    Dans ce débat, il me paraît essentiel de se garder de tout amalgame hâtif entre, d’une part, ce qui pourrait relever de la nostalgie, fort compréhensible bien que souvent stérile, chez nos grands anciens d’une époque, parfois héroïque, mais définitivement révolue et, d’autre part, ce qui relève de leur volonté, dans d’ultimes sursauts, de maîtriser, voire d’infléchir, certaines évolutions discutables de notre époque et certaines tendances lourdes de conséquences pour l’avenir qui, à leurs yeux et si l’on n’y prend garde, risquent de porter durablement, voire de façon irréversible, atteinte à l’efficacité de l’appareil de défense de notre patrie.

    Le malaise ressenti ne résulte-t-il pas de la difficulté à mettre en adéquation la perpétuation de valeurs héritées depuis la plus haute antiquité avec les mentalités nouvelles des générations montantes, confrontées, il est vrai, à un contexte fondamentalement différent ?

    Personnellement, je trouve qu’il y a quelque chose d’émouvant et de profondément respectable à voir nos grands anciens – au vécu sans commune mesure avec la plupart de celui des officiers nés avec le Baby Boom et pendant les Trente Glorieuses – continuer à jeter leurs forces déclinantes dans ces ultimes batailles pour la pérennisation de valeurs qu’ils ont cru immuables et auxquelles ils ont consacré leur vie mais qui, aujourd’hui, semblent oubliées dans le référentiel de nos contemporains les plus jeunes. « O tempora, o mores »

    A mon sens, cette attitude de nos « Grands Anciens » mérite considération et force le respect.
    Il reviendra toujours aux plus jeunes officiers de ne pas perdre de vue les leçons héritées et transmises inlassablement de génération en génération par leurs anciens. Et l’histoire militaire de notre pays est aussi faite de batailles du temps de paix comme celles que mènent, au quotidien, L’Epaulette et tous ses membres, chacun avec ses atouts et son style. « Si vis pacem, para bellum ».

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