Par un trou de souris!

14 07 2010

En regardant nos belles écoles défiler sous la pluie!

Actualisé et corrigé le 16/07/2010 (données INTRADEF)

troudesouris.jpgL’autorisation de concourir pour l’accès au CID est, depuis 2009, soumise aux délibérations d’une commission émettant un avis sur l’opportunité des candidatures. Cette commission prend en compte la notation et le niveau général des candidats. Or il apparaît que depuis l’instauration de cette procédure, le nombre de candidats « semi-directs » autorisés à concourir a diminué de manière  sensible pour ne plus représenter que 24% de l’effectif global (36% en 2007). Les données partielles concernant le candidats 2010 (oral en septembre 2010) et les préparants 2010 (concours 2011, CSEM 2012 et CID 2013) en première présentation, confirment et même accentuent cette tendance. Rappelons qu’aujourd’hui la promotion sortante du CID comporte encore 33 officiers non saint-cyriens dont 23 semi-directs soit plus d’un quart des stagiaires hors commissaires!

——————————————————————–

La commission  fonde ses propositions, selon l’IM de référence, sur les notations complètes des candidats, leurs dossiers réduits et leurs diplômes. Ce dernier critère est, de fait, rédhibitoire pour la quasi totalité des candidats issus de l’EMIA ou des autres recrutements internes et qui souhaiteraient concourir dans l’option SI (sciences de l’ingénieur). L’IM précise en effet comme condition à remplir, de détenir « un diplôme d’ingénieur reconnu par la commission des titres, ou un master 2 d’un domaine scientifique ». Ce n’est en revanche pas le cas pour l’option SHRI (sciences humaines et relations internationales), « pour (laquelle) concourent tous les autres officiers candidats, excepté les commissaires ». Enfin notons-le, une option SA (sciences administratives) est réservée à ces seuls commissaires et n’est donc pas ouverte au CTA !

Ces conditions initiales seraient facilement compréhensibles si elles condition-naient la capacité à surmonter les épreuves du concours. Quelle corrélation existe-t-il donc entre les diplômes ou spécialités requis et ces dernières? A bien regarder, assez peu.

En effet, les épreuves d’admissibilité visent, pour la culture et la synthèse, à évaluer « Les qualités de compréhension et d’analyse d’un thème, les qualités de synthèse et d’expression d’une pensée propre, la force de conviction et l’objectivité du candidat, le niveau de culture du candidat et son intelligence du monde, l’objectivité, la neutralité et la réserve du candidat, la prise de recul du candidat. » et pour la tactique à: « Apprécier les connaissances militaires du candidat et tester sa capacité à prendre sans délai des décisions justes et adaptées face à une situation tactique. Évaluer ainsi sa rigueur de raisonnement, de jugement et de caractère, et sa rapidité de rédaction dans le cadre d’un travail d’état-major. »

Où sont les obstacles pour un officier au minimum curieux et assidu dans sa préparation? Sauf à considérer que la formation en culture générale suivie aux ESCC n’apporte aucune plus value aux officiers élèves et que depuis leur sortie d’école, ceux-ci « ont rarement ouvert un livre et ont (conservé) un appétit assez limité pour ce qui est de l’ouverture sur le monde », je n’en vois aucun. Pour être correcteur des travaux proposés par la Revue d’études, je peux même assurer que l’origine des candidats ne détermine en rien leur capacité à  maîtriser ces épreuves de l’admissibilité!

Ah! Me direz-vous, mais pour l’admission, les filières SI (sciences de l’ingénieur), SHRI (sciences humaines et relations internationales) ou SA (sciences administratives) nécessitent certainement des connaissances de haut niveau dans chaque spécialité. Erreur cette fois encore, puisqu’il s’agit d’un entretien avec un jury et que cette épreuve « a pour but de juger les candidats selon trois critères majeurs, dont deux communs aux trois concours: l‘homme et son intelligence du monde, l’officier et sa culture militaire » et le troisième propre à la spécialité, ainsi pour les SI: « l‘homme et sa culture scientifique » (exemple de sujet proposé: « La politique de recherche de la France »)

J’ai beau chercher ici encore les traces d’un lien étroit entre les matières du coeur des diplômes requis et les épreuves du concours,  je n’en trouve pas (mais je continue à réfléchir !) sauf à voir là  une nouvelle trace de ce mal français qui consiste à nous marquer à vie au fer rouge de nos « peaux d’âne ».

Pour résumer: un candidat ou une candidate de recrutement interne appartenant au COA ou au CTA ne peut accéder à l’EMS2 (sauf de rares exceptions) que par la seule fenêtre du concours SHRI. Ce choix imposé explique la forte densité d’officiers de nos recrutements réussissant dans cette spécialité où ils concurrencent fortement les candidats directs non scientifiques.

Faut-il voir dans l’instauration de cette commission autorisant à concourir pour l’accès au CID et après le report à 23 ans du seuil d’entrée à l’EMIA  la nouvelle marque d’une volonté de corriger une situation qui serait considérée par certains comme « anormale » ? Les premiers effets constatés semblent au moins aller dans ce sens ! Il reste cependant un « trou de souris », et peut-être des voies de recours… FORCEZ le PASSAGE! (JFD)

L’ensemble des textes traitant du concours du CID figure dans  l’INSTRUCTION N° 13014/DEF/RH-AT/PRH/LEG relative à l’admission à l’enseignement militaire supérieur du deuxième degré dans l’armée de terre. L’extrait relatif au rôle de la commission est reproduit ci-dessous.

2.5.2. Autorisation à concourir.

La liste des candidats déclarés est étudiée avant le 1er septembre de l’année A-1 par une commission comprenant :

- le général directeur des ressources humaines de l’armée de terre ou son représentant (chef du service de la gestion du personnel) ;

- le général inspecteur de l’armée de terre (IAT) ou son représentant (inspecteur de la fonction personnel) ;

- le directeur central du commissariat de l’armée de terre ou son représentant pour le seul examen de la situation des commissaires de l’armée de terre ;

- le général commandant la formation de l’armée de terre ou son représentant ;

- le chef du BPRH ou son représentant ;

- le chef du bureau état-major de la DRHAT ou son représentant.

Le rôle de la commission est :

- de contribuer, si nécessaire, aux décisions correspondant aux demandes de dérogation ;

- de vérifier la nature et le niveau des diplômes présentés par les candidats non commissaires en vue de leur orientation vers les concours SI ou SHRI;

- d’écarter, à partir de leur dossier, lors de leur première candidature, les rares candidats qui, manifestement inaptes au commandement ou aux responsabilités (point 2.3.14.) ne présenteraient pas les garanties requises, en cas de réussite au concours, pour l’exercice des fonctions qu’ils auraient à assumer.

La commission s’appuie sur :

- les notations complètes des candidats (ensemble des feuilles de notes y compris intercalaires depuis le stage en division d’application jusqu’à la notation de dernière année de temps de commandement d’unité élémentaire incluse) ;

- leurs dossiers réduits (fiche synthèse et relevé des récompenses et punitions) ;

- leurs diplômes.

Un procès-verbal de la commission est dressé par le bureau état-major. Cette décision est notifiée individuellement à chaque candidat écarté par la commission qui est invité à signer le récépissé établi suivant le modèle de l’annexe I de la directive n° 450053/DEF/RHAT/DIR/RH/LEG du 14 octobre 2008 relative à l’emploi des récépissés en matière de décisions administratives individuelles (modèle disponible sous le système d’information des ressources humaines « CONCERTO »). Ils ne peuvent pas se présenter à nouveau au concours.

L’interdiction éventuelle à concourir d’un officier doit être fondée exclusivement sur la nature des  fonctions auxquelles donne accès le concours et sur des éléments professionnels concrets s’appuyant sur son dossier et ses notations annuelles.

À l’issue de la commission, la liste des candidats autorisés à concourir est diffusée pour chaque concours  par la DRHAT/bureau de coordination des carrières et de la mobilité (BCCM), ou par la DCCAT, pour le 15 septembre de l’année A-1. Cette liste prend en compte les candidats ayant échoué en première candidature durant l’année A-2 et qui souhaitent s’inscrire pour une deuxième candidature, qui ne peut être refusée.


Actions

Informations



2 réponses à “Par un trou de souris!”

  1. 21 07 2010
    alphacom (08:41:36) :

    Merci pour ce soutien. Le but de ce blog est bien de construire avec l’aide du plus grand nombre un argumentaire solide qui vient naturellement à l’appui des correspondances officielles et des contacts parfois officieux grâce auxquels nous pouvons porter nos convictions, projets et aussi… humeurs.
    Je n’oublie pas non plus le « public captif » de l’Epaulette qui pose souvent les questions « Que fait l’Epaulette? Qu’en pense l’Epaulette? » et vers qui il faut cependant « pousser » une information qu’il n’a pas toujours la force de « tirer » !
    Voir à ce sujet le titre de la page d’accueil (JFD)

  2. 21 07 2010
    BEAUNE Maurice (01:56:34) :

    Félicitations pour ce blog qui comporte des billets remarquables par leur pertinence.
    Les efforts déployés, pour promouvoir l’égalité des chances indépendamment des cursus de formation suivis ou des aléas de la scolarité lointaine des officiers, méritent sans nul doute d’être soutenus.
    Encore faut-il espérer que l’argumentation brillamment développée ne se cantonne pas au lectorat captif des membres de l’Epaulette, mais soit exprimée directement auprès des décideurs (signataires des directives et instructions de la DRHAT notamment) et des membres des commissions consultatives aux avis si déterminants… quant à l’opportunité de concourir, aux critères d’admissibilité et aux critères d’admission au CID, par exemple.

Laisser un commentaire




''Cercle Des Amis Dynamiques'' |
LA DEVIATION DU NORD MIGENNOIS |
COMITE DE JUMELAGE |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | La Gazette du Lavoir de Fon...
| Santé pour tous GHANA
| associationlescoccinelles